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jeudi, 28 septembre 2017

LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE DE PARIS (livre)

Tribunal révolutionnaire de Paris (couv recto verso - coupé).jpg

Depuis plus de 200 ans maintenant, le Tribunal révolutionnaire (de Paris), instrument de la « Terreur, » a été l’objet de nombreux travaux. La plupart ont porté exclusivement sur les condamnés à mort, voire seulement sur les plus célèbres, et les rares études plus générales, même sérieuses, ne sont pas fiables. En outre, aucune ne présente de chiffres (sinon faux) et encore moins de graphiques permettant de saisir d’un coup d’œil tant l’activité de ce tribunal que l’influence sur elle des événements.

C’est pour pallier à ce manque que Philippe Landeux a consulté les Archives Nationales où se trouvent tous les dossiers et a réalisé un travail exhaustif et définitif sur le sujet. Il en a profité pour accomplir un travail tout aussi précis sur les Commissions populaires, chargées, le 23 ventôse an II (13 mars 1794), de juger les détenus. Et pour que le présent ouvrage soit complet, il s’est penché, avec sa méticulosité ordinaire, sur le Tribunal du 17 août 1792 et les conspirations des prisons (juin-juillet 1794).

 

Cet ouvrage de 900 pages s'adresse à un public averti : historiens, étudiants, passionnés par la Révolution française. Il ne s'agit pas d'un récit, mais d'un condensé de données indispensables, et pourtant introuvables, pour étudier cette période de l'histoire.

 

Cet ouvrage contient :

  • Les discutions et décrets qui aboutirent à l'instauration du Tribunal du 17 août 1792
  • La liste et le nombre des personnes jugées par le Tribunal du 17 août 1792
  • Les discutions et décrets qui aboutirent à l'instauration du Tribunal révolutionnaire de Paris
  • Les listes chronologique et alphabétique des 5350 personnes jugées par le Tribunal révolutionnaire de Paris
  • Les tableaux des jugements au jour le jour
  • Le bilan chiffré
  • La liste des cartons concernant le Tribunal révolutionnaire de Paris (série W) et un aperçu de leur contenu
  • Les graphiques résumant l'activité du Tribunal révolutionnaire de Paris
  • Les décrets et arrêtés relatifs à l'instauration et à l'activité des Commissions populaires
  • Les listes de détenus connues établies par les Commissions populaires et ratifiées par les Comités
  • Les graphiques résumant l'activité (connue) des Commissions populaires
  • Les documents (arrêtés, listes de détenus, etc.) relatifs aux conspirations des prisons
  • Les relevés du nombre de détenus dans les prisons parisiennes
  • Les listes des conventionnels décédés, assassinés, exécutés, proscrits, rappelés et réhabilités

 

Cet ouvrage est imprimé sur commande par TheBookEdition et livré à domicile. Il est également disponible en version PDF. CLIQUEZ ICI

 

APERÇU

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18:22 Écrit par Philippe Landeux dans - MES LIVRES, - REVOLUTION 1789-1794 | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 27 janvier 2017

LA GUERRE DE L'OUEST dite de Vendée (livre) (PDF gratuit)

Guerre de l'Ouest - couv verso présentation.jpg

 

Guerre de l'Ouest - couv verso et tranche.jpg

La Vendée, un fratricide, un drame national ! Ce n’est pas assez ! Certains y voient un génocide, le premier génocide de l’histoire moderne, perpétré par des idéologues au nom de la Révolution, matrice de tous les totalitarismes. Pas moins !

Il est vrai qu’au mois de mars 1793, alors que la jeune République française (née le 22 septembre 1792) s’apprête à entamer sa première campagne de guerre — une guerre contre toute l’Europe, dans laquelle la France a été plongée au mois d’avril de l’année précédente par les Girondins et la Cour —, il est vrai que c’est alors qu’une large part de la population des départements de l’Ouest, en majorité paysanne, se soulève ; elle refuse de marcher à l’ennemi commun ; elle s’oppose au recrutement ; elle s’arme contre les villes, contre les gens des bourgs, contre les républicains ; elle massacre les patriotes locaux. Pour que sa jeunesse n’aille pas à la guerre, elle allume la guerre chez elle.

Que cette fureur soit justifiée ou non, la République n’a pas le choix, elle doit faire face, comme le ferait n’importe quel régime dans pareille situation. Mais comment réagit-elle ? A-t-elle fait son devoir ou est-elle allée bien au-delà ? Pragmatisme ou fanatisme ? C’est là toute la question, tout le débat. Et la réponse est dans les décrets de la Convention nationale, dans les arrêtés du Comité de salut public, dans la correspondance des représentants en mission.

Ce livre n’apporte pas une réponse toute faite, sujette à caution ; il ne propose pas davantage un récit ou une analyse ; il ne brandit pas des documents isolés comme la preuve absolue de telle ou telle thèse ; il fournit simplement au lecteur tous les éléments (des centaines) pour qu’il en retire une impression générale et une opinion fondée.

898 pages, dont 800 pages de documents (tous les arrêtés du Comité de salut public, tous les décrets importants, un nombre incalculable de lettres de représentants en mission, toutes les lettres du général Turreau au Comité de salut public, le tout recoupé pour un accès direct aux informations).

Version papier : 27 € + frais de port

Version PDF gratuite

Cliquez ici ou sur la couverture pour commander. (Attention, ce livre est chargé et écrit en petit caractères, 9 et souvent 8. Le PDF, moins pratique, permet cependant de grossir le texte et de l'ajuster à chaque vue.)

TABLE DES MATIERES

Tableau des informations               1
Notes                                              75
Récapitulatif des missions         805
Notes                                            818
Table des notes                           839
Index sommaire                           853

Exemples :

Tableau des informations

 Guerre de l'Ouest - Exemple d'une page de tableau des informations.jpg

Notes

Guerre de l'Ouest - Exemple d'une page de notes.jpg

Récapitulatif des missions

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20:46 Écrit par Philippe Landeux dans - MES LIVRES, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer |

mercredi, 07 octobre 2015

RÉVOLUTION – LES BASES DU CIVISME (livre)

Révolution poche - couv recto.jpgL’argent n’est qu’un moyen. Tout dépend de la manière dont on l’utilise. Faux. Rien n’est plus faux ! Mais c’est parce que tout le monde tient ce genre de discours que Largent assied sa puissance sur les hommes et devient invincible. Les mauvaises affirmations chassent les bonnes questions. Qu’est-ce que Largent ? Pourquoi le dénoncer ? Comment le renverser ? Telles sont les questions auxquelles Philippe Landeux a répondu dans sa théorie de la Cité, appelée « le Civisme », et dont il a présenté les grandes lignes dans une série de douze vidéos. Le présent livre contient les textes de ces vidéos.

Faites vos bagages ! Attachez vos ceintures ! Ceci est un voyage sans retour. Vous allez passer de l’autre côté du miroir. Vous ne verrez plus jamais les choses sous le même angle. Vous allez mourir. Vous allez renaître.

Révolution poche - couv recto.jpg

 

 

 

 

 Format poche

191 pages de texte

9 € (+ frais de port)

5 € en PDF

 

Pour commander le livre, cliquez sur l'image

 

lundi, 03 novembre 2014

VIVE LA NATION ! (livre)

Vive la Nation - Couverture présentation (encadrée).jpg

Cliquez ICI sur l'image pour le commander

Europe, nation, immigration, assimilation, identité, Égalité, Gauche, Droite, citoyenneté, nationalité, démocratie, tirage au sort, crise financière, revenu d’existence, décroissance… Autant de thèmes qui agitent le débat public et que chacun aborde séparément, selon sa sensibilité, mais sans boussole, sans projet, sans principe, sans cohérence. Tels sont, entre autres, les sujets de nombreux articles, textes et pensées que Philippe Landeux a écrits pour son blog et qu’il réunit aujourd’hui dans cet ouvrage pour, en quelque sorte, parachever sa théorie révolutionnaire du « Civisme ». C’est là toute l’originalité : il ne louvoie pas à la recherche d’un vague but ; au contraire, c’est le but précis à atteindre qui trace sa route et le conduit d’un pas sûr hors des sentiers battus. Ce but, c’est la Révolution, l’égalité des Citoyens en Devoirs et en Droits, l’anéantissement de ce qu’il nomme Largent. Et si ce livre a pour titre « Vive la Nation ! », c’est qu’il n’y a pas de Révolution sans Nation, pas plus qu’il n’y a de Droits hors Société, de Citoyens hors Égalité, ni d’Égalité sous Largent.

C’est au cri de Vive la Nation ! que s’est faite hier la révolution. Ce cri est partout et toujours celui des véritables révolutionnaires.

Unique sur commande sur TheBookEdition

592 pages

24 € + frais de port (ou 7 € en PDF)

18:02 Écrit par Philippe Landeux dans - MES LIVRES, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

samedi, 11 janvier 2014

ROBESPIERRE, L'AME DE LA REVOLUTION (livre)

Robespierre - l'Âme de la Révolution - présentation couv recto.jpgrobespierrepeinture - Anonyme - vers 1790.jpgMaximilien Robespierre fut l’âme de la Révolution populaire et démocratique. Sa pensée est encore révolutionnaire à bien des égards et son exemple pourrait s’avérer fort utile par les temps qui courent. Les patriotes d’aujourd’hui seraient bien avisés de s’inspirer des patriotes d’antan qui eurent le courage de sauver la patrie à quelque prix que ce soit. Il est facile de jeter la pierre à ceux qui ont fait leur devoir. Mais ceux qui blâment leurs aînés sauront-ils, comme eux, préserver leurs droits, leur vie, leur peuple, leur pays ? Connaissent-ils d’ailleurs leur véritable histoire ?

« Réveiller Robespierre, c’est réveiller tous les patriotes énergiques de la République, et avec eux le peuple qui autrefois n’écoutait et ne suivait qu’eux. » (Babeuf) Le peuple français ne s’y trompait pas. Ses ennemis non plus ! et pour dompter le peuple, ils ont tué ses plus généreux défenseurs, Robespierre au premier chef. Ils ont fait plus : pour faire prévaloir leurs systèmes sans avoir à les justifier, ils ont façonné un épouvantail pour que le peuple renonce de lui-même à sa propre cause et maudisse machinalement ses champions ; ils ont fait de la Révolution un crime et de Robespierre un monstre.

Mais qui était vraiment Robespierre ? Que voulait-il ? Qu’a-t-il fait au juste ? Qu’en reste-il ? C’est tout l’objet de ce livre qui est plus une étude (notamment des points controversés) qu’une biographie. Ce que chaque Français devrait savoir à son sujet est là.

Robespierre, l’Âme de la Révolution (Nation & Démocratie) est la version corrigée et augmentée de mon Robespierre, la Terreur des traîtres à la Nation (2012), titre choc mais impropre. Cette étude introduit ou complète mon Robespierre parle aux Français, intégrale de ses discours, sorti entre-temps.

robespierre,révolution,livre

Cliquez ICI ou sur l'image pour commander le livre

308 pages

16 €

                        SOMMAIRE

Robespierre, l'Âme de la Révolution (p. 3 à 92)

La démocratie selon Robespierre (p. 93 à 142)

Robespierre & la Vendée (p. 143 à 194)

Témoignages posthumes de contemporains (p. 195 à 206)

Annexes (p. 207 à 296)

mardi, 20 août 2013

Tout sur LE CIVISME (livre)

Le Civisme est une théorie qui explique comme aucune autre ce qu'est l'Égalité, pourquoi et comment l'instaurer. Par contrecoup, il révèle ce qu'est Largent (ce qui est loin d'aller de soi), pourquoi et comment l'anéantir. Au final, il énonce des Principes clairs et développe une multitude de concepts inédits qui révolutionnent la philosophie politique et économique.

Civisme intégrale - recto présentation.jpg

« Tout sur LE CIVISME (la Révolution du XXIe siècle) » réunit tous les ouvrages et textes ayant trait à cette théorie, à savoir : le « Réquisitoire contre Largent ou théorie de l'Égalité », « le Civisme ou théorie de la Cité », « le Civisme illustré », « Principes universels de l'ordre social ou Bases de la Société à usage universel » et le « Manifeste des Patriciens ».

