vendredi, 04 janvier 2013

PENSEE DU JOUR : de la séparation des pouvoirs

Dépouiller le peuple de la souveraineté sous prétexte de séparer les pouvoirs est l'assurance qu'ils seront moins séparés que confisqués.

Le principe de séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire suppose que lesdits pouvoirs peuvent être circonscrits et doivent être concentrés en quelques corps ou quelques individus, étrangers entre eux, et ôtés au peuple souverain. Or il n'est aucun pouvoir que le peuple n'ait pas sur lui-même. Tous émanent de lui ; il peut les concentrer tous. Rien ne peut du moins se faire en son nom sans son consentement. Il s'ensuit que ce ne sont pas les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire qui doivent être séparés mais seulement les corps et les individus qui, quel que soit le mode de leur sélection, sont les instruments de ces pouvoirs, tous devant être subordonnés au peuple et soumis à sa volonté, de sorte que ces pouvoirs sont exercés in fine par le peuple souverain. Hors de cette acception, la séparation des pouvoirs est le tombeau de la démocratie.

La Déclaration des droits porte, artile 16 : Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution. Elle oublie de préciser qu'il n'y a de constitutionnelle que la volonté du peuple. Sans cette précision, il est fatal que les pouvoirs constitués n'aient de contre-pouvoirs qu'eux-mêmes, qu'ils interfèrent voire se confondent, qu'ils ne se voient plus comme les instruments de l'autorité mais comme ses propriétaires et qu'ils finissent par usurper la souveraineté nationale.

Commentaires

Bonjour,
avez-vous reçu mon commentaire en réponse au votre concernant le droit naturel. Dans le cas contraire, il n'a pas marché. Pour en revenir à la question de la Vendée, je pense que votre argumentation était très clair, beaucoup plus que celle de votre interlocuteur qui était le plus souvent hors sujet en parlant par exemple du stalinisme, etc. En relisant Albert Mathiez, il dit la même chose que vous :
"Les Vendéens opéraient dans une contrée où les républicains, les bleus, avaient totalement disparu, chassés des bourgs et des villages non seulement par la crainte des royalistes, mais par les arrêtés formels des représentants en mission (Hentz et Francastel". D'après l'historien Joseph Clémanceau (Histoire de la guerre de la Vendée), au moins 40000 personnes furent frappés par leur arrêté du 20 février 1794.

Écrit par : Aurélien | vendredi, 04 janvier 2013

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Bonjour Aurélien,
Non, je n'ai pas reçu votre commentaire à ma réponse sur le droit naturel. (Avez-vous lu : principes universels de l'ordre social ? http://philippelandeux.hautetfort.com/1-principes-de-l-ordre-social/)
Sur la Vendée, mon opinion est fondée sur les arrêtés du CSP et la correspondance des représentants en mission qui prouvent qu'ils ont fait la guerre mais sans intentions génocidaires, la notion même de génocide n'ayant aucun sens dans ce contexte où une population indéfinie était partagée entre les deux camps. Mais allez faire comprendre ça à quelqu'un qui prétend que la Convention a donné l'ordre d'exterminer 800.000 personnes en 15 jours et qui, soi-disant spécialiste de la Vendée, présente 3 documents dans un livre de 400 pages !
En vue de ce débat, j'ai développé la partie de mon livre sur la question de la Vendée : 50 pages de documents. Si cela vous intéresse...

Écrit par : Philippe Landeux | samedi, 05 janvier 2013

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Bonjour,
Ce que je vous disais sur le droit naturel c'est que les révolutionnaires savaient bien que c'était une construction philosophique mais ils la croyaient nécessaires pour penser l'universalité des droits humains (liberté, égalité, vie, etc.). J'ai décidé de commander votre livre sur Robespierre pour mon prochain anniversaire, d'ici là je ne vais pas hésiter à parcourir votre site.
Très cordialement,
Aurélien

Écrit par : Aurélien | mercredi, 09 janvier 2013

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Bonjour,
Je sais bien que les révolutionnaires, et Robespierre en particulier, étaient réalistes dès lors qu'il s'agissait de passer à la pratique. Il n'en demeure pas moins que le concept de droits naturels est dangereux. L'idée de droits reconnus et garantis sans qu'ils soient nécessaire de les mériter annihile la notion de devoir, ce qui débouche sur le gauchisme dont on peut contempler aujourd'hui le désastre.
Merci pour votre commande. J'attire votre attention sur le fait que ce livre n'est pas une biographie. Il en existe déjà de très bonne (Massin et surtout Hamel). C'est plutôt une étude. Je crois pouvoir dire qu'elle vaut la peine. Je prépare par ailleurs un recueil des discours, des interventions et des articles importants de Robespierre. Cela fait longtemps que je voulais le faire. Il complètera bien mon premier. Je peux déjà dire qu'il fera plus de 600 pages. Vous n'êtes pas sorti de l'auberge !!!
Cordialement,

Écrit par : Philippe Landeux | mercredi, 09 janvier 2013

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