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dimanche, 08 octobre 2017

LES BASES DU CIVISME EN VIDÉO

1.jpgVidéo 1 – Qu’est-ce que la démocratie ?
Vidéo 2 – Qu’est-ce que Largent ?
Vidéo 3 – Qu’est-ce que la monnaie ?
Vidéo 4 – Anachronisme du système monétaire
Vidéo 5 – Qu’est-ce que l’Égalité ?
Vidéo 6 – Le Contrat social de la Cité
Vidéo 7 – Le moyen d’échange de la Cité : la Carte civique
Vidéo 8 – Retraite & chômage dans la Cité
Vidéo 9 – Les entreprises dans la Cité
Vidéo 10 – La Cité & les échanges internationaux
Vidéo 11 – Distinction entre Citoyenneté & Nationalité
Vidéo 12 – Le système politique de la Cité

Vidéos complémentaires :

Évolution révolutionnaire - Les origines du futur

Manifeste des Patriciens

Méta TV (20 mai 2014) - Un monde sans argent

Tous mes livres (version papier)

Tout sur le Civisme (PDF gratuits)

 Révolution - Pourquoi-Comment 3 - bonne version.jpg

20:57 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer |

ENTRETIEN AVEC PH. LANDEUX - JUILLET 2017 (vidéo)

Exotriks interroge Philippe Landeux sur le Civisme, sa théorie de la Cité, et ses postulats.

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Pour voir la vidéo, CLIQUEZ ICI ou sur l'image

MENU :

0 h 00 mn 30 s – Les choses n’ont pas de prix
0 h 03 mn 02 s – La monnaie représente du droit
0 h 05 mn 37 s – Principes de fonctionnement de la monnaie
0 h 08 mn 52 s – Différence entre Largent et la monnaie
0 h 10 mn 34 s – Comment est née la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger (Largent)
0 h 13 mn 20 s – Le système monétaire est intrinsèquement oligarchique
0 h 16 mn 30 s – Le revenu universel peut-il résoudre l’inégalité ?
0 h 21 mn 21 s – Comment échanger sans monnaie, sans valeur marchande ?
0 h 30 mn 28 s – L’Égalité est-elle incompatible avec la hiérarchie ?
0 h 38 mn 53 s – Que se passe-t-il si un producteur ne vend pas assez ?
0 h 46 mn 46 s – Que se passe-t-il si un producteur produit de la mauvaise qualité ?
0 h 50 mn 00 s – Un ingénieur doit-il avoir plus de droits qu’un agriculteur ?
0 h 54 mn 11 s – L’accès libre au marché ne présente-t-il pas risque de pollution ?
0 h 59 mn 32 s – Quelles formes peut pendre le devoir de participer à la vie de la Cité ?
1 h 04 mn 05 s – Qu’en est-il des métiers pénibles ?
1 h 08 mn 14 s – Je produis un seul légume… Que se passe-t-il ?
1 h 15 mn 06 s – Accès libre impossible dans les petites communautés
1 h 18 mn 50 s – Le Civisme est-il un projet mondial ?
1 h 25 mn 33 s – Nous payons avec notre travail
1 h 31 mn 57 s – Un droit est généré par un devoir
1 h 36 mn 23 s – Les contradictions du système monétaire
1 h 47 mn 08 s – Le Civisme en 3 mots
1 h 49 mn 23 s – Comment en savoir plus ?

20:54 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

jeudi, 28 septembre 2017

PRINCIPAUX ARTICLES du blog

Mes textes sont généralement des réflexions de fond. Mais ils tombent dans les oubliettes des archives à mesure que le temps passe alors que tous sont d’actualité. Il me paraît donc utile d’indiquer les plus importants sur un même document qui sera maintenu en première page, afin que vous puissiez les trouver facilement. Les plus récents sont néanmoins signalés en rouge.

LIVRES téléchargement gratuit

Civisme intégrale - recto présentation.jpgCouverture - recto - essai (contours).jpgRobespierre - l'Âme de la Révolution - présentation couv recto (contours).jpgCouverture recto - Vive la Nation (contours).jpg

 

 

 

 

 

 

 

 PRINCIPES

SCHEMAS

POLITIQUE

IMMIGRATION & ASSIMILATION

DIVERS

DES HOMMES

18:24 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE DE PARIS (livre)

Tribunal révolutionnaire de Paris (couv recto verso - coupé).jpg

Depuis plus de 200 ans maintenant, le Tribunal révolutionnaire (de Paris), instrument de la « Terreur, » a été l’objet de nombreux travaux. La plupart ont porté exclusivement sur les condamnés à mort, voire seulement sur les plus célèbres, et les rares études plus générales, même sérieuses, ne sont pas fiables. En outre, aucune ne présente de chiffres (sinon faux) et encore moins de graphiques permettant de saisir d’un coup d’œil tant l’activité de ce tribunal que l’influence sur elle des événements.

C’est pour pallier à ce manque que Philippe Landeux a consulté les Archives Nationales où se trouvent tous les dossiers et a réalisé un travail exhaustif et définitif sur le sujet. Il en a profité pour accomplir un travail tout aussi précis sur les Commissions populaires, chargées, le 23 ventôse an II (13 mars 1794), de juger les détenus. Et pour que le présent ouvrage soit complet, il s’est penché, avec sa méticulosité ordinaire, sur le Tribunal du 17 août 1792 et les conspirations des prisons (juin-juillet 1794).

 

Cet ouvrage de 900 pages s'adresse à un public averti : historiens, étudiants, passionnés par la Révolution française. Il ne s'agit pas d'un récit, mais d'un condensé de données indispensables, et pourtant introuvables, pour étudier cette période de l'histoire.

 

Cet ouvrage contient :

  • Les discutions et décrets qui aboutirent à l'instauration du Tribunal du 17 août 1792
  • La liste et le nombre des personnes jugées par le Tribunal du 17 août 1792
  • Les discutions et décrets qui aboutirent à l'instauration du Tribunal révolutionnaire de Paris
  • Les listes chronologique et alphabétique des 5350 personnes jugées par le Tribunal révolutionnaire de Paris
  • Les tableaux des jugements au jour le jour
  • Le bilan chiffré
  • La liste des cartons concernant le Tribunal révolutionnaire de Paris (série W) et un aperçu de leur contenu
  • Les graphiques résumant l'activité du Tribunal révolutionnaire de Paris
  • Les décrets et arrêtés relatifs à l'instauration et à l'activité des Commissions populaires
  • Les listes de détenus connues établies par les Commissions populaires et ratifiées par les Comités
  • Les graphiques résumant l'activité (connue) des Commissions populaires
  • Les documents (arrêtés, listes de détenus, etc.) relatifs aux conspirations des prisons
  • Les relevés du nombre de détenus dans les prisons parisiennes
  • Les listes des conventionnels décédés, assassinés, exécutés, proscrits, rappelés et réhabilités

 

Cet ouvrage est imprimé sur commande par TheBookEdition et livré à domicile. Il est également disponible en version PDF. CLIQUEZ ICI

 

APERÇU

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18:22 Écrit par Philippe Landeux dans - MES LIVRES, - REVOLUTION 1789-1794 | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer |

dimanche, 27 août 2017

NATION CAPITALISTE VS NATION TOUT COURT

Le capitalisme n'a jamais créé que des nations illusoires, qu'il cherche aujourd'hui à détruire pour aller vers le mondialisme. Ces deux projets ont le même ressort : Largent (croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger), plus exactement, l'individualisme inhérent à Largent. Le capitalisme a détruit les frontières ancestrales pour étendre le champ de l'individualisme (et surtout la zone d'influence des riches), et de cette première phase sont nées ce que nous appelons abusivement "les nations". Le mondialisme n'est que le prolongement de ce processus tendant à réduire les hommes à des individus pour faire du monde entier le terrain de jeu des riches.

Il ne s'agit donc pas aujourd'hui de défendre la nation qui n'a jamais existé réellement, mais de la bâtir, c'est-à-dire de construire un projet social à une échelle réaliste et viable que le capitalisme (Largent) nous a bon gré mal gré imposée... le capitalisme et la technologie moderne. Ce projet devra nécessairement avoir des bases (philosophiques) et un but radicalement différents. La "nation" capitaliste est monétaire, individualiste et inégalitaire (donc oligarchique) ; ce n'est en rien une société. La véritable nation, la Cité, devra être non-monétaire, civique ou patriotique et égalitaire (donc démocratique). Lutter pour ce projet, c'est s'opposer radicalement au capitalisme. S'y opposer ou n'en prendre qu'une partie (patrie sans égalité, ou égalité sans patrie), c'est soit être un capitaliste revendiqué, soit se réduire soi-même à l'impuissance face à Largent et en être de facto le complice.

Ce n'est pas combattre le capitalisme que de rejeter comme lui, fut-ce pour d'autres raisons en apparence, l'échelle nationale ; c'est lui emboîter le pas et le servir en dernière analyse. Il n'y a rien au-delà de la nation, sinon l'empire de Largent ; il n'y a rien non plus en-deçà, sinon des utopies (des niaiseries) vouées à l'échec dont le seul succès sera d'avoir sapé la Révolution. Seule la nation est révolutionnaire.

18:09 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

jeudi, 13 juillet 2017

LES DEUX MYTHES DE LA MÉRITOCRATIE COMME FACTEUR D’ÉGALITÉ

Je viens d’avoir une discussion tendue sur facebook, si toutefois on peut parler de discussion avec des sourds. Un ami avait posté l’extrait d’article suivant :

« Je vise l'égalité. Or on ne lutte pas contre l'inégalité en imposant un système égalitaire, mais en imposant une inégalité inverse. Etant admis que les "fils et filles de" ont plus de chance de réussir que ceux qui n'héritent pas d'un carnet d'adresses ou d'un patrimoine, l'école doit opposer à cette inégalité patente une inégalité totalement indépendante : en l'occurrence, celle de l'intelligence et du savoir. L'école est en crise parce que tout a été fait pour que l'intelligence et le savoir ne puissent pas introduire une inégalité qui corrige l'inégalité héritée. L'école a renoncé à tout mécanisme de mobilité sociale fondé sur l'intelligence et le savoir. »

Jean-Claude Milner, interviewé dans le dernier numéro de Causeur

J’ai posté le commentaire suivant : « Il n'y a qu'une Egalité : l'égalité en droits (et en devoirs, entre citoyens). Or l'inégalité en droits passe par la monnaie. C'est la monnaie qui incarne les droits et qui, de par sa nature et son fonctionnement, ne peut pas se répartir également. Mais il est évidemment plus facile, quoique vain, de prétendre atteindre l'Egalité en réformant l'éducation que de s'attaquer à Largent pour y parvenir réellement. Cela fait 200 ans que les soi-disant défenseurs de l'Egalité débitent ce genre de foutaises ! Ils ne veulent pas l'Egalité, dont ils ne savent absolument pas en quoi elle consiste. Ils prônent moins d'inégalités dans un système intrinsèquement inégalitaire qu'ils se gardent bien de remettre en cause. Résultat ? Zéro. Ha ! ils peuvent bien se faire passer pour des philosophes ; en tant que révolutionnaires, ils ne valent pas un kopeck. »

J’ai dès lors été pris sous le feu croisé de gens qui, quoique ne niant pas l’importance de l’argent, ne voyaient pas le rapport avec le sujet, m’accusaient de monomanie, m’agressaient en me reprochant d’être agressif, me reprochaient de fermer la discussion faute de pouvoir me répondre sur le fond et au lieu de développer leurs propres arguments (dont je n’aurais fait qu’une bouchée), déploraient de ne pouvoir discuter en bonne compagnie, bref multipliaient les tentatives de déstabilisation pour bâillonner l’empêcheur de tourner en paix autour du pot que je suis. Le système est monétaire, Largent en est le moteur, tout en porte fatalement la marque, mais il est interdit de le voir et encore plus de le dénoncer. On peut parler de tout à condition de ne jamais rien dire d’essentiel. Bien sûr, personne ne niera que Largent est roi, mais tout le monde se liguera pour l’évacuer des discussions particulières et en faire, au final, le plus grand des tabous. Comme si Largent pouvait exister sans avoir aucune incidence ! Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Margaritas ante porcos !

Quoi qu’il en soit, le sujet est intéressant et je voudrais le traiter ici à fond. J’ai déjà annoncé ma position de principe, sur la nullité de la méritocratie comme moyen d’atteindre l’Égalité. Je vais néanmoins approfondir et développer trois points : 1) Qu’est-ce que l’Égalité. Pourquoi Largent l’empêche. Comment l’instaurer. 2) Qu’est-ce que la méritocratie. Pourquoi elle est nulle, par principe, comme moyen d’atteindre l’Égalité. 3) Pourquoi la méritocratie est en soi un concept nul en pratique. Fort de ces explications, je commenterai ensuite l’article.

Tout d’abord, donc, qu’est-ce que l’Égalité ?

L’égalité est un rapport, une comparaison entre objets qui se révèlent finalement être de la même dimension ou de la même étendue. Sur le plan social, l’Égalité ne peut concerner que des individus qui ont des rapports entre eux, à savoir les citoyens, et avoir pour objet ce qui précisément les relie, à savoir les devoirs qu’ils ont les uns envers les autres et, par suite, les droits que, par lesdits devoirs, ils génèrent les uns pour les autres et se garantissent mutuellement. Les citoyens sont différents par nature, en tant qu’être humains, mais ils sont plus que des êtres humains : ils sont des êtres sociables, ils appartiennent à une société donnée qui fixe de manière générale, et non selon les individus, des conditions d’appartenance et impose donc à tous les mêmes devoirs et reconnaît et garantit à tous les mêmes droits. (La société n’est jamais que l’ensemble des citoyens. Des devoirs envers elle, sont des devoirs envers ses concitoyens. Des droits garantis par elle sont générés et garantis par les citoyens.) Il n’y a pas de droits sans devoirs, et pas de devoirs sans réciprocité, sans égalité. Nul ne peut avoir de devoirs envers un autre qui n’a pas les mêmes devoirs envers lui. Ainsi des citoyens, au vrai sens du terme, sont égaux en devoirs et en droits. Hors de cette Égalité, point de devoirs, de droits, de citoyens, de cité ; seulement des mots vides de sens. Il n’y a qu’une Égalité en tant que principe social, qu’une Égalité souhaitable, possible et nécessaire : celle des citoyens en devoirs et en droits.

Après « défendre ses concitoyens », le principal devoir du citoyen est de « participer à la vie de la cité selon ce qu’elle considère comme une participation ». C’est le fait de prendre part qui fait de lui une partie. Les citoyens ne sont pas égaux en devoirs parce qu’ils font la même chose, mais parce qu’ils font tous, dans le domaine qui est le leur, ce que la cité exige au minimum d’eux. (Notons bien que les devoirs envers la cité consiste en des activités au profit de la cité et de ses concitoyens. Un individu qui conserverait le fruit de son activité ou en serait le seul bénéficiaire n’aurait rempli aucun devoir envers la cité et ses concitoyens, ne serait pas citoyen, et nul ne lui devrait rien en retour.) Et c’est grâce à ce dévouement envers elle que la cité peut et doit offrir des bienfaits à ses citoyens, des bienfaits auxquels chaque citoyen, qui a contribué à leur existence, a droit également. Parmi tous ces bienfaits issus de la combinaison des devoirs figurent les biens (éphémères, tels la nourriture, ou relativement durables) et les services destinés à satisfaire des besoins et désirs individuels. Pour ce qui est des services, chacun peut en jouir quand il veut ou à son tour, si la Demande excède l’Offre à l’instant « T ». Pour ce qui est des biens auxquels tous les citoyens ont droit du fait même qu’ils soient citoyens, plusieurs cas se présentent.

1) Si la production de tel bien est faible en comparaison de la Demande, alors la cité, qui doit en assurer une part à chacun, peut, selon la nature des biens en question, soit diviser la production en parts relativement égales, soit limiter, d’une manière ou d’une autre, la quantité à laquelle chacun peut prétendre durant une certaine période, libre à lui d’user de ce droit en tout ou partie. Quoique la cité ne puisse mieux faire dans de telles conditions, aucune de ces deux méthodes égalitaristes n’est pleinement satisfaisante.

2) Si la production est massive et les biens disponibles en abondance, alors la cité peut laisser ses citoyens y accéder librement. La seule condition pour que cette méthode fonctionne est que la citoyenneté puisse être dûment attestée. Et si cette méthode n’est pas a priori sans inconvénients, elle a, outre l’avantage de la simplicité, celui d’assurer à tous une liberté aussi étendue que possible et de susciter un dynamisme économique incomparable.

Or les « sociétés » occidentales sont dans cette deuxième situation, à la différence près que l’accès au marché n’est pas libre ; il n’est pas conféré par la citoyenneté mais par le fait de détenir de la monnaie et en proportion des unités détenues. Ce système, monétaire, qui n’a plus de raison d’être est l’héritage de l’époque révolue de la production artisanale, et même des productions primitives. La monnaie est soi-disant un étalon de la valeur marchande qui permet de faire du troc indirect ou en deux temps. (C’est d’ailleurs pourquoi elle passe elle aussi de main en main.) Elle repose fondamentalement sur la même logique et la même croyance que le troc, puisque c’est du troc même qu’elles sont nées. Le troc consiste en un échange d’objets entre individus et en une mise en équivalence (égalité de valeur) des objets en question. La croyance qui sous-tend ce mode d’échange est que « la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger ». Vu que la notion de valeur marchande n’a de sens que si des objets sont mis en équivalence, donc échangés entre eux, il suit que la croyance que « la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger » porte en elle le schéma du troc, dont le système monétaire n’est qu’un développement. La monnaie est une unité de valeur parce qu’elle est l’élément visible (quoique de moins en moins) d’un mode d’échange reposant sur la croyance que « la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger ». Élémentaire ! Pourtant, que ne faut-il pas faire et subir pour faire entendre cette évidence !!!!

Cela dit, il faut maintenant comprendre les conséquences, d’un point de vue social, de tout mode d’échange fondé sur cette croyance que le Civisme appelle « Largent ». La notion de valeur marchande implique nécessairement un mode d’échange matérialiste, individualiste et inégalitaire. Matérialiste, parce que focalisé sur les objets et leur soi-disant valeur. Individualiste, parce que les individus ne s’activent que pour eux-mêmes, qu’il s’agisse pour eux de disposer de produits à échanger ou de se procurer de la monnaie. Inégalitaire, parce que la notion de valeur n’existe que dans les différences de valeurs, de prix des produits, de prix du travail et, au final, de droits. Au surplus, les valeurs ne sont jamais que l’expression d’un rapport de force. C’est le plus fort qui dicte les prix, selon ses intérêts. Déjà, nous voyons que pareil mode d’échange n’a aucune dimension sociale, ni dans ses buts ni dans ses acteurs. Mais c’est sous sa forme monétaire que les aberrations sont le plus frappantes.

La monnaie est, en théorie, le moyen que les travailleurs reçoivent en contrepartie de leur travail pour accéder au marché qu’ils ont contribué à alimenter en biens et services. C’est un juste retour des choses en apparence. Sauf que leur droit d’accès au marché est proportionnel aux unités dont ils disposent, et que ceux qui les payent, et dans la dépendance desquels ils sont, ont non seulement l’intérêt mais encore le pouvoir de les payer le moins possible, pour garder plus de monnaie pour eux et avoir eux-mêmes plus d’accès. Sauf, encore, que l’accès au marché est la porte de la plupart des droits et que la monnaie, en matérialisant ainsi les droits, en imposant le besoin d’en avoir, en obligeant les individus à s’en dépouiller (c’est-à-dire à payer) pour en jouir, en les habituant à la voir circuler et à perdre ainsi de vue sa véritable nature, en passant de main en main, en se gagnant toujours aux dépens d’autrui, en permettant de s’en procurer autrement qu’en travaillant, en légalisant le vol lui-même, en donnant à ceux qui en ont le plus du pouvoir sur tous les autres, la monnaie, dis-je, est dans l’impossibilité de se répartir également, de sorte que les individus sont fatalement inégaux en droits, les mieux lotis n’étant pas même ceux qui méritent le plus. Et pourquoi la monnaie garantirait-elle ou permettrait-elle seulement l’Égalité ? Ce n’est pas plus sa fonction que cela n’est dans sa logique. La logique monétaire n’est pas la logique sociale. Le système monétaire est intrinsèquement inégalitaire parce que « Société » et « Égalité » sont des concepts qui lui sont totalement étrangers. Les hommes, qui eux ont une sensibilité sociale, ne peuvent rien faire pour compenser, n’ayant eux-mêmes de ces concepts que des conceptions dénaturées et ne pouvant contrebalancer les mécanismes monétaires auxquels ils souscrivent de fait en ne remettant pas en cause la monnaie, et encore moins Largent.

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L’inégalité est absolument indépendante des hommes (même si ceux-ci peuvent l’aggraver) ; elle est due à l’origine, à la nature et au fonctionnement de la monnaie. Celle-ci fonctionne selon deux principes : celui des vases communicants, et celui de l’attraction. Les vases communicants, parce qu’elle se gagne aux dépens d’autrui, de sorte qu’elle circule et que, pour qu’il y en ait ici, il fait en prendre là. L’attraction, parce que, comme elle circule et qu’elle incarne des droits, donc du pouvoir, des pôles d’attraction se créent qui font que l’argent va à l’argent. Ainsi, non seulement le système monétaire est inégalitaire mais il est dans sa nature que les inégalités s’accroissent. Il y aura donc toujours des riches et des pauvres dans un système monétaire, des riches de plus en plus riches, des pauvres de plus en plus pauvres. Quelques secousses peuvent ébranler les fortunes, mais le temps fera qu’elles se reconstitueront. Et peu importe finalement qui est riche, qui est pauvre. Dans ce Monopoly grandeur nature, les hommes ne sont que des pions. Les têtes peuvent changer ; la règle ne change pas.