Pour commander ce livre, cliquez sur l'image

600 pages

22 € + frais de port

19:43 Écrit par Philippe Landeux dans - MES LIVRES, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 07 juin 2013

ROBESPIERRE PARLE AUX FRANCAIS (livre)

Pour la première fois, l'intégralité des discours de Robespierre, et bien plus encore.

Présentation : Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage. C’est exactement ce qu’ont fait les ennemis de Robespierre, figure de proue de la Révolution, apôtre de la Démocratie et champion de l’Egalité. Ils ont cru qu’en déversant sur sa mémoire les pires calomnies ils étoufferaient son souvenir, ses idées et feraient perdre au Peuple le fruit de ses leçons, de ses conseils et de son sacrifice, qui sont autant d’anathèmes contre eux. Ils ont réussi jusqu’à présent. Presque. Ils n’ont pu entièrement étouffer sa voix. Ils n’ont pu détruire ses discours. Ils n’ont pu rayer ce géant de l’Histoire. Tout a traversé le temps. Du fond de son tombeau, Robespierre exhorte encore les Français à relever la tête, à exiger la Justice, à défendre la Patrie. Si le peuple a oublié que, fut un temps, il n’écoutait et ne suivait que lui, à juste titre, il suffit de souffler sur les braises pour que ses mots et son exemple enflamment à nouveau le cœur des braves gens et rallument l’ardeur révolutionnaire.

Au-delà de son intérêt historique, le présent ouvrage est avant tout un livre de philosophie politique. En 860 pages de texte (900 pages en tout), il restitue l’intégralité des discours de Robespierre et l’essentiel de sa pensée.  Il contient 30 grands discours et rapports, 6 petits discours, 3 discours non prononcés, 11 articles, 6 adresses, 82 interventions plus ou moins complètes (sans compter celles non référencées) et 12 documents divers.

couverture - Robespierre parle aux Français - présentation2.jpg

Pour commander, cliquer ICI


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mercredi, 01 mai 2013

Article sur le REQUISITOIRE contre LARGENT (politiquemag)

Politique magazine vient de publier un article de Ludovic Greiling sur mon Réquisitoire contre Largent. On trouvera le texte original à l'adresse suivante :

http://www.politiquemagazine.fr/requisitoire_contre_l_argent_de_philippe_landeux.html

Réquisitoire contre Largent,de Philippe Landeux

Internet offre de tout. Cette grande assemblée numérique permet d'accéder au meilleur comme au médiocre. Elle est même devenue un espace éditorial pour de jeunes auteurs talentueux à qui la chance n'a pas souri. Sur le dénommé site « Thebookédition.com », qui se propose d'imprimer à l'unité son manuscrit, on peut trouver au hasard des petits essais épatants. Le Réquisitoire contre Largent (ou théorie de l'égalité) est l'un d'eux. Son auteur ? Un certain Philippe Landeux, qui développe dans son ouvrage une clarté d'esprit et une logique dans la réflexion qui manquent bien souvent à nos intellectuels médiatisés.

Le titre ne trahit pas l'ouvrage : le lecteur est transporté dans un prétoire, avec un accusateur et des jurés. Mais le procès est étrange : le supposé coupable n'est pas humain, ni même matériel. Il est un concept, celui de l'argent [Largent]. Inspiré et enflammé, l'orateur devra user de tous ses arguments pour convaincre un jury interloqué par la teneur de l'accusation. L'ambiance électrique ressemble à celle d'une convention révolutionnaire, la terreur en moins.

Comment juger ce simple moyen d'échange qu'est l'argent ? (1) Vent debout contre le scepticisme du jury, l'accusateur développe son idée, patiemment, avec une logique implacable. Il revient aux concepts fondamentaux du droit et de la citoyenneté. Et décoche d'emblée sur l'argent [Largent] une flèche mortelle : « L'Argent [Largent], c'est la croyance que la notion de valeur (marchande) est nécessaire pour échanger ». L'argent [Largent] dépasse le troc en cela qu'il bouleverse tout le lien social. Car, pour échanger, chacun en est réduit à acquérir ou vendre de la valeur marchande.

Dans la Cité au contraire, c'est la production de devoirs qui conditionne l'accès à des droits. Et le marché des biens et des services fait partie de ces droits, affirme l'accusateur. « Dans l'état de Nature, nul n'a de Droits ; rien n'est à personne ; tout est à la disposition de celui qui a la force de s'en emparer ou de le conserver ». Il n'y a donc pas de droits possibles sans société humaine organisée. « (...) Les Droits n'existent que s'ils sont générés par quelqu'un et reconnus par quelqu'un d'autre. Les Droits ne peuvent donc être innés ou naturels dans la mesure où ils doivent non seulement être générés par un Devoir (ou un faisceau de Devoirs) envers une Société mais encore être reconnus et garantis comme tels par cette Société (...). Les hommes n'ont aucun Droit par nature. Seuls les Citoyens peuvent avoir des Droits (au vrai sens du terme). Or, on ne nait pas citoyen, on le devient. »

En supprimant la notion de Droits et de Devoirs pour accéder au marché, l'argent [Largent] ferait imploser la société. Pire, il nous introduirait dans un « état de non-Droits ». Aujourd'hui, seul l'argent [la monnaie] donne accès au marché ; or, le moyen d'obtenir de la monnaie est floue. Des inégalités et des injustices apparaissent immanquablement.

Un juré interrompt alors l'argumentation : « Mais, Monsieur l'accusateur, l'argent permet d'accorder une valeur aux choses ! Sans lui, plus de valeurs ! ». Pas déstabilisé, l'accusateur répond aussitôt : « Citoyen, vous confondez la notion de valeur et celle de valeur marchande. Rien n'a en soi de la valeur. Ce sont les hommes qui accordent de la valeur aux choses, et c'est l'Argent [Largent] (ou la monnaie) qui leur attribue ou permet de leur attribuer un prix. (...). Or, un individu n'a pas besoin que le marché décrète le prix d'une chose pour que cette chose ait ou non de la valeur à ses yeux, c'est-à-dire de l'intérêt. »

Nous pouvons échanger sans placer un prix sur chaque chose, affirme en substance l'accusateur. Il rappelle avec force détails que c'est l'homme qui a inventé la monnaie, et déclare que son utilisation est désormais archaïque. « Renoncer à un moyen d'échange est impossible ; conserver l'argent est intenable ! » s'exclame l'accusateur. « L'histoire ne s'arrêtera pas là ».

Affaire à suivre...

Réquisitoire contre l'argent (ou théorie de l'égalité) de Philippe Landeux  (14 euros le livre ou 3,70 euros le format PdF sur le site http://www.thebookedition.com/requisitoire-contre-largent...)

Ludovic Greiling

Publié le lundi 29 avril 2013, 18:48:14

Note

(1) Jamais je n'aurais écrit une telle chose. Largent n'est pas la monnaie. Le Réquisitoire contre Largent n'est pas (seulement) le procès du moyen d'échange qu'est la monnaie mais celui du concept (Largent) qui en soustend l'existence.

18:01 Écrit par Philippe Landeux dans - MES LIVRES, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

jeudi, 20 décembre 2012

TOUS MES LIVRES

Bandeau - Téléchargez gratuitement.jpg

EN PDF

Pour télécharger, deux techniques :

- faites un clic droit sur la couverture du livre voulu et "enregistrer la cible du lien sous..."

- ouvrez le fichier en cliquant sur la couverture du livre voulu et téléchargez-le en enregistrant le document : Fichier > Enregister sous...

 

Réquisitoire - couv - recto.jpgCouverture civisme - couv - recto.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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N'ayant aucun moyen de mesurer le nombre de téléchargements, j'apprécierais que les "téléchargeurs" se manifestent en toute simplicité. Je serais par ailleurs ravi de recevoir des commentaires des lecteurs et de discuter avec eux.

EN VERSION PAPIER :

Mes livres - bandeau pub.jpg

16:32 Écrit par Philippe Landeux dans - MES LIVRES, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer |

jeudi, 02 février 2012

TOUS MES LIVRES

Principes universels de l'ordre social ou bases de la Société à usage universel

Réquisitoire contre Largent ou théorie de l'Egalité

Le Civisme ou théorie de la Cité

Le Civisme illustré

Mes livres - bandeau pub.jpg

« Nous avons tous subi le choc de la grandeur et de la force de l'idée révolutionnaire qui est à la base de votre travail, il y a effectivement là un noyau d'idées suffisamment nettement articulées pour se rendre capables de faire événement dans la théorie de l'économie politique, et destiné potentiellement à entrer dans l'histoire, et à ce titre, il nous est impossible de ne pas envisager une publication de cette idée sous une forme ou une autre. »

CL, éditeur

« Je le dis sans flagornerie, les essais de Philippe Landeux sont ce que j’ai lu de meilleur dans la littérature révolutionnaire d’aujourd’hui, une sorte de tour de force, plus marxien que les marxistes, plus libéral que les libéraux, plus égalitaire que les égalitaristes, plus Lumières que le siècle des Lumières, le tout unifié dans une sorte de patriotisme intransigeant, réhabilitant définitivement la notion de frontière et de nation, et condamnant sans réserve l’immigration de masse comme phénomène contre-révolutionnaire. »

Jacques Philarchéïn, Riposte Laïque

12:39 Écrit par Philippe Landeux dans - MES LIVRES, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

Le REQUISITOIRE CONTRE LARGENT en PDF (gratuit)

TELECHARGEZ gratuitement le                                                        Réquisitoire contre Largent ou théorie de l'Egalité (pdf)

ou

14 € + frais de port en version papier

Un éditeur : « Nous avons tous subi le choc de la grandeur et de la force de l'idée révolutionnaire qui est à la base de votre travail, il y a effectivement là un noyau d'idées suffisamment nettement articulées pour se rendre capables de faire événement dans la théorie de l'économie politique, et destiné potentiellement à entrer dans l'histoire, et à ce titre, il nous est impossible de ne pas envisager une publication de cette idée sous une forme ou une autre. » (18 février 2008)

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12:38 Écrit par Philippe Landeux dans - MES LIVRES, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : réquisitoire, largent, egalité, pdf |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 28 octobre 2011

LE PETIT DERNIER : Le CIVISME illustré

Couverture.jpgLa Matrice est une prison pour l’esprit. C’est donc une croyance inconsciente qui fixe une tournure d’esprit et impose une conception du monde. Rien ne correspond mieux à ces caractéristiques que Largent, c’est-à-dire la croyance selon laquelle la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger. La Matrice, c’est Largent.

Dans son « Réquisitoire contre Largent ou théorie de l’Egalité », Philippe Landeux a arraché le masque du tyran. Dans « Le Civisme ou théorie de la Cité », il explique concrètement comment sortir de la Matrice, comment organiser une Société sans monnaie.

Ces deux livres sont complémentaires. Le premier démonte la logique d’aujourd’hui ; le second met en oeuvre une logique nouvelle. Dans les deux cas, le lecteur tombe à chaque pas sur un concept révolutionnaire.

Le présent ouvrage est un essai de vulgarisation du Civisme. Il traite des principaux concepts, schémas à l’appui. Tous les documents qu’il contient ont été publiés sur ce blog, mais ils sont ici présentés dans un ordre permettant au lecteur d’entrer progressivement dans la logique du Civisme.

Détails :

100 pages de textes et documents

10 € + frais de port

Civisme illustré - Bandeau pub.jpg

dimanche, 02 octobre 2011

REQUISITOIRE CONTRE LARGENT : le livre enfin dispo

réquisitoire,contre,largent,livre,commander,landeuxTout au long des pages de ce blog j'aborde la question de Largent, c'est-à-dire le coeur de notre système et, en même temps, le fondement de l'inégalité. Mais un blog n'est pas un livre.

Le Réquisitoire contre Largent ou théorie de l'Egalité, comme son nom l'indique, est le procès de Largent, appuyé sur une conception révolutionnaire de l'Egalité. L'accusateur public expose les faits et répond à toutes les questions que les jurés se posent, lesquels réalisent qu'ils ignoraient tout de ce que sont véritablement Largent et l'Egalité.

Cet ouvrage (de 169 pages de texte) présente, sous forme théorique, les bases de la Cité et constitue le premier volet de la théorie du Civisme. Il règle la question de Largent, ce qui permet, par la suite, de se consacrer exclusivement à l'organisation concrète de la Cité, laquelle repose sur l'Egalité. Mais on ne peut pas courir avant de savoir marcher. Avant de vouloir construire la Cité, il faut être persuadé de la nécessité de détruire le système présent, ou plutôt d'y renoncer consciemment, car il court tout seul à sa ruine.

Rares sont les personnes à avoir lu ce livre, n'étant pas édité. Mais toutes rejoignent le comité de lecture d'une maison d'édition qui, en raison de problèmes internes, a du cesser ses activités :

« Nous avons tous subi le choc de la grandeur et de la force de l'idée révolutionnaire qui est à la base de votre travail, il y a effectivement là un noyau d'idées suffisamment nettement articulées pour se rendre capables de faire événement dans la théorie de l'économie politique, et destiné potentiellement à entrer dans l'histoire, et à ce titre, il nous est impossible de ne pas envisager une publication de cette idée sous une forme ou une autre. […] Oui, nous sommes très très intéressés par votre démarche, et convaincus qu'il faut vous publier d'une façon ou d'une autre. Trop d’analyses excellentes, novatrices et urgentes sont dites au cours de votre réquisitoire pour passer à côté. »

réquisitoire,contre,largent,livre,commander,landeuxJ'ai longtemps espéré trouver un éditeur. Mais les grosses maisons d'éditions sont aux mains des grands financiers, et les petites n'ont pas les finances quand bien même elles auraient le courage. J'ai donc du attendre, pour publier, qu'une solution se présente. La crise qui menace m'a encouragé à chercher cette solution et un hasard m'a mis sur sa piste.

Je ne sais pas si l'édition en ligne a évolué de manière générale, mais TheBookEdition propose le service que de nombreux auteurs attendaient. Elle s'occupe de tout (impression et expédition) sans qu'il leur en coûte rien, comme il se doit ; elle se paye sur les ventes.

Maintenant, je reste propriétaire de tous les droits d'exploitation et je cherche toujours un éditeur qui en a.

Détails :

169 pages de texte

14 € + frais de port

réquisitoire,contre,largent,livre,commander,landeux

 

J'ai souvent cité un passage de la réponse du comité de lecture de la maison d'édition qui était disposée à publier le Réquisitoire. Il m'apparaît qu'il pourrait être utile et instructif de la divulger en entier, tout en préservant l'anonymat des intéressés, et de présenter également ma réponse. 

 

18 février 2008

Cher Philippe Landeux,

Notre comité de lecture s'est réuni ce matin pour faire un point sur votre manuscrit. Il en ressort que nous nous trouvons dans une situation très délicate. En effet, nous avons tous subi le choc de la grandeur et de la force de l'idée révolutionnaire qui est à la base de votre travail, il y a effectivement là un noyau d'idées suffisamment nettement articulées pour se rendre capables de faire événement dans la théorie de l'économie politique, et destiné potentiellement à entrer dans l'histoire, et à ce titre, il nous est impossible de ne pas envisager une publication de cette idée sous une forme ou une autre.

Maintenant, en tant qu'éditeurs, deux ordres de réserves nous plongent dans l'embarras et la perplexité.

La première continue à être la non visibilité de notre planning éditorial au delà de fin 2008, essentiellement au niveau financier (c'est dire l'ironie tragique de la situation !!). Nous avons si peu droit à l'erreur que nous nous devons, avant toute autre considération, d'être particulièrement vigilants pour assurer notre survie d'éditeur indépendant.

En fait, il nous serait plus douloureux de vous faire maintenant la promesse de vous publier à coup sûr courant 2009, et d'être finalement incapable de le faire le moment venu (alors qu'un contrat entre nous serait signé), que de rester, par prudence, dans cette position ambiguë, inconfortable et frustrante  pour nous comme pour vous.

Oui, nous sommes très très intéressés par votre démarche, et convaincus qu'il faut vous publier d'une façon ou d'une autre. Trop d’analyses excellentes, novatrices et urgentes sont dites au cours de votre réquisitoire pour passer à côté. Mais nous n'aurons pas l'assurance de pouvoir le mettre en oeuvre à coup sûr avant la fin 2008... Voilà notre dilemme... Et il est douloureux autant que pour vous, bien que d'une autre manière, forcément.

Aussi, rien que pour cette raison, nous comprendrions très bien que lassés d'attendre que notre situation s'éclaircisse, vous vous tourniez vers d'autres portes éditoriales. Nous en serions très déçus et frustrés, mais la lucidité vitale nous contraint à ne pas pouvoir vous proposer mieux que d'attendre la fin de l'année pour vous donner enfin une réponse ferme et définitive, et de laisser la vie chercher son cours comme elle le veut.

Mais notre embarras et notre perplexité ne s'arrêtent pas seulement à cet aspect matériel de la chose. Le contenu de votre réquisitoire tel qu'il est suscite aussi un certain nombre de réserves qui nous empêchent encore d'être complètement acquis à l'idée que la meilleure stratégie soit de publier votre réquisitoire tel qu'il est. Elles sont au nombre de 5 et je vais tenter de vous les exposer le plus simplement possible, car elles sont d’un enjeu très profond et très délicat sur tous les plans entre nous. Mais nous ne pouvons faire autrement que d’être francs et directs quitte à blesser quelque peu votre amour-propre comme vous n’avez pas hésité à être aussi direct avec moi dans certains de vos mails.

1) Vous êtes résolument convaincu qu'il n'est pas nécessaire, dans ce premier volet de prise de contact avec l'ensemble de votre démarche que constitue ce réquisitoire, d'exposer quel est exactement ce nouveau moyen d'échange susceptible d'abolir radicalement non seulement la monnaie, mais la racine de l'inégalité sociale que vous appelez "Largent", autrement dit "la croyance que la notion de valeur (marchande) est nécessaire pour échanger". Vous n'avez cessé de nous en expliquer la raison et je l'ai expliquée à chacun des membres de notre comité de lecture : l'exposition de la solution pratique, c'est-à-dire la carte civique, n'est et ne saura jamais être autre chose pour vous que la "cerise sur la gâteau" de toute votre démarche. L'essentiel étant avant tout autre chose d'établir d'une façon irrécusable le principe théorique de l'équivalence absolue entre "Largent" et l'inégalité sociale (c'est la raison d'être de ce réquisitoire). Cependant, dans nos lectures respectives, nous avons été unanimes, et cela sans nous concerter, à ressentir non seulement une frustration à ne pas être informé de cette solution, mais une incohérence dans le cadre même d'une démonstration de la nocivité absolue de Largent.

En effet, puisque vous avez fait en sorte que votre lecteur s'identifie à faire partie des jurés, je dois vous dire que sans l'exposition de cette clé, aucun d'entre nous n'a le sentiment qu'il détient le pouvoir effectif de condamner Largent. On peut bien sûr le condamner théoriquement et moralement autant qu'on voudra, mais tant que nous ne saurons pas qu'il est cette fois en notre pouvoir technologique, pour la première fois dans l'histoire, peut-être, d'abolir définitivement le règne de Largent, la nature de notre condamnation n'entrera pas vraiment dans le seul tribunal qui puisse avoir la force d'un événement historique : le tribunal du droit politique ou citoyen.

Cette évidence est pour nous d'autant plus grande que vous n'avez cessé tout au long de votre réquisitoire de nous faire miroiter en même temps que vous détenez déjà la connaissance effective de cette clé. (p 63, 64, 96, 98, 99, 107, 111, 115,117,119, 120, 138, 142, 147). Au contraire de votre conviction stratégique, nous éprouvons comme une évidence que la connaissance de cette clé de la carte civique n'est rien moins que le nerf de la guerre qui doit fonder le caractère, cad la force juridique de ce tribunal citoyen. Car c'est une chose d'être intellectuellement convaincu de la nocivité de largent après avoir lu votre réquisitoire tel qu’il est actuellement, c'en est une tout autre de savoir que nous avons peut-être les moyens de commencer à faire de cette belle évidence inutile une idée-force capable de révolutionner effectivement, cad techniquement le monde;  car ce n'est qu'à partir de cette révélation du caractère technique de la solution que nous pourrons être définitivement convaincus qu'il ne s'agit pas d'une utopie de plus, à jamais inefficace, mais que le changement d'organisation sociale ne relève plus désormais que d'une réelle volonté politique de chaque citoyen.

Il en découle qu’il faudrait à nos yeux impérativement introduire l’exposition de cette clé dès ce réquisitoire, et bien davantage que du bout des lèvres : en répondant à la première vague des questions incontournables que le dévoilement de cette clé suscitera immanquablement dans l’entendement de chaque lecteur de bonne volonté, autrement dit en commençant, réponse après réponse, à FAIRE VOIR TECHNIQUEMENT qu’il y a bel et bien moyen, selon vous, et si on veut bien s’y pencher tous ensemble attentivement, de résoudre finalement la plupart des immenses problèmes d’organisation pratique que susciterait l’usage généralisé à une nation (ou plus, je vais y revenir)  de cette carte civique. La victoire de l’avocat à charge doit donc pour nous se payer à cette première condition supplémentaire qui impliquerait une augmentation de son nombre de pages, et une remise en question de votre idée du tryptique, à notre avis impubliable en tant que tel.

2) Compte tenu de l’importance de l’enjeu, nous nous étonnons que vous n’abordiez pas une seule fois la question ultra épineuse mais élémentaire de la propriété des moyens de production, notamment industriels dans une société égalitaire. Que le principe de la propriété privée ne soit non seulement pas incompatible mais qu’il soit même indispensable à la bonne marche d’une société délivrée de Largent dans la sphère privée de chaque citoyen, c’est une chose, peut-être encore discutable, mais qu’il nous est permis d’envisager à titre d’hypothèse de travail incontournable, à mettre positivement au ban d’essai à l’intérieur de la vision radicalement bouleversée dans laquelle vous invitez votre lecteur à pénétrer. Mais  l’inégalité sociale implique tellement la question de la propriété privée des moyens de production économique structurels qu’il nous semble impossible d’en faire une si totale impasse dans votre réquisitoire. Car si ce n’est pas l’Etat, qui d’autre qu’une nouvelle caste de puissants non par Largent, mais par la propriété privée des moyens de production, en jouirait d’une façon inégale, comme tout instrument de pouvoir socioéconomique décisif ? Bien sûr, vos notes en bas de page de votre article laisse entendre que c’est l’Etat qui imposerait des quotas de vente aux patrons. Mais juridiquement, et principiellement parlant, la question reste entière de savoir au nom de quoi la propriété des moyens de la production devrait rester privée. (cela ne veut pas dire que nous soyons pour autant attaché à une économie centralisée par l’Etat, au contraire, l’une des trouvailles fortes de votre dispositif consiste à nos yeux à donner un essor sans précédent au principe d’un libéralisme délivré des torts du capitalisme, et de réconcilier ce faisant des siècles d’opposition entre “droite” et “gauche”. Mais nous nous devons de poser cette question, car comme vous le savez, c’est bien là qu’est le nerf de l’analyse de l’aliénation chez Marx, et si fausse et périmée que soit son analyse dans votre optique, la question du fondement juridique, cad politique, de la propriété privée des moyens de production dans une société égalitaire mérite éclaircissement dès le départ.

3) ce qui nous conduit naturellement à ce qui nous apparaît comme une des grandes carences de votre travail, pour le peu que nous en connaissons à ce jour : Pourquoi, dans votre stratégie polémique, ne jamais situer directement et clairement votre théorie de l’égalité par rapport à la doctrine marxiste ? Alors que nombre de fondements de vos analyses sont des radicalisations extrêmes du Capital ? Marx a fait le réquisitoire du Capital au nom de l’instauration de l’égalité civique, d’une société sans classes, d’un homme nouveau, au nom, comme vous, d’un primat d’une conception déterministe de la vie humaine, où prime le milieu sur l’homme, et par conséquent où il est décisif, et même exclusif d’attendre un changement du monde à partir d’un changement du milieu techno-socio-économique de sa vie individuel et collectif, et nombre de vos critiques de Largent au sens de la monnaie ne sont que des variantes de ce que Marx appelait déjà le fétichisme de la marchandise, (largement repris par Debord (société du spectacle) et Baudrillard (concept de simulacre)).