Pour que la société renoue avec l’harmonie, elle doit suivre les Principes de l’ordre social. La seule chose qui justifie qu’un individu ait accès au marché, et accès une libre, c’est qu’il ait contribué à l’alimenter, c’est qu’il ait rempli ses devoirs, en un mot, c’est qu’il soit citoyen. Quand tous les citoyens peuvent accéder librement au marché (dans les limites de la nature des choses et éventuellement des lois), quand ce droit est conféré par la citoyenneté elle-même, il n’y a plus de monnaie, plus de prix, plus de salaires, plus de riches, plus de pauvres, mais l’égalité en droits et une liberté aussi étendue que possible pour tous. Alors les hommes ne sont plus défigurés par ce qu’ils possèdent et qui est à la portée de tous ; ils ne peuvent plus briller que par leur Être. Mais, ne nous leurrons pas : les hommes resteront des hommes. Même parmi de vrais citoyens réellement égaux, le génie aura encore du mal à percer. Un génie ne sera plus misérable ; il aura plus de moyens qu’il n’en a aujourd’hui pour accomplir son œuvre et se faire entendre ; mais il heurtera toujours les préjugés, les habitudes, les idées reçues, les traditions, les coutumes, les règles de l’art, l’ordre établi, les réputations, etc. ; il ne sera pas entendu avant longtemps, ou peut-être jamais, par des hommes qui ne veulent pas écouter, qui préfèrent se tromper avec la masse plutôt qu’avoir raison tout seuls.

Ce qui m’amène enfin à la question de la méritocratie.

Un système qui garantirait la reconnaissance du mérite, qui permettrait aux meilleurs de réussir, anéantirait-il l’inégalité ? établirait-il l’Égalité ? Déjà, d’après tout ce que j’ai dit précédemment, il est évident qu’il ne ferait disparaître ni la richesse ni la pauvreté, puisqu’en ne remettant pas en cause la nature monétaire du système général, il conserverait le principe de l’inégalité. Alors quelle « Égalité » pourrait-il bien favoriser ? Au vrai sens du terme, aucune.

Imaginons un système qui permettrait au mérite de se faire reconnaître. Qu’entendrait-on par « reconnaissance » ? Serait-ce une reconnaissance de pure forme, honorifique, décorative, une reconnaissance sans récompense sonnante et trébuchante ? Dans ce cas, le méritant pauvre resterait pauvre, avec peut-être une médaille ou un beau diplôme. Où serait le progrès ? A moins qu’il reste pauvre mais avec un emploi à la hauteur de son mérite. Dans ce cas, il serait exploité, il y aurait injustice vis-à-vis de ses collègues ou confrères plus favorisés que lui par la fortune au le départ. On peut discuter si cette situation serait moralement pire ou meilleure que la première, force est d’admettre que l’on voit mal quelle inégalité elle entamerait.

Au vrai, ces deux hypothèses sont absurdes. Une méritocratie, permettant aux meilleurs d’être reconnus, aurait aussi pour but qu’ils soient payés selon leur rang. Alors, il n’y aurait plus beaucoup de différences entre eux et leurs pairs, à défaut d’être absolument égaux, et on ne pourrait que se réjouir pour eux ; mais en quoi cela détruirait-il l’inégalité au niveau de la société en général ? en quoi cela introduirait-il une once d’Égalité entre ceux d’en haut et ceux d’en bas ? Qu’il y ait de nouveaux riches, comme il y en a d’ailleurs en permanence, cela fait une belle jambe aux toujours pauvres !

En somme, la « méritocratie » dans un système monétaire aurait, du point de vue de l’Égalité, autant d’effet qu’un pet dans l’eau. Il est vrai que l’on pourrait me rétorquer que je ne vois que l’argent, que le mérite peut être récompensé autrement, qu’il trouve même sa récompense dans la satisfaction personnelle. Déjà, il serait extraordinaire que, dans un système où tout le monde court après l’argent, où tout passe par lui, où tout se mesure à son aune, l’aspect monétaire devienne soudain indifférent. Que cela ne soit pas mis en avant, par hypocrisie plus que par pudeur, n’interdit pas de deviner les arrières pensées évidentes et d’aller direct au vrai point de la question. On ne me fera pas croire que des hommes peuvent avoir Largent (croyance) dans la tête sans avoir l’argent à l’esprit, et plus encore des hommes qui lui sont tellement soumis qu’ils le défendent sans même en avoir conscience. Du reste, moi qui prône un système non-monétaire, j’entends bien que la récompense du mérite peut et doit être ailleurs que dans l’argent. Mais un tel discours est absurde dans la bouche de ceux qui veulent conserver le système monétaire et savent, quoi qu’ils en disent, que tout se ramène à la question du pouvoir d’achat.

Alors je veux bien que le sujet ne soit pas l’égalité en droits, mais ce n’est pas moi qui mêle les sujets de la méritocratie et de l’Égalité sans préciser laquelle, comme s’il y en avait une autre. Pour ma part, si ce n’est pas celle-là, je ne vois pas à quelle Égalité, à une égalité de quelle nature, à quoi digne du nom d’« Égalité », la méritocratie contribuerait. Le coup de « l’égalité des chances », par exemple, on nous l’a déjà fait, et rien n’a changé. Évidemment ! Nous le refaire sous un autre nom ne donnera pas davantage de consistance à l’Égalité. Il faut plutôt démasquer les beaux parleurs, charlatans ou hypocrites, qui discréditent la cause qu’ils prétendent défendre. D’autant plus que le concept de « méritocratie » est en lui-même une vue de l’esprit.

La « méritocratie » n’est rien d’autre que l’« aristocratie » sous un autre nom. Le gouvernement des meilleurs (aristocratie) est évidemment le but de la méritocratie qui, en prétendant déceler et honorer le mérite de manière systématique, ne vise rien moins qu’à reconnaître les meilleurs pour leur accorder les places. Cela semble idéal aux yeux de ceux qui, d’une part, ne se soucient pas d’Égalité (à laquelle un tel système ne contribuerait en rien) et qui, d’autre part, ne voient ni que cela n’a pas de sens ni que cela est impossible, comme je l’ai déjà expliqué dans mon texte « L’impossible aristocratie ».

Le problème revêt en effet deux aspects : celui de la définition des meilleurs, du mérite et des méritants, et celui du système de sélection des meilleurs.

Les « meilleurs » ne veut rien dire en soi. Il y a des meilleurs dans quelque chose et par rapport à d’autres. Et le meilleur dans une spécialité précise n’est pas le meilleur en toute chose. Pire ! Le meilleur dans sa spécialité est rarement le meilleur pour administrer son propre domaine d’activité. Or aristocratie et méritocratie ont pour but de sélectionner les meilleurs dans l’idée de leur confier des responsabilités, c’est-à-dire administration, gestion, direction. Mais administrer, gérer, diriger exige des qualités et des compétences autres que le seul talent dans le domaine en question. Et quand bien même un « meilleur » réunirait aussi les qualités et compétences nécessaires, encore faudrait-il qu’il ait envie de délaisser son art pour se consacrer à une activité d’une tout autre nature. Il s’ensuit que « les meilleurs » en tant que dirigeants ne sont quasiment jamais « les meilleurs » dans le domaine qu’ils dirigent. Ce simple aspect pratique des choses ruine déjà ces belles théories.

Faisons abstraction de ce détail importun, et imaginons qu’un système vise malgré tout à rechercher, favoriser et sélectionner les meilleurs ? Ce ne sera jamais que les meilleurs selon lui, pour ce à quoi il les destine. Or il est bien évident qu’un système, quel qu’il soit, ne recherche ce qu’il considère comme les meilleurs, d’après ses critères à lui, que dans le but qu’ils le servent en retour et perpétuent ainsi le système. Autrement dit, on parle « des meilleurs » à entrer dans les cases déterminées par le système. Mais est-ce à dire que « ces meilleurs » sont les meilleurs dans l’absolu ? Le génie n’entre jamais dans les cases ! Il bouscule les normes ! Il fait mentir les certitudes ! Le premier réflexe de tout système, face au génie qui ne se marginalise pas lui-même, est de le chasser, de l’exclure, de le brocarder, de le persécuter, de le tuer parfois. Tout système a sa logique et voit une menace dans tout ce qui en dévie. C’est dans la nature des choses. Un système soi-disant « méritocratique » n’échapperait pas à la règle.

La caste « des meilleurs » se résumerait donc 1) aux héritiers (« les fils de »), 2) aux favoris de la fortune, 3) aux pistonnés, 4) aux arrivistes et, dans une faible proportion, 5) aux bons élèves (bien dociles) et 6) aux sortis du rang. Les « élus » des trois premières catégories ont peut-être quelques qualités, ce sont peut-être même les meilleurs de leur microcosme, mais sans doute pas les meilleurs de la nation dans l’absolu. Ceux de la quatrième catégorie ne sont peut-être pas incompétents mais sont surtout les meilleurs pour écraser les autres. Enfin, ceux des deux dernières catégories sont sans doute ceux qui ont le plus de compétences, du moins celles sur lesquelles le système compte (sans quoi il leur fermerait la porte au nez). Dans tous les cas, les lauréats sont toujours issus d’un petit cercle, ce qui interdit de dire et encore moins de penser qu’ils sont assurément « les meilleurs ».

Mais il ne s’agissait-là que des catégories d’individus pouvant être potentiellement sélectionnés pour faire partie de ce que le système considère comme les meilleurs. Reste la question des moyens de sélection eux-mêmes. Et ils ne sont pas nombreux : 1) nomination, désignation, cooptation, etc., 2) concours, 3) ancienneté, 4) élections, 5) tirage au sort. Les autres méthodes possibles ne sont jamais que des combinaisons de celles-ci. Il serait trop long d’entrer ici dans les faiblesses de chacune de ces méthodes. Disons que si certaines permettent de désigner « des bons », parfois même par hasard, aucune n’assure de sélectionner de manière systématique « les meilleurs ».

Il faut d’ailleurs bien comprendre qu’il est question ici de « système ». Des génies peuvent réussir à se faire leur place dans tout système ; je ne dis pas qu’ils réussissent à coup sûr mais que, par un heureux concours de circonstances et du travail, cela peut arriver malgré le système plus que grâce à lui. Or la méritocratie serait un système et aurait donc les limites de tout système : elles favoriseraient moins les meilleurs que les profils recherchés.

Je terminerai en citant deux passages du texte susmentionné, auquel je n’ai rien à ajouter ou à retrancher :

« Au final, aucun système ne permet de sélectionner, en tant que dirigeants, « les meilleurs » sur quelque plan que ce soit, professionnel ou humain. Un système qui prétend accomplir un tel miracle parle en réalité par la bouche des « élus » qui se flattent d’être les meilleurs d’après des critères établis par et pour eux. Or qui est en mesure de fixer les critères de sélection d’un système si ce n’est les puissants du système présent ou précédent dont l’intérêt est d’assurer ou de conserver leur puissance, donc de justifier leurs abus et leurs impostures en les taisant voire en les transformant en mérites ? Qui les empêchera de se dire « les meilleurs » et de favoriser leurs pareils par des sophismes et un système astucieux ? »

« Il n’y a pas plus de classe que de gouvernement « des meilleurs » possible. L’« aristocratie » est un concept du domaine des rêves et un mot que seuls des prétentieux peuvent employer sérieusement pour désigner le groupe auquel ils appartiennent. Il est vrai que tout groupe a la faiblesse de se croire le meilleur, à plus forte raison quand il est réellement puissant. Car les puissants ont également le pouvoir de faire prévaloir leur discours et de passer outre les critiques. Mais à vivre entre eux, entourés de muets, d’envieux et de flagorneurs, leurs chevilles enflent autant que leur tête. Ils perdent de vue que le rapport de force qui est à leur avantage atteste moins leurs qualités personnelles qu’il ne révèle les mécanismes inégalitaires du système dont ils profitent et qu’ils acceptent. Cette inégalité systémique peut être le fait d’une législation distribuant les hommes en classes hiérarchisées ; elle est, dans tous les cas, une fatalité sous la monnaie. Autrement dit, les attributs des classes dominantes et prétentieuses sont soit le pouvoir (noblesse), soit l’argent (bourgeoisie), soit les deux, comme aujourd’hui. Or, dans la mesure où il est tout aussi rare qu’un enfant de pauvre accède à la richesse qu’un enfant de riche tombe dans la pauvreté, un système monétaire est de fait sclérosé, non par les lois humaines mais par celles de Largent. Sauf exception, les « élites » politiques, économiques et médiatiques sont issues de la haute bourgeoisie. Quel que soit le mode de sélection, elles proviennent du même milieu restreint. Les dès sont pipés. La classe dominante se perpétue de génération en génération, ce qui est la marque, non pas d’une aristocratie, mais d’une oligarchie. »


Il n’est pas trop exagéré de dire que le discours méritocratique est une foutaise, par quelque bout qu’on le prenne ; et une double foutaise si la méritocratie est présentée comme un remède à l’inégalité. Il n’y a qu’une Égalité, celle des citoyens en devoirs et en droits, laquelle Égalité implique le droit pour tout citoyen d’accéder librement au marché. L’Égalité condamne Largent et le système monétaire, intrinsèquement inégalitaires. Déplorer l’inégalité sans dénoncer la monnaie et Largent, c’est tourner autour du pot et se livrer à des gesticulations aussi stériles que ridicules. Le texte de M. Milner nous en donne un bel exemple. Admirons :

« Je vise l'égalité. Or on ne lutte pas contre l'inégalité en imposant un système égalitaire, mais en imposant une inégalité inverse. Etant admis que les "fils et filles de" ont plus de chance de réussir que ceux qui n'héritent pas d'un carnet d'adresses ou d'un patrimoine, l'école doit opposer à cette inégalité patente une inégalité totalement indépendante : en l'occurrence, celle de l'intelligence et du savoir. L'école est en crise parce que tout a été fait pour que l'intelligence et le savoir ne puissent pas introduire une inégalité qui corrige l'inégalité héritée. L'école a renoncé à tout mécanisme de mobilité sociale fondé sur l'intelligence et le savoir. »

Reprenons phrase par phrase.

« Je vise l'égalité. »

C’est M. Milner qui le dit. Haut et fort. Ca pose ! Bon, il a juste oublié de préciser l’égalité en quoi et entre qui ! Avec une notion de l’égalité aussi insipide, on peut s’attendre à tout ; on doit surtout s’attendre à n’importe quoi. Nous ne serons pas déçu du voyage. 

« Or on ne lutte pas contre l'inégalité en imposant un système égalitaire, mais en imposant une inégalité inverse. »

Observez comment M. Milner passe sans transition d’une vague idée d’égalité à l’idée de lutter contre l’inégalité, donc pour moins d’inégalité. C’est toujours la même chose. Quand on ignore en quoi consiste l’Égalité et comment l’atteindre, donc quand on ne s’attaque pas à Largent, on ne peut que constater les inégalités qui découlent directement ou indirectement du système monétaire et proposer des mesures compensatoires, autrement dit des jongleries, qui auront autant d’effet qu’un emplâtre sur une jambe de bois. Et question jonglage, M. Milner est un champion du monde ! Il vise l’égalité en imposant une inégalité inverse à l’inégalité. En clair, il veut marquer des buts en tirant à côté de la cage. Qui en veut dans son équipe ?

« Etant admis que les "fils et filles de" ont plus de chance de réussir que ceux qui n'héritent pas d'un carnet d'adresses ou d'un patrimoine, l'école doit opposer à cette inégalité patente une inégalité totalement indépendante : en l'occurrence, celle de l'intelligence et du savoir. »

Pour ceux qui n’auraient pas compris, ceux qui ont un carnet d’adresses ou un patrimoine, ce sont les riches, dont l’existence est le fait du système monétaire, autrement dit de Largent. Ainsi donc, M. Milner veut combattre Largent en stimulant l’inégalité de l’intelligence et du savoir. Admettons que, grâce à l’école, des pauvres se découvrent intelligents et accèdent au savoir : soit ils resteront pauvres (comme s’il n’y avait pas déjà beaucoup de pauvres intelligents), soit ils deviendront riches, laissant derrière eux les « pauvres cons ». Alors que l’on dise qu’un meilleur système pourrait offrir plus de chance à tous est une chose ; que l’on prétende qu’il apporterait l’Égalité est précisément une insulte à l’intelligence.

« L'école est en crise parce que tout a été fait pour que l'intelligence et le savoir ne puissent pas introduire une inégalité qui corrige l'inégalité héritée. L'école a renoncé à tout mécanisme de mobilité sociale fondé sur l'intelligence et le savoir. »

Si « tout à été fait » pour que l’école ne rende pas intelligent ou que l’intelligence demeure nulle socialement (ne rapporte pas un radis), c’est faire un vœu pieu que de dénoncer cette situation en espérant susciter l’effet inverse d’un coup de baguette magique, sans se préoccuper de sa cause. Oui, « tout a été fait ». Mais par qui ? pour quoi ? Ceux qui l’ont fait n’avaient-ils pas les moyens de le faire ? Pourquoi n’auraient-ils pas ceux d’empêcher de défaire ce qu’ils ont fait ? Et ces hommes ne sont-ils pas eux-mêmes de simples rouages d’un système ? Mais de quel système les riches peuvent-ils bien être les rouages ? Par quelle force mystérieuse peuvent-ils bien être entraîné ? ? ? Ne voient pas que ceux qui ne veulent pas voir.

Philippe Landeux
13 juillet 2017

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lundi, 22 mai 2017

NOUVEAU PLAN D’ATTAQUE POUR LE CAMP NATIONAL

Aussi légitimes que soient les dénonciations de l’ « Europe » et de l’immigration, force est de constater qu’elles ne portent pas suffisamment dans l’opinion publique et qu’elles exposent aux accusations de « xénophobie » et de « racisme » qui, pour être ridicules, n’en sont pas moins redoutables.

Le camp national doit trouver autre chose, une autre approche qui, tout en conduisant au salut de la France, ne l’expose plus à ces anathèmes ; une approche porteuse d’un projet qui suscite la mobilisation générale et fasse tomber le masque des traîtres.

INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE TOTALE DANS LES 10 ANS

Voilà un projet qui, tout en étant politiquement correct, remplirait tous les objectifs du camp national.

Il ne s’agirait pas de proposer des solutions pour parvenir à ladite indépendance, mais, une fois au pouvoir, de faire de cette indépendance la priorité absolue, de favoriser toutes les recherches en faveur des énergies renouvelables ou de substitution, d’en appeler au génie du peuple français pour trouver des solutions, de soutenir les inventeurs, de constituer un centre de recherche et d’essai où toutes les bonnes volontés seraient les bienvenues. Le but : plus de pétrole, plus de nucléaire, en France, dans 10 ans.

Qui pourrait décemment être contre sans passer immédiatement pour un traître ou un crétin ?

Voyez-vous les avantages d’un tel projet pour le camp national ?

 

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18:11 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer |

jeudi, 18 mai 2017

UNE DOCTRINE RÉVOLUTIONNAIRE POUR LE CAMP NATIONAL : LE CIVISME

UNE DOCTRINE RÉVOLUTIONNAIRE
POUR LE CAMP NATIONAL :

LE CIVISME

 

Sauver la France vaut bien que vous preniez une heure s’il le faut pour lire jusqu’au bout ce qui suit. Vous n’avez rien à perdre, si ce n’est un peu de temps, et tout à gagner, si le salut est bien là.

LE PROBLÈME

La patrie est en danger. Jamais, dans son histoire, le peuple français n’a couru plus grand péril. Il n’est pas menacé d’une défaite militaire ou d’une occupation temporaire ; il est menacé d’une lente dissolution morale et physique. Le mal est déjà fort avancé. Mais il n’est pas trop tard pour réagir. Encore faut-il agir avec efficacité.

Le camp national souffre d’être divisé ; et il est divisé parce qu’il n’y a pas de doctrine globale et puissante capable de rallier tous les patriotes. Jusqu’à présent, chacun y est allé de sa sensibilité, focalisant sur tel ou tel problème, mettant en avant telle ou telle tradition, n’ayant au mieux que des réponses partielles, tenant ainsi un discours bancal incapable de faire l’unanimité. Pire ! Nous allons voir que les patriotes luttent depuis toujours sur le terrain de l’ennemi et avec les armes fournies par lui. Le moyen de l’emporter dans ces conditions ? 

Une chose dont les patriotes ou nationalistes doivent avoir conscience et prendre acte sans protester, c’est que, à ce jour, ils n’ont pas la solution, sans quoi ils auraient déjà vaincu et la France ne serait pas à l’agonie. Or, s’ils n’ont pas la solution, c’est qu’elle ne leur est pas venue à l’esprit. La solution, qui ne peut-être que radicale, sera donc une nouveauté pour eux et va les étonner de prime abord. Mais s’il est naturel qu’ils soient surpris, la surprise ne doit pas être en soi un motif de rejet de leur part.

LE MAL

Quels sont donc les maux mortels dont la France est affligée ?

Le premier, le plus frappant pour qui n’est pas aveugle, et le plus urgent, est bien sûr celui de l’immigration massive qui, sans parler des problèmes quotidiens qu’elle draine ou suscite, constitue une invasion, une colonisation de fait, et un génocide à terme. Tous les autres problèmes sont secondaires en regard de celui-là. Le peuple français peut se remettre de toutes les crises morales ; il ne pourra pas se relever de sa disparition physique. Les morts ne reviennent pas.

Le second est celui de l’européisme, étape du mondialisme, qui, pour faire entrer les Français dans un moule supranational, nie leur existence en tant que peuple afin de délégitimer toute résistance, et les dépouille de toute souveraineté afin de les réduire à l’impuissance. L’Union soi-disant européenne encourage bien sûr l’immigration qui favorise son projet.

Le troisième est la mentalité de nos contemporains : universaliste, humaniste, sans-frontiériste, immigrationniste, antiraciste, antifasciste, nihiliste, égalitariste, individualiste, moderniste, conformiste, consuméristes, court-termiste, mentalité de tocards prêts à croire n’importe quoi (pour peu que cela soi politiquement correct), à dire tout et son contraire et à se rebeller au sifflet contre les ennemis désignés par le système qui ne leur veut pas du bien.

Mais tous ces problèmes sont des branches de la même souche : le capitalisme. L’immigration a été mise en œuvre par le patronat ; l’Union économique dite « européenne », par et pour les riches ; et la mentalité en question n’est jamais que le fruit de la propagande qui a servi à couvrir ces deux entreprises. On pourrait développer, soulever d’autres problèmes (délocalisations, ploutocratie, théorie du genre, etc.), on arriverait à la même conclusion. Comment pourrait-il en être autrement ? Le capitalisme est le cadre général qui façonne tout et auquel tout s’adapte par la force des choses.

Rares sont ceux qui arrivent à cette conclusion indéniable, qui n’est pourtant qu’un début de réponse. Le terme « capitalisme » est vague ; il semble ne renvoyer qu’à une certaine organisation économico-financière. L’expression « ultra-libéralisme » est plus précise mais noie tout autant le poisson. On commence à mieux cerner le problème avec « l’argent roi ». Mais que désigne réellement cette expression dans la bouche de ceux qui l’utilisent, alors que tout le monde l’emploie à l’occasion ? En fait, cette expression pointe moins l’argent en lui-même que les riches, les banques, les grandes entreprises, la spéculation, la manie de tout juger à l’aune de la fortune et, de manière générale, tous les vices du système monétaire, autant de choses qui méritent d’être dénoncées, mais qui ne sont elles-mêmes que des conséquences.

Il est temps d’arrêter de tourner autour du pot et d’aller au fond des choses. L’ultra-libéralisme et le capitalisme sont inséparables du système monétaire, dont l’existence repose sur la monnaie. Mais s’il semble audacieux de remonter jusqu’à la monnaie, dans le but évident de la remettre en cause, il ne s’agit, là encore, que d’une étape. Nous n’avons pas recours à la monnaie par hasard, mais parce qu’elle répond à une certaine logique, à une certaine conception de l’échange. Au cœur de cette conception : la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger, c’est-à-dire ce que la théorie du Civisme appelle, par commodité, « Largent ». Largent, voilà le plus petit dénominateur commun, la base de tout. Sans la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger, pas d’unité de valeur, pas de monnaie comme moyen d’échange, pas de système monétaire, pas de capitalisme et ses conséquences.

Largent, cette croyance, est tellement enracinée en nous, qu’elle nous semble naturelle. Que dis-je ? Nous n’en avons pas même conscience ! Elle véhicule une conception de l’échange, avec des conséquences pour la société, et nous ne l’interrogeons jamais ! Nous ne savons donc ni d’où elle vient ni ce qu’elle induit.

LARGENT

La croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger vient de la pratique du troc ou, du moins, en véhicule le schéma. Le troc est un échange d’objets entre individus. Des individus échangent les uns contre les autres des objets dont ils sont propriétaires et, ce faisant, les mettent en équivalence, d’où la notion de valeur (marchande). La notion de valeur marchande — qui n’est en réalité que l’expression d’un rapport de force — implique donc un mode d’échange qui place les objets et leur soi-disant valeur au centre des considérations, et dans lequel les individus doivent être propriétaires de ce qu’ils échangent. On notera tout de suite le caractère intrinsèquement matérialiste de ce mode d’échange, caractère qui se trouve décuplé dans le système monétaire et dont il ne faut pas chercher ailleurs l’origine. Par ailleurs, le fait de devoir être propriétaires de ce qu’ils échangent, donc de ce qu’ils produisent, implique que les individus travaillent pour eux-mêmes au lieu que leur activité soit un devoir envers la société. En fait, dans ce mode d’échange, il n’y a pas de citoyens, ayant des devoirs envers la cité et des droits en raison de leur citoyenneté, seulement des individus livrés à eux-mêmes pour se ménager des droits, ce qui est encore plus évident dans le système monétaire où les individus n’ont de droits qu’en proportion de la quantité de monnaie dont ils disposent et qu’ils ont gagnée on ne sait comment. La logique monétaire est totalement étrangère et contraire à la logique sociale. Enfin, la notion de valeur, qui suppose des différences de valeurs, donc de prix, au niveau des produits, donc des productions, donc du travail, donc des salaires, donc des droits des travailleurs, est intrinsèquement porteuse d’inégalités en droits ; et les principes de fonctionnement de la monnaie — vases communicants et attraction — créent eux aussi, mécaniquement, l’inégalité.

Même si tous ces sujets mériteraient des explications approfondies, nul ne peut contester le caractère matérialiste, individualiste et inégalitaire du système monétaire, et le peu que je viens de dire montre que la monnaie, le matérialisme, l’individualisme et l’inégalité sont des conséquences naturelles, logiques, inséparables de Largent. Dès lors, quiconque dénonce des maux qui se rapportent à l’un ou l’autre de ces « principes » ne peut, sans incohérence, s’abstenir de dénoncer Largent lui-même. Or tous les maux s’y rapportent pour peu que l’on y réfléchisse.

Au lieu de prendre des exemples de problèmes et de remonter à leur source pour montrer le rôle premier de Largent, je vais exposer quelques-unes des conséquences de chacun de ces « principes », pris séparément, pour donner un aperçu de leurs ramifications et laisser imaginer ce que peut donner leur combinaison.

Le matérialisme, inhérent à la notion de valeur marchande, puisque elle-même procède du troc qui focalise sur les objets, a pour conséquence de pousser à n’avoir de considération que pour les biens, à n’avoir donc aucun égard pour les hommes ou la nature, d’insuffler le désir de posséder plus que de raison, d’amasser, de sacraliser la propriété, de favoriser l’Avoir sur l’Être, c’est-à-dire le paraître, d’encourager à la superficialité, etc.

L’individualisme, inhérent à la notion de valeur marchande, puisque elle-même procède du troc qui consiste en un échange entre individus, a pour conséquence d’étouffer la nature sociable des hommes, de leur faire oublier qu’ils ne seraient rien sans la « société », sans leurs « concitoyens », de les pousser à ne voir et à ne servir avant tout et surtout que leurs intérêts particuliers, à faire de l’individu la mesure de tout à leurs yeux, à se désintéresser du collectif comme quelque chose d’étranger ou à vouloir détruire la nation comme une chose artificielle ou une entrave à leur jouissance du monde, c’est-à-dire à basculer soit dans un égoïsme étroit, soit dans mondialisme surréaliste.

L’inégalité, inhérente à la notion de valeur marchande, puisqu’il n’y a de valeurs que dans la différence de valeurs, lesquelles sont, en dernière analyse,  les droits des gens, a pour conséquence d’instaurer, de manière structurelle, donc incorrigible, la misère, l’exploitation, l’oppression, l’injustice pour le plus grand nombre, et une oligarchie au profit d’une minorité, sachant par ailleurs qu’il est dans la nature des inégalités procédant d’un système intrinsèquement inégalitaire de s’accroître, et non de tendre vers l’Égalité et de se résorber d’elles-mêmes.

La monnaie, qui est en premier lieu un étalon de la valeur, qui passe de main en main à l’instar des objets échangés sous le troc, et qui incarne les droits dont chacun a besoin, a pour conséquence d’obliger les hommes (comme les personnes morales) à en avoir, à s’en procurer en permanence par tous les moyens, et toujours aux dépens d’autrui, à faire des choix dans leurs dépenses, à sacrifier tel poste plutôt que tel autre, à courir après le profit, à essayer d’en tirer de tout et n’importe quoi, à se vendre eux-mêmes, etc.

Et ce ne sont là que quelques-unes des conséquences de Largent ! Cette esquisse à grands traits permet néanmoins de reconnaître le monde qui est le nôtre, et d’admettre que Largent en est bien le ressort. Le ressort à briser. 

La cause des causes - Pyramide de Landeux.jpg

LA CLÉ

Il n’y a qu’une façon d’anéantir Largent et d’échapper ainsi à toutes ses conséquences (système monétaire, capitalisme, européisme, immigrationnisme, etc.), c’est d’adopter et de mettre en œuvre une conception de l’échange qui ne rappelle en rien celle du troc, qui n’ait pas pour but d’établir de soi-disant valeurs pour les objets, mais de garantir les droits du citoyen, une conception qui, au lieu d’insuffler l’individualisme (et l’universalisme), inspire le civisme, le patriotisme, le sentiment d’appartenir à la communauté que l’on forme avec ses concitoyens, et la volonté de la défendre, et qui, au lieu d’imposer l’inégalité, assure l’Égalité. Et le moyen est simple.

Au lieu que le droit d’accéder au marché, par lequel passe la plupart des droits, soit incarné et conféré par la monnaie, il suffit qu’il soit reconnu comme un droit du citoyen et, de ce fait, conféré par la citoyenneté. Comme la citoyenneté ne se mesure pas (elle est ou n’est pas), le droit d’accéder au marché serait de même indéfini, autrement dit illimité (en théorie) et de facto égal pour tous les citoyens, et non plus différent d’un individu à un autre et d’un moment à l’autre. Entendons bien ! Il s’agirait de reconnaître à tous les citoyens le droit d’accéder librement au marché (dans la mesure du possible et des lois) et non d’attribuer à chacun une part égale du produit commun, mesure aussi arbitraire qu’impraticable et liberticide. L’égalité matérielle n’est ni possible ni souhaitable. La désirer est un réflexe capitaliste conditionné par le matérialisme inhérent à Largent. Des citoyens doivent être égaux en droits mais ne sont pas identiques en tant qu’individus ; ils n’ont ni les mêmes besoins ni les mêmes envies. (Et qui les définirait ? comment ?) L’Égalité n’est pas l’uniformité. Cela dit, le droit pour tous d’accéder librement au marché provoquerait bien, en théorie, de par la loi des grands nombres, un partage « égal » du produit commun, même si, en pratique, il réduirait seulement — mais autant que possible — les différences matérielles, proscrivant, au passage, les grandes iniquités et permettant d’atteindre naturellement les équilibres optimums.

Il va sans dire qu’attacher à la citoyenneté un droit d’accéder librement au marché implique une nouvelle conception de la citoyenneté elle-même. Si ce mot est aujourd’hui vide de sens, dans un système où elle confèrerait un tel droit, elle supposerait nécessairement un devoir qui le justifierait et équilibrerait les choses. Or quel devoir peut justifier d’accéder librement au marché sinon d’avoir contribué soi-même à approvisionner ce marché ? Ceci étant, les produits et services disponibles sur le marché ne sont qu’une partie, certes importante, des bienfaits de la cité. Il ne faut pas faire l’erreur, à laquelle pousse Largent, de ne voir que l’aspect matériel et économique des choses, d’être obnubilé par la production et, son pendant, le travail. Une conception plus large s’impose pour ne pas exclure de la cité tout qui en fait évidemment et légitimement partie. Pour faire court : la citoyenneté consiste à remplir tous les devoirs du citoyen, dont celui de participer à la vie de la cité, selon ce que celle-ci considère comme une participation, et à jouir en retour de tous les bienfaits de la cité, à l’instar de ses concitoyens, notamment en ayant le droit d’accéder librement au marché. Sans ce droit-là pour tous les citoyens, il n’y a aucune égalité.

Ainsi, la citoyenneté, les droits du citoyen, se mérite en s’acquittant des devoirs du citoyen. Ce n’est pas ici le lieu d’entrer dans une infinité de question pratiques. Observons simplement que les enfants, qui sont à la charge de leur parents et, au-delà, de la cité, ne seraient pas encore citoyens, à l’inverse des retraités qui, ayant acquis le droit de cesser de travailler ou de participer, le seraient toujours et sans rien perdre de leurs droits. Remarquons également que si, dans ce système, il n’y a pas de monnaie, pas de prix, rien ne serait pour autant gratuit. Les citoyens ne payeraient pas en détail ce qu’ils retirent du marché mais s’acquitteraient globalement, par leurs devoirs, du droit d’y accéder librement, formule que nous qualifierions aujourd’hui de « forfait ». Il ne s’agirait plus d’un échange d’objets entre individus, mais d’un échange de devoirs et de droits entre le citoyen et la cité.

Cette conception révolutionnaire de l’échange n’est concevable, précisément, qu’à l’époque actuelle, après que la révolution industrielle ait rendu possible la production de masse, et envisageable un droit d’accéder librement au marché, et que la révolution informatique ait rendu possible d’attester sans effort et avec certitude la citoyenneté, à laquelle ledit droit doit logiquement (d’un point de vue social) être attaché. En clair, cette conception avait besoin, pour voir le jour, de la technologie des cartes à puce qui permettra à la cité de doter ses citoyens d’un moyen sûr d’attester leur citoyenneté auprès des commerçants et, par suite, d’accéder librement au marché. Encore une fois, il n’est pas possible d’entrer ici dans toutes les questions pratiques, traitées en détail dans la théorie du Civisme. Mais s’il fallait encore prouver que cette théorie est bien la solution d’avenir, que l’on se demande vers quoi tend un système monétaire au bord de l’implosion, dans lequel la monnaie ne se manipule plus que par des cartes qui lui ôtent toute réalité, sinon vers un système où la monnaie n’existera plus, même de manière virtuelle, parce que les cartes serviront à vérifier une autre information, une information non mesurable, la citoyenneté en l’occurrence. Les cartes civiques et la logique sociale qui va avec seront, sans conteste, l’évolution révolutionnaire des cartes de crédit et de la logique monétaire.

Voilà le projet, dans ses grandes lignes. C’est le projet clair, cohérent, radical et inattaquable que doivent porter et par lequel doivent s’unir tous les défenseurs de la nation. C’est du moins le projet qu’ils doivent ambitionner pour le futur et prendre comme boussole dans le présent. Il implique, évidemment, de réviser voire d’abandonner certains discours, qui, on le devine, sont influencés par Largent ou biaisés par lui. Et le premier discours à rafraîchir est celui qui concerne l’Égalité, Principe fondamental de l’ordre social, sur laquelle l’opinion de ceux qui la prônent est aussi absurde que celle de ceux qui la rejettent. Ce long préambule avait pour objet de mettre tout le monde d’accord en montrant ce qu’elle doit être, et comment il est possible qu’elle soit. Je vais maintenant indiquer, comme je l’ai fait pour Largent, les notions qui en découlent.

L’ÉGALITÉ

Il n’y a qu’une Égalité, l’égalité sociale, l’égalité en devoirs et en droits entre citoyens. Il s’ensuit que l’Égalité bien comprise, outre qu’elle suppose un système non-monétaire, inégalitaire par nature, va de pair avec les notions de :

> Cité, peuple, nation, patrie
> Patriotisme
> Souveraineté du peuple (démocratie)
> Souveraineté nationale (indépendance)
> Respect des peuples, non-ingérence

Reprenons point par point.

Cité, peuple, nation, patrie. S’il n’y a d’Égalité qu’entre citoyens, elle ne peut exister que dans le cadre d’une cité, d’une société, formée par lesdits citoyens. On peut dire la même chose et des devoirs, qui n’existent que dans la réciprocité et entre individus étant de facto concitoyens, et des droits, qui n’existent que s’ils sont générés par des devoirs. Il n’y a pas plus de devoirs hors Égalité que de droits hors société. Or qu’est-ce que la société, la cité, sinon un peuple, une nation, une patrie ?

Patriotisme. Si l’Égalité implique l’idée de patrie, elle inspire fatalement le patriotisme, c’est-à-dire l’amour des siens, la volonté de les défendre. Ce sentiment ne peut jamais être aussi fort que parmi des égaux, remplissant les mêmes devoirs les uns envers les autres et jouissant des mêmes droits. Il n’en a d’ailleurs pas encore été question, mais le tout premier devoir du citoyen est de défendre la cité et ses concitoyens, car c’est ainsi que la société procure à ses membres la sécurité qui est sa raison d’être. L’Égalité est donc intrinsèquement patriotique. A l’inverse, le patriotisme inégalitaire est un non-sens. On n’aime pas les siens quand on les voue, par calcul ou par bêtise, à l’exploitation et à l’oppression qui sont le lot de la majorité dans l’inégalité.

Souveraineté du peuple (démocratie). Si l’inégalité induit une forme d’oligarchie, l’Égalité, elle, amène et garantit la démocratie par la force des choses. Des citoyens égaux ne connaissent pas de maîtres et ne reçoivent de lois que d’eux-mêmes. C’est cela la souveraineté du peuple. Non qu’il n’y ait pas de chefs, d’intermédiaires ou de hiérarchie dans les fonctions, mais rien de ce qui engage le peuple ne peut être fait sans qu’il ait d’une manière ou d’une autre le dernier mot.

Souveraineté nationale (indépendance). L’Égalité concerne des citoyens qui, par l’acquittement des devoirs et la jouissance des droits du citoyen — sans même parler du territoire, de l’histoire, des traditions et des lois —, ont conscience de former une cité, distincte du reste de l’humanité, malgré les relations qu’ils ont nécessairement avec des étrangers, dans ou hors de la cité. Les citoyens se conçoivent comme une nation indépendante et souveraine, dont les intérêts ne peuvent et ne doivent être gérés que par eux.

Respect des peuples, non-ingérence. Les raisons qui portent les citoyens à dénier à toute puissance étrangère le droit de s’ingérer dans leurs affaires, donc à proclamer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à être seuls maîtres chez eux, les inclinent à reconnaître ces mêmes droits aux autres peuples. Le principe de non-ingérence découle de l’Égalité et n’est jamais violé que par calcul, sous couvert de sophismes.  

Toutes ces notions puisent leur source dans l’Égalité. Ceux qui les adoptent sans aller jusqu’à prôner l’Égalité elle-même le font donc par instinct. Mais quel instinct ? Celui d’hommes. Or les hommes sont de nature sociable ; ils savent, au plus profond d’eux-mêmes, que l’Égalité est le principe de l’ordre social. Mais le système monétaire, dans lequel la véritable Égalité est impossible, leur commande de la renier ou de la travestir. En réalité, tous continuent d’y aspirer, mais sans plus savoir ni en quoi elle consiste vraiment, ni a fortiori comment l’atteindre. Chacun espère malgré tout l’approcher en empruntant des chemins différents qui, tous, au final, ramènent à Largent.

LA CITÉ

Ce qui a été dit jusqu’à présent éclaire déjà beaucoup. Mais les hommes sont comme Saint Thomas ; il leur faut toucher du doigt. J’ai développé les Principes dans les grandes lignes et renvoyé, pour les questions pratiques, à la lecture de la théorie du Civisme. Mais peu iront lire et resteraient incrédules si je n’apportais certaines informations importantes, concernant le fonctionnement de la cité, que je n’ai pu glisser dans mon exposé.

L’Égalité n’est pas l’ennemie de la Liberté ; elle en est la mère. On a vu que, d’après le Principe d’Égalité, tous les citoyens doivent jouir du droit d’accéder librement au marché, cette liberté n’étant bornée que par la nature des choses et éventuellement par la loi (formée de manière démocratique). Combien, dans le système monétaire, ont une telle liberté ? Comment la liberté pourrait-elle être plus étendue ? Les citoyens seraient libres de consommer autant qu’il est possible de l’être. La conséquence directe serait une situation permanente de plein emploi, puisque la Demande, en théorie illimitée, seriat fatalement supérieure à l’Offre, réelle et limitée. On pourrait objecter qu’une partie importante des produits provient de l’étranger. Cela est vrai aujourd’hui. Mais outre que toutes les productions ne sont pas délocalisables, les entreprises auraient intérêt, si ce n’est le devoir, de relocaliser, puisque le coût du travail serait nul dans la cité, financièrement parlant — ce qui, au passage, rendrait également inutile de recourir à une main d’œuvre immigrée (la question des salaires ne se posant plus) et absurde, ou ouvertement criminel, d’encourager l’immigration. Certains se demanderont encore pourquoi les citoyens, libres d’accéder au marché, travailleraient. C’est oublier que la citoyenneté s’obtiendrait et se conserverait en participant à la vie de la cité. Les citoyens auraient le droit de consommer parce qu’ils seraient aussi les producteurs. Et, comme on le voit, dans la cité, ce n’est pas le travail qui manquerait. Mais pourquoi feraient-ils bien leur travail ? Parce qu’il ne suffirait pas, aux yeux de la cité, de faire quelque chose, il faudait faire « ce qu’elle considère comme une participation », c’est-à-dire ce qu’elle exige ; c’est elle qui fixerait les règles. Autrement dit, les entreprises, individuelles ou collectives, auraient des résultats à atteindre, en terme de clients, pour que leur activité soit reconnue et la citoyenneté de leurs employés validée (je schématise), et s’exposeraient à des sanctions (sanctions collectives, touchant tous les employés) pouvant aller jusqu’à la liquidation si elles ne les atteignent pas. Première raison pour elles de faire ce qu’elles sont censées faire. Par ailleurs, les entreprises serient en concurrence, face à des citoyens libres de consommer et désirant généralement le meilleur. Elles devraient donc offrir en permanence de bons produits, ce qui signifierait produire correctement, avoir un personnel consciencieux, innover sans cesse, ce qui, dans tous les cas, leur interdirait de se reposer sur leurs lauriers. Quoiqu’elles remplissent une mission publique (approvisionner le marché de la cité), la gestion de leur activité et de leur personnel leur appartiendrait, condition pour qu’elles soient responsables devant la cité. Elles seraient libres d’embaucher comme de licencier. La création d’entreprise elle-même serait libre, dans le cadre des lois, bien sûr. Bref… Le Civisme n’est pas du tout du communisme, comme l’invocation de l’Égalité pourrait le faire croire de prime abord ; ce n’est pas du capitalisme d’état, mais du libéralisme sans capitalisme.

Une question qui revient souvent et semble soulever un problème insurmontable est celle des échanges entre une société qui aurait renoncé à la monnaie et les autres pays restés monétaires. La réponse est simple dans son principe. La cité produirait ; la cité exporterait et vendrait ses produits ; la cité aurait un budget avec lequel elle règlerait ses importations. Que les entreprises de la cité exportent de leur propre volonté (pour avoir des clients et non pour faire de l’argent dont elles n’ont pas besoin) ou à sa demande (sans inconvénients pour elles et leurs employés), l’essentiel des bénéfices entrerait dans le trésor national. (La cité aurait aussi la possibilité de faire du troc, matières premières contre produits finis.) La cité serait d’ailleurs redoutable sur le plan international. Une économie solide et dynamique, une production de la meilleure qualité qui soit, des produits quasi gratuits si l’on veut : personne ne pourrait rivaliser, à moins d’adopter son modèle. La cité aurait les moyens d’importer. Il faudrait bien sûr mettre en place des structures et des procédures pour qu’entreprises et particuliers puissent commander des produits étrangers, soit directement, soit en passant par des centrales, mais, si ces détails sont complexes, ils ne présentent aucune impossibilité. Il en est de même pour la circulation des personnes, que ce soit des citoyens à l’étranger ou des étrangers dans la cité, qui serait financée d’une manière ou d’une autre par leurs États respectifs suivant des conventions.