Cette omission totale de votre part est-elle volontaire ? Et si oui, pourquoi ? Nous nous permettons de vous poser directement cette question, car là aussi, il nous semble qu’en éludant une confrontation directe avec Marx dès le réquisitoire, vous amoindrissez considérablement la portée théorique de votre idée centrale. Et il ne s’agit pas là d’une opinion subjective de notre part. Et il ne s’agit pas là d’une incitation de notre part à ce que vous donniez dans la prétention narcissique de vous présenter comme le nouveau supplanteur historique de Marx, ce dont vous vous contrefoutrez royalement (si je puis dire) et avec raison. Non, c’est d’un point de vue historique et purement théorique que nous nous plaçons. Dans tous les domaines théoriques, les révolutions conceptuelles impliquent à chaque fois et nécessairement des meurtres symboliques inévitables avec les instances passées qui dominent l’état du débat en cours. C’est une loi qui est sans exception. Or, le spectre de Marx règne encore fortement dans l’intelligentsia des penseurs de l’égalité sociale aujourd’hui, au delà même des frontières de l’Europe, assurément, il règne encore partout dans le monde, Derrida et Deleuze faisaient retour à Marx dans les dernières années de leurs vies.

Et je dirai que, eu égard à la gravité de la situation, toute la tradition des penseurs révolutionnaires contemporains issus de la révolution française sont coincés par l’ombre de Marx. Nous estimons donc qu’une entrée en scène à hauteur de l’histoire de votre idée révolutionnaire ne peut faire l’économie (si je puis dire) d’une confrontation explicite avec Marx, qui montrerait, même succintement dans votre réquisitoire, et ce dès l’introduction, ainsi que dans certaines analyses ultérieures sur l’aliénation sociale produite, ce que vous devez honnêtement à l’héritage de Marx, et la part de génie révolutionnaire qui vous revient au plan théorique. Avec votre noyau d’idées tel qu’il est déjà, vous avez la possibilité de faire une critique philosophique décisive de Marx, c’est-à-dire une critique “interne” : en prenant Marx sur son terrain, en étant plus marxien (je ne dis pas marxiste) que Marx lui-même, c’est-à-dire en démontrant que ce que Marx a prétendu faire (instaurer les bases socioéconomiques d’une société égalitaire), il ne l’a pas fait, et que votre théorie est mieux placée pour accomplir son propre espoir. Bref montrer, en quelques paragraphes, (car il ne s’agit pas de réécrire un traité !), que vous n’avez dépassé Marx qu’en l’intégrant, cad en montrant où résidait son erreur foncière, sa confusion fatale : croire qu’une critique du Capital suffisait à fonder la Cité, alors que cette forme de fétichisation inaperçue par Marx du Capital était encore une stratégie de l’ignorance où nous tient Largent pour nous empêcher de remonter jusqu’à lui en tant que tel comme cause première de l’injustice (de votre point de vue). Et qu’au fond, ce n’est pas la religion, mais Largent qui est l’opium véritable de notre enfer monétaire. Bref, au vu de ce nous avons lu dans le réquisitoire tel qu’il est, il nous semble qu’il y a déjà beaucoup d’éléments susceptibles, moyennant quelques reprises polémiques avec certains éléments de la vulgate marxiste (notamment la fétichisation de la marchandise qui a masqué et qui masque... le vrai fétiche qu’est Largent lui-même (dans votre optique), de commencer à renverser avec force l’idole d’une idée révolutionnaire qui a fait son temps et qui doit maintenant mourir, (encore une fois non par gloriole personnelle, artificiellement, mais parce que la discipline de l’économie politique dans laquelle vous vous inscrivez l’exige historiquement si vous voulez donner toutes les chances à votre idée d’entrer dans le débat contemporain. Faute de quoi vous manqueriez votre entrée en scène, en restant si je puis dire en périphérie du débat, comme un franc tireur inspiré mais contraint à rester en 2ème zone, car incapable de prouver par lui-même que la force même de son idée lui donne les moyens d’en découdre aisément avec l’instance d’une idée révolutionnaire aujourd’hui mensongère et périmée. Et vous devriez laisser à d’autres le soin d’introniser plus tard votre idée dans le champ des recherches contemporaines, alors qu’à notre sens, un peu de travail sur votre réquisitoire (si vous ne connaissez pas encore bien Marx) vous mettrait rapidement en position de le faire vous-même – (encore une fois, il s’agirait de commencer à porter les premiers coups fatals... Ce serait suffisant, pas d’un traité d’érudition...).

4)  il est une question si incontournable pour le bon sens que vous invoquez dans ce réquisitoire que vous n’avez pas d’ailleurs hésité à la poser par la bouche de Monsieur Neurone :  la dernière. Or, encore une fois vous espérez emporter l’assentiment de vos lecteurs en éludant une réponse que vous avez pourtant déjà. Mais vous faites pire : non seulement vous ne répondez pas clairement cad techniquement à la question que vous mettez dans la bouche d’un juré (cf p 133 : Mais, “nous n’avons pas à expliquer ici comment une Cité ayant anéanti Largent en son sein pourrait continuer à changer avec les autres pays”.)  - et les raisons ultérieures que vous évoquez ne suffisent pas à le faire oublier - , mais une page plus loin, vous faites comme si vous aviez suffisamment répondu à une question que vous n’avez pas vraiment traité (cf p134 : “Non seulement nous avons vu qu’un pays développé pourrait le faire, puisque etc...”, Non, nous n’avons encore rien vu de cette possibilité. Et il est vraiment cavalier de le faire croire.

5) ce qui nous amène à la dernière réserve : la scénographie générale de votre réquisitoire a un grand avantage : elle rend votre démonstration vivante et vibrante d’actualité. Mais outre les faiblesses du contenu de votre démonstration évoquée plus haut, qui empêchent encore fortement les lecteurs que nous sommes d’accorder un crédit décisif à votre thèse, il y a une incohérence tactique qui a trait au ton même avec lequel vous vous adressez à maintes reprises aux jurés de ce tribunal citoyen improvisé  : comment voulez-vous convaincre qui que ce soit en le traitant si ouvertement et outrancièrement d’imbécile ?  En lui disant régulièrement que les questions qu’il pose sont soit ridicules, déraisonnables, ou en lui faisant régulièrement un procès d’intention ? (en le traitant de complice, de lâche, en étalant aussi fièrement votre mépris d’autodidacte à l’égard des savants, des diplômés, en reprochant à un questionneur de n’avoir pas suffisamment précisé sa question alors que vous ne lui en avez pas laissé une seconde les moyens (cf p 94 : “Vous oubliez de préciser etc...  ) Croyez-vous donc qu’avec un ton de suffisance aussi grossier, un manque de tact psychologique aussi élémentaire,  et des actes ponctuels d’une aussi mauvaise foi, vous ayez une  quelconque chance d’emporter un vrai assentiment sur un sujet et dans une situation aussi grave ? Pourquoi les questions de vos interlocuteurs se transforment-elles à ce point au fil de vos réponses en un vulgaire bêtisier de l’ignorance humaine ? On a jamais vu un avocat humilier un parterre de jurés et obtenir gain de cause. Du coup, la dimension comique de la mise en scène vire rapidement au ratage. C’est pourquoi nous vous demandons de bien méditer si le nom même de vos jurés, censés représenter chacun d’entre nous, est la solution la plus adaptée au but même que vous recherchez.

5bis) l’analyse des torts de la monnaie au moment où il s’agit de conclure fait aussi du tort à la qualité lyrique de ce moment terminal. Il s’agit de rassembler l’ensemble des points que vous avez marqués, pas de réembarquer votre lecteur dans une analyse. Ne pourrait-on pas découvrir ces analyses avant le moment de conclusion ?

Voici donc explicitement formulé tout ce qui fait notre embarras d’éditeur, et nous voudrions que vous compreniez bien que c’est parce que votre travail nous tient à vraiment à coeur que nous nous devons d’être aussi exigeants et directs avec vous eu égard à son enjeu.  Dans quelle mesure serez-vous prêt à tenir compte de toutes nos remarques et de notre situation, voilà la question que nous nous posons à présent. Mais il était incontournable de vous donner à voir à quelles conditions nous serions prêts à donner notre meilleur pour servir la publication de votre sublime travail.

En espérant que vous comprendrez nos raisons, et en vous remerciant quoiqu’il en soit de l’avenir, pour l’extraordinaire audace et ténacité de votre démarche,
Nous vous saluons tous très cordialement,

L.
Pour le comité de lecture des éditions ...

P.S. personnel cette fois :  savez-vous que l’abolition de toute forme de monnaie était une des mesures  préconisée par celle qui s’est faire appelée la “Mère”, la fondatrice d’Auroville, cette “ville de l’Aurore”, située à 5 kilomètres de Pondicherry, en Inde du Sud ? Que l’expérience a été tenté durant les toutes premières années de sa création, à partir de 1968, mais que la monnaie a été finalement réindroduite faute de solution depuis ?... (cf les textes : Mère parle d’Auroville).

Cela dit, si attentifs à votre juste critique des idéalistes de tous poils qui n’ont rien su changer au système d’organisation sociale depuis des millénaires, nous ne sommes pas convaincus, en tant que philosophes nous-mêmes, que le changement du système de l’échange seul suffirait à changer la société. Nous nous demandons s’il est encore temps de poser le problème à partir d’une telle dualité, comme Marx l’avait fait, lors même qu’il est devenu de plus en plus impossible d’un point de vue philosophique de dissocier l’humanité même de l’homme de son milieu technique associé  : l’homme EST son milieu technique. Voilà ce que démontre avec une force inégalée jusqu’alors tous les travaux de Bernard Stiegler aujourd’hui. Nous avons plutôt le sentiment que c’est le changement simultané et dialectique de l’homme en son intériorité inconnue et de son milieu technique qui générera progressivement cette victoire sur Largent. Car il est vrai qu’il faut déjà historiquement que, comme vous le dites si bien, “Largent soit mûr”, techniquement mûr (par l’informatique notamment) pour entrevoir sa fin possible. Mais cela n’est pour nous qu’une des conditions nécessaires à sa possible et nécessaire abolition. Et c’est certainement là, au delà de notre position d’éditeur cette fois, que réside depuis le début notre désaccord personnel de fond avec vous je crois. Contrairement au déterminisme social que vous invoquez à la suite de Marx pour refuser la primauté d’un nécessaire changement de la conscience humaine “avant” le changement de son milieu technique (alors que nous sommes toujours déjà dans un “pendant”, dans une simultanéité interactive des deux jusqu’à l’indivisible), nous avons une vision de ce qui fait le mécanisme de Largent qui implique une philosophie différente du rationalisme cartésien qui semble vous habiter (autorité du seul bon sens de la raison). C’est aussi, selon nous, (mais notre exigence d’éditeur serait déjà comblée si vous teniez compte de toutes nos remarques ci-dessus), ce qui fait la limite de votre démonstration : le refus de voir dans cette “croyance” qu’est Largent autre chose qu’une idée fausse que le milieu socio-technique aurait introduit de l’extérieur dans notre esprit “vierge” pour innocenter d’avance l’homme d’un quelconque pêché originel. Personnellement je ne suis ni chrétien, ni bouddhiste, ni freudien, mais il me semble que “Largent”, cette racine invisible de l’enfer monétaire” a beaucoup a voir avec l’inconscient, en tous cas une certaine zone de l’inconscient : le subconscient. Et qu’à mon sens, vous faites philosophiquement trop rapidement l’impasse sur tout ce qui s’est déjà dit de pertinent en psychanalyse sur l’étroitesse extrême des rapports entre l’énergie-argent et l’énergie de la libido. Et si le déracinement de Largent relève d’une conquête d’une certaine zone de l’inconscient, le problème pourrait alors être moins unilatéralement simple que ce que votre approche laisse entendre, bien que votre thèse représente, sur son propre plan d’analyse, une avancée théorique décisive selon nous dans la résolution du problème de l’injustice sociale.

Cher monsieur L.,

Une fois de plus, je suis impressionné par le soin que vous prenez à me répondre. Et je vous rassure tout de suite, votre maison d’édition est la plus ouverte et compréhensive que je connaisse grâce à vous. Vous m’avez trouvé, je ferai tout mon possible pour ne pas vous perdre.