Enfin, un point essentiel. Il n’a été question, jusqu’ici, que de « citoyens ». Mais il faut savoir que le Civisme distingue la citoyenneté de la nationalité. La citoyenneté serait le statut général des individus qui feraient partie de la cité au sens large, qui rempliraient des devoirs sur le plan économique ou social, et jouissent des droits économiques et sociaux. La nationalité serait un statut supplémentaire et facultatif, qui exigerait de satisfaire des critères (notamment identitaires), qui s’obtiendrait en remplissant volontairement des devoirs particuliers, notamment un service national (contribuant à la défense de la nation), et qui confèrerait les droits politiques. Les exigences pour obtenir et conserver la nationalité auraient pour but d’assurer autant que possible la cité de l’attachement et de la fidélité des citoyens à son égard, car les droits politiques seraient bien plus étendus qu’aujourd’hui (démocratie oblige !) et devraient être l’apanage des citoyens ayant à cœur de défendre son existence et ses intérêts. Les citoyens nationaux formeraient le corps politique, la cité au sens strict, la nation. Les droits particuliers dont ils jouiraient pour avoir volontairement consenti à des devoirs particuliers n’entreraient pas dans la balance de l’Égalité. Les citoyens ordinaires ne pourraient prétendre aux droits qui récompensent les devoirs qu’ils auraient déclinés en connaissance de cause ; ils pourraient d’autant moins prétendre au droit de cité que le fait de ne pas avoir la nationalité témoignerait de leur indifférence ou de leur hostilité à égard l’égard de la cité : juste retour des choses. Ainsi, la nationalité, pas plus que la citoyenneté, ne s’hériteraient ; elle se mériteraient.

S’il en est autrement aujourd’hui, si les deux notions sont confondues, c’est parce que, dans un système monétaire, elles sont insipides séparément. La citoyenneté seule ne peut pas exister, sauf à n’avoir ouvertement aucun sens, puisque les droits qu’elle devrait conférer ne sont pas garantis par la société mais passent par la monnaie qu’il appartient à chacun de gagner. La nationalité, elle, confère bien les droits politiques, mais des droits si dérisoires qu’il n’a jamais paru utile de les assujettir à des devoirs, de sorte qu’elle peut être accordée sur de vagues critères d’appartenance communautaire signifiant à peine plus que la présence sur le territoire. Ainsi, le mot creux de « citoyenneté » a pu aisément être confondu avec celui de « nationalité » qui ne veut rien dire ou presque. Toutefois le peu de droits politiques que cette « nationalité-citoyenneté » confère justifie de ne pas accorder ce statut bâtard aux immigrés (du moins tant qu’ils ne sont pas naturalisés), auxquels est donc également refusé le statut de citoyen qu’ils méritent peut-être (et qu’ils mériteraient dans la cité qui maîtriserait l’immigration et ne regarderait comme immigrés que des travailleurs.) Les suppôts du capital cherchent à rectifier cette incohérence, non pas en redonnant du sens à la nationalité, mais en essayant d’étendre le droit de cité à tout le monde au nom des « droits de l’homme ». Et que peuvent leur opposer les patriotes s’ils pataugent eux-mêmes dans le système monétaire qui les condamne à composer avec la monnaie et à dénaturer les Principes ?

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LES ATOUTS

Largent (qui est une croyance) nous plonge dans un marasme intellectuel et nous prive autant des mots pour le mesurer que des concepts pour nous en arracher, puisque les uns et les autres intègrent ses contraintes. Ce sont tous ces verrous que le Civisme fait sauter. En envisageant un système non-monétaire réaliste, axé autour de l’Égalité bien comprise, totalement affranchi de Largent, il découvre un « monde » nouveau et de nouveaux concepts que les anciens mots ne peuvent exprimer à moins d’être dépoussiérés et redéfinis. Ce faisant, il révèle, par contraste, toutes les absurdités du monde actuel, toutes les faiblesses conceptuelles, toutes les soumissions à Largent. Il rencontre donc deux difficultés : la première qui est de se faire comprendre, la deuxième qui est d’être compris. Une fois levée la première difficulté, qui consiste à faire comprendre le sens des mots dans le cadre de la cité, ce qui exige d’exposer longuement le système pour en montrer la cohérence, reste la seconde qui réside dans l’attachement des hommes à leurs préjugés, dans leur incapacité à admettre leur ignorance ou leurs erreurs, et dans leur peur de l’inconnu. Le Civisme, qui brise le plus grand tabou, qui demande la plus grande audace, ne se heurte pas à la raison mais à des réactions irrationnelles. Qui pestait contre Largent roi vole à son secours quand il est question de le renverser ! Qui prônait l’Égalité lui tourne le dos quand il s’agit de l’instaurer ! O vanas hominum mentes, o pectora cæca ! 

Je connais les différentes réactions que suscite le Civisme chez ceux qui le découvrent. Qu’ils soient intéressés, narquois ou sourds, de nombreuses explications sont nécessaires dans tous les cas, que ce soit pour devancer les questions ou y répondre. Il est impossible de se contenter de trois mots avec des gens qui n’en connaissent pas le sens et ne peuvent pas le deviner, même s’ils le croient. Et c’est l’exercice auquel je viens de me livrer pour pouvoir en arriver enfin à mon véritable propos.

Je propose à tous ceux qui se disent patriotes, nationalistes, souverainistes, populistes, identitaires, etc., à tous ceux qui composent le camp national, face aux capitalo-mondialistes, d’adopter le Civisme comme projet et grille de lecture, et ainsi de s’unir autour de cette théorie révolutionnaire, synthèse de toutes les aspirations légitimes, ayant le sens des priorités, le sens du devoir et, tout simplement, du bon sens. J’en ai posé les principes ; je vais maintenant en montrer les avantages et l’absolue nécessité pour le camp national.

Unité. Le Civisme ne procède pas d’une culture, d’une tradition, d’une sensibilité, mais d’un Principe, l’Égalité, dont toutes les conséquences sont tirées avec une logique implacable. Il ne varie pas au gré du temps et des humeurs ; il est un absolu invariable, attaquable mais invincible ; c’est un roc. Comme on a pu le constater, et comme la lecture de la théorie le confirmerait, il va plus loin que tous les courants politiques, dans les domaines que ceux-ci considèrent comme leurs monopoles respectifs et dont ils se croient les champions ; il est plus radical qu’eux tous réunis, que ce soit sur le terrain de l’anticapitalisme, du libéralisme, du patriotisme, de la démocratie, de la souveraineté, de l’identité, de la subsidiarité, de l’immigration, de la justice sociale, de l’innovation technologique, du pouvoir d’achat, des conditions de travail, du respect des femmes, de la paix des familles, de la préservation du patrimoine, de la défense de l’environnement, de l’épanouissement personnelle, de la fraternité entre les peuples, etc. C’est sans fin. La raison est simple : il est affranchi Largent ; il vogue vers des horizons nouveaux quand les autres n’ont pas rompu les amarres et sont coincés au port. Tout ce qu’il propose serait en effet insensé, utopique et démagogique dans le cadre du système monétaire, mais devient naturel, souhaitable et faisable dans un système non-monétaire. A l’inverse, aussi mesurées que soient les ambitions des autres, elles n’en sont pas moins réduites à des vœux pieux par Largent. A quoi tous leurs efforts, tous leurs beaux discours nous ont-ils conduit ? Au triomphe de Largent. Précisément. Ha ! ils dénoncent « l’argent roi » ! Mais quand envisageront-ils de l’exécuter ? Quand comprendront-ils que Largent existe grâce à nous et que son existence atteste notre soumission ; que Largent ne peut exister sans régner ; qu’il doit donc régner ou mourir ; que nous devons donc le tuer de nos propres mains ? Ils n’échouent pas depuis toujours en raison d’erreurs de stratégie, de communication ou autre peccadille ; ils ont toujours échoué parce qu’ils n’ont jamais fait la guerre au véritable ennemi. Pire ! En ne s’attaquant pas à Largent lui-même, ils en sont les victimes mais aussi les complices. Cela peut continuer encore longtemps ou s’arrêter aujourd’hui, là, maintenant. Plus personne n’a l’excuse d’ignorer ce qu’est Largent, pourquoi il règne et comment l’abattre. Plus personne n’a même l’excuse d’être impuissant et d’entretenir des divisions stériles, suicidaires et criminelles. Le Civisme permet à tous de réaliser leur vœux le plus cher ; il peut unir tous les patriotes, tous les Français, pour peu que ceux-ci mettent de côté leur ego, qu’ils aient plus à cœur de sauver la France que ménager leurs préjugés et protéger leurs « boutiques » — jusqu’à ce que tout soit perdu et eux avec.

« Celui dont les troupes sont unies autour d’un objectif commun sera victorieux. » (Sun Tzu, L’art de la guerre, III. 27)

Cohérence et clarté. Le Civisme a l’avantage de reposer sur des Principes justes et irréfragables, de fixer une ligne claire, de proposer des solutions inédites, mais simples et réalisables, d’ouvrir des perspectives incroyables, de fournir une grille de lecture du passé et du présent pertinente, bref de « tenir la route » de bout en bout. C’est un vrai projet de société, appuyé sur une philosophie, pas une accumulation de mesures. C’est une doctrine implacable, une idéologie de combat, la seule redoutable pour le capitalisme, la seule capable de le vaincre, la seule qui le défie. En ralliant les patriotes sans concession, en formant le camp de l’Égalité et de la nation, elle forme du même coup, et malgré lui, celui de Largent et du mondialisme qui, jusque-là, s’enveloppait de brouillard. Ainsi, qui s’y oppose, pour quelque raison que ce soit, se déclare lui-même et est aussitôt identifié, à juste tire et malgré ses protestations, comme un défenseur du système monétaire et de Largent, donc comme un partisan ou un agent du capitalisme et du mondialisme.

« Dans les temps anciens les guerriers habiles commençaient par se rendre invincibles, puis ils attendaient que l’ennemi soit vulnérable. » (Sun Tzu, L’art de la guerre, IV. 1)

Mieux encore ! Égalité et Liberté sont le logiciel français. Le Civisme est en adéquation avec la France ; il répond à ses aspirations profondes. Il est la théorie, la doctrine française par excellence, l’idéologie qui seule pourra ranimer le peuple français et lui insuffler un enthousiasme irrésistible, grâce auquel il accomplira une fois de plus « l’impossible » et redeviendra le plus grand peuple du monde. Oui, Égalité et Liberté sont aujourd’hui tronquées et prônées séparément par des charlatans à coup de sophismes ! Oui, l’une et l’autre ont des défenseurs pathétiques, réduits à se mentir à eux-mêmes pour combattre les mensonges de ceux d’en face. Mais tous ces bas-de-plafond ont le même plafond : Largent. Tous piétinent dans les limites du système monétaire et produisent une bouillie qui laisse chacun sur sa faim et ne donnera jamais à personne l’énergie de vaincre l’ennemi devant lequel ils ont capitulé sans même en avoir conscience. Ils perdent parce qu’ils s’interdisent la victoire.

« Celui qui n’a pas clairement conscience de ses objectifs ne sait pas riposter à l’ennemi. » (Sun Tzu, L’art de la guerre, III, 23)

Le grand inconvénient du Civisme est d’être révolutionnaire. Il révolutionne tous les concepts, renverse toutes les idées reçues, froisse tous les amours-propres, gêne tous les intérêts mesquins. Il devrait tout emporter par la raison, mais il s’adresse à des gens hypnotisés par Largent. Il n’a aucune base dans l’opinion et prend tout le monde à contre-poil. Un jour ses slogans feront mouche ; en attendant, il exige des trésors de pédagogie. Il peut toucher des individus, des lecteurs, mais pas séduire d’emblée les masses, ne serait-ce que parce qu’elles en ignorent l’existence. Les médias du système n’en feront d’ailleurs jamais la promotion. Il faut donc que ceux qui le découvrent le propagent et provoquent un effet boule de neige. Plus il sera répandu, moins il sera marginal, moins il paraîtra chimérique, moins y adhérer exigera de courage intellectuel, plus il se répandra. Mais ce processus est lent. L’idéal serait qu’une impulsion vienne d’en haut et confère au Civisme une autorité morale. Il faut espérer que les leaders, les penseurs, les figures, les porte-voix du camp national, las d’échouer, et vue l’urgence de la situation, lui prêtent l’oreille, en reconnaissent les vertus et l’adoptent personnellement, non pour prôner ouvertement et du jour au lendemain la sortie du système monétaire et l’instauration de la cité, mais pour qu’il y ait entre eux une unité de pensée, que tous visent au même but pour la France et que, par suite, tous aperçoivent et suivent le chemin qui y conduit. Quelles que soient les raisons des uns et des autres d’y adhérer, ils disposeraient de la même boussole, tiendraient le même cap, produiraient les mêmes analyses, parviendraient aux mêmes conclusion et prescriraient les mêmes solutions pour franchir les étapes. Ils pousseraient tous dans le même sens. Leur division n’y résisterait pas.

« La confusion dans l’armée aboutit à la victoire de l’adversaire. » (Sun Tzu, L’art de la guerre, III. 23)

Vérité. Le Civisme défend la nation, la cité, parce que sans elle point de droits, point de démocratie, point d’indépendance. C’est une théorie éminemment patriotique. Selon les pseudo critères politiques actuels, elle est donc d’« extrême droite ». Si on ajoute qu’elle est éminemment sociale et nationale, n’en doutons plus, c’est une doctrine « nazie » ! Mais c’est oublier que l’indépendance, la démocratie et la nation sont des corollaires de la cité, de la citoyenneté et de l’Égalité ; que l’Égalité, dont le Civisme n’est que l’extension, est un principe éminemment « de gauche » ; que le terme même de « gauche » vient de la Révolution française qui s’est faite au cri de « Vive la Nation ! » ; que les pères fondateurs de la gauche d’alors étaient les champions de la Liberté, de l’Égalité et de la patrie (« Peuple, souviens-toi que si, dans la République, la justice ne règne pas avec un empire absolu, et si ce mot ne signifie pas l’amour de l’égalité et de la patrie, la liberté n’est qu’un vain nom. » Robespierre, Convention, 8 thermidor an II, deux jours avant son exécution.) ; qu’ils ont échoué, en dépit de leurs bonnes intentions, parce que leurs concepts avaient les limites techniques de leur temps, parce qu’ils ne pouvaient ni remettre en cause le système monétaire ni empêcher l’avènement de Largent. L’Égalité et le patriotisme sont historiquement et intrinsèquement de « gauche », et le Civisme, qui défend les Principes de l’ordre social à l’état pur, est la « gauche absolue ». Il s’ensuit que tout ce qui s’en éloigne est plus ou moins de « droite » et que ce qui n’a rien de commun avec lui est « d’extrême droite ». Ainsi, quand aucun parti ne remet en cause le système monétaire et ne cherche à instaurer l’Égalité bien comprise, aucun n’est absolument de « gauche ». Le parti le plus à « gauche » est alors celui qui, par défaut, lutte pour moins d’inégalités financières et défend d’instinct les notions consubstantielles à l’Égalité : nation, patriotisme, démocratie, indépendance, non-ingérence, toutes choses présentées par la « gauche actuelle » comme « d’extrême droite ». Le Civisme permet ainsi de saisir la vraie nature des partis au-delà des étiquettes qu’ils se donnent ou qu’ils reçoivent et d’appréhender différemment l’échiquier politique. Il invite même patriotes et nationalistes à se revendiquer de « gauche » et à ne plus se laisser diffamer par la « gaucherie » qui, pour renverser les rôles et se donner le beau, leur colle l’étiquette infamante « d’extrême droite ». Les patriotes ne sont pas plus « d’extrême droite » que les traîtres à leur peuple ne peuvent être de « gauche ». Selon le Civisme, les marqueurs de « droite » sont : le capitalisme décomplexé, le sans-fontiérisme (universalisme, mondialisme), l’individualisme,  l’anti-populisme, l’européisme, l’ingérence. Ne peuvent donc se réclamer de « gauche » les « anticapitalistes sans-fontiéristes » qui, non contents de ne pas même dénoncer Largent, marchent main dans la main avec les capitalo-mondialistes ; les « droits de l’hommistes » qui ne donnent un visage humain au capitalisme que pour mieux détruire la cité et l’état de droit ; les « antiracistes » qui couvrent de moraline l’immigration massive voulue par le grand capital pour briser les luttes sociales, fausser le jeu démocratique et détruire la nation ; les « égalitaristes » qui font une fausse application de l’Égalité par vraie soumission au capitalisme ; etc. Le Civisme tantôt défend mieux qu’eux les principes dont ils se réclament pour mieux les souiller, tantôt dévoile leurs impostures. Il appelle donc à ne plus s’en laisser conter, à ne plus laisser aux traîtres à la nation et à son histoire l’initiative du vocabulaire et des étiquettes, à ne plus les laisser déployer leur stratégie, à ne plus être dans une posture défensive mais, au contraire, à passer à l’offensive, en commençant par se réapproprier les mots et à dire à chacun, amis et ennemis, ses quatre vérités. 

« Ce qui est de la plus haute importance dans la guerre, c’est de s’attaquer à la stratégie de l’ennemi. » (Sun Tzu, L’art de la guerre, III. 4)

Pour être plus précis sur les sujets pressants, le Civisme est anti-Europe et anti-immigration au nom de l’Égalité bien comprise, qui contient la notion de nation, et de la Révolution, qui se fera pour et par la nation. La prochaine révolution française, pour l’Égalité, contre Largent, ne se fera pas sans France et sans Français. Le Civisme ajoute donc aux motifs ordinaires et légitimes d’hostilité envers l’Europe et l’immigration, des raisons supérieures et imposantes de l’être, qui ne sont plus exposées aux accusations grotesques et le plus souvent infondées de « racisme » et de « xénophobie », ou qu’il peut du moins aisément balayer en montrant la bêtise et la mauvaise foi des accusateurs. Ces accusations sont nécessairement proférées soit par des capitalistes convaincus soit par des anticapitalistes de pacotille qui se pensent néanmoins comme des anticapistalistes. Or il est aisé de montrer que les capitalistes, qui sont les satellites de Largent et les ennemis de l’Égalité, n’ont que faire des peuples, tant des autres que du leur, qu’ils ne voient le monde et les hommes que comme des ressources pour leur profit personnel, et n’invoquent la xénophobie et le racisme contre les révolutionnaires que pour faire oublier leur mépris de l’humanité et achever la destruction de la France afin d’empêcher la révolution. Quant aux anticapitalistes, qui se targuent d’être « antifascistes » et « antiracistes », ils sont d’évidence moins anticapitalistes que les partisans du Civisme (appelés « Patriciens »), mais tout aussi immigrationnistes que les capitalistes ; ils se donnent des airs de révolutionnaires alors qu’ils ne maîtrisent visiblement pas le B. A.-Ba de la révolution. Ce sont des malades qui prétendent enseigner la médecine et qui, ce faisant, rejettent le remède pour perpétuer bon gré mal gré le capitalisme. Le Civisme fait tomber sans effort le masque des uns et des autres.

« Notre invincibilité dépend de nous, la vulnérabilité de l’ennemi, de lui. » (Sun Tzu, L’art de la guerre, IV. 2)

Initiative. Enfin, et c’est le point le plus essentiel, le Civisme suit d’un pas ferme sa propre route. Il a un but clair, l’Égalité, parce qu’il a clairement identifié l’ennemi, Largent. Il ne se laisse plus piéger. Il ne lutte pas sur le terrain du capitalisme, mais sur le sien, celui des Principes. Au lieu de se débattre dans les contradictions imposées par le système monétaire et inégalitaire à ceux qui veulent le bien du peuple (l’Égalité en dernière analyse), c’est lui qui mettrait les capitalistes face aux leurs. Quand il soutient la logique sociale, eux soutiendraient la logique monétaire. Quand il invoque les Principes pour défendre le peuple, eux invoqueraient les impératifs financiers pour rester dans le système dont le Civisme indique comment il est possible et pourquoi il est nécessaire de sortir. Quand il dénonce l’immigration comme génocidaire et contre-révolutionnaire, eux la justifieraient au nom des « droits de l’homme » qui sont notoirement le masque du capitalisme et des traîtres congénitaux. Quand il appelle tous les citoyens à l’Égalité et à la Liberté, eux voudraient le maintien des inégalités, au nom de Largent, et voueraient ouvertement la plupart de leurs « concitoyens » au mépris, à l’exploitation et à la misère. Quand il résout tous les problèmes, eux proposeraient de s’y résigner pour ménager une poignée de profiteurs. En fin de compte, il sauterait aux yeux de tous que les capitalistes tournent en rond, qu’ils défendent Largent au nom de Largent et de quelques intérêts privés, et que leur position est indéfendable moralement. Poussés ainsi dans leurs retranchements, ils ne pourraient plus parer les coups avec leurs sophismes éventés ; ils en seraient réduits à recourir au cynisme qui ne fait pas recette auprès du peuple. Et sans le peuple, ils ne seraient plus rien, malgré leurs milliards. Alors, tout deviendrait possible. Le camp national, après avoir repris l’initiative, grâce au Civisme, après avoir usé l’ennemi et conquis le peuple, pourrait passer à l’offensive et vaincre à coup sûr.

Mais aujourd’hui, la configuration est inverse. Nous sommes dans un Monopoly grandeur nature. Personne n’envisage sérieusement de jouer à autre chose. Les capitalistes ont le vent dans le dos ; ils n’ont qu’à se laisser porter par Largent où Largent nous mène : à la destruction. Le camp national — qui n’est ni vraiment un camp, puisqu’il est divisé, ni vraiment national, puisqu’il est composé de capitalistes qui s’ignorent — joue sur le terrain de l’ennemi, avec les cartes distribuées par lui. Chacune de ses composantes potentielles déplore les conséquences d’un système monétaire dont elle accepte la cause première et les lois intrinsèques. Les patriotes ne se battent pas ; ils protestent, ils gesticulent, ils s’enlisent dans leurs incohérences idéologiques générales et particulières, ils se noient dans leurs contradictions, ils étalent leur impuissance, ils tendent le bâton pour se faire battre ; ils résistent dans la maison d’un autre ; ils se barricadent dans leur cellule comme si cela pouvait aider à franchir les murs de la prison. Loin de remettre en question leurs lignes respectives, qui les ont menés de défaite en défaite, ils s’entêtent à tenir le même discours, à proposer pour demain la même chose qu’hier. Mais « on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre ». Des idées en partie légitimes mais limitées, qui, de ce fait, n’ont jamais séduit massivement le peuple, ne le séduiront jamais. Pour l’emporter, il faut du neuf et du fulgurant.

« Ceux qui sont experts dans l’art militaire font venir l’ennemi sur le champ de bataille et ne s’y laisse pas emmener par lui. » (Sun Tzu, L’art de la guerre, VI. 2)

Voilà ! Tout est dit.

 

CONCLUSION

Face à l’anéantissement en cours de leur patrie, les patriotes n’ont pas le droit de baisser les bras. Mais, pour sauver la France, ils auront besoin de bien plus que des incantations. Ils devront faire mieux, beaucoup mieux, que ce qu’ils ont fait jusqu’à présent. Et ils le peuvent. Ils disposent maintenant d’une théorie qui corrige les erreurs des uns et des autres, comble leurs lacunes et surarme leurs bonnes intuitions. Il leur fallait pour le XXIe siècle un projet et une idéologie du XXIe siècle, un projet irréprochable sur le plan des Principes et réaliste d’un point de vue pratique ; ils l’ont. Ils avaient besoin d’un point de ralliement pour concentrer leurs forces ; ils l’ont. Ils espéraient un prodige ; il se nomme « Civisme ».

La Révolution à faire est précisément celle à laquelle on n’a pas encore pensé, sans quoi elle serait déjà faite. Les patriotes ont toujours regardé le capitalisme comme l’ennemi. Chacun le voyait comme une hydre à mille têtes et, ne pouvant faire face à toutes, focalisaient sur telle ou telle. D’où les divisions et l’impuissance. Le Civisme, lui, enseigne que le capitalisme n’est point une hydre, mais une pieuvre ; que s’il a des milliers de tentacules, il n’a qu’une seule tête : Largent. Et c’est à la tête qu’il propose de frapper, en indiquant comment.

Dénoncer Largent sérieusement conduit fatalement à vouloir sortir du système monétaire… Et sortir du système monétaire n'a aucun sens s'il s'agit de reproduire l'inégalité. Il n'y a donc qu'une alternative à Largent : l'Égalité, l'égalité des citoyens en devoirs et en droits, dont celui d’accéder librement au marché, droit qui ne passerait plus alors par la monnaie puisqu’il serait conféré directement par la citoyenneté. Quiconque ne parvient pas à cette conclusion préalable pense en capitaliste ; il ne peut rien contre le capitalisme qu’il dénonce et fera tout contre la révolution qu’il appelle de ses vœux.

Bien sûr que cette idée de s’attaquer à Largent et au système monétaire est sidérante ! Mais notre monde ne tourne-t-il pas autour de Largent ? Comment le changer sans remettre en cause son moteur ? Il ne peut pas y avoir de révolution sans révolution. La véritable utopie n’est pas de s’attaquer à Largent pour changer le "monde", mais de croire que l’on peut changer le "monde" sans s’attaquer à Largent.

C’est dans cette utopie que les hommes se complaisent tout en se lamentant. Largent les entraîne manifestement à leur perte, mais ils s’obstinent à regarder ailleurs. Les uns veulent plus de social, les autres plus de national ; tous feignent d’ignorer que le système monétaire est intrinsèquement inégalitaire et individualiste, donc antisocial et antinational... mais aussi antidémocratique et faussement libéral. En fait, Largent contrarie toutes leurs aspirations légitimes, parce qu’il a sa logique, et eux la leur, combinée à la sienne, prépondérante. Ils ne peuvent pas penser et agir au-delà de ce qu’il permet ; ils sont condamnés à courber l’échine ou à se briser les ailes.

Tous tendent au bien commun mais aucun ne voit que Largent leur barre la route, quelle qu’elle soit. Ils conçoivent l’unité dans le « chacun pour soi », et la communauté sans Égalité ! Les « nationalistes » doivent aller vers l’Égalité pour avoir enfin un discours national et anticapitaliste cohérent ; les « gauchistes » doivent aller vers la nation pour avoir enfin un discours social et anticapitaliste cohérent. Les uns doivent regarder leurs concitoyens comme leurs égaux ; les autres doivent arrêter de voir les étrangers comme leur priorité ; tous doivent comprendre que l’on ne peut faire échec au capitalisme qu’en anéantissant Largent, et que l’on ne peut anéantir ce dernier qu’au nom de l’Égalité bien comprise, c’est-à-dire de l’Égalité et de la Patrie. Il n’y a pas de milieu.

Social et le National, Égalité et Patrie, vont de pair. Négliger l’un ou l’autre, l’une ou l’autre, ce n’est pas marcher sur une seule jambe : c’est n’avoir qu’une jambe de bois. Réussir à combiner les deux, les quatre, est la condition pour bousculer les clivages, apporter un souffle nouveau et soulever l’enthousiasme. C’est la voie du Civisme. Si cette doctrine est incapable de réunir les Français, alors rien ne le peut, la France est perdue et eux avec.

Il y a urgence. L’union des patriotes est désormais une question de vie ou de mort. Je le dis donc avec franchise : tous ceux qui ne se rallient pas au Civisme, qui rechignent à anéantir Largent au nom de l’Égalité et de la Patrie, sont des idiots utiles du capitalisme, de faux amis du peuple et, pour le moins, des traîtres à la nation par lâcheté intellectuelle.

 

Ceux qui épargnent Largent périront par Largent.

 

Largent est un Tyran !
L’Égalité ou la Mort !

Vive la Révolution !
Vive la France !

Philippe Landeux
18 mai 2017

Lien vers la théorie du Civisme (PDF gratuit)

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vendredi, 28 avril 2017

2017 - ANALYSE DE LA SITUATION sous l’angle du Civisme

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vais dire d’« où je parle ».

Voilà 20 ans exactement cette année que j’ai conçue la théorie du « Civisme », qui explique pourquoi et comment anéantir Largent (la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger, dont la monnaie et le capitalisme découlent), et pourquoi et comment instaurer l’Égalité ; non pas l’Égalité universelle et absurde des gauchistes ou l’Égalité formelle et astucieuse des bourgeois, mais celle des patriotes, la seule Égalité possible et nécessaire : l’Égalité des citoyens en devoirs (dont celui de participer à la vie de la cité, selon ce qu’elle considère comme une participation) et en droits (dont celui de profiter des bienfaits de leur cité, auxquels ils ont contribué). Cette Égalité et ce droit de profiter des bienfaits de leur cité impliquent notamment, sous peine d’être des formules creuses, le droit d’accéder librement au marché pour tous les citoyens, autrement dit que ce droit soit conféré par la citoyenneté. Or si l’accès au marché est conféré par la citoyenneté (qui ne se mesure pas), il ne l’est donc plus par la monnaie : il n’y a plus de monnaie, plus de prix, plus de valeur marchande, plus de système monétaire, plus de capitalisme. Les pouvoirs d’achat, aujourd’hui limités et inégaux, seraient illimités (sauf par la nature des choses et éventuellement par les lois) et égaux (car indéfinis). L’industrialisation et la production de masse rendent possible et justifié l’accès illimité (c’est-à-dire non borné de manière artificielle et inefficiente), et l’informatique rend possible, par exemple grâce à des cartes à puce, de s’assurer de la citoyenneté des consommateurs, preuve qu’ils se sont au préalable acquittés de leurs devoirs. C’est donc l’évolution technique et technologique qui permet cette nouvelle conception de l’échange, des rapports sociaux et, partant, de la société. Mieux ! ces évolutions doivent inévitablement déboucher sur cette révolution ; non pas sur « une » révolution, mais bien sur celle-là.

Et le Civisme prévoit la révolution, ou évolution révolutionnaire, en France, pour les années 2030, dans tous les cas avant 2050. Cette estimation n’est pas une prédiction d’après une vision dans une boule de cristal, mais la conclusion à laquelle font systématiquement arriver les courbes, tracées à vue de nez, des évolutions politique (droits réels des gens) et technique (capacités productives). Ces courbes procèdent d’un ressenti et du bon sens. Disons, pour faire court, que ces deux évolutions s’accompagnent, mais que l’évolution de la technique, au XXe siècle, a été si fulgurante que celle de la politique (des droits) n’a pas suivi et est appelée à combler son retard de manière tout aussi fulgurante… et le virage devrait logiquement avoir lieu vers 2030.

Courbes des évolutions - 1 - théorie.jpg


Cette évolution fulgurante des droits suppose un changement radical de paradigme, lequel paradigme est aujourd’hui monétaire, incontestablement, et c’est en effet la monnaie qui incarne les droits, impose ses lois, limite les conquêtes possibles et nous condamne à tourner à rond, à stagner et même à régresser. La révolution consistera donc bien à dépasser le système monétaire. Et son but sera l’Égalité, l’égalité entre citoyens, l’égalité dans le cadre d’une société, l’égalité dans le cadre de la nation.

Il s’ensuit que, pour que cette révolution ait lieu, il faut non seulement que la France soit en état de la faire mais encore qu’elle survive à la destruction à laquelle le capitalisme la voue, ainsi que toutes les nations (en particulier occidentales).

Pourquoi le capitalisme cherchent-ils à détruire les nations ? Parce que la nation est à la fois le moyen et le but de la révolution ; parce que la révolution se fera par et pour la nation, pour l’Égalité, contre Largent, contre le capitalisme. Si rares sont les hommes déjà conscients de la voie révolutionnaire, Largent et le capitalisme, qui poussent naturellement à l’individualisme, donc au sans-frontiérisme, à l’universalisme et au mondialisme, savent aussi, de façon immanente, que leur triomphe annonce leur chute, que tôt ou tard l’antidote au capitalisme sera découvert dans un pays capitaliste (c’est déjà le cas, il a vu le jour en France, il a pour nom « le Civisme »), qu’un pays, un peuple, une nation finira par l’administrer, et que les nations sont donc leurs ennemies mortelles. Aussi cherchent-ils à les tuer avant qu’elles n’aient conscience de leur potentiel et de leur devoir. Mais comment les tuer ? Par le supranationalisme et l’immigration, c’est-à-dire en les détruisant par le haut et de l’extérieure, et par le bas, de l’intérieur. L’« Europe » (l’union soi-disant européenne) et les immigrés ont la même fonction destructrice, antinationale et contre-révolutionnaire. L’une détruit leur existence politique (l’esprit) ; les autres détruisent son existence physique (le corps). Certains diront que l’immigration ne change rien, que des hommes en valent bien d’autres. Mais une population n’est pas un peuple ; le multiculturalisme n’est pas une culture ; et mélanger les hommes a précisément pour but de dissoudre les cultures, notamment la culture anticapitaliste et révolutionnaire française. Du reste, l’immigration massive ne brise pas seulement l’esprit ; elle tend au génocide des autochtones, moyen radical, s’il en est, pour le capitalisme, d’écarter la menace d’une nouvelle révolution française. Voilà pourquoi le capitalisme, intrinsèquement mondialiste, pousse à toujours plus d’« Europe » et encourage l’immigration tous azimuts malgré leurs effets désastreux. Et si rien ne s’y oppose, il parviendra à ses fin, dans le seul intérêt de Largent. Tout sera détruit au profit de personne et sans plus aucun moyen de réagir.

Mais la logique historique (voir les courbes) propose un autre scénario. La révolution qui mettra enfin la technologie au service des hommes, c’est-à-dire des droits du citoyen, est inéluctable et pour bientôt (15 ou 25 ans). Mais, comme je l’ai dit, elle ne pourra avoir lieu tant que la France ne sera pas sortie de la spirale de sa destruction, tant qu’elle sera enchaînée par l’« Europe » et plombée par l’immigration. Autrement dit, quelque chose doit se passer, qui amorcera ou provoquera un changement de cap à ce niveau-là. Quand ?

Si l’on compte une quinzaine d’années entre le moment où la France mettra, d’une manière ou d’une autre, un coup d’arrêt aux crimes et trahisons capitalistes, du moins à partir du moment où elle se rebiffera violemment, puis le temps de résoudre les problèmes, puis le temps de se relever de cette épreuve, puis le temps que les contradictions du système monétaire (lié au mode de production artisanale, inadapté au mode de production industrielle) se fassent à nouveau sentir sans qu’il soit désormais possible de recourir aux mêmes subterfuges que le capitalisme, donc en étant réduite à franchir le pas contre Largent, cela situe le moment du sursaut national autour de 2015 (2030 – 15).

Reste la question : Quoi ? Que peut-il se passer ? Il n’y a pas mille manières sortir de l’« Europe » et de renverser le flux migratoire (car stopper l’immigration, vue l’ampleur de l’invasion, ne suffit pas). Il n’y en a que deux : le politique et les armes. J’entends par « politique », celle d’un gouvernement. Il n’y a qu’un gouvernement anti-Europe qui pourra claquer la porte. Encore faut-il qu’un président, ayant cette volonté, soit élu. Sans quoi, manifestations et référendums (l’insurrection n’étant pas ici une option) ne changeront rien, puisque nous avons vu que les capitalistes n’en démordront pas.

L’immigration, elle, peut être combattue de deux manières : la plus réaliste et la plus souhaitable étant là encore la politique. Une politique dans ce sens-là rencontrerait sans doute une opposition virulente (de la part des gauchistes et des immigrés), à désamorcer en douceur si possible, à mâter brutalement si nécessaire, ce qui, dans ce cas, pourrait déboucher sur une guerre civile (avec avantage pour le camp tenant l’appareil d’état). (Il va de soi qu’un tel gouvernement serait en opposition avec l’« Europe » dont il serait obligé de se retirer à moins qu’elle ne le chasse elle-même.) Il se pourrait aussi que, quoique ménagés par le pouvoir, les immigrés mettent eux-mêmes le feu aux poudres, et que les Français, longtemps bridés et castrés, mais n’ayant plus le choix qu’entre se battre ou mourir, réagissent. Là, l’issue dépendrait de trop de paramètres imprévisibles pour que j’entre ici dans le détail de tous les scénarios possibles. Disons que ce serait sanglant et terrifiant. Plus de demi-mesures. L’extermination serait à l’ordre du jour dans les deux camps. Or le risque d’une telle situation est précisément créé par les politiques mises en œuvre depuis 40 ans et encore poursuivies, politiques qui visent objectivement à notre destruction et insinuent que la seule façon d’éviter la situation tragique dans laquelle une réaction de notre part plongerait la France est de nous résigner à disparaître. « On a résolu vous tuer, mais mourrez en silence, bandes de fascistes ! »

 

Voilà ma grille de lecture. Quoique Largent nous entraîne dans son néant, la France va se réveiller, parce que la force des choses, elle, nous pousse vers la Révolution.

En 2005, quand le peuple français a été consulté sur le projet de constitution « européen », c’est-à-dire en fait sur l’« Europe », la victoire du NON, malgré le matraquage médiatique en faveur du OUI, était tout autant prévisible (d’après cette grille de lecture) qu’il était évident que le gouvernement capitalo-mondialiste passerait outre. Il n’y a pas « d’autre Europe » possible aujourd’hui. Des pays monétaires ne peuvent former qu’une entreprise capitaliste : non pas l’Europe des patries, mais celle du pognon. L’« Europe » est néanmoins morte cette année-là en perdant toute légitimité, laquelle réside dans le peuple. En 2005, eurent lieu également les grandes émeutes dans les banlieues. Une bonne occasion de sortir le « karscher ». Mais les mêmes capitalo-mondialistes étaient au pouvoir. Ces émeutes, qui se limitèrent à brûler des voitures, ont néanmoins mis en évidence le problème de l’immigration (pour les Français, non pour le gouvernement qui s’en sert contre eux) et averti qu’il allait être de plus en plus pressant. C’est d’ailleurs à cette époque que débuta l’afflux massif de clandestins qui n’a pas cessé depuis, provoqué, organisé, encouragé, légalisé par des gouvernements qui se prétendent impuissants mais déploient toute leur force pour briser toute opposition des Français.

2015, l’année où tout allait peut-être basculer, commença bien. Massacre à Charlie Herbdo par des islamistes, français commevouzémoi. « Je suis Charlie. » Puis massacre au Bataclan. « Pas d’amalgame. » 2016, massacre à Nice. « Tous unis contre le racisme. » Loin de soulever le problème de l’immigration (et de sa gestion), le système s’est servi du terrorisme pour le masquer et même pour le retourner. « Les terroristes ne sont qu’une infime majorité, donc les immigrés sont en général une chance. » Les Français n’ont pas bronché. Qu’auraient-ils pu faire concrètement, sans organisation, avec tout l’appareil d’état contre eux, à part se livrer isolément à des massacres et passer ainsi pour les méchants (face aux gentils envahisseurs et aux sympathiques collabos) ? Non ! Ils ont ravalé leur colère et attendu l’occasion de la traduire politiquement, ce qui, en dernière analyse, est la meilleure et, pour le moment, la seule option.

2017, le Front Nation, anti-Europe, anti-immigration, incarné par Marine Le Pen, accède au second tour de l’élection présidentielle. On peut bien sûr y voir un concours de circonstances. Ma grille de lecture me fait dire que c’est dans l’ordre des choses, que son élection elle-même est inscrite dans la logique de l’histoire. Le même cas de figure s’est déjà présenté en 2002, avec son père, mais dans d’autres conditions ; c’était trop tôt, ce ne fut qu’un coup de semonce (dont le système a conclu, non qu’il fallait devenir raisonnable en matière d’immigration, mais, au contraire, qu’il fallait noyer les Français sous un déluge d’immigrés). Aujourd’hui, le fruit est mûr. Mieux ! La configuration de ce second tour est on ne peut plus symbolique. A l’heure où un événement majeur doit survenir et acter du réveil du peuple contre Largent, contre l’Europe, contre l’immigration, les deux finalistes sont précisément ceux qui symbolisent le mieux l’un et l’autre camp. Il oppose clairement, à travers Macron et Marine, le mondialisme au  nationalisme (dans le sens de « système à l’échelle nationale »), l’oligarchie capitaliste aux patriotes, les banques au peuple, la démocrature à la démocratie et, in fine, sans que les choses soient encore aussi évidentes, Largent à l’Égalité. Macron a tout le système derrière lui et devrait, en apparence, l’emporter haut la main. Mais le système en question doit s’effondrer. Marine n’a pour elle que le rejet croissant et confus du peuple pour ce système. Ses soutiens potentiels sont dispersés et hétéroclites, tels l’armée de Spartacus. Mais elle est dans le sens de l’histoire. Je ne dis pas qu’elle sera élue mais que son élection, le cas échéant, serait moins accidentelle qu’il n’y paraîtra. Quelque chose doit se produire dans la période où nous sommes. Un choc des titans se prépare, entre les forces de Largent, jusqu’alors toutes puissantes, et la montée en puissance d’un mouvement populaire et pré-révolutionnaire. Ce dernier l’emportera. Toute la question est de savoir si la balance penche déjà en sa faveur. Nous le saurons bientôt.

Si l’événement qui doit permettre à la France d’échapper à l’« Europe » et de régler la question de l’immigration (afin de pouvoir, à terme, se consacrer à la véritable révolution, pour l’Égalité, contre Largent) est de nature politique, ce ne peut être que l’élection de Marine Le Pen, aujourd’hui, en 2017, ou d’un candidat similaire (elle ou un autre) au plus tard en 2022. Le plus tôt sera le mieux. Aussi dramatique que soit la situation actuelle de la France, elle ne sera que plus pourrie dans quelques années, et il sera alors d’autant plus difficile et douloureux d’arrêter les hémorragies et de cicatriser nos plaies. La vraie « chance pour la France » de sortir de l’impasse avec le moins de casse possible, c’est Marine. Ne pas voter pour elle par crainte de ce que cela pourrait produire, c’est être complètement aveugle, non seulement sur ce qu’incarne Macron et les dégâts profonds qu’il pourrait causer, mais encore sur ce qu’il se produira, de toute façon, et en pire, si elle n’est pas élue, si la France reste gouvernée par des suppôts du capitalisme. Un rebond va avoir lieu, incessamment sous peu : s’il n’est pas politique et énergique, il sera civil et cauchemardesque ; personne ne peut désirer en arriver là, mais ce n’est pas en alimentant le feu tout en niant la possibilité d’un incendie qu’on écartera ce danger.

En outre, et pour finir, ne pas voter pour elle, c’est aussi n’avoir aucune conscience des enjeux, et encore moins de conscience révolutionnaire. Ce qui se joue dans cette élection, c’est, d’une part, la survie de la France et du peuple français, face au besoin vital du capitalisme de les anéantir au nom de Largent, d’autre part, la Révolution à venir, dont la nation sera le levier, et l’Égalité, la finalité. Ne pas voter pour elle, c’est, a priori, tout compromettre. Gageons toutefois que la force des choses conduira mieux le mouvement des hommes que leurs petites pensées et provoquera, par d’étranges détours, ce qui doit advenir.

 

Pour faire la Révolution demain,
il faut sauver la France aujourd’hui.

 

Philippe Landeux
28 avril 2017

06:06 Écrit par Philippe Landeux dans 5. SCHEMAS | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

mardi, 25 avril 2017

ES-TU AUSSI CON QUE POUTOU ? (LE TEST)

Un rêve vient de me tirer de mon lit.

J’étais assis par terre. J’allais expliquer quelque chose à Mélenchon. Celui-ci me dit. « Attends, je t’envoie Poutou. » Et Poutou arrive et s’assied en face de moi.

Dans quelques années, lui dis-je, nous n’utiliserons plus que des cartes de crédit. C’est l’évolution inéluctable et irréversible des choses. Hé bien ! la technologie des cartes peut servir à autre chose qu’à manipuler des crédits. Elle peut servir à attester la citoyenneté, c’est-à-dire le fait d’avoir participé à la vie de la cité selon ce qu’elle considère comme une participation, laquelle citoyenneté serait LA condition pour accéder librement au marché dans la mesure du possible et des lois. Aujourd’hui, LA condition pour avoir le droit d’accéder au marché et jouir en même temps de tous les droits qui passent par celui-là, c’est-à-dire presque tous, dont les plus vitaux, est de disposer de monnaie, gagnée on ne sait comment. Et on n’y accède d’ailleurs qu’en proportion des unités dont on dispose à l’instant « T ». Nous n’avons pas le même droit par rapport aux autres et nous ne sommes même pas constamment égaux à nous-mêmes. Les propriétés de la monnaie génèrent à elles seules l’inégalité. Mais si le droit d’accéder au marché, qui plus est librement, était conféré par la citoyenneté, elle-même attestée par une carte à puce, si ce droit était le pendant logique d’avoir participé à la vie de la cité, si ce droit était indéfini ou illimité, puisque la citoyenneté ne se mesure pas (On est citoyen ou on ne l’est pas), alors ce droit ne serait plus incarné et conféré par de la monnaie : il n’y aurait pas de monnaie, pas de prix, pas de salaires (au sens monétaire du terme), pas d’impôts, pas de taxes, en un mot plus de valeur marchande (Largent), plus de capitalisme, plus de moyen d’exploitation et d’oppression, plus de riches, plus de pauvres. Égaux dans le droit d’accéder au marché, et tenus de participer à la vie de la cité pour jouir de ce droit, les citoyens seraient égaux en devoirs et en droits.