Pour vous répondre, je commencerai par des remarques générales. Je ne sais pas quel est exactement votre problème, si vous n’avez pas les fonds pour publier le Réquisitoire ou si vous n’en avez pas assez pour le publier en plus d’autres ouvrages. Mais, d’après ce que vous m’avez dit, vous confirmez que tous ceux qui l’ont lu ont été impressionné. Vous le dites, et j’en ai la conviction, cet ouvrage est destiné à marquer d’un sceau indélébile une page de l’histoire non seulement de la pensée, mais de l’Humanité. Il y aura avant et après le Réquisitoire, le temps de l’inconscience face à Largent et celui de l’accusation. Mais le plus fort, c’est que le Réquisitoire n’est (c’est ainsi que je le conçois) qu’une bombe à neutrons. La théorie du Civisme, qui va suivre et qu’il ne me reste plus qu’à conclure, sera une bombe atomique. Or c’est précisément parce que la théorie du Civisme sera d’une puissance sans égale que j’ai écrit le Réquisitoire, plus philosophique et donc moins violent pour les esprits. Du reste, et c’est une autre de mes raisons, je pense qu’il est de l’intérêt de l’éditeur de publier deux livres plutôt qu’un, surtout que ces deux livres feront chacun un bruit que l’on ne peut sans doute pas encore imaginer. Si j’en juge par la longueur de votre réponse, le Réquisitoire suscite et déchaînera assurément le débat. C’est précisément son but. Car son but, n’est pas, ne peut pas et ne doit pas être (à mon sens) de répondre à toutes les questions qu’il amène, aussi légitimes soient-elles. J’ai été obligé d’opposé l’Egalité à Largent, mais il est impossible d’opposer la Carte civique à la monnaie sans entrer dans une foule de détails, alors hors de propos. En un mot, le Réquisitoire est censé ouvrir l’appétit, non apaiser la faim.

Je n’ai pas la prétention de vous apprendre votre travail, mais peut-on dire, d’après les réactions de vos collègues, que le Réquisitoire, avec ses qualités et ses défauts, fera parler de lui et de moi ? En bien ou en mal, peu importe. Et pensez-vous que ceux qui l’auront lu seront impatients de lire la suite ? Si oui, je ne vois pas où est le problème pour vous. Votre mission est de le diffuser et d’en tirer profit ; je me charge de mes détracteurs, et, croyez-moi, ils ne seront pas à la fête.

J’en viens maintenant à vos remarques. Je vous dirai tout d’abord que je suis bien entendu prêt à apporter toutes les modifications utiles que vous souhaiterez, tant qu’elles me paraîtront conformes à mes idées. Je crains cependant que vous n’exigiez de moi que je corrige des points qui suscitent de votre part des reproches souvent fondés sur des désaccords (mais doit-on être d’accord sur tout ?), des malentendus, des incompréhensions (soit de mes idées, soit de ma stratégie), des anticipations erronées, etc. Examinons donc vos remarques.

1) La première concerne le fait que je n’expose pas la solution que j’annonce. Vous dites que cela suscite une « frustration » chez le lecteur. C’est fait exprès. Vous dites encore qu’il s’agit-là d’une « incohérence dans le cadre même d'une démonstration de la nocivité absolue de Largent. » Vous ajoutez que, dans ces conditions, « aucun d'entre nous n'a le sentiment qu'il détient le pouvoir effectif de condamner Largent. » Mais le Réquisitoire, seul, n’a pas la prétention de convaincre tout un chacun qu’il faut condamner Largent. Comme je vous l’ai dit, le but est uniquement de susciter la réflexion, d’inspirer le doute, de déchirer un tabou. Le Réquisitoire est un livre. Il n’y a pas de tribunal jugeant réellement Largent. Aucun livre ne le terrassera. Mais des livres peuvent amener les hommes à prendre conscience qu’il est leur ennemi. Dans cette optique, le Réquisitoire est un premier pas. Je suis du reste le premier à savoir et à dire que, tant que les hommes ne sauront pas par quoi remplacer la monnaie, ils n’oseront pas y toucher. Mais le Réquisitoire est le prélude à la théorie du Civisme. Ces deux ouvrages sont complémentaires mais ne doivent pas être confondus. Ce n’est qu’après la lecture de la théorie du Civisme que tout ce qui paraît flou dans le Réquisitoire apparaîtra soudain clair comme de l’eau de roche. J’insiste : le flou et les manques ne sont qu’une impression. Le Réquisitoire est bien plus complet que vous ne croyez ; tout est déjà dedans. Pour prendre une image : tout est écrit, il ne reste au lecteur qu’à savoir lire, et ce n’est pas le rôle de cet ouvrage de lui apprendre.

Une chose m’étonne cependant et me convainc en même temps : je vous ai déjà exposé la solution de la Carte civique qui traduit dans les faits le Principe selon lequel des individus qui participent à la vie de la Cité sont Citoyens et doivent, en tant que tels, pouvoir accéder au marché. Vous savez donc que des Principes aux solutions il n’y a qu’un pas. Car, enfin, il n’est pas difficile, a priori, d’après le Principe posé, de concevoir la Carte civique. Or il en est de même pour tous les Principes. Mais les demandes d’explication m’inclinent à penser qu’il n’est pas si évident que je le crois de passer des Principes aux solutions concrètes. La question est donc de savoir si je dois céder ici aux demandes d’explication qui, ne pouvant aller qu’en se multipliant, me feront sortir de mon propos d’ordre philosophique, ou renvoyer, comme je le fais, le lecteur à l’ouvrage suivant et qui, cette fois, laissera de côté le côté philosophique pour se consacrer essentiellement aux aspects pratiques de l’Egalité. En un mot, un auteur doit-il suivre les lecteurs ou doit-il amener les lecteurs à le suivre ?

« On peut bien sûr le condamner théoriquement et moralement autant qu'on voudra » — Ne serait-ce pas un résultat déjà extraordinaire ? Si les hommes condamnent Largent dans leur esprit, combien de temps croyez-vous qu’il survivra dans les faits ? Ne soyez donc pas impatient ! On ne terrassera pas Largent en deux jours.

« ce n'est qu'à partir de cette révélation du caractère technique de la solution que nous pourrons être définitivement convaincus qu'il ne s'agit pas d'une utopie de plus, à jamais inefficace, mais que le changement d'organisation sociale ne relève plus désormais que d'une réelle volonté politique de chaque citoyen. » — Certes, mais vous savez que cette théorie existe, je vous en ai déjà livré la clé et je serai bientôt en mesure de vous la présenter tout entière.

« Il en découle qu’il faudrait à nos yeux impérativement introduire l’exposition de cette clé dès ce réquisitoire, et bien davantage que du bout des lèvres ». — En clair, vous voudriez que je transforme le Réquisitoire en théorie du Civisme. Cela n’a pas de sens puisque cette théorie que vous voudriez que j’écrive est déjà écrite. Je vous la présenterai d’ici peu. La vraie question est donc de savoir si le Réquisitoire est en soi révolutionnaire et vous intéresse ou non. Qu’il ne réponde pas à toutes vos attentes est une chose ; qu’il ne puisse être publié en l’état en est une autre. Vu le désert d’idées dans lequel nous errons, il ne peut qu’attirer l’attention même s’il n’emporte pas les adhésions. Son titre seul sonne comme le tocsin.

« La victoire de l’avocat à charge doit donc pour nous se payer à cette première condition supplémentaire qui impliquerait une augmentation de son nombre de pages, et une remise en question de votre idée du tryptique, à notre avis impubliable en tant que tel. » — Contrairement à ce que vous semblez croire, le Réquisitoire n’est pas un livre ordinaire. On le ferme quand on l’a lu, mais on ne peut oublier ce qu’on a lu. D’ailleurs, les jurés ne se prononcent pas. Le procès n’est pas clos à la fin du Réquisitoire. La question de la culpabilité de Largent reste en fait en suspens. Un lecteur peut bien se précipiter et se prononcer pour la vie, mais la question reste ouverte. Si ces premiers arguments n’ont pas emporté sa conviction, ils n’en ont pas moins instauré le doute dans son esprit. Le jour où il aura d’autres éléments, il ne balancera plus.

Quant à la trilogie, à vrai dire, j’ai laissé de côté, pour le moment, ma théorie de la Propriété (dans laquelle je traite la question des moyens de production).

2) Votre seconde remarque concerne les moyens de production. Vous voudriez que j’explique à qui ils appartiendront afin que j’oppose une vision des choses à celle de Marx. Vous aurez pourtant remarqué que je ne cherche pas et que j’évite même d’ouvrir des polémiques avec d’autres auteurs. J’expose ma vision des choses sans me laisser perturber, sans entrer dans des débats parasites. Le Civisme (sous sa forme philosophique dans le Réquisitoire) n’est pas une réaction au capitalisme encore moins au marxisme. S’opposer, c’est entrer dans la logique de l’autre. Ce n’est pas ainsi que je suis parvenu aux idées dont vous constatez la nouveauté et la radicalité. Je suis parti d’une réflexion sur l’argent (parce que j’en était prisonnier comme tout le monde) et tout a basculé quand j’ai compris que des Citoyens avaient des Droits, dont celui d’accéder au marché, parce qu’ils sont Citoyens. Ma démarche a dès lors consisté à tirer et à exposer les conséquences philosophiques et pratiques de ce Principe. Contrairement au Réquisitoire contre Largent, qui est un ouvrage tactique, il n’est fait quasiment aucune référence à Largent dans la théorie du Civisme.

Cette remarque montre deux choses : 1) que vous êtes encore trop conditionné par vos lectures, les idées actuelle ou, de manière plus large, par notre contexte, 2) que, de ce fait, vous n’arrivez pas toujours à entrer dans la logique de la Cité, même quand les choses sont évidentes ou dites clairement. Ainsi, si je ne parle pas de la propriété des moyens de production dans la Cité, c’est qu’elle n’a aucune importance. Seule la Citoyenneté confèrera des Droits dans la Cité et tous les Citoyens pourront potentiellement accéder aux moyens de production. On ne peut donc pas craindre que les propriétés confèrent de la puissance à certains, comme c’est le cas aujourd’hui. En outre, Travailler sera un Devoir envers la Cité qui seule permettra que l’on Travaille, et donc que l’on accède à des moyens de production (sol, machines, etc.). Les moyens de production n’appartiendront pas à des Citoyens à titre privé, mais aux entreprises, et seront remis sur le marché en cas de faillite. De plus, du point de vue de la Cité, une entreprise sera l’ensemble de ses employés. D’où ce passage du Réquisitoire : « Les employés d’une entreprise seraient collectivement responsables de ses résultats aux yeux de la Cité. (note 47 : Des Travailleurs indépendants auraient des résultats à atteindre et seraient personnellement contrôlés par la Cité. Mais le Travail personnel de Citoyens regroupés dans une entreprise serait incontrôlable par la Cité. Celle-ci ne pourrait contrôler que les résultats de l’entreprise dans son ensemble, chaque employé en étant un représentant.) » Je peux donc, si vous y tenez, et si vous m’indiquez où, rajouter un mot sur les moyens de production, mais vous voyez qu’en raisonnant deux minutes sur le sujet on en arrive à se demander pourquoi on s’est posé cette question futile.

« vos notes en bas de page de votre article laisse entendre que c’est l’Etat qui imposerait des quotas de vente aux patrons. » — Cette remarque me donne l’occasion de signaler une confusion que vous faites régulièrement entre la Cité et l’Etat. La Cité n’est pas l’Etat. C’est, au départ, l’ensemble des Citoyens. Mais le terme « Cité » peut aussi désigner l’Etat (cad le Gouvernement et/ou les instances dirigeantes nationales), ou les institutions qui dans certains cas « représentent » la Cité d’un point de vue individuel, ou encore un Citoyen. En l’occurrence, dans le passage que vous évoquez, la Cité ne sera pas l’Etat, mais des institutions économiques qui n’existent pas aujourd’hui et qu’il serait trop long de vous présenter ici.

3) « Pourquoi, dans votre stratégie polémique, ne jamais situer directement et clairement votre théorie de l’égalité par rapport à la doctrine marxiste, alors que nombre de fondements de vos analyses sont des radicalisations extrêmes du Capital ? » — J’ai déjà répondu en partie à cette question. Je vous ai donné ma raison fondamentale. Une autre raison est que je connais mal Marx. Il ne m’a pas inspiré et je ne peux pas le critiquer. J’avoue d’ailleurs être heureux de ne pas l’avoir lu. Il m’aurait sans doute égaré. Mais, quand bien même je le lirais maintenant (et que c’est dur à lire !), je ne me livrerai pas davantage à une critique, tant il y aurait de choses à dire. Du reste, je ne vois pas bien l’intérêt d’une telle critique. Elle alourdirait mon discours sans rien n’apporter à ceux qui ne l’ont pas lu. Et ceux qui l’ont lu n’ont pas besoin de moi pour voir d’emblée tout ce qui nous sépare. Je suis du reste persuadé qu’une fois le Réquisitoire publié, d’autres auteurs se chargeront de comparer nos théories et le feront mieux que moi.

« Nous estimons donc qu’une entrée en scène à hauteur de l’histoire de votre idée révolutionnaire ne peut faire l’économie (si je puis dire) d’une confrontation explicite avec Marx » — Je pense à une autre solution : pourquoi quelqu’un (vous ?) n’écrirait-il pas une préface ou une introduction au Réquisitoire qui, sans en trahir l’esprit, aborderait les points que vous soulevez et les réponses que je fais, un texte qui montrerait les pièges dans lequel un lecteur tombe par précipitation et le mettrait donc en garde, un texte qui signalerait que le Réquisitoire est seulement un début et qu’il y aura bien une suite encore plus époustouflante ?

« Et je dirai que, eu égard à la gravité de la situation, toute la tradition des penseurs révolutionnaires contemporains issus de la révolution française sont coincés par l’ombre de Marx. » — Vous voyez ! Vous ne pouvez pas d’un côté déplorer que les penseurs « révolutionnaires » soient coincés par Marx, d’un autre me reprocher de ne pas l’évoquer, alors que c’est précisément parce que je ne l’ai pas lu et ne me suis pas fait coincer par lui que je ne l’évoque pas.

« ce que vous devez honnêtement à l’héritage de Marx » « vous n’avez dépassé Marx qu’en l’intégrant » Je vous avoue que je ne crois pas lui devoir quelque chose. Je ne sais même pas ce qu’il prônait. Si je dois quelque chose à quelqu’un, ce n’est donc pas à Marx, mais à Marat, à Saint-Just et surtout à Robespierre (le vrai, pas celui de la légende). C’est lui qui m’a appris à raisonner, à poser des Principes avant tout autres considérations. C’est à la Révolution française que je dois tout ou presque. C’est à elle, plus exactement à un texte de Barnave, que Marx doit peut-être lui aussi le concept de déterminisme historique.

4)  Sur la question des échanges internationaux (je viens de terminer le chapitre consacré à ce sujet dans la théorie du Civisme), je vous assure, une fois de plus, que le Principe posé répond amplement à la question. Il est dit : « 1) Il n’y a aucune raison pour qu’un corps social purgé de Largent ne puisse pas évoluer aussi bien dans un monde monétaire qu’un individu, ayant un corps physique, plongé dans une « Société » monétaire ; 2) Les pays étant interdépendants, une Cité aurait autant besoin d’échanger avec les autres pays qu’eux avec elle. La question ne se poserait donc pas seulement du point de vue de la Cité, mais également du point de vue des pays monétaires. Autrement dit, l’intérêt de trouver une solution serait partagé par tous et, dès lors, une solution serait trouvée à coup sûr. » Vous me dites que cela ou rien, c’est pareil. Il vous faut une explication technique. Mais, si je vous disais que la Cité pourra exporter et constituer ainsi un budget qui lui permettra de payer ses importations, comme le fait un individu qui vend ses productions ou son travail pour gagner de l’argent et pouvoir se payer ensuite ce qu’il peut, qu’aurais-je dis de plus ? cela suffirait-il à vous éclairer ? Maintenant, si vous voulez plus de détails (qui va garder l’argent, etc.), ils sont dans la théorie du Civisme et n’ont rien à faire, à mon sens, dans le Réquisitoire.

5) Votre avant dernière remarque concerne le ton de l’accusateur public et le nom des jurés. Ce point est sans doute celui que je pourrais corriger le plus facilement. Je dois cependant vous dire qu’il y a un malentendu. Il est logique que le lecteur se prenne a priori pour un des jurés qui posent les questions qu’il aurait posées, et qu’il se sente donc malmené. Mais, dans mon esprit, le lecteur est un spectateur ou doit vouloir prendre la place de l’accusateur (ce que chacun fera quand il connaîtra la théorie du Civisme). Tout est fait pour qu’il ne se reconnaisse pas dans les jurés (d’où leurs noms improbables) ou du moins pour qu’il prenne du recul par rapport aux questions qu’ils posent et dont l’accusateur admet la légitimité tout en en démontrant la bêtise, le ridicule et, en dernière analyse, l’influence de Largent. Le lecteur n’est pas impliqué dans le procès, même s’il est implicitement appelé à se prononcer lui aussi. Voilà comment je vois les choses. Je comprends cependant qu’un capitaliste se sente agressé et mis à nu par le discours de l’accusateur public, mais n’est-ce pas le but ? Et puis, au-delà de l’impression du moment, il serait peut-être bon de savoir quel regard jette sur Largent les ex-lecteurs du Réquisitoire. S’opère-t-il en eux l’effet que je recherche ou sont-ils définitivement bloqués et acquis à Largent ? C’est de la réponse à cette question que devrait dépendre les modifications que vous suggérez.

Maintenant, si vous tenez absolument à ce que je modifie des passages et que je change les noms, il faudrait que vous me signaliez les premiers et que vous m’inspiriez pour les seconds.

6) 5bis) Enfin, ma conclusion. Vous avez raison, j’entreprends en quelque sorte une nouvelle analyse, je rassemble non pas les diverses réponses faites aux jurés mais tout ce qu’il y a à savoir sur Largent pour pouvoir le condamner moralement. Il y a des choses que je ne pouvais pas dire en introduction et d’autres que je n’ai pu glisser dans les réponses aux jurés. Or ils posent les questions qui viennent naturellement à l’esprit de tout un chacun et qui sont généralement inspirées ou font suite à ce que l’accusateur vient de dire. Il est dès lors difficile d’ajouter d’autres questions ou d’insérer de nouvelles idées dans les réponses. Cela dit, en survolant la conclusion, je ne vois pas bien à quelles analyses inédites vous faites allusion. Là encore, il faudrait que vous me conseilliez. Il serait d’ailleurs peut-être bon que je rencontre enfin quelqu’un en chair et en os.

Voilà, je ne sais pas si j’ai répondu à vos attentes. Je peux faire encore des efforts sur certains points. Il faudrait voir cela ensemble. A vous de voir néanmoins si vous n’en exigez pas trop de moi, notamment parce que vous savez que le Réquisitoire n’est qu’une mise en bouche. Car, imaginez que je n’ai pas de solution concrète, comme la plupart des auteurs, dont Marx lui-même ; cela enlèverait-il pour autant à l’intérêt philosophique du Réquisitoire ? Enfin, je vous rappelle une idée qui suffirait à satisfaire plusieurs de vos remarques, celle d’une introduction ou d’une préface.

Très cordialement,

Philippe Landeux

P.-S. : Je me suis justement intéressé à Auroville il y a peu de temps. Ce n’est pas franchement un succès, c’est même un échec, et l’idée de départ n’avait du reste rien à voir avec la Cité. Comme je l’explique, la monnaie ne peut être supprimée que si elle est remplacée par un moyen d’échange reposant sur les Principes de l’ordre social et qui plus est sur une grande échelle (au moins à un niveau national) et à une époque maîtrisant l’informatique et la production de masse.

Vous revenez enfin sur la fameuse question de savoir si l’Homme doit changer « en son intériorité inconnue » avant ou en même temps que son contexte. Je vous avoue que je ne comprends pas ce que cela veut dire, ce que cela implique, ni comment cela pourrait se faire. Vous dites : l’Homme doit changer. D’accord, mais qui, quoi, comment, dans quel sens ? et quel résultat pratique cela aurait-il en théorie ? et à qui revient-il de dire ce qu’il doit changer en lui pour qu’enfin il ait le droit de s’en prendre à Largent ? Et s’il avait l’opportunité d’anéantir Largent avant que soit intervenu ce fameux changement, devrait-il la saisir selon vous ?

« il me semble que “Largent”, cette racine invisible de l’enfer monétaire” a beaucoup a voir avec l’inconscient » Voulez-vous dire par-là qu’il répond à un besoin inconscient. Je crois moi que c’est parce qu’il est là (en tant que monnaie) qu’il devient un moyen de satisfaire lesdits besoins, dont certains sont d’ailleurs suscité par Largent ou le système monétaire lui-même. C’est un peu comme les grosses voitures. Certains ont inconsciemment besoin d’une grosse voiture, mais ce n’est pas pour satisfaire leur besoin inconscient (et naturel, cad ancré depuis toujours en l’Homme) que de grosses voitures existent aujourd’hui, mais parce qu’on sait les fabriquer. Je crois aussi que ce genre d’argument est le fait de gens qui, faute de savoir comment combattre Largent, l’ont intégré et justifié. Il est d’ailleurs facile de faire passer Largent pour un besoin inconscient, puisque c’est une croyance. Cela dit, je lirais volontiers des ouvrages sur le sujet si vous m’en indiquez.

« ce qui fait la limite de votre démonstration : le refus de voir dans cette “croyance” qu’est Largent autre chose qu’une idée fausse que le milieu socio-technique aurait introduit de l’extérieur dans notre esprit “vierge” pour innocenter d’avance l’homme d’un quelconque pêché originel. » J’ai dit ça, moi ? Je dis que Largent, cette croyance, est né du troc. Je n’ai jamais parlé, sous un non ou un autre, d’un quelconque pêché originel ! Largent n’a pas de but, même s’il a des effets. [L’erreur est justement de croire que, parce qu’il a des effets, son existence à un but. Non ! Il existe bien pour une raison (l’impossibilité d’échanger autrement que par troc à un certain moment de l’évolution humaine), mais il n’a pas de but, c’est-à-dire qu’il ne répond pas à un besoin psychologique.]

22 février 2008

Cher Monsieur L.,

Excusez-moi de vous écrire avant d’avoir reçu une réponse de votre part, mais, comme vous pouvez l’imaginer, je n’ai cessé de lire et relire votre courrier et le mien, que je voudrais compléter.  

Sur la propriété privée des moyens de production, voici trois autres passages du Réquisitoire :

 « autant les Principes de l’ordre social contestent aux Citoyens la Propriété de leur production qui résulte de l’accomplissement d’un Devoir envers la Cité, autant être propriétaire de sa production est d’une nécessité absolue dans un système d’échange par troc, puisque les individus doivent posséder ce qu’ils échangent. » (p. 23) Faut-il ajouter que la propriété de ce que l’on produit va de pair avec la propriété des moyens de produire, que l’une n’a pas de sens sans l’autre, et vice versa, que la propriété privée des moyens de production n’a donc pas de sens si les Citoyens ne sont pas propriétaires de leur propre production ?

 « Précisons enfin que l’Egalité ne proscrit pas la Propriété et que, quoique tous les Citoyens aient le même Droit d’accéder aux biens présents sur le marché, ces biens deviennent les propriétés privées de ceux qui ont exercé leur Droit et les ont retirés du marché. La reconnaissance du Droit (particulier) de posséder des biens [Note : Le Droit de propriété ne porte pas sur tout et n’importe quoi. Découlant de l’exercice du Droit d’accès, qui lui-même résulte du Devoir de participer à la vie de la Cité, il ne peut porter que sur les fruits collectifs du Devoir en question, autrement dit sur des produits.] est essentielle, car c’est principalement au travers de ce Droit que les Citoyens jouissent en pratique du Droit (fondamental) de profiter des bienfaits de la Cité. » (p. 64) La note condamne la propriété des ressources naturelles (non produits) mais aussi la notion de propriété intellectuelle (immatérielle, donc impossible à posséder) à laquelle je substitue, dans ma théorie de la Propriété, le concept de paternité. Mais ce passage rappelle également que les Citoyens sont égaux dans le Droit d’accéder au marché, donc aux moyens de production destinés par nature à un usage collectif. Quel est dès lors l’intérêt, pour un Citoyen, de posséder à titre privé de tels biens que n’importe qui ou n’importe quel employé peut se procurer ? Celui qui les acquiert ne fait, pour ainsi dire, que rendre service aux autres. Il serait théoriquement possible de posséder à titre privé les moyens de production, mais cela n’aurait aucun sens. Du reste, il existera des catégories de biens auxquels les Citoyens ne pourront accéder à titre privé, mais seulement par le biais de leur entreprise qui en sera donc propriétaire.