Poutou : Mais.. Mais….

Je continue. Faire de la citoyenneté, dûment attestée, LA condition pour accéder librement au marché, de la même manière, d’un point de vue technique, dont on le fait aujourd’hui avec les cartes de crédit, n’a non seulement rien d’impossible — puisque cette technologie a déjà bien d’autres applications —, mais est à la fois la proposition la plus réaliste au vu de l’évolution des choses et la seule cohérente d’un point de vue social.

L’usage bientôt exclusif de cartes de crédit fera atteindre à la monnaie le terme de son évolution : elle n’existera plus que de manière virtuelle, dans nos têtes. Son existence ne tiendra plus qu’à notre croyance en la nécessité de la notion de valeur marchande pour échanger (Largent). Elle aura disparue du réel et ne survivra que par nos préjugés. Mais cet état de choses ne pourra durer longtemps. Seules les cartes ou du moins leur technologie sont appelées à rester. La monnaie virtuelle, elle, et donc le concept même de monnaie, est appelée à disparaître. Mais pour qu’elle disparaisse vraiment, il faut que ce par quoi elle survit encore serve une autre cause que la sienne. Mais quelle cause, sinon celle des Principes de l’ordre social et de l’Égalité ? La monnaie confère un pouvoir d’achat limité et inégal. Tout système qui perpétuerait des limites artificielles et inégales ne serait, en fait, qu’une déclinaison du système monétaire et n’aurait rien de révolutionnaire. Rompre avec la monnaie, c’est évidemment rompre avec la logique monétaire, avec l’individualisme et l’inégalité ; c’est renouer avec le civisme, le patriotisme, et l’Égalité bien comprise.

Poutou : Mais… Mais…

Moi : Il n’y a pas de mémé ! L’Égalité n’est pas universelle ! Il n’y a pas d’autre Égalité que l’égalité en droits, et il n’y a pas de droits sans devoirs. Or c’est dans le cadre d’une société, d’une nation, que les individus, les citoyens, ont des devoirs et des droits. Les droits ne tombent pas du ciel ! Il faut que quelqu’un les génère, et seuls ceux qui contribuent à les générer méritent d’en jouir. L’Égalité universelle, donc sans devoirs, sans cité, sans nation, comme l’Égalité formelle, sur le papier, c’est-à-dire sans que les droits, dont celui d’accéder au marché, ne soient attachés à la citoyenneté, sont des sophismes et débouchent sur une oppression des citoyens dans l’un et l’autre cas. Mieux ! ces deux conceptions sont typiquement capitalistes. L’Égalité universelle et sans-frontiériste n’est qu’une extension de l’individualisme inhérent à Largent et va d’ailleurs dans le même sens que le capitalo-mondialisme. L’Égalité formelle, elle, proclame le Principe sans l’appliquer au seul champ qui compte, c’est-à-dire en acceptant toutes les égalités sauf sur le plan du pouvoir d’achat ; elle ne conteste pas le système monétaire ; elle accepte la logique de la monnaie malgré ses évidentes contradictions avec la logique sociale ; elle fait Largent roi et s’empresse de se soumettre à lui.

Bref, « l’Égalité » est un mot usé, galvaudé, dénaturé tant par ceux qui l’ont invoqué sans savoir comment sortir du système monétaire que par ceux qui cherchent précisément à le perpétuer, et avec lui l’inégalité, mais n’en est pas moins le Principe fondamental de l’ordre social, le Principe à défendre : il s’agit donc moins de renoncer au mot que de lui redonner tout son sens. Mais pour que l’Égalité ait un nouveau sens, pour qu’elle renoue, plus exactement, avec son sens originel, encore faut-il qu’il soit possible de le lui donner concrètement. Et c’est le cas aujourd’hui. La technologie moderne est en train de tuer, sans le savoir, la monnaie et le système monétaire, et permet, en même temps, d’appliquer de manière inédite le Principe d’Égalité, en offrant un moyen simple et efficace d’attester la citoyenneté.

Le capitalisme s’axe autour de Largent (croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger), de la monnaie et d’un mode d’échange ; la Révolution s’axera, elle aussi, autour d’un nouveau moyen d’échange (ou moyen d’accès au marché), véhiculant de nouveaux concepts, de nouveaux Principes. Ceci est à la fois dialectique et pratique. La dialectique pure qui n’entrevoit aucun moyen pratique est sans doute bien jolie mais inutile et fausse à la base ; elle projette sur l’avenir les impossibilités du passé qui n’ont pas permis de voir ce qui était depuis toujours en négatif sous les yeux.

Ainsi, je vous le dis, la prochaine révolution ne doit pas focaliser sur la propriété des moyens de production ; elle ne doit pas prôner le collectivisme, toujours désastreux ; elle ne doit pas compter sur un prétendu « génie du prolétariat » ; elle n’aura pas les immigrés pour fer de lance, au contraire ; et il n’y a pas besoin qu’elle arrive pour savoir en quoi elle consistera. Car je vous l’annonce dès aujourd’hui : elle aura pour but d’instaurer la « carte civique » et ainsi d’anéantir Largent (donc l’idée de valeur marchande, la monnaie, le capitalisme et toutes leurs séquelles), au nom de l’Égalité (bien comprise) et de la Patrie.

Poutou : Heu ! … Heu ! … Fasciste !!! ! !



Je fais parfois de ces rêves ! Mais le vrai cauchemar, c’est d’avoir en face de soi des gens qui ne comprennent rien.

Philippe Landeux
25 avril 2017

10:56 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

lundi, 24 avril 2017

LA CLÉ DE LA VICTOIRE

Le Front National, autrement dit le camp "national", vient de connaître une victoire à la Pyrrhus. Encore une victoire comme celle-là et il n'y aura plus de France. Est-ce à dire qu'il n'y a plus de Français en France, de Français prêts à défendre leur pays ? Je ne le crois pas. Je pense surtout qu'ils sont divisés, notamment par la question de l'immigration, et qu'il n'y a pas, dans l'offre politique actuelle, de projet à long terme capable de les rassembler tout de suite et de les unir en un faisceau invincible. Si chacun des camps s'entête dans sa vision étriquée et bancale, aucun ne gagnera et la France disparaîtra.
 
Tous les patriotes savent que l'ennemi est le capitalisme. Mais l'ennemi ainsi désigné est protéiforme et chacun le combat à sa manière, de sorte que les forces d'opposition sont divisées et individuellement minoritaires, alors que, unies, elles seraient majoritaires. Le temps est venu d'être précis. L'ennemi, c'est Largent lui-même, c'est la nature monétaire du système, dont procèdent tant le capitalisme que le capitalo-mondialisme ou le capitalo-libéralisme dit ultra-libéralisme.
 
Largent (la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger) va de pair avec l'individualisme (> sans-frontiérisme, mondialisme) et l'inégalité (exploitation, oligarchie, ploutocratie). Il engendre le système monétaire où les droits sont incarnés et conférés par la monnaie et dans lequel les individus ont un pouvoir d'achat limité et inégal. Ce système a sa propre logique, dont Largent est la clé de voûte. En accepter une partie, c'est valider le tout. Or telle est la situation dans laquelle sont aujourd'hui les partis qui se veulent en pointe de l'opposition : ils dénoncent des aspects de ce système, des effets de Largent, mais ils conservent Largent et valident le système en général. Il s'ensuit que tout ce qu'ils veulent est contre-nature (contre la nature du système), que leurs efforts pour ramer sans but à contrecourant sont voués à l'échec.
 
L'urgence, pour les patriotes, n'est pas d'affiner leurs stratégies mais d'élaborer une véritable alternative au système actuel, ou plutôt d'y adhérer, car elle existe déjà : le Civisme. Sans entrer ici dans le détail de ce projet, force est d'admettre qu'il doit être l'exact contre-pied du système actuel. Il doit proscrire la notion de valeur marchande et la monnaie. A un pouvoir d'achat limité et inégal conféré par la monnaie, gagnée on ne sait comment, il doit proposer un pouvoir d'achat indéfini et donc égal pour tous les citoyens et conféré par la citoyenneté elle-même, étant entendu que la citoyenneté se mérite en remplissant les devoirs du citoyen, notamment celui de participer à la vie de la cité, selon ce que celle-ci considère comme une participation. Ainsi, à l'individualisme et à l'inégalité, il pourra substituer le civisme (ou patriotisme) et l'Égalité (bien comprise).
 
Ce qu'il manque aujourd'hui au Front dit National, dans sa lutte contre le capitalo-mondialisme, c'est, outre un discours radical contre Largent, une conception juste de l'Égalité (des citoyens en devoirs et en droits) qui peut justifier de défendre la Nation. Car pourquoi défendre la "nation" si celle-ci est, pour la grande majorité, synonyme d'exploitation ? Le Front National défend déjà toutes les notions consubstantielles à l'Égalité : nation, patriotisme, souveraineté populaire (démocratie), souveraineté nationale (indépendance), non-ingérence. Il ne lui reste plus qu'à dénoncer Largent pour avoir une conception cohérente de l'Égalité et aller ainsi au bout de sa propre logique.
 
Ce qu'il manque aujourd'hui au Front dit de Gauche, dans sa lutte contre le capitalisme, c'est à la fois une idée moins naïve de l'Égalité, qui ne peut concerner que les citoyens sous peine d'être non seulement un mot creux mais un sophisme capitaliste, et, partant, une idée plus solide de la nation, seul levier pour renverser le capitalisme. Il doit comprendre que l'immigration est l'arme du capital contre la nation et contre la seule égalité possible ; que défendre sa nation, son peuple, c'est défendre le monde entier et la véritable humanité ; bref, que l'Égalité passe par la lutte contre Largent et pour la nation.
 
Voilà mon message. Lutter contre Largent au nom de l'Égalité et de la Nation. Telle est la seule voie pour réconcilier tous les patriotes et stopper notre descente aux Enfers.
 

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16:24 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

jeudi, 20 avril 2017

GAUCHE ABSOLUE et PATRIOTISME INTÉGRAL

Le Principe d'ÉGALITÉ est éminemment de Gauche.

Il n'y a qu'une ÉGALITÉ souhaitable, possible et nécessaire : celle des citoyens en devoirs et en droits.

Cette ÉGALITÉ va de pair avec les notions de cité ou nation, de patriotisme, de souveraineté populaire (démocratie), de souveraineté nationale (indépendance) et de non-ingérence.

Mais l'égalité en droits est impossible dans un système monétaire où la monnaie, de par sa nature, incarne les droits qui, de par son fonctionnement, se répartissent fatalement inégalement ; où le pouvoir appartient aux riches par la force des choses (ploutocratie) ; où la citoyenneté, ne conférant pas les droits du citoyen, est un mot creux ; où il n'y a pas de citoyens, mais seulement des individus livrés à eux-mêmes et en conflit permanent.

Il n'y a d'égalité en droits, et partant en devoirs, que si tous les citoyens, tous les individus ayant rempli leurs devoirs, dont celui de participer à la vie de la cité (selon ce que celle-ci considère comme une participation), profitent en effet des bienfaits de leur cité, donc si tous sont libres d'accéder au marché. Et si le droit d'accéder librement au marché, dans la mesure du possible et des lois, est conféré par la citoyenneté (ce qu'une carte à puce permet facilement d'attester), alors il n'y a plus de prix, plus de monnaie, plus de notion de valeur marchande (Largent), plus de marchandisation, plus de capitalisme.

La prochaine Révolution consistera à anéantir Largent au nom de l'Egalité (bien comprise) et de la Patrie.

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Pour voir la vidéo, cliquez ICI ou sur l'image

samedi, 01 avril 2017

LA RÉVOLUTION ET SES LEÇONS

Nous nous heurtons aujourd’hui au même problème que les révolutionnaires, les vrais révolutionnaires (Robespierre, Marat, Saint-Just), en leur temps : la puissance des riches, l’hégémonie du capital (individualiste, inégalitaire, apatride, mondialiste), en un mot Largent. Et la plupart de nos contemporains sont aussi aveugles qu’ils l’étaient eux-mêmes sur la véritable nature de l’ennemi, à la différence qu’eux avaient des excuses que nous n’avons plus. La technologie moderne (production de masse, informatique, cartes à puce) permet en effet d’instaurer l’Égalité (bien comprise : l’égalité des citoyens en devoirs, dont celui de participer à la vie de la cité, et en droits, dont celui d’accéder librement au marché) et d’anéantir Largent, c’est-à-dire d’instaurer un mode d’échange fondé sur les Principes de l’ordre social et non plus sur la notion de valeur marchande, où le droit d’accéder au marché serait conféré par la citoyenneté, elle-même attestée grâce à une carte à puce, et non plus par des unités monétaires (incarnant les droits) gagnées on ne sait comment et se répartissant fatalement de manière inégalitaire (voir « Le Civisme »). Que l’on admette ou non la possibilité d’un pareil système, mon but n’est pas ici de l’exposer, de l’expliquer, mais de faire comprendre mon point de vue.

Je pars du postulat que, quoique cela demandera encore une « révolution » ou une « évolution révolutionnaire », il est possible aujourd’hui d’appliquer les Principes invoqués par les révolutionnaires, notamment celui d’Égalité, qui est la condition de la démocratie au vrai sens du terme, au sens de souveraineté du peuple (un système inégalitaire étant par définition oligarchique). Mais si ce à quoi les révolutionnaires aspiraient fondamentalement n’est réalisable qu’aujourd’hui, il s’ensuit :

1) que cela était hors de leur portée en leur temps,

2) que n’ayant pas la possibilité technique d’anéantir Largent et d’abolir la monnaie (au nom de l’Égalité et de la Patrie), cette idée ne leur effleurait pas même l’esprit,

3) que ne pouvant rayer Largent de l’équation, ils le conservaient sans en avoir conscience et sans voir les contradictions théoriques et pratiques avec les principes qu’ils professaient,

4) que, étant obligés de conserver la monnaie, par laquelle passe la plupart des droits, tout en aspirant à l’égalité en droits, ils ne pouvaient admettre que « la monnaie n’est autre chose que du droit » (quoique les mesures financières visant à réduire les inégalités monétaires en soient la démonstration), que sa seule existence est garante de l’inégalité, puisqu’elle ne peut se répartir également, et que l’Égalité est donc une vue de l’esprit dans un système monétaire,

5) qu’ils avaient de ce fait une conception de l’Égalité dénaturée par Largent,

6) qu’ils cherchaient moins à atteindre l’Égalité, aussi inaccessible qu’inconcevable pour eux, qu’à contenir ou contrer les effets inégalitaires de Largent, autrement dit qu’ils ne visaient pas l’Égalité mais seulement moins d’inégalités, moins de disparité entre les fortunes,

7) que ne pouvant ni remonter à la source de l’inégalité, ni la tarir, ils en voyaient la cause ailleurs (dans certains hommes, dans les lois, dans l’organisation politique, dans l’éducation, etc.), se lançaient sur tous les fronts qui étaient autant de leurres et multipliaient les mesures aussi légitimes en apparence que vouées à l’échec,

8) que, ne pouvant triompher de Largent, ils devaient fatalement en être les victimes.

 

Voilà ce que l’analyse permet de comprendre et ce que l’étude des faits permet de constater et de valider.

Le XVIIIe siècle vit monter en puissance la bourgeoisie, c’est-à-dire les riches ou, comme on disait aussi, « l’aristocratie de l’argent ». Cette montée en puissance s’accompagna d’une philosophie, celle des Lumières, prônant la souveraineté et la liberté des riches (des « propriétaires »), proclamant sans le dire Largent roi. La liberté absolue pour les riches d’exploiter les hommes et de spéculer sur les marchandises pour s’enrichir davantage fut érigée en doctrine que nous appellerions « libérale ». Ce courant avait vu le jour bien avant la Révolution ; il sembla s’imposer en 1789, sous la Constituante, mais rencontra une vive opposition et ne triompha incontestablement, et jusqu’à nos jours, qu’à partir de 1794, après l’exécution de Robespierre. Ainsi, ce qui caractérise la Révolution, ce n’est pas la mise en place de l’ordre bourgeois, c’est-à-dire l’avènement de Largent, mais au contraire la montée en puissance d’un mouvement opposé, d’un mouvement anti-bourgeois, « anti-libéral », plus exactement « anti-capitaliste », un mouvement en faveur du peuple, un mouvement démocratique et égalitaire. Ce mouvement fut incarné au plus haut point par Robespierre.

En 1788, le royaume est endetté dangereusement. Les Ordres privilégiés (Clergé, Noblesse) ont jusque-là refusé de payer. Louis XVI en est réduit à convoquer les États Généraux, c’est-à-dire à réunir des représentants des trois Ordres (Clergé, Noblesse, Tiers États), qui seuls peuvent créer de nouveaux impôts. La Révolution est amenée par un problème d’argent. Les bourgeois, qui avaient le vent en poupe, trouvent là l’occasion d’accélérer le processus qui doit faire tomber le pouvoir dans leurs mains. Tout se passe d’abord à merveille. La Constituante uniformise le royaume, abolit les privilèges des provinces, supprime les frontières intérieures, décrète la liberté du commerce (libéralisme), prive les pauvres du droit de cité, abolit les corporations, interdit les grèves et les pétitions, constitue une garde bourgeoise et adopte la loi martiale pour réprimer affamés et mécontents. Mais en son sein, un député s’oppose de toutes ses forces à cette politique : Robespierre. Lui veut la souveraineté du peuple (démocratie) et la justice sociale (moins d’inégalités). Il est seul ou presque et ne pèse donc rien à l’Assemblée. Mais il a derrière lui l’opinion publique. On l’appelle « l’Incorruptible ».

Une Assemblée législative succède à la Constituante. Que des bourgeois. Une faction domine : les Girondins. Ce sont les champions de la « propriété », les défenseurs inconditionnels du libéralisme (Largent). Ils veulent aussi la guerre à tout prix, tant pour détourner le peuple des souffrances qu’occasionne leur politique que pour remplir les caisses de l’État, toujours vides (malgré la confiscation des biens du clergé et la création des assignats). C’est au club des Jacobins, dont ils font alors partie, qu’ils trouvent dans Robespierre, qui n’est plus député, un détracteur acharné. La guerre, voulue aussi bien par les Girondins que par la Cour, est un piège ; elle donnera aux puissances étrangères l’occasion d’entrer en France et d’écraser les révolutionnaires. Il faut s’y préparer, mais pas la rechercher. Rien à faire. La guerre est déclarée, alors que la France n’est pas en état de la faire. Les armées désorganisées se débandent au premier contact. Les armées austro-prussiennes temporisent mais sont prêtes à envahir le territoire et à fondre sur Paris. C’est alors que tout ce que la France compte d’énergique se soulève et renverse la monarchie (10 août 1792), à la barbe de la Législative, elle-même contrainte de se dissoudre.

Pendant que les volontaires courent au devant de l’ennemi, la nouvelle Assemblée, appelée « Convention », élue au suffrage universel, se réunit (21 septembre 1792). Mais si Paris, au contact des événements, a élu des Jacobins (Robespierre, Marat, Danton), les départements ont renvoyé les Girondins qui, d’entrée, monopolisent toutes les places. Et les Girondins détestent Paris et ses élus qui leur ont fait échec. Au lieu de gagner une guerre qu’ils ont provoquée, ils persécutent Marat et Robespierre, ils calomnient Paris pour la faire haïr des départements, ils tergiversent pour sauver un roi aux dépens de la République… et, bien sûr, ils sont plus que jamais les champions des « propriétaires ». Au printemps 1793, les armées, un moment victorieuses, sont à nouveau en déroute, des départements sont en révolte ouverte, le peuple partout a faim : il faut agir. La 2 juin 1793, la commune de Paris, d’accord avec les Jacobins, fait cerner la Convention qui décrète d’arrestation les meneurs Girondins. Gardés à domicile, ceux-ci en profitent pour s’échapper et prêcher de vive voix la révolte dans les départements.

S’ouvre alors la deuxième période de la Convention, dominée cette fois par les Montagnards, dont les Jacobins sont le noyau dur, et Robespierre le leader. Mais dans quel état la France est-elle, après 4 ans d’agitation politique et un an et demie de guerre ? L’économie est en lambeaux. Toutes les frontières extérieures sont assiégées. Les deux tiers des départements sont en révolte, quoique le plus souvent de manière superficielle (des révoltes de notables, d’administrateurs, favorables aux Girondins). La « Vendée » tend les bras à l’Angleterre, à qui Toulon s’est livrée. Il ne s’agit pas d’administrer un pays en paix, mais de parer milles coups. Aux grands maux les grands remèdes. Il faut lever, armer, équiper et approvisionner 2 millions d’hommes. Tout cela coûte. Le moins cher sera le mieux. Il faut calmer la rapacité des fournisseurs, l’avidité des marchands (établissement du maximum des prix et de comités aux accaparements). Il faut déjouer les traîtres qui, d’indulgence en indulgence, ont conduit la France au bord du gouffre. Il faut tendre tous les ressorts pour sauver la République, qui se veut en faveur du peuple ou le sera quand les conditions le permettront. Pour l’heure, c’est la guerre, qui accapare toutes les ressources et toutes les pensées.