 « Les chefs d’entreprises seraient toujours chefs, mais ils ne seraient plus seuls responsables, puisque pour la Cité l’entreprise ne serait plus incarnée par eux seuls, mais par tous les employés, eux compris. » (p. 77) En clair, l’entreprise serait l’ensemble des Citoyens. Les moyens de production appartiendraient donc à tous les employés, ou du moins à l’entreprise en tant que personne morale, mais non à une personne privée.

Comme je vous l’avais dit, on trouve tout dans le Réquisitoire. Je ne sais pas s’il est pertinent d’être toujours explicite, comme vous me le demandez, ou si, au contraire, il est bon d’être parfois subtil, quitte à être critiqué, auquel cas, celui qui prête le flanc n’est pas celui qu’on croit.

Si vous le permettez, j’aimerais vous citer quelques passages de l’art de la guerre de Sun Tzu : « Ainsi ceux qui s’entendent à provoquer un mouvement de l’ennemi y réussissent en créant une situation à laquelle celui-ci doit se plier ; ils l’attirent par l’appât d’une prise assurée et, tout en lui faisant miroiter une apparence de profit, ils l’attendent en force. » « Ceux qui sont experts dans l’art militaire font venir l’ennemi sur le champ de bataille et ne s’y laissent pas emmené par lui. Celui qui est capable de faire venir l’ennemi de son plein gré y parvient en lui offrant quelque avantage. »

C’est, je crois, la tactique que j’ai adoptée naturellement. Comme vous l’avez remarqué, mes idées sont puissantes, mais mon Réquisitoire semble présenter des faiblesses (et il en a de réelles sur la forme, mais qu’importe ?). D’autres tomberont dans ce piège. Ils péroreront. Je laisserai faire. Ils s’énerveront de plus belle. Ils mordront dans le vide à se casser les dents. Ce faisant, ils me feront la meilleure publicité. Et, quand la théorie du Civisme paraîtra, ils seront anéantis. La lutte ne sera pas terminée pour autant, mais j’aurai l’avantage et ils seront en position de défense, alors même qu’ils n’auront rien à défendre, car que pourront-ils bien défendre sans se discréditer eux-mêmes ? Le capitalisme, l’inégalité ? 

Il est donc important que l’attaque ait lieu en deux temps, d’où mon hostilité à l’idée que vous avez naguère évoquée d’un ouvrage rassemblant le Réquisitoire et la théorie du Civisme, et plus encore à celle de ne faire paraître que cette dernière.

Une dernière raison pour laquelle je n’ai pas parlé ouvertement de la propriété privée des moyens de production, à laquelle Marx ou en tout cas les communistes opposaient la propriété d’Etat, c’est que je ne voulais pas entrer dans ce débat soulever par les communistes et être confondu avec eux. Car, à force de se défendre de ressembler à quelqu’un, les autres croient que vous vous en défendez parce que précisément vous lui ressemblez. On peut aussi dire qu’à force de faire référence à quelqu’un, c’est vous qui faites de lui une référence et les autres croient que c’est secrètement votre idole.

Sur Marx :

Je vous ai déjà donné des raisons de mon silence à son sujet. J’en ai apporté une nouvelle ci-dessus. Dans la même lignée, je vous dirais que la meilleure façon d’enterrer Marx est de l’ignorer. J’ai bien entendu ce que vous avez dit, vous voulez que je fasse avec lui ce que la Carte civique fera avec la monnaie, l’anéantissement par le remplacement. Mais je ne suis pas aussi sûr que vous de la place que Marx occupe actuellement. Vous êtes les premiers à me parler de lui. Prendre l’initiative d’en parler pour désamorcer les critiques que pourraient faire quelques intellectuels au risque d’entrer dans une polémique qui n’intéressera pas la plupart des lecteurs ne me semble pas a priori judicieux, car ce ne serait peut-être pas sans effets pervers. Inversement, je vois mal qui pourrait invoquer Marx (avec tout ce que son nom évoque, à tort ou à raison) contre moi et se discréditer lui-même.

Dans votre message, vous me disiez qu’il ne s’agissait pas de le pourfendre par narcissisme ou gloriole. Mais pourra-t-on s’empêcher de m’imputer de telles arrières pensées ? Alors que, si je ne parle pas de lui, il sera quand même pourfendu et on ne pourra pas me reprocher d’avoir frappé un homme à terre.

Quand, dans ma réponse, j’ai cité mes références, j’ai oublié Rousseau. Je ne vous surprendrai pas en vous disant que le Contrat social est l’ouvrage qui m’a le plus inspiré, comme il fut la principale source d’inspiration des grands révolutionnaires français. Or, dans ce livre qui a marqué l’histoire, Rousseau expose ses conceptions sans tenir compte, sans critiquer ce que d’autres (Hobbes, par exemple) avaient dit avant lui. Il n’en est pas moins le plus connu des philosophes du XVIIIe. J’en arrive donc encore à me demander si pour supplanter Marx je dois impérativement, comme vous me le conseillez, le tuer moi-même en m’en prenant ouvertement à lui.

Je n’ai d’ailleurs pas compris si parler de lui était pour vous un conseil ou une condition. Voici, en attendant une précision, des solutions auxquelles j’ai pensé. La première, je vous l’ai déjà exposée, serait celle d’une préface dans laquelle l’auteur ferait lui-même des comparaisons, de sorte que Marx serait bien évoqué, mais pas par moi. La seconde serait que vous qui connaissez sans doute mieux Marx que moi me proposiez une question qu’un juré pourrait poser, laquelle présenterait en quelques mots clés, sans même citer Marx, ses idées centrales. Ce clin d’œil satisferait à la fois ceux qui le connaissent et ceux qui n’en ont rien à faire.

Très cordialement,

Philippe Landeux

lundi, 22 août 2011

PRINCIPES UNIVERSELS DE L'ORDRE SOCIAL / QU'EST-CE QUE LARGENT ?

Principes universels - couv recto.jpgIl est temps de remettre un peu d’ordre dans les idées, en commençant par les idées élémentaires : Qu’est-ce qu’une Société ? Qu’est-ce qu’un Citoyen ? Qu’est-ce qu’un droit ? Un devoir ? Quels sont les Principes fondamentaux de l’ordre social ? Qu’est-ce qu’une loi ?

Un législateur qui ne maîtriserait pas ces notions serait un charlatan tyrannique : non content de déblatérer en permanence, il condamnerait les autres à le suivre dans son délire et à être les instruments de leur perte. Quelque sujet de société que l’on traite, force est de reconnaître que ces notions sont aussi incontournables que les chiffres, les lettres, les notes ou les couleurs pour calculer, écrire, faire de la musique ou peindre, et que quiconque expose en la matière des conclusions qui supposent leur ignorance ou leur négation, conclusions qui sont donc fondées sur des sophismes et non sur les Principes, est un prodige de bêtise ou d’hypocrisie, dans tous les cas un fléau social.

Ce petit livre d'une cinquantaine de pages reprend les textes écrits pour et publiés sur ce blog. 

Détails :

54 pages de texte

8,50 € +  frais de port

 Principes - Bandeau pub.jpg

mardi, 12 juillet 2011

LE CIVISME : la théorie enfin dispo

Couverture civisme - couv - recto.jpgEt si l’argent n’existait pas ? Tout le monde s’est un jour fait cette réflexion, tant il est évident que l’argent est au cœur du système dans lequel nous vivons, moins pour le meilleur que pour le pire. Mais, à peine formulée, cette question en suscite mille autres qui toutes en appellent de nouvelles ou font envisager des solutions ridicules, de sorte que l’entreprise sous-entendue apparaît vite complexe, dangereuse, surhumaine et au final impossible. Il semble alors vain d’insister et préférable de se détourner de telles idées. L’orgueil commande même d’en détourner les autres. C’est pourtant dans cette voie que Philippe Landeux a persévéré jusqu’à accoucher d’une théorie cohérente, très éloignée des idées naïves sur l’“abolition de l’argent” : le Civisme.

Dans son premier ouvrage, Réquisitoire contre Largent ou théorie de l’Egalité, il a levé la plus grande difficulté pour aller de l’avant, difficulté qui, aussi étrange que cela paraisse, réside dans l’ignorance de la véritable nature de Largent et de ses conséquences sociales intrinsèques. Il le distingue d’ailleurs de la monnaie qui n’en est, pour ainsi dire, que la partie visible. Bref, il explique pourquoi et au nom de quoi Largent doit être dénoncé et condamné.

Dans Le Civisme ou théorie de la Cité, il explique en détail comment l’anéantir et fonder enfin une Société digne de ce nom. Il ne propose pas une utopie. Il lance une révolution.

Détails :

302 pages

18,16 € + frais de port

Civisme - Bandeau pub.jpg

Article de Jacques Philarcheïn publié sur Riposte Laïque, 10 oct. 2011

Cet article mémorable car le premier sur le sujet contient néanmoins des incorrections et des imprécisions que je signale ICI.

La philosophie de Philippe Landeux face à la détresse occidentale : « Largent » et la « Triplice »

Il n’est jamais inutile de faire dialoguer des gens qui aiment philosopher. J’ai quelque prétention en la matière, et notre ami Philippe Landeux aussi. Évidemment, ni Philippe ni moi-même ne sommes de ces intellos médiatiques qui ressassent à longueur de journées que tout va pour le mieux dans le meilleur des bobolands possible…

Philippe a commis récemment trois délicieux ouvrages, dont le plus fourni, intitulé Le civisme ou théorie de la Cité (société sans argent), m’a pas mal réveillé de mon sommeil monétariste. Assez porté à l’analyse systémique du mondialisme (la Triplice de l’horreur), je l’étais en revanche beaucoup moins à imaginer la possibilité d’un nouveau système. Mon analyse restait factuelle, elle n’était pas prospective. Tout au plus, dans une sorte de parti-pris marxo-keynésien, j’appelais de mes vœux un capitalisme régulé par un État-stratège (ce qui, soit dit en passant, sera sans doute une phase indispensable dans le processus de réveil de l’Occident). Mais avec Philippe Landeux, nous avons un vrai penseur révolutionnaire, doublé d’un philosophe constitutionnaliste, une sorte de Jean-Jacques Rousseau du XXI° siècle, un penseur du contrat social, mais avec, en plus, cette proposition d’un anéantissement du panmonétarisme (que Philippe appelle « Largent » : la croyance universelle selon laquelle il est impossible d’échanger sans monnaie. Philippe Landeux, c’est le meilleur du vrai Rousseau (je ne parle pas de l’affreuse vulgate rousseauiste livrée par les pédagogistes des prétendues sciences de l’éducation), qu’il cite souvent, qu’il admire souvent aussi, qu’il dépasse et critique fréquemment malgré tout. Je le dis sans flagornerie, les essais de Philippe Landeux sont ce que j’ai lu de meilleur dans la littérature révolutionnaire d’aujourd’hui, une sorte de tour de force, plus marxien que les marxistes, plus libéral que les libéraux, plus égalitaire que les égalitaristes, plus Lumières que le siècle des Lumières, le tout unifié dans une sorte de patriotisme intransigeant, réhabilitant définitivement la notion de frontière et de nation, et condamnant sans réserve l’immigration de masse comme phénomène contre-révolutionnaire (voir aussi : L'immigration auto-alimentée).

La philosophie républicaine et civique de Philippe Landeux est donc un panpatriotisme ou patriotisme universaliste, libéral et égalitaire, ce qui n’est pas sans paradoxes. C’est du libéralisme sans capitalisme.

Un peu comme Emmanuel Kant, autre grand successeur de Rousseau, Philippe Landeux se réclame d’un idéal d’humanité unifiée dans la paix universelle, mais il avertit, comme Kant, que la paix universelle ne saurait de toute manière passer par des instances supra-nationales despotiques formant un État-global : en clair, l’absence de patriotisme, le pacifisme bêlant, l’antimilitarisme primaire, l’abolition des frontières sous une « gouvernance » mondiale mafieuse, l’immigrationnisme et la xénophilie décomplexée, tout cela ruine jusqu’à l’idée même d’une paix universelle du genre humain.

Par ailleurs, Philippe reconnait la liberté d’entreprendre et les mérites des vrais créateurs d’entreprises. Son système est donc libéral. Mais il est aussi égalitaire, en ce sens que l’abolition de la monnaie, l’anéantissement de l’idéologie panmonétariste (Largent) permet une société où les hiérarchies d’argent n’existent plus, une sorte de vaste classe moyenne, soucieuse de préserver l’intérêt collectif plutôt que de se regarder le nombril, tant la révolution matérielle entraîne aussi celle des mentalités, et la rupture, notamment, avec l’individualisme libéral-capitaliste. Ce qui n’empêche pourtant pas cette Cité, à la fois idéale et réalisable je le maintiens, de se lancer dans l’import-export avec les autres pays, monétaires ceux-là, en stockant des devises étrangères dans des banques nationales, ces devises étrangères n’autorisant, par définition, que le commerce avec l’étranger.

Philippe Landeux affuble d’un nom étrange, une sorte de prénom loufoque tiré d’un nom commun, Largent, ce que j’appellerais volontiers, en ce qui me concerne, le panmonétarisme, en d’autres terme la croyance dans le caractère indispensable de la monnaie pour échanger. Largent, c’est ce fameux personnage mis en accusation dans Le réquisitoire contre Largent : en réalité une idéologie aussi universelle que fausse, selon laquelle on ne peut se passer de monnaie pour réaliser des achats et des ventes. « Largent, c’est la croyance que la notion de valeur (marchande) est nécessaire pour échanger », ce principe revient systématiquement dans l’œuvre de Philippe. On pourrait dire que Largent, c’est une idéologie et même une « idéopraxie » globale, la plus mondialisée de toutes les croyances, et de toutes les pratiques. Ne croyez pas pour autant que Philippe propose de revenir au troc, car le troc c’est déjà Largent à l’état infantile. Si j’échange deux pirogues contre une hutte, que je viens de construire pour un client, ces deux pirogues deviennent bien une « monnaie », dont je me sers alors pour acheter un âne ou plusieurs paniers de légumes. Ni le troc ni la monnaie ne sont de bons systèmes, ils renvoient tous deux à Largent, sous une forme rudimentaire et locale (dans le troc) ou au contraire mondiale et systémique (dans le libéral-capitalisme).

Or, dans l’utopie opératoire de Philippe, ce qui fonde l’échange, c’est la participation vertueuse à la vie de la Cité, de la République. On reconnaîtra ici des accents gaulliens autant que rousseauistes. Faire son métier, accomplir ses devoirs civils et militaires, ou parfois simplement familiaux, tout cela donnerait droit à une Carte Civique fonctionnant comme une carte de crédit (mais faisant plutôt penser à une de nos actuelles Cartes Vitale) : le Citoyen accède au marché à volonté pour satisfaire ses besoins, ses envies, ses caprices même, tant que cela est possible, dans une sorte de gratuité absolue. Des achats et des ventes sont toujours réalisés, mais le pouvoir d’achat est en théorie illimité, ou plutôt indéfini. Chez Philippe Landeux, ce n’est plus la monnaie, l’argent, qui salarie, de manière inégalitaire, des individus, dont certains ne méritent d’ailleurs aucunement leurs revenus , alors que d’autres sont effroyablement mal payés pour l’énormité de leur contribution (injustice sociale). C’est au contraire l’accomplissement du Devoir qui permet aux vrais Citoyens l’accès indéfini au marché. La Loi peut toutefois limiter certains achats, par exemple si les capacités de la Cité sont rationnées, et les prévaricateurs (fainéants et criminels) sont punis voire simplement bannis, dépouillés de la Citoyenneté. La Cité autorise par ailleurs un accès spécial aux biens et aux services, moins lié à l’exercice du Devoir, pour ceux qui sont victimes du sort ou du temps : les infirmes, les malades, les vieux (dans leur cas, ce n’est pas par leurs devoirs qu’ils ont des droits, puisqu’ils sont hors d’état de les remplir, mais parce que leurs Concitoyens ont un devoir de solidarité envers eux). Quelques étrangers peuvent être admis comme Citoyens, voire comme Citoyens Nationaux, encore faut-ils qu’ils soient des plus scrupuleux, comme tout un chacun, dans l’accomplissement de leurs devoirs, professionnels et autres. On appelle Citoyens Nationaux, ceux qui, natifs ou même naturalisés, remplissent les Devoirs politiques et jouissent du droit de cité. Ils constituent une sorte d’élite du Devoir, travaillant exclusivement au bien de la Cité. Ils n’ont pas cependant de privilèges particuliers puisqu’ils ne touchent, à l’instar des autres citoyens, aucun salaire au sens monétaire du terme. Les révolutionnaires qui adhèrent à ces idées sont appelés « Patriciens ».

La doctrine de Philippe Landeux est une philosophie du devoir patriotique au sens strict comme au sens large. Le service rendu à la Patrie est économique (Citoyens) mais aussi politique (Citoyens Nationaux). Bien évidemment, à cela s’ajoute le service militaire et la légitime défense (1). Personne n’est payé, mais tout est « gratuit » (du moins d’un point de vue monétaire, car la notion même de « gratuité », prise absolument, est un non-sens dans la Cité, où chacun est tenu à l’accomplissement du Devoir). Un Citoyen a des droits, dont celui d’accéder au marché, parce qu’il est Citoyen (avec tous les Devoirs que cela suppose dans la Cité). C’est le Civisme, la Citoyenneté effectivement réalisée dans et par le Devoir accompli, qui ouvre les droits du Citoyen. L’honnête Citoyen, homme du Devoir, a Droit à tous les biens et les services. En revanche, sans Largent, il ne peut spéculer sur rien. Les parasites et les fauteurs de troubles, quant à eux, sont toujours punis. Cela étant, il y a peu de fauteurs de troubles, en raison de la disparition de Largent, et la Cité fonctionne de telle façon que la plupart du temps ils se punissent eux-mêmes en suspendant leur droit d’accès au marché. Loin de les enfermer, la Cité leur inflige des sanctions légères ou les bannit. La prison existe, mais elle n’est que pour les cas extrêmes. Par ailleurs, les Patriciens, ou Citoyens Nationaux (compris comme des citoyens-patriotes, et non comme des aristocrates arrogants) sont appelés à siéger dans des commissions, comme le sont des jurés, pour délibérer des affaires de la Cité, fondant une sorte de République des commissaires, pour reprendre l’expression (peut-être un peu « soviétique ») de Maxime Poupeney (2).

Inutile de préciser que le détail de la doctrine est infiniment plus complexe que mon humble résumé ; pour en connaître, je ne peux que recommander la lecture, au moins, de la Théorie de la Cité, qui me semble le meilleur de ce qu’a écrit Philippe (cet ouvrage dispenserait presque, tant il est clair et précis, de lire les deux autres ; à noter malgré tout que pour vouloir instaurer la Cité de toutes ses forces, il faut condamner Largent de manière implacable. Or, contre Largent, les arguments sont dans le Réquisitoire).

Comme je le disais au début de cet écrit, il n’y a rien de mal à faire dialoguer des pensées. Largent vient de me suggérer deux autres personnages, Lislam et Lagôche, mettons, qui n’existent aucunement dans les livres de Philippe Landeux. Cela m’intéresse toutefois de rattacher un peu les idées de Philippe à mes supputations personnelles sur la Triplice de l’horreur.

Si l’on admet que nos nations sont en voie d’effondrement sous l’effet conjugué du Fric, de la Nébuleuse Rouge et du Croissant (la fameuse Triplice capital-islam-gauchisme, ou « capitalislamogauchisme »), il est certain que Philippe Landeux est un des rares penseurs, peut-être le seul actuellement, qui soit allé aussi loin dans cette idée de tordre le coup à l’un des piliers de la Triplice : le capitalisme, système qui ne vit que sous Largent et par Largent.

En ce qui me concerne, avec mon capitalisme régulé et mon État-stratège, je fais pâle figure à côté de Philippe. Je maintiens toutefois que le retour à une sorte d’économie néo-colbertiste constituera un moment incontournable ; une économie mixte, où tout n’est pas privatisé, fondée sur une monnaie nationale et une sortie de l’UE, restaurant un Droit du Travail digne de ce nom, n’hésitant pas à utiliser une fiscalité plus juste et redistributive (pour les vrais pauvres en tout cas). Ce serait en quelque sorte la dévolution, le retour salutaire aux fondamentaux du Conseil National de la Résistance, fût-il provisoire, qui pourrait précéder la véritable révolution à laquelle appelle Philippe, très audacieux, mais toujours avec de bons arguments. Ou alors la révolution interviendrait directement, car le chaos prédispose fortement au basculement révolutionnaire (il n’est pas sûr que la Révolution puisse sortir du calme retrouvé ; Philippe penche plutôt pour l’hypothèse d’une révolution directe, sans moment dévolutionnaire).

Sur ce dossier, je suis sans a priori et j’estime qu’il n’y a pas de sujet tabou. L’audace de Philippe Landeux n’est pas à mes yeux un banal aventurisme. Il existe dans sa pensée de grandes richesses qui pourraient augmenter encore si le philosophe initiait un dialogue avec les sciences économiques (je parle bien entendu d’économistes sincèrement attachés au bien commun, et je les sais rares). Sans avoir les compétences suffisantes pour juger définitivement de la validité opératoire des concepts mobilisés par Philippe, je subodore qu’il a, in fine, raison ; qu’il a touché à l’essence même du dépassement du capitalisme (3). Quelle différence d’ailleurs avec les anticapitalistes (gauchistes) adoubés par le Système, dont l’anticapitalisme d’opérette se réduit à des vagissements xénophiles sur fond d’inversion des valeurs ! Bref : j’invite Philippe et les économistes dissidents à dialoguer sans relâche. Une conférence au sommet serait souhaitable ; je l’appelle de mes vœux, et je suis même prêt à donner un coup de main. Ce serait un beau moment dans l’éviction de la Triplice.

Pour en revenir à mon titre… Lorsque Largent, Lislam et Lagôche sont sur un bateau, un bateau appelé France par exemple, que croyez-vous qu’il arrive ? Le bateau coule, pardi ! Si on réussissait à éliminer le Fric, les deux autres larrons, la Nébuleuse Rouge et le Croissant finiraient par se décomposer : ces deux-là ne vivent de toute manière que par les subventions du Fric, qui se présente parfois comme un adversaire, et qui est en réalité leur plus fidèle allié en sous-main. Tordre le coup au Fric, à Largent, on conviendra que l’idée n’est pas sans intérêt… Non seulement en matière sociale, mais aussi et surtout en matière géopolitique.

Jacques Philarcheïn

(1) Il est notable que le patriotisme défendu par Philippe Landeux ne s’entend pas seulement au sens militaire et géostratégique. Le principe inconditionnel de légitime défense contre les criminels est un des points les plus forts de son ouvrage, et la magistrature actuelle ferait bien de s’en inspirer, qui envoie des victimes en prison à tout de bras, tout en relâchant les pires tortionnaires sans parfois même les condamner. Mais je sais qu’elle ne s’en inspirera pas… Nous, en revanche, nous nous en inspirons. Lire la note 85 du Civisme ou théorie de la Cité, page 107 du traité, « Contre le principe de défense proportionnelle », sans doute le plus beau texte jamais écrit à ce jour sur la légitime défense.

(2) Maxime Poupeney, La République des commissaires, paru en janvier 2011, disponible aux élections Jets d’encre. J’ignore si Maxime Poupeney et Philippe se connaissent, mais il existe quelques ressemblances stimulantes entre les deux analyses, que j’ai lues avec attention.

(3) Il s’agit plus exactement de dépasser le libéral-capitalisme mondialisé, fondé sur la monnaie.Le système de Philippe n’empêche aucunement le commerce, les achats et les ventes, ni la création et la gestion d’entreprises, toutes choses que Philippe encourage et intègre dans sa philosophie du Devoir social. Par ailleurs, les banques nationales détenant, dans son système, des devises étrangères ont bel et bien un capital monétaire, et les stocks des entreprises, sans compter les bâtiments et les machines, constituent bel et bien un capital non monétaire. En clair, le système de Philippe Landeux n’empêche nullement le commerce, les échanges, pas même internationaux, ni la constitution de fonds considérables, consacrant la richesse et la puissance de la Cité.