Mais la tension est source de divisions. Les hommes qui ont éjecté les Girondins n’avaient ni les mêmes raisons ni le même caractère ni le même projet. Les querelles de personnes se mêlent aux désaccords politiques. On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. La « Terreur », pourtant nécessaire, ne va pas sans abus. Danton (soupçonné d’avoir été un agent anglais) invoque ces abus pour faire cesser la Terreur (en réalité pour sauver ses amis arrêtés pour corruption). Il veut signer une paix de compromis (au désavantage de la France) et instaurer un régime bourgeois. Il rallie sous sa bannière Girondins et royalistes. D’autres veulent au contraire que la Terreur soit portée à tous les excès. Ce sont Hébert et les Cordeliers, qui essayent d’entraîner à leur suite le peuple de Paris. Robespierre se garde de ces deux extrémités. Le Comité de salut public, dont il fait partie depuis le 27 juillet 1793, est sur la même ligne (quoique composé d’hommes de tendances différentes). Dans cette lutte à mort, le Comité frappe le premier. D’abord Hébert, ensuite Danton. Ce danger passé, ce sont les membres des comités eux-mêmes (comités de salut public et de sûreté générale) qui se divisent et qui surtout attaquent sournoisement Robespierre, qui parce qu’il s’est opposé à la déchristianisation, qui parce qu’il abhorre les représentants en mission sanguinaires, qui parce qu’il veut un régime social et démocratique, qui parce qu’il s’oppose à la guerre de conquête, qui parce qu’il le jalouse tout simplement. Mais Robespierre incarne la Révolution. Pour l’abattre, il faut d’abord le déconsidérer, le calomnier, le ridiculiser, le faire craindre, le faire haïr, l’affaiblir, le paralyser ; il faut mentir et le faire taire. Un complot se trame. Le 8 thermidor (26 juillet 1794), Robespierre, qui ne participe plus au comité depuis un mois, tente de le déjouer. Il expose à la Convention toutes les manœuvres dont il est l’objet et tout ce qui compromet selon lui la chose publique. Son discours est décrété d’impression, mais ses ennemis en font renvoyer l’examen aux comités qu’il vient de dénoncer ; ils gagnent la première manche. La journée du lendemain va être chaude. L’appui du Marais (la masse des députés du centre) sera décisif. Les fausses listes de proscription qui circulent, attribuées à Robespierre, n’ont pas eu l’effet escompté. On sait que Robespierre n’est pas un sanguinaire, lui qui a protégé les « 73 » députés girondins et a contre lui les furieux de la Terreur. Dans la nuit, les conspirateurs promettent aux uns d’arrêter la Terreur, dont ils sont eux-mêmes les auteurs, aux autres, de revenir sur les mesures sociales adoptées depuis un an (maximum, lois de ventôse, etc.). Marché conclu. Le 9 thermidor (27 juillet 1794), Robespierre (ainsi que Saint-Just, Couthon, Lebas et Robespierre jeune) est décrété d’arrestation par une meute en furie, sous des accusations diverses et contradictoires. L’insurrection improvisée de la Commune ne change rien. Robespierre n’y croit plus. Il est exécuté le lendemain.

Mais, en frappant Robespierre, sous des accusations délirantes, en faisant un crime de toute aspiration sociale et de toute fermeté (en faveur du peuple), ses ennemis (plus personnels que politiques) ont ouvert un boulevard à la réaction bourgeoise, qui balaye tout. Les suspects sont relâchés en masse. Le club des Jacobins est fermé au bout de 3 mois (12 novembre 1794). Les membres des comités de salut public et de sûreté général sont, pour la plupart, proscrits dans les mois qui suivent. Ceux qui redoutaient tant Robespierre en raison de leurs crimes ou de leur corruption ont retourné leur veste et sont des vedettes : Fouché, Fréron, Tallien, Barras, etc. (Carrier, Lebon et Fouquier-Tinville sont toutefois irrécupérables et paieront pour les autres.) Les Girondins détenus sont réintégrés (tandis que les ex-Montagnards sont envoyés petit à petit en prison). Le suffrage censitaire est rétabli, ainsi que la liberté du commerce (le libéralisme). Le maximum (qui du reste était une mesure provisoire) est supprimé. Les prix s’envolent. La guerre de rapine devient la norme (Napoléon s’en fera un devoir.). C’est le règne des fournisseurs, des spéculateurs, des apparatchiks, des anciens et nouveaux riches. Au printemps 1795, les Parisiens affamés se soulèvent, deux fois (12 germinal, 1er prairial), au cri de « du pain et la constitution de 1793 ». Ils sont réprimés. Les quartiers populaires sont désarmés. En octobre (4 vendémiaire), ce sont les royalistes, à qui les conventionnels ont volé l’élection, qui se soulèvent et sont réprimés à leur tour. L’ordre bourgeois est établi ; plus rien ne le menacera. Le roi n’est plus. Vive Largent !

 

J’ai brossé à grands traits l’histoire de la Révolution. J’aurais pu entrer dans mille détails qui n’apportent rien à la compréhension du mouvement de fond et brouillent au contraire la perception des choses ; qui, surtout, détournent l’attention des bonnes leçons à tirer.

Dans cette histoire, je vois Largent et sa marque du début à la fin, depuis les causes de la Révolution à la nature de ses fossoyeurs ; je vois une lutte permanente entre ceux qui veulent le faire roi, avec tout ce que cela implique économiquement, politiquement, idéologiquement, et les révolutionnaires qui veulent l’Égalité ou du moins défendent les notions qui lui sont consubstantielles : nation, peuple, patriotisme, démocratie (lois faites ou ratifiées par le peuple), solidarité nationale, droit des citoyens à être armés, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, non-ingérence (autant de combats qui furent ceux de Robespierre).

Mais je vois aussi des révolutionnaires qui n’opposent à Largent que des mesurettes  incapables de renverser la force des choses (impôts universels et progressifs, garantie d’un revenu, augmentation des salaires, gel des prix, etc.), qui coupent des têtes pour en voir repousser dix, qui s’épuisent, qui désespèrent et qui sont finalement vaincus. La puissance politique qu’ils parviennent miraculeusement à avoir ne leur sert qu’à contenir les riches, jusqu’à ce qu’ils soient anéantis au premier faux pas. Sans doute auraient-ils pu demeurer au pouvoir un peu plus longtemps s’ils avaient été aussi sanguinaires que le dit leur légende (écrite par qui ?) ; ils auraient alors prolongé leur existence, mais trahi tous leurs idéaux et péri quand même sous le poids de leurs contradictions.

J’en tire la leçon qu’il est dans la nature des choses que Largent et les riches, ses valets, dominent dans un système monétaire ; que, dans la mesure où il y aura toujours des riches dans un tel système (de par l’origine et le fonctionnement de la monnaie), il est vain de les comprimer si le but n’est pas d’anéantir Largent lui-même, car, comme on dit : « Chassez le naturel, il revient au galop ». On pourrait aussi citer cette phrase de Saint-Just, qui n’imaginait sans doute pas cette application : « Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau. »

La Révolution fut un grain de sable dans la montée en puissance de la bourgeoise, dans la marche au trône de Largent. Sans la Révolution, Largent serait arrivé au pouvoir sans encombre ; il serait devenu roi au-dessus du roi et notre situation serait aujourd’hui exactement la même (comme dans les pays qui sont actuellement des monarchies), car elle ne découle pas de ce qu’ont fait ou simplement voulu faire les révolutionnaires il y a de cela 200 ans, mais de la force des choses insufflée par Largent. Accabler les révolutionnaires des maux qui nous désolent et qu’ils déploreraient eux-mêmes, c’est disculper Largent sans même prendre en compte son existence ; c’est faire à sa manière –– et il y a mille manières possibles –– la même erreur que les révolutionnaires ; c’est forger notre impuissance et préparer de nouveaux échecs. Mais, à l’heure où la patrie est plus que jamais en danger, nous n’avons pas le droit d’échouer.

Largent — qui porte en lui les principes matérialiste, inégalitaire, oligarchique, individualiste et mondialiste — doit être combattu et anéanti au nom de l’Égalité et de la Patrie. Sous ce rapport, les révolutionnaires ne s’étaient pas trompés d’étendard. Ceux qui ne rallient pas cet étendard sont de facto sous celui de Largent. Mais l’expérience démontre qu’il ne suffit pas d’aspirer à l’Égalité et d’être un patriote intelligent et énergique pour ne pas être dupe de Largent. Encore faut-il identifier ce dernier, savoir comment l’écraser et, surtout, en avoir les moyens. Or ces trois choses sont liées. Ce que ma théorie du « Civisme » permet de comprendre, c’est que, à leur époque, les révolutionnaires n’avaient pas les moyens de mettre en œuvre l’Égalité et ne pouvaient donc pas la concevoir correctement, étant obligés de conserver la monnaie tant sur le plan pratique qu’intellectuel ; de sorte que, ne pouvant renverser Largent, il n’était pas même utile pour eux de l’identifier formellement. Ils ont donc agi par intuition ; ils ont « bricolé ». Tout ce qu’ils voulaient était juste en soi mais pas dans l’absolu, et allait bien souvent à l’encontre de la nature du système monétaire. Par suite, le système a résisté ; les révolutionnaires ont insisté ; la machine s’est emballée ; tout a dégénéré. Mais tout jouait, au fond, contre les révolutionnaires. Et bientôt les tenants du système ont repris les rênes.

Tout système se maintient par la violence sous une forme ou une autre. Les révolutionnaires ont été violents. Mais le système qui permet aux uns d’affamer les autres, qui donne tout le pouvoir aux riches, qui couvre un traître et tire sur les mécontents, qui déclare des guerres pour détourner l’attention de ses turpitude, n’est-il pas violent ? Ne mérite-t-il pas d’être combattu ? Comment, sinon par la force, puisqu’il est sourd aux protestations pacifiques ? Les révolutionnaires n’usèrent, en somme, que du droit de légitime défense. Ne peuvent être invoqués contre eux que des sophismes du genre de ceux qui annihilent aujourd’hui la légitime défense, qui font que celui qui se défend avec succès est présenté comme un coupable, et le vrai coupable comme une victime. (Bien sûr, certains ont profité de cette période troublée pour commettre des crimes, mis sur le compte de la Révolution ou de la République. Mais je n’appelle pas « révolutionnaires » tous les contemporains de cette époque, et ceux que je désigne ainsi font l’objet de vagues anathèmes, jamais d’accusations précises.)

Les révolutionnaires devraient être révérés par tous ceux qui, aujourd’hui, savent la France au bord du gouffre et connaissent les traîtres et les idiots qui l’y ont mené ; ils sont dans la même position qu’eux, face aux mêmes ennemis et pour la même raison ; comme eux, ils ont des choix terribles à faire, ils doivent trancher dans le vif. S’ils suivent leur exemple, ils peuvent espérer sauver la patrie. S’ils minaudent, nous sommes morts. La patrie ou la mort ! Voilà où nous en sommes rendus. Nous pouvons nous laisser mourir pour n’encourir aucun reproche. Nous pouvons réagir à la hauteur des circonstances, et alors nous aurons, comme les révolutionnaires, des morts sur la conscience et du sang sur les mains ; alors nous devrons assumer devant l’Histoire ce que nous aurons fait et même ce qui se sera fait malgré nous ; alors nous montrerons la France sauvée à ceux qui, confis de moraline, nous poursuivront de leur haine pour avoir eu le cran et le bon sens qu’ils n’auront pas eu. 

Héritiers authentiques de la Révolution et tenants de la tradition contre-révolutionnaire (catholique et aristocratique) devraient oublier les querelles dépassées de leurs ancêtres, pour ne songer qu’aux combats qui les réunissent aujourd’hui et qui tous, en dernière analyse, leur sont imposés par Largent.

J’ai déjà montré que le combat pour l’Égalité et la Patrie ne peut être remporté qu’en anéantissant Largent, qu’en instaurant un système d’échange autre que monétaire. Mais les chantres de la contre-révolution ne tiennent-ils pas eux aussi en exécration les bourgeois, l’aristocratie de Largent ? Ne parlent-ils pas avec nostalgie de l’aspect social et protecteur de la monarchie, détruit par la bourgeoisie au nom de Largent ? N’abhorrent-ils pas le matérialisme, le mercantilisme, la course au profit, le capitalisme et la ploutocratie, conséquences de la monnaie, donc de Largent ? Ne dénoncent-ils pas, par exemple, l’immigration-invasion et la destruction de la famille, qui sont l’une et l’autre dans la logique de l’individualisme, inhérent à Largent, et de son revers le sans-frontiérisme (mondialisme, universalisme) ? On pourrait multiplier encore longtemps les exemples.

Notre monde tourne autour de Largent ; il est façonné par lui, jamais pour le meilleur, toujours pour le pire. Il est aisé d’apercevoir sa responsabilité dans les maux qui nous submergent, pour peu que l’on sorte la tête du guidon, que l’on prenne un peu de hauteur. Les « contre-révolutionnaires » doivent arrêter de ne voir que des questions morales dans les politiques destructrices qui ont manifestement Largent pour moteur et pour but. Ils doivent enfin décider s’ils veulent remplacer une oligarchie par une autre, sachant que toute oligarchie est fondée sur l’inégalité et l’oppression du peuple dont ils prétendent se soucier ; et s’ils veulent se contenter encore longtemps de postures face au système ou le vaincre pour de bon. S’ils sont conséquents avec eux-mêmes, s’ils veulent servir le peuple et renverser le système, c’est-à-dire terrasser Largent, il n’y a pas d’autre voie que celle de l’Égalité (bien comprise) et de la Patrie.

Les révolutionnaires empruntèrent d’instinct cette voie et, avec eux, tout le peuple français, à l’exception des nobles, du haut clergé et des bourgeois (les oligarques de l’époque), lesquels, à force de manigances pour défendre leurs intérêts, et de propagande pour couvrir leurs trahisons, ont brouillé les pistes et allumé le feu. Des gens ordinaires qui aspiraient tous grosso modo à la même chose se sont retrouvés, sur des malentendus, dans des camps opposés, à se livrer une guerre à mort. L’oligarchie voudrait encore que ces camps hérités du passé soient irréconciliables pour être à jamais manipulables. Raison de plus de les réconcilier. Et c’est en cela, aussi, qu’est utile une connaissance approfondie de la Révolution : pour désarmer les passions. Que chacun reconnaisse les limites et les contradictions de la ligne de sa famille politique, à l’origine des dissensions fratricides. Que les uns et les autres ne commettent plus leurs erreurs respectives qui toutes conduisent à l’échec. Qu’enfin le véritable ennemi soit démasqué, ou plutôt reconnu, car il règne depuis longtemps et aujourd’hui à visage découvert : Largent.

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Il n’y a qu’une révolution : celle qui vise au bien du peuple, donc à l’Égalité (bien comprise). La contre-révolution, elle, est, consciemment ou non, le camp de l’inégalité et de Largent. C’est à la lumière de ces définitions qu’il faut apprécier les mouvements historiques et qualifier les mouvements politiques. Révolutionnaires et contre-révolutionnaires ne sont pas toujours ceux qui revendiquent l’un ou l’autre de ces qualificatifs. Nos ancêtres se sont déchirés en pure perte pour des chimères. Aujourd’hui, il doit être clair pour tous que la contre-révolution n’est pas seulement le parti des riches, des banques et de la finance mais plus largement celui du système monétaire et de Largent (donc du capitalisme, de l’inégalité, de l’individualisme et du mondialisme), et que celui de la Révolution est, à l’opposé, celui de l’Égalité (donc d’un système non-monétaire) et de la Patrie. S’interroger sur la façon ou les moyens de mettre en œuvre l’Égalité, c’est-à-dire d’anéantir Largent, est une chose ; mais tirer prétexte de cette difficulté (résolue par le Civisme) pour conserver le système monétaire, l’inégalité, le capitalisme et tout ce qui va avec, en est une autre. On n’est pas un révolutionnaire ou un opposant sérieux au système quand on n’en remet pas en cause la base et que, de fait, on tourne en rond à l’intérieur.

 

Pas de national sans social ;
Pas de social sans Égalité ;
Pas d’Égalité sous Largent.

Largent est un Tyran !
L’Égalité ou la Mort !

Vive la Révolution !
Vive la France !

Philippe Landeux

1er avril 2017

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08:32 Écrit par Philippe Landeux dans - REVOLUTION 1789-1794, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

dimanche, 26 mars 2017

TURREAU - PLAN ET CORRESPONDANCE (Révolution - Guerre de Vendée)

Pour apporter au débat sur la "guerre de Vendée", et surtout pour qu'il ne tourne pas à vide, j'ai extrait de mon ouvrage "La Guerre de l'Ouest, dite de Vendée" la partie concernant le général en chef Turreau, qui contient notamment sa correspondance avec le Comité de salut public et le ministre de la Guerre, ainsi, évidemment, que les lettres du Comité au général, qui ne sont qu'au nombre de... deux.

Je livre ces documents sans commentaires... Ils parlent d'eux-mêmes.

En espérant que ceux qui ont un avis sur la question prendront le temps de lire les documents qui devraient la fonder...

Pour ouvrir le fichier, cliquez sur le lien ci-dessous

TURREAU - PLAN ET CORRESPONDANCE

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10:14 Écrit par Philippe Landeux dans - REVOLUTION 1789-1794 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 27 janvier 2017

LA GUERRE DE L'OUEST dite de Vendée (livre) (PDF gratuit)

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La Vendée, un fratricide, un drame national ! Ce n’est pas assez ! Certains y voient un génocide, le premier génocide de l’histoire moderne, perpétré par des idéologues au nom de la Révolution, matrice de tous les totalitarismes. Pas moins !

Il est vrai qu’au mois de mars 1793, alors que la jeune République française (née le 22 septembre 1792) s’apprête à entamer sa première campagne de guerre — une guerre contre toute l’Europe, dans laquelle la France a été plongée au mois d’avril de l’année précédente par les Girondins et la Cour —, il est vrai que c’est alors qu’une large part de la population des départements de l’Ouest, en majorité paysanne, se soulève ; elle refuse de marcher à l’ennemi commun ; elle s’oppose au recrutement ; elle s’arme contre les villes, contre les gens des bourgs, contre les républicains ; elle massacre les patriotes locaux. Pour que sa jeunesse n’aille pas à la guerre, elle allume la guerre chez elle.

Que cette fureur soit justifiée ou non, la République n’a pas le choix, elle doit faire face, comme le ferait n’importe quel régime dans pareille situation. Mais comment réagit-elle ? A-t-elle fait son devoir ou est-elle allée bien au-delà ? Pragmatisme ou fanatisme ? C’est là toute la question, tout le débat. Et la réponse est dans les décrets de la Convention nationale, dans les arrêtés du Comité de salut public, dans la correspondance des représentants en mission.

Ce livre n’apporte pas une réponse toute faite, sujette à caution ; il ne propose pas davantage un récit ou une analyse ; il ne brandit pas des documents isolés comme la preuve absolue de telle ou telle thèse ; il fournit simplement au lecteur tous les éléments (des centaines) pour qu’il en retire une impression générale et une opinion fondée.

898 pages, dont 800 pages de documents (tous les arrêtés du Comité de salut public, tous les décrets importants, un nombre incalculable de lettres de représentants en mission, toutes les lettres du général Turreau au Comité de salut public, le tout recoupé pour un accès direct aux informations).

Version papier : 27 € + frais de port

Version PDF gratuite

Cliquez ici ou sur la couverture pour commander. (Attention, ce livre est chargé et écrit en petit caractères, 9 et souvent 8. Le PDF, moins pratique, permet cependant de grossir le texte et de l'ajuster à chaque vue.)

TABLE DES MATIERES

Tableau des informations               1
Notes                                              75
Récapitulatif des missions         805
Notes                                            818
Table des notes                           839
Index sommaire                           853

Exemples :

Tableau des informations

 Guerre de l'Ouest - Exemple d'une page de tableau des informations.jpg

Notes

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Récapitulatif des missions

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Guerre de l'Ouest - Exemple du Tabelau récapitulatif des missions 2.jpg

 

20:46 Écrit par Philippe Landeux dans - MES LIVRES, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer |

mercredi, 11 janvier 2017

ÉVOLUTION RÉVOLUTIONNAIRE - Les origines du futur (vidéo)

Montage vidéo, réalisé par un ami, présentant, sans le dire, les bases philosophiques du Civisme. Ca commence tranquillement et ça finit en apothéose.

A voir absolument et à partager sans modération.

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Pour accéder à la vidéo, cliquez ICI ou sur l'image

Visionnez cette vidéo sur ma propre chaine Youtube en cliquant sur le présent lien.

00’35 - Survivre
01’40 - Principe fondamental de l’ordre social
02’40 - Sécurité : du sens strict au sens large
04’00 - Précisions importantes
06’00 - Communauté, partage & accès
08’00 - Troc, monnaie & désordre social
10’20 - Fonctionnement de la monnaie
12’30 - Contradictions annonciatrices
14’20 - Autre contradiction et fuites en avant
17’20 - L’exemple des retraites
21’00 - Informatique & carte civique
23’35 - Conclusion : Égalité réelle & harmonie sociale à portée de main

05:21 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

samedi, 24 décembre 2016

10 BONNES RAISONS D'ADHERER AU CIVISME (vidéo)

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Pour voir la vidéo, cliquer ICI ou sur l'image

 

Franck expose les 10 raisons qui le font adhérer au Civisme, la théorie de Philippe Landeux.

12 mn 12 s – 1) Une seule classe
21 mn 15 s – 2) Plein emploi
26 mn 04 s – 3) La vertu plutôt que le vice
32 mn 35 s – 4) Des produits de qualité
40 mn 37 s – 5) Compétitivité au plan international
46 mn 36 s – 6) Un système réellement démocratique
56 mn 13 s – Plus de corruption
57 mn 27 s – Plus de délinquance
01 h 02 mn 31 s – La meilleure alternative au capitalisme
01 h 05 mn 36 s – Une France fière et patriote

08:24 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 5. SCHEMAS | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

mardi, 06 décembre 2016

RENCONTRE DU 3 DECEMBRE 2016 (vidéo)

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Pour voir la vidéo, cliquez ICI ou sur l'image

https://www.youtube.com/watch?v=GLoNaF0eEYQ

Comme chaque année maintenant, les Patriciens de France, de Navarre et même de Belgique, et de simples curieux, se sont rencontrés à la bonne franquette le 3 décembre 2016 pour se connaître et discuter à bâtons rompus. Ambiance.

17:56 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 02 décembre 2016

SERVICE MILITAIRE : POUR ou CONTRE

Service militaire

Pour ou contre : la question à la con

Avant d'être pour ou contre, il faudrait peut-être se demander quels sont les tenants et aboutissants d'un service national (un service militaire n'étant qu'une des formes de service possible)...

Accomplir un service national, donner un an de sa vie au service de la nation, doit ouvrir des droits : les droits politiques. L'accomplissement d'un service national devrait être une des conditions incontournable pour acquérir la nationalité et les droits politiques qui vont avec. Partant, un service national ne devrait pas être obligatoire mais vu comme un devoir facultatif, afin que seuls ceux qui veulent jouir des droits politiques les méritent en accomplissant volontairement le devoir qui les confèrent.

Il s'ensuit qu'un service militaire obligatoire n'aurait aucune de ces vertus. Il ne pourrait être vu comme une preuve de l'attachement à la nation et n'octroierait aucun droit particulier. Comme par le passé, il y aurait des passe-droit, et ceux qui ne l'accompliraient pas n'en seraient pas pénalisés ; ils pourraient même continuer à donner des leçons. Pire ! rendre obligatoire le service militaire permettrait à tous les Français de papier d'arguer qu'ils ont fait leur service comme tous les Français et qu'ils sont français autant sinon plus qu'eux.

Qu'un service militaire ait des vertus pédagogiques et sociales est une évidence. Mais un service militaire obligatoire, qui plus est dans la situation actuelle de la France, est une fausse bonne idée. C'est une idée patriotiquement anti-nationale.

 

Lire "Le Civisme ou théorie de la Cité", page 80

08:13 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

lundi, 31 octobre 2016

CIVISME : LE PATRIOTISME INTÉGRAL

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Pour voir la vidéo, cliquez ICI ou sur l'image

Patriotisme, nationalisme, deux mots qui, malgré des racines différentes, devraient dire la même chose, puisqu’ils tournent autour des mêmes objets, mais qui, dans les faits, malgré des points communs, désignent en effet des conceptions politiques différentes, voire opposées. L’opposition entre eux repose à la fois sur un malentendu et une erreur commune. J’y reviendrai. D’ici là, je précise que je n’adhère pas à la définition simpliste et fausse d’après laquelle le patriotisme serait l’amour des siens, et le nationalisme, la haine des autres. Les choses sont bien plus complexes.

Le patriotisme, aussi bien que le nationalisme, c’est l’amour de sa patrie, de son pays, de sa nation, de son peuple, de sa société, de ses concitoyens, autant de notions qui se confondent ou vont de pair. Un patriote, un nationaliste, s’identifie à son peuple ; il l’aime comme lui-même ; il voit du moins en lui sa famille élargie. L’amour, en la matière, consiste à aspirer à l’indépendance et à la grandeur de son pays, à préserver l’existence de son peuple, son identité, son patrimoine, son territoire, sa liberté, sa souveraineté, en un mot, à œuvrer pour son bonheur, donc à combattre toute forme de danger, d’oppression, d’exploitation, d’injustice, de tyrannie, de malheur dont il pourrait être victime. Cet amour se manifeste par un engagement dans les combats à mener, engagement sous de nombreuses formes qui peut aller jusqu’au sacrifice suprême.

J’ajoute qu’aimer véritablement son pays et son peuple implique de vouloir l’Égalité, l’Égalité en devoirs et en droits entre ses concitoyens. L’Égalité, qui ne peut exister qu’entre citoyens, dans un cadre social, est indissociable des notions de citoyenneté, de société, de peuple, de patrie, de nation, de souveraineté nationale et populaire, c’est-à-dire de démocratie (au vrai sens du terme). L’Égalité est éminemment patriotique ou nationaliste. A l’inverse, l’inégalité est synonyme d’exploitation, d’oppression, d’injustice, d’oligarchie, de tyrannie, toutes choses que patriotes et nationalistes sont supposés honnir. On n’aime pas son peuple quand on cautionne le principe de l’inégalité, quand on accepte que ses concitoyens soient inégaux, donc pour la plupart d’entre eux exploités, opprimés, tyrannisés, etc.

C’est ici qu’intervient la différence entre ce que l’on appelle aujourd’hui le patriotisme d’un côté, le nationalisme de l’autre.

Le patriotisme se veut égalitaire et démocratique, tandis que le nationalisme prône l’inégalité et une forme de dictature. Mais si le patriotisme est plus conforme à ce que j’ai dit plus haut, ce n’est aujourd’hui qu’une apparence : il n’a de l’Égalité qu’une conception dénaturée ; il est incapable d’aller au bout de la logique et de proposer mieux que moins d’inégalité. La raison est simple : le système monétaire, dans lequel nous sommes, est intrinsèquement inégalitaire, et comme les « patriotes » ne remettent pas en cause la nature du système, comme ce à quoi ils aspirent est fondamentalement impossible dans ce système, ils baissent leurs prétentions et tordent les principes, sans même en avoir conscience.

C’est là l’erreur commune que font aussi les nationalistes : ils tiennent eux aussi la monnaie pour un paramètre naturel et ne remettent pas plus en cause le système monétaire que les premiers, mais eux voient dans leurs conséquences —notamment dans l’inégalité — des principes. Ils peuvent donc d’autant moins changer les choses qu’ils ont fait leur la logique du système. Et c’est au nom de ce réalisme, qui n’est jamais qu’une soumission à Largent, que les nationalistes rejettent à bon droit l’Égalité dénaturée, contre-nature et parfois désastreuse prônée par les « patriotes ». Partant, ils ne peuvent que valider l’inégalité du système monétaire et la reproduire sur le plan politique, en proposant des régimes hiérarchisés, autoritaires, oligarchiques et, au final, tyranniques, systèmes qui, paradoxalement, sont en même temps un frein à Largent.

Ainsi, nous voyons que le patriotisme et le nationalisme, tels qu’ils existent aujourd’hui, ne savent ni l’un ni l’autre comment traduire dans les faits l’amour du peuple. Le premier échoue à instaurer l’Égalité ; le second ne tente même pas. Chacun focalise sur des problèmes particuliers ; aucun ne voit le problème général. Tous veulent assurément le bien de leur peuple, de leur société, mais aucun ne va au bout de la logique sociale faute de renoncer à la logique monétaire. Or, dans un système monétaire, c’est toujours Largent qui gagne. Dit autrement : patriotisme et nationalisme sont toujours vaincus, au final, par le capitalisme, quoiqu’ils soient ses plus sérieux adversaires, contrairement aux autres courants politiques qui en sont les complices ou les idiots utiles.

Seul le Civisme, ou théorie de la Cité, réduit les failles du patriotisme et résout les contradictions du nationalisme. Il part du Principe simple et irréfragable que des Citoyens, dignes de ce nom, doivent être égaux en Devoirs et en Droits, égaux notamment dans le Devoir de participer à la vie de la Cité, selon ce que celle-ci considère comme une participation, et égaux dans le Droit de profiter des bienfaits de leur Cité, lesquels résultent de la participation de tous. Or pour que les Citoyens profitent effectivement des bienfaits de leur Cité, dont l’essentiel consiste en produits et services mis sur le marché, un autre droit doit leur être reconnu, celui d’accéder librement au marché. Sans ce droit-là, sans ce droit dont dépendent presque tous les autres, comme on peut le vérifier avec la monnaie qui aujourd’hui incarne et confère le droit d’accéder au marché, et tous ceux qui passent par celui-là, sans ce droit-là, dis-je, l’Égalité est un mot creux. Et c’est d’une Égalité creuse, vidée de tout sens par la monnaie, dont on nous rebat les oreilles depuis 200 ans.

Depuis la Révolution française, on nous parle d’Égalité sans tenir compte du fait que le système est monétaire, que de par l’origine et le fonctionnement de la monnaie il y a inévitablement des riches et des pauvres, et donc en nous faisant croire que des riches et des pauvres sont malgré tout égaux en droits ou, pour le moins, égaux devant la loi. C’est un sophisme, pour ne pas dire une foutaise ! Il n’y a aucune espèce d’égalité entre des riches et des pauvres, pas même devant la loi ! Selon que vous serez puissants ou misérables, etc. On le sait, mais nous ne voulons pas comprendre la cause du problème. C’est ce pas de géant que le Civisme effectue en considérant que la Citoyenneté, qui implique de s’être acquitté des Devoirs du Citoyen, d’avoir contribué à la prospérité de la Cité, est la seule condition pour accéder au marché et en retirer ce que bon semble à chacun. Et pour que les Citoyens puissent attester ainsi leur Citoyenneté auprès des commerçants et de toute entreprise, ils sont dotés d’une carte à puce dite « Carte civique », sorte de carte d’identité améliorée, strictement personnelle, sécurisée de manière biométrique, qui, d’un point de vue technique, fonctionne et s’utilise comme les actuelles cartes de crédit, à la différence près qu’il n’y a plus de crédits sous quelque nom que ce soit, ce qui change tout. Dans la mesure où la Citoyenneté, qui ne se mesure pas, est la « rémunération » de toutes les formes de participation reconnues, et où les Citoyens peuvent accéder librement au marché, nul n’est besoin de monnaie pour rémunérer les Citoyens et rien n’a de prix au sens monétaire du terme. Autrement dit, la Cité n’est plus un système monétaire (il n’y a plus d’unité de valeur) et son mode d’échange n’est plus fondé sur Largent (c’est-à-dire sur la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger). Dans ce mode d’échange, les objets sont secondaires ; le véritable échange a lieu entre le Citoyen et la Cité : droit d’accéder librement au marché, d’un côté, contre devoir de participer, de l’autre.

Le Civisme n’est ni utopique ni angélique. Que des cartes à puce servent à attester la Citoyenneté au lieu de manipuler des unités monétaires, c’est la même chose d’un point de vue technique, et cette conversion est parfaitement réalisable. (C’est même l’évolution logique de cartes qui servent aujourd’hui à manipuler de la monnaie devenue virtuelle.) Mais que le droit d’accéder librement au marché soit conféré également à tous les Citoyens par la Citoyenneté, s’obtenant elle-même par l’acquittement de devoirs envers la Cité, au lieu d’être conféré inégalement aux individus par des unités monétaires sans aucune signification sociale et qu’il appartient à chacun de gagner comme il peut, même par des moyens vicieux ou illégaux, c’est une révolution sur le plan philosophique… et il ne manque que la volonté pour l’opérer. Le Civisme n’est pas utopique ; il est la logique sociale absolue. L’utopie n’est pas de s’attaquer à Largent pour changer le monde ; c’est de croire que l’on peut changer le monde sans s’attaquer à Largent.

Enfin, je dis « monde », c’est une façon de parler. Le Civisme ne prône pas la révolution mondiale, ce qui serait surréaliste ; il ne conçoit la révolution qu’au niveau national, dans le cadre des pays existants et, en premier lieu, dans un pays occidental, comme la France. Bien que ses Principes soient universels, dans le sens où ils sont ceux de toute Société, même animale, il ne nie pas l’existence des peuples et leurs différences et ne prétend pas former une seule Société de toute l’espèce humaine ; il n’est ni universaliste ni mondialiste ni sans-frontiériste… universalisme, mondialisme, sans-frontiérisme et tous leurs dérivés étant d’ailleurs des faux nez du capitalisme, donc de Largent. Le Civisme se concentre sur la société et vise à instaurer son modèle dans un pays, quitte à ce que ce modèle se répande ensuite. Il croit en la nation ; il est de facto nationaliste. Il veut l’Égalité au sein de la patrie ; il est de facto égalitaire (à ne pas confondre avec « égalitariste ») et patriotique. Il est pour la souveraineté du peuple ; il est de facto souverainiste, républicain et démocratique. (Un système égalitaire serait démocratique par la force des choses, à l’inverse d’un système inégalitaire qui est oligarchique par nature.) Il anéantit Largent ; il est de facto anticapitaliste. Il assure à tous, et à tous les niveaux, la plus grande liberté possible ; il est de facto libéral et décentralisateur autant que faire se peut. Il garantit l’application des Principes de l’ordre social ; il est de facto socialiste. Il est tout cela à la fois mais d’une manière qui n’appartient qu’à lui, c’est-à-dire non-faussée par Largent, comme le sont aujourd’hui les doctrines de tous les courants politiques qui revendiquent  l’un ou l’autre de ces caractères.

Mais je me suis éloigné de mon sujet. Je voulais traiter la question de l’angélisme. Et sous quel rapport le serait-il ? La Cité n’est pas ouverte aux quatre vents, et elle distingue même la nationalité, qui s’acquiert sur des critères identitaires et par des devoirs particuliers et confère les droits politiques, de la citoyenneté, à laquelle sont attachés les droits économiques et sociaux. Pas de droits sans devoirs ; pas de devoirs sans droits. La Cité ne donne rien… à personne. Pas d’assistanat. Elle sanctionne le mérite. Elle garantit les droits en contrepartie de devoirs. Le Civisme ne postule pas que les hommes sont bons, mais qu’ils recherchent leur intérêt, ce qui est une bonne chose quand la poursuite des intérêts privés sert l’intérêt général et ne va pas à l’encontre des droits d’autrui, comme c’est le cas dans le système monétaire. Ce n’est pas du communisme ; les Citoyens ont la liberté de consommer et d’entreprendre. La Cité n’attend pas des entreprises qu’elles produisent, mais qu’elles « vendent », c’est-à-dire qu’elles aient des clients, qu’elles satisfassent une demande significative. Enfin beaucoup sont incrédules parce que le Civisme s’attaque à Largent et qu’ils pensent que les riches ne laisseront jamais faire. Mais le but est-il de s’agiter pour que, au final, les riches, et donc Largent, continuent à régner ? Ceux qui n’inquiètent pas les riches ou craignent de les froisser ne travaillent pas pour le peuple, n’aiment pas la patrie. Du reste, des privilégiés n’ont jamais empêché que des bouleversements, devenus nécessaires, aient lieu. Or, qui ne s’est aperçu que le capitalisme est en bout de course et qu’il est urgent de mettre en place un autre modèle économique avant qu’il n’ait tout détruit, tout épuisé, tout laminé ?

Il devient assez clair que le capitalisme, dans sa phase actuelle, engendre des problèmes qu’il est impossible de régler sans sortir du système monétaire, mais que le Civisme, lui, résout instantanément. Non par magie ! Non par incantations ! Mais parce qu’il est naturel qu’un problème disparaisse avec sa cause. Je prendrai deux exemples. Tout d’abord le chômage. Dans la Cité, tous les Citoyens ont le droit d’accéder librement au marché. La Demande, le pouvoir d’achat global, est formidable, bien supérieur à l’Offre. L’Offre peut augmenter ; elle est toujours en deçà de la Demande. Les chômeurs trouveront tous un emploi et, une fois le plein emploi atteint, il sera maintenu par le déséquilibre permanent entre la Demande et l’Offre. Ceci reviendra à une relance du pouvoir d’achat, mais non faussée par les effets pervers de la monnaie. Deuxième exemple : la retraite. Avec la baisse du nombre d’actifs, nous ne savons pas comment nous financerons demain les retraites. Mais, dans la Cité, un Citoyen à la retraite est toujours Citoyen ; il a donc toujours le droit d’accéder librement au marché puisque ce droit est conféré par la Citoyenneté. Non seulement le problème est résolu instantanément, mais il apparaît qu’il est aujourd’hui purement financier et artificiel. En attendant, ce faux problème sert de prétexte pour nous plonger dans d’autres, le plus grave de tous étant l’immigration massive.

Il faut nous arrêter sur cette question de l’immigration qui, par sa durée et son ampleur, est devenue une question existentielle pour notre pays et notre peuple, et réunies de ce fait, dans une même hostilité, patriotes et nationalistes. Le positionnement par rapport à l’immigration prime tout désormais. Elle est l’alpha et l’oméga de la politique. Il y a ceux qui sont pour, sans frein, les mondialistes, les sans-frontiéristes, capitalistes ou gauchistes, et ceux qui sont contre, les souverainistes, qualifiés « d’extrême droite » par les traîtres à la nation. Le Civisme ne règlera pas le problème de l’immmigration-invasion, car la Cité ne pourra et ne devra être bâtie qu’une fois le problème réglé. Trois raisons : la première, c’est que ce problème, et tous ceux qui en découlent, accaparent tellement l’attention et divisent tellement l’opinion que le discours contre Largent, pour l’Égalité, est inaudible, car en avance d’une guerre ; la deuxième, c’est que la Cité sera une démocratie par la force des choses (pour la raison inverse qu’un système inégalitaire est oligarchique par nature), alors que l’immigration génère du communautarisme qui fausse le jeu démocratique et rendrait d’autant plus impossible de régler le problème ; la troisième, c’est que pour qu’il y ait une révolution en France, il faut qu’il y ait encore des Français pour la faire, de vrais Français, pas des Français de papier. D’où le slogan : pour faire la Révolution demain, il faut sauver la France aujourd’hui.

Le Civisme n’envisage pas l’existence de la Cité avant le règlement, d’une manière ou d’une autre, dans tous les cas douloureuse, du problème de l’immigration. Autrement dit, la Cité sera édifiée par des hommes libérés des problèmes qu’elle pose, en garde contre les dangers de l’humanisme béat, et au fait des Principes de l’ordre social. L’immigrationnisme sera mort. La Cité aura donc la volonté et les moyens d’empêcher l’immigration ou du moins de la maîtriser. Dans la mesure où il n’y aura plus de monnaie, où le droit d’accéder au marché sera attaché à un statut lui-même devant être reconnu par la Cité, où les entreprises n’auront plus d’intérêts financiers à faire appel à une main d’œuvre étrangère, où des immigrés illégaux n’auront eux-mêmes aucun intérêt à travailler pour elles, où l’emploi de clandestins sera même considéré comme de l’esclavagisme et puni comme tel sans pitié, il ne pourra y avoir d’immigration que légale, donc désirée, maîtrisée et encadrée. Sans oublier le fait que la Cité ne reconnaîtra plus le droit du sol, ni du sang d’ailleurs, puisque la nationalité ne s’obtiendra que sur des critères et par des devoirs, de sorte que les Citoyens nationaux, les authentiques Français, ne subiront plus l’injustice d’être mis sur un pied d’égalité avec les étrangers d’origine et de cœur et les « citoyens du monde » autoproclamés, et que, inversement, ils ne douteront plus du caractère français de quiconque aura la nationalité. Quel patriote, quel nationaliste ne rêverait d’un tel système ?

Maintenant, si le Civisme ne dit pas ce qu’il faut faire aujourd’hui face à l’immigration, il donne toutefois de nouveaux motifs de dénoncer l’immigrationnisme. Il explique pourquoi Largent, pourquoi le capitalisme, dans sa logique immanente, la met en œuvre. Patriotes et nationalistes savent déjà qu’elle est voulue d’abord par le patronat pour casser les luttes sociales et tirer les salaires vers le bas, ensuite par les gauchistes, pour des raisons idéologiques. Mais ils ne comprennent pas que le capitalisme, qui se sait au bord de la chute, espère échapper à son sort en paralysant voire en détruisant les peuples qui l’ont porté, enfanté, et qui, sans qu’ils le sachent eux-mêmes, sont à la veille de l’anéantir, ou en ont du moins le potentiel. L’immigration est, pour le capitalisme, un moyen d’étouffer la révolution dans l’œuf — en introduisant massivement des hommes venus d’ailleurs, ayant évidemment une autre mentalité, d’autres mœurs, d’autres conceptions, d’autres intérêts, d’autres désirs que les autochtones et qui sont donc une source de conflits et, pour le moins, une force d’inertie. Il en est de même de l’Europe, également voulue par le capitalisme, qui, elle, a pour fonction de détruire les pays et les peuples par le haut ou de l’extérieur. C’est donc au nom de la Révolution elle-même, au nom d’un anticapitalisme radical, que le Civisme s’oppose à l’immigration et prône la sortie de l’Europe.

Ainsi, le Civisme offre aux patriotes et aux nationalistes une doctrine cohérente de bout en bout, depuis son cœur jusqu’à sa périphérie. Parce qu’il est pour l’Égalité, l’Égalité véritable, la seule Égalité, l’Égalité des Citoyens en Devoirs et en Droits, il conçoit la Cité, la nation, la patrie, le peuple, un peuple souverain, à l’intérieur comme vis-à-vis de l’extérieur, d’où le triptyque : démocratie, indépendance, non-ingérence. Mais l’Égalité, c’est aussi être contre Largent, contre le système monétaire, contre le capitalisme, contre l’individualisme, le droit-de-l’hommisme, l’universalisme et le mondialisme, contre le sans-frontiérisme, contre l’européisme, contre l’immigrationnisme (Et on dit que les idéologies sont mortes !), bref contre tout ce qui détruit la nation. La Cité forgerait des Citoyens qui n’en auraient pas que le nom, qui rempliraient leurs devoirs comme ils connaîtraient et jouiraient de leurs droits ; qui tous participeraient, tous profiteraient ; qui seraient unis dans la joie comme dans la peine ; qui seraient frères parce que réellement égaux et collectivement maîtres de leur destin ; qui auraient l’esprit de corps : ils seraient conscients de former un tout et fiers de lui appartenir et auraient à cœur de le défendre. Le Civisme rompt avec le patriotisme et le nationalisme actuels parce qu’il est le patriotisme, ou le nationalisme, intégral. Il ne compose pas, comme eux, avec Largent et les préjugés monétaires ; il ne se laisse pas impressionné par les leurres capitalistes ; il conduit à l’harmonie sociale parce qu’il a pour seule boussole les Principes de l’ordre social.

L’Égalité des Citoyens en Devoirs et en Droits (dont celui de profiter des bienfaits de leur Cité) est non seulement la seule égalité possible mais cette égalité est indispensable entre des individus pour qu’ils forment Société. Et l’obstacle à l’Égalité, c’est Largent. Qui ne se bat pas pour l’Égalité, bien comprise, défend Largent en dernière analyse… et est donc un ennemi du peuple, de la nation, de la patrie. Les causes de l’Égalité et de la patrie sont une, comme celles de Largent et du capitalisme. Ceux qui veulent servir la patrie sans aspirer à l’Égalité ou, ce qui est la même chose, combattre le capitalisme sans dénoncer Largent veulent — ou plutôt ignorent qu’ils veulent — tout et son contraire, la cause sans ses conséquences. Ceux-là ne sont sans doute pas les pires ennemis de la patrie, mais ils n’en sont pas non plus les meilleurs amis. Allant d’instinct dans le bon sens mais faisant le chemin à moitié, ils permettent malgré tout d’avancer contre le mondialisme, contre les manifestations spectaculaires du capitalisme, mais ce n’est pas eux qui finiront le travail, contre Largent, contre l’inégalité, contre l’oppression, contre l’exploitation... et peut-être même seront-ils, le moment venu, les valets des nouveaux tyrans et les proscripteurs des patriotes conséquents, c’est-à-dire des véritables amis du peuple français.

 

Largent est un Tyran !
L’Égalité ou la Mort !

Vive le Civisme !
Vive la France !

Philippe Landeux
25 septembre 2016

00:42 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |