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jeudi, 12 septembre 2019

LES BASES DU CIVISME EN VIDÉO

1.jpgVidéo 1 – Qu’est-ce que la démocratie ?
Vidéo 2 – Qu’est-ce que Largent ?
Vidéo 3 – Qu’est-ce que la monnaie ?
Vidéo 4 – Anachronisme du système monétaire
Vidéo 5 – Qu’est-ce que l’Égalité ?
Vidéo 6 – Le Contrat social de la Cité
Vidéo 7 – Le moyen d’échange de la Cité : la Carte civique
Vidéo 8 – Retraite & chômage dans la Cité
Vidéo 9 – Les entreprises dans la Cité
Vidéo 10 – La Cité & les échanges internationaux
Vidéo 11 – Distinction entre Citoyenneté & Nationalité
Vidéo 12 – Le système politique de la Cité

Vidéos complémentaires :

Évolution révolutionnaire - Les origines du futur

Manifeste des Patriciens

Méta TV (20 mai 2014) - Un monde sans argent

Tous mes livres (version papier)

Tout sur le Civisme (PDF gratuits)

 Révolution - Pourquoi-Comment 3 - bonne version.jpg

21:32 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 21 décembre 2018

COMPRENDRE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (vidéo)

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Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image ou ICI

LES GRANDES LIGNES DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

Les événements de 1789 furent amenés, comme aujourd’hui, par une question de dette, donc d’argent. Depuis longtemps, l’État était endetté. Les différents ministres sous Louis XV et Louis XVI en étaient tous arrivés à la même conclusion que la Noblesse et le Clergé devaient mettre la main à la poche. Le refus systématique de ces derniers contraignit Louis XVI à convoquer les États généraux, c’est-à-dire une Assemblée constituée d’élus des trois ordres qu’étaient la Noblesse, le Clergé et le Tiers état (5 mai 1789).

Sous la pression des députés du Tiers état, du peuple en théorie, de la bourgeoisie en fait, les États généraux se déclarèrent assemblée nationale constituante (juin 1789) ; elle se donnait la mission d’écrire une constitution. Le roi qui désirait qu’ils se bornent à décréter de nouveaux impôts, ne l’entendit pas de cette oreille et tenta le coup de force, qui fut déjoué par les journées populaires de juillet 1789. [Oubli : Les Gardes-françaises qui avaient déjà refusé de tirer sur le peuple s’étaient ralliées à lui.] Le peuple, les Sans-culottes, les Sans-dents, avaient servi de bélier à la bourgeoisie, non pour la mettre au pouvoir, puisqu’elle y était déjà ou presque, mais pour assurer son pouvoir. L’Assemblée constituante, composée de nobles et de bourgeois, ne tarda pas à révéler son vrai visage et à bâtir un système aristo-bourgeois, ultra-libéral (comme on dirait aujourd’hui), tout en faveur des riches, un système qui s’accommodait parfaitement de la monarchie tant que le roi restait une potiche. Les Sans-Culottes, les Jacobins, les révolutionnaires, virent clair dans leur jeu dès le début et dénoncèrent cette politique. Eux-mêmes n’étaient pas fondamentalement hostiles à la monarchie pourvu que les droits du peuple soient respectés.

Mais le roi ne soupirait qu’après la restauration de sa puissance et ne vit bientôt de salut que dans le recours à des troupes mercenaires. Il s’enfuit (21 juin 1791) mais fut arrêté à Varennes et ramené à Paris. L’Assemblée le remit sur le trône et fit massacrer les Parisiens qui protestaient au Champ de Mars (17 juillet 1791).

Peu après, la constitution achevée, une nouvelle Assemblée nationale, législative, élue au suffrage censitaire, se réunit (1er octobre 1791). Des députés tout neufs. Que des bourgeois, adeptes du libre marché. Au peuple qui réclamait du pain, ils ne savaient qu’envoyer des baïonnettes. Et les caisses étaient toujours vides, malgré la confiscation des biens du Clergé. Les leaders de l’Assemblée, les Girondins, virent dans la guerre étrangère un moyen de les remplir (à condition d’être victorieux) et de détourner la colère populaire. Le roi, qui espérait tant que les monarchies européennes interviennent en sa faveur, y vit le moyen de leur forcer la main ; il était bien placé pour savoir que la France n’était pas en état de faire la guerre et il comptait sur la défaite. Ainsi, le roi, hostile à l’Assemblée, et l’Assemblée, qui n’était pas hostile au roi, voulaient la guerre, mais pour des raisons différentes. [Oubli : Le 20 avril 1792, la France déclarait la guerre à l’Empereur d’Autriche.] Comme prévu, la campagne du printemps 1792 fut un désastre. Les Austro-prussiens allaient bientôt pouvoir marcher sur Paris. La France avait à sa tête un roi qui avait toujours fait cavalier seul et voulait perdre la guerre, et une Assemblée qui n’avait rien fait pour le peuple, sans lequel il était impossible de gagner la guerre dans laquelle elle avait plongé le pays, et qui défendait encore la monarchie.

C’est dans ce contexte de patrie en danger que les révolutionnaires appelèrent au sursaut national et que Fédérés des départements et Sans-culottes parisiens prirent les Tuileries (10 août 1792), contraignirent l’Assemblée à destituer le roi et à se dissoudre elle-même en convoquant une nouvelle assemblée constituante : la Convention. Le succès de cette journée avait été assuré par une commune insurrectionnelle, composée de délégués de chacune des 48 sections de Paris, mise en place manu militari dans la nuit, et qui assura le pouvoir révolutionnaire dans l’intervalle. [Oubli : 21 septembre, abolition de la Monarchie. 22 septembre, proclamation de la République.]

La Convention se réunit un mois plus tard, toujours dominée par les Girondins, toujours ultra-libéraux et plus que jamais hostiles aux Parisiens et aux révolutionnaires. Ils multiplièrent les mesures dilatoires pour sauver le roi et inondèrent les départements de propagande pour les dresser contre Paris. Ils ne purent sauver le roi, mais ils provoquèrent bien la guerre civile, après avoir allumé la guerre étrangère. C’en était trop ! Le 2 juin 1793, 80.000 gardes nationaux et Sans-culottes cernèrent la Convention qu’ils contraignirent à expulser de son sein 31 Girondins.

Dès lors, dominée par ceux que l’on appelle les Montagnards, c’est-à-dire grosso modo les Jacobins, la Convention prit des mesures énergiques en faveur du peuple, donc contre les bourgeois, et pour gagner les guerres extérieure et intérieure. Au prix de beaucoup de souffrances et de drames, mais aussi d’enthousiasme et d’héroïsme, elle parvint à retourner une situation tragique, a priori désespérée.

Quand enfin il devint possible de revenir à une situation normale, après la victoire de Fleurus (26 juin 1794), nombre de députés tombèrent le masque populaire et redevinrent les bourgeois qu’ils n’avaient jamais cessé d’être. Robespierre, figure de proue de la Révolution et du Comité de salut public, fut décrété d’arrestation et exécuté (27-28 juillet 1794 - 9-10 thermidor an II), non parce qu’il était un tyran, ce qui n’était qu’un prétexte, mais parce qu’il défendait le peuple. L’ultra-libéralisme et le règne de Largent furent rétablis.

Action, réaction : un an plus tard, les Parisiens, littéralement affamés, se soulevèrent à deux reprises (1er germinal, 1er prairial an III) et investirent la Convention au cri de « du pain et la constitution de 1793 ». Mais sans chefs, sans plan, sans organisation, ils furent refoulés, écrasés et désarmés. Rideau.

ANALYSE

Qu’est-ce que la Révolution française ?

La profusion d’événements, souvent trompeurs, parfois tragiques, qui jalonnent la période que l’on appelle « la Révolution française de 1789 », permet de voir dans cette histoire tout et son contraire et d’en saisir d’autant moins le fond qu’elle est vue à travers le prisme des anachronismes, des fantasmes, des passions, des préjugés, du pathos, des intérêts inavoués ou mal compris, des accusations grossières, des interprétations absurdes, des récupérations honteuses, etc.

La trame de la Révolution est pourtant fort simple. Il s’agissait, ni plus ni moins, que du combat éternel des pauvres contre les riches, des exploités contre les exploiteurs, des tenants de la souveraineté du Peuple contre toute forme de tyrannie, de la démocratie contre l’oligarchie ploutocratique, de l’Égalité contre Largent en dernière analyse. Mais le système monétaire est, par définition, le royaume de Largent. Il est naturel que Largent règne. Que son règne soit contrarié ou contesté, le naturel revient toujours au galop. C’est exactement ce dont la Révolution a été le théâtre.

En 1789, les riches, qui pressaient depuis longtemps, pensent avoir gagné. Mais une opposition populaire, égalitaire, démocratique, patriotique, prend corps et se renforce jusqu’à être un moment la plus forte, en 1793. Les riches, les bourgeois sont alors dans leurs petits souliers. Mais les limites conceptuelles des révolutionnaires, liées aux impossibilités de leur temps, et les contradictions internes à leur mouvement, qui en résultaient, devaient les conduire à l’échec et provoquer fatalement le retour en force des riches, qui eut lieu en 1794 et marqua la fin de la Révolution, c’est-à-dire de la montée en puissance des aspirations populaires et du mouvement révolutionnaire. C’est l’échec des révolutionnaires, concrétisé par l’exécution de Robespierre, qui marque la fin de la Révolution et l’avènement du règne incontesté de Largent jusqu’à nos jours.

Hors de cette lecture, la Révolution française est incompréhensible et n’a même ni début ni fin. Si elle n’est pas caractérisée, comme je le dis, par la montée en puissance du mouvement populaire, démocratique, égalitaire et patriotique, jusqu’à son écrasement, alors quoi ? Elle serait un événement bourgeois ? Mais si la Révolution avait été « bourgeoise », on ne la distinguerait pas de la période qui suit, et à peine de celle qui précède. Sans la Révolution, la bourgeoisie serait arrivée au pouvoir (avec ou sans roi) ; elle y était dès 1789 et elle l’a retrouvé en 1794. Entre ces deux dates, il s’est passé quelque chose ; quelque chose qui a rompu le cours de l’Histoire, à un moment où la bourgeoisie avait le vent en poupe ; quelque chose qui, n’étant pas ordinaire, mérite que cette période précise soit appelée « Révolution ». Les révolutionnaires, ce n’était pas les bourgeois… C’était précisément ceux qui contestaient leur hégémonie. Dans cette histoire, les bourgeois, ceux qui prônaient le libre marché (c’est-à-dire la liberté de spéculer sur la misère publique), ceux qui sacralisaient la Propriété (c’est-à-dire le fruit de leurs magouilles), ceux qui voulaient tout juger à l’aune de l’argent (parce que c’est eux qui l’avaient), ces bourgeois, dis-je, étaient des contre-révolutionnaires. Ils existaient à l’époque de la Révolution, ils en étaient les contemporains, mais ils incarnaient tout le contraire.

En fait, il y avait deux contre-révolutions. La contre-révolution aristocratique, celle des nobles qui défendaient la monarchie parce que leurs privilèges en dépendaient, qui détestaient autant les bourgeois arrivistes que le peuple revendicatif ; et la contre-révolution bourgeoise, celle des riches qui avaient pris la place des nobles et méprisaient le peuple autant sinon plus que ces derniers. Mais les bourgeois étaient dans le sens de l’Histoire. Ils ne devinrent des contre-révolutionnaires que parce qu’ils eurent en face d’eux des révolutionnaires, des vrais, issus eux aussi de la bourgeoisie, mais qui voulaient sincèrement le bien du peuple, défendaient ses droits et étaient soutenus par lui. Au vrai, la contre-révolution aristocratique fut inexistante, sinon anecdotique ; les nobles émigrèrent d’eux-mêmes dès 1789. La Révolution mit essentiellement aux prises le peuple, donc, et les bourgeois. Dans un premier temps, les révolutionnaires s’opposèrent, en vain, à la destruction, par les bourgeois, de tout ce que l’ancien régime avait de protecteur pour le peuple ; dans un second temps, une fois au pouvoir, ils restaurèrent tant bien que mal ce qu’ils purent, tout en devant gérer le chaos dans lequel les bourgeois avaient plongé la France. Au final, les bourgeois tirèrent les marrons du feu. Ils annulèrent tout ce qu’avaient fait les révolutionnaires et jetèrent les bases du système qui est encore le notre aujourd’hui. Nous ne vivons pas sur l’héritage des révolutionnaires mais sur celui des contre-révolutionnaires bourgeois. La République a bien été proclamée, par nécessité, sous l’impulsion des révolutionnaires, en 1792 ; mais la République façonnée ensuite par les bourgeois n’a rien à voir. « République » n’est qu’un mot. Il faut regarder ce qu’il y a derrière et qui l’a mis.

Certains ne retiennent de la Révolution que les événements sanglants dont il est possible de rendre, à tort ou à raison, les révolutionnaires responsables. Bien sûr, quand c’est le leur qui coulait, c’était pour la bonne cause, cela ne compte pas ! Le sang du peuple qui défend ses droits ne vaut rien. C’est assez dire de quel côté penchent les gens qui jugent la Révolution selon de telles considérations. Quoique qu’il faille distinguer les faiseurs d’opinion de leurs dupes. Personne ne s’avance en se disant « ennemi du peuple » ! C’est toujours sous prétexte de défendre le peuple que l’on calomnie ses véritables amis, que l’on tourne contre eux ceux qui devraient les soutenir, et que l’on détourne ainsi les regards de ses buts inavouables. La méthode n’a pas changé. Regardez comment fonctionnent aujourd’hui les ennemis du peuple et imaginez la boue qui a été déversée sur les révolutionnaires depuis 200 ans. Il n’est donc pas étonnant que certains aient embrassé en théorie la cause de ceux qu’ils auraient combattu en réalité, comme ils le font aujourd’hui, confrontés aux mêmes problèmes.

Le véritable drame des révolutionnaires, c’est d’avoir échoué. Vae victis ! (Malheur aux vaincus.) Mais leur combat est toujours d’actualité, à quelques mises à jour près : pauvres contre riches, peuple contre « élites », démocrates contre ploutocrates, patriotes contre mondialistes, résistants contre collabos, et toujours, en dernière analyse, Égalité contre Largent. Notre drame, à nous, serait de ne pas comprendre les raisons fondamentales de l’échec des révolutionnaires (ce que des visions délirantes de la Révolution ne permettent pas de comprendre). Ils se battaient pour l’Égalité et la Patrie, contre Largent, mais ne se sont pas attaqués à lui en personne, pour ainsi dire ; ils s’opposaient à son absolutisme mais ne contestaient pas son existence même. Ils ne l’ont pas fait parce qu’ils ne pouvaient pas le faire en leur temps. Aujourd’hui, nous en avons les moyens. Toute la question est : Saurons-nous être des révolutionnaires à la mode du XXIe siècle ? Saurons-nous réinventer la Révolution… et triompher, cette fois ?

 

Vive la Révolution !
Vive la France !

Philippe Landeux

21 décembre 2018

mercredi, 19 décembre 2018

LES GILETS JAUNES & LES RÉVOLUTIONS d’hier et de demain (vidéo)

Les Gilets jaunes sont un mouvement inédit dans l’Histoire de France. Jamais on avait vu le peuple se lever non seulement sans chefs, mais encore sans vouloir s’en donner. Il n’y a pas de chefs ; il n’y a personne derrière ou au-dessus, pas de structure, pas de groupe organisés, encore moins d’État étranger, même si les médias cherchent à les discréditer en prétendant le contraire. C’est inédit. Dès lors, l’Histoire peut-elle nous apprendre quelque chose ? J’aimerais survoler avec vous deux épisodes de l’Histoire de France, la Révolution et la Commune de 1871, pour voir quelles leçons on peut éventuellement en tirer.

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Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image ou ICI

Le premier, c’est évidemment 1789. Les Gilets jaunes sont sociologiquement les Sans-culottes de l’époque. Les événements de 1789 furent amenés, comme aujourd’hui, par une question de dette, donc d’argent. Depuis longtemps, l’État était endetté. Les différents ministres sous Louis XV et Louis XVI en étaient tous arrivés à la même conclusion que la Noblesse et le Clergé devaient mettre la main à la poche. Le refus systématique de ces derniers contraignit Louis XVI à convoquer les États généraux, c’est-à-dire une Assemblée constituée d’élus des trois ordres qu’étaient la Noblesse, le Clergé et le Tiers état. Sous la pression des députés du Tiers état, du peuple en théorie, de la bourgeoisie en fait, les États généraux se déclarèrent assemblée nationale constituante (juin 1789) ; elle se donnait la mission d’écrire une constitution. Le roi qui désirait qu’ils se bornent à décréter de nouveaux impôts, ne l’entendit pas de cette oreille et tenta le coup de force, qui fut déjoué par les journées populaires de juillet 1789. [Oubli : Les Gardes-françaises qui avaient déjà refusé de tirer sur le peuple s’étaient ralliées à lui.] Le peuple, les Sans-culottes, les Sans-dents, avaient servi de bélier à la bourgeoisie, non pour la mettre au pouvoir, puisqu’elle y était déjà ou presque, mais pour assurer son pouvoir. L’Assemblée constituante, composée de nobles et de bourgeois, ne tarda pas à révéler son vrai visage et à bâtir un système aristo-bourgeois, ultra-libéral (comme on dirait aujourd’hui), tout en faveur des riches, un système qui s’accommodait parfaitement de la monarchie tant que le roi restait une potiche. Les Sans-Culottes, les Jacobins, les révolutionnaires, virent clair dans leur jeu dès le début et dénoncèrent cette politique. Eux-mêmes n’étaient pas fondamentalement hostiles à la monarchie pourvu que les droits du peuple soient respectés. Mais le roi ne soupirait qu’après la restauration de sa puissance et ne vit bientôt de salut que dans le recours à des troupes mercenaires. Il s’enfuit mais fut arrêté à Varennes et ramené à Paris. L’Assemblée le remit sur le trône et fit massacrer les Parisiens qui protestaient au Champ de Mars. Peu après, la constitution achevée, une nouvelle Assemblée nationale, législative, élue au suffrage censitaire, se réunit. Des députés tout neufs. Que des bourgeois, adeptes du libre marché. Au peuple qui réclamait du pain, ils ne savaient qu’envoyer des baïonnettes. Et les caisses étaient toujours vides, malgré la confiscation des biens du Clergé. Les leaders de l’Assemblée, les Girondins, virent dans la guerre étrangère un moyen de les remplir (à condition d’être victorieux) et de détourner la colère populaire. Le roi, qui espérait tant que les monarchies européennes interviennent en sa faveur, y vit le moyen de leur forcer la main ; il était bien placé pour savoir que la France n’était pas en état de faire la guerre et il comptait sur la défaite. Ainsi, le roi, hostile à l’Assemblée, et l’Assemblée, qui n’était pas hostile au roi, voulaient la guerre, mais pour des raisons différentes. [Oubli : Le 20 avril 1792, la France déclarait la guerre à l’Empereur d’Autriche.] Comme prévu, la campagne du printemps 1792 fut un désastre. Les Austro-prussiens allaient bientôt pouvoir marcher sur Paris. La France avait à sa tête un roi qui avait toujours fait cavalier seul et voulait perdre la guerre, et une Assemblée qui n’avait rien fait pour le peuple, sans lequel il était impossible de gagner la guerre dans laquelle elle avait plongé le pays, et qui défendait encore la monarchie. C’est dans ce contexte de patrie en danger que les révolutionnaires appelèrent au sursaut national et que Fédérés des départements et Sans-culottes parisiens prirent les Tuileries (10 août 1792), contraignirent l’Assemblée à destituer le roi et à se dissoudre elle-même en convoquant une nouvelle assemblée constituante : la Convention. Le succès de cette journée avait été assuré par une commune insurrectionnelle, composée de délégués de chacune des 48 sections de Paris, mise en place manu militari dans la nuit, et qui assura le pouvoir révolutionnaire dans l’intervalle. [Oubli : 21 septembre, abolition de la Monarchie. 22 septembre, proclamation de la République.] La Convention se réunit un mois plus tard, toujours dominée par les Girondins, toujours ultra-libéraux et plus que jamais hostiles aux Parisiens et aux révolutionnaires. Ils multiplièrent les mesures dilatoires pour sauver le roi et inondèrent les départements de propagande pour les dresser contre Paris. Ils ne purent sauver le roi, mais ils provoquèrent bien la guerre civile, après avoir allumé la guerre étrangère. C’en était trop ! Le 2 juin 1793, 80.000 gardes nationaux et Sans-culottes cernèrent la Convention qu’ils contraignirent à expulser de son sein 31 Girondins. Dès lors, dominée par ceux que l’on appelle les Montagnards, c’est-à-dire grosso modo les Jacobins, la Convention prit des mesures énergiques en faveur du peuple, donc contre les bourgeois, et pour gagner les guerres extérieure et intérieure. Au prix de beaucoup de souffrances et de drames, mais aussi d’enthousiasme et d’héroïsme, elle parvint à retourner une situation tragique, a priori désespérée. Quand enfin il devint possible de revenir à une situation normale, après la victoire de Fleurus (26 juin 1794), nombre de députés tombèrent le masque populaire et redevinrent les bourgeois qu’ils n’avaient jamais cessé d’être. Robespierre, figure de proue de la Révolution et du Comité de salut public, fut décrété d’arrestation et exécuté, non parce qu’il était un tyran, ce qui n’était qu’un prétexte, mais parce qu’il défendait le peuple. L’ultra-libéralisme et le règne de Largent furent rétablis. Action, réaction : un an plus tard, les Parisiens, littéralement affamés, se soulevèrent à deux reprises (1er germinal, 1er prairial an III) et investirent la Convention au cri de « du pain et la constitution de 1793 ». Mais sans chefs, sans plan, sans organisation, ils furent refoulés, écrasés et désarmés. Rideau.

Le deuxième épisode intéressant est celui de la Commune de Paris de 1871, qui dura à peine deux mois. La chute du second Empire, après la défaite de 1870, donna lieu à la naissance d’une République aristo-bourgeoise capitularde. Les Parisiens, qui avaient soutenu un siège terrible et dont les troupes avaient été sacrifiées délibérément par des officiers propres sur eux, n’acceptaient pas l’orientation politique du nouveau régime (pourtant issu des urnes). Ils se soulevèrent le 18 mars 1871. L’Assemblée qui avait senti la colère monter, d’autant plus qu’elle l’attisait, avait déjà déménagé de Paris à Versailles, où Monsieur Thiers, chef du gouvernement, la rejoignit bientôt en hâte, ainsi que la fine fleur de Paris. [Erreur : L'Assemblée siégeait à Bordeaux avant de se réunir à Versailles.] Le soulèvement spontané avait été provoqué par l’ordre d’enlever les canons de Belleville, les canons de la garde nationale, payés par les Parisiens. [Erreur : Les canons, inutilisables, étaient à Montmartre. Oubli : La troupe avait mis crosse en l’air et rallié le peuple.] Le comité central de la garde nationale assura aussitôt le pouvoir, le temps que des élections soient organisées. Mais, une fois la Commune élue, le Comité conserva ses prérogatives et lui fit concurrence. Par ailleurs, malgré la présence majoritaire de « Jacobins », la Commune fut essentiellement anarchiste (individualiste, gauchiste), de sorte que, au lieu d’être pragmatique, elle rêvait debout ; elle prenait ses bonnes intentions pour un bouclier ; elle s’armait de scrupules pendant que Monsieur Thiers récupérait les soldats français prisonniers et leur bourrait le mou ; elle respectait la Banque de France qu’elle avait sous la main pendant que celle-ci ouvrait ses coffres à ses ennemis. Ca parlait, ça dansait, ca tirait des plans sur la comète, mais ça ne se battait pas. Seule une poignée de braves tenait les portes de Paris. Il était loin le temps de la levée en masse face aux féroces soldats. Un beau jour (21 mai), les Versaillais, prévenus par un traître, entrèrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud sans croiser âme qui vive. Il fallut encore un jour pour que cette nouvelle se répande et qu’alors les Parisiens dressent des barricades, chacun la sienne. Défense aussi héroïque que désespérée. En une semaine, la résistance fut écrasée. Des milliers de Parisiens furent fusillés, des milliers d’autres déportés. L’ordre bourgeois était rétabli. Tous les nantis, royalistes, républicains, de gauche, de droite, applaudirent. Un peuple, ça obéit (aux riches qui le méprisent) ou ça se massacre (gaiement et avec bonne conscience) ou ça se calomnie en attendant.

J’aurais pu aussi évoquer les révolutions de 1830 et de 1848, ou encore la Résistance, voire Mai 68, mais ils ne sont pas ma spécialité. Du reste, dans les grandes lignes, ils présentent des mécanismes que la Révolution et la Commune permettent déjà d’observer, à savoir :

1) Les nantis se liguent toujours contre le peuple ; ils ont la richesse et le pouvoir et ne reculent devant rien pour conserver l’une et l’autre ; le peuple est trop bon pour imaginer à quelles bassesses et cruautés leur mépris et leur haine pour lui peuvent les entraîner.

2) La politique est un rapport de force. Chacun doit utiliser ses atouts. Les riches ont la puissance que leur donne l’argent ; les pauvres ont la force du nombre. Les riches ont la faiblesse de se croire inaccessibles ; les pauvres ont celle d’être généralement divisés.

3) Les gens du peuple ont tellement l’habitude d’être soumis et de respecter l’autorité qui les opprime qu’ils adoptent le point de vue de leurs oppresseurs jusqu’à en oublier l’objet de leur révolte. Or un peuple qui hésite à frapper ceux qui le veulent mort mourra de leur main ou sous leurs yeux.

4) Un peuple qui demande n’obtiendra rien.

5) Le peuple ne peut rien obtenir que de lui-même.

6) Un mouvement qui ne sait pas où il va n’ira nulle part.

7) Tout mouvement populaire désorganisé est voué à l’écrasement. N’ont jamais réussi, au moins à court terme, que des insurrections préparées ou ayant trouvé aussitôt des chefs ou une organisation pour prendre les choses en main. [Oubli : les insurrections armées ou ayant le soutien d’une force armée.]

8) Le peuple par lui-même est nul. C’est un corps sans tête.

9) Il y a toujours une tête pour assumer le pouvoir, et un pouvoir pour fournir une tête. Une tête et un pouvoir qui n’assument pas sont perdus.

10) Le pouvoir a tous les pouvoirs. Inutile de le contester. Les faibles contestent en vain ; les forts s’emparent du pouvoir.

11) Le temps est l’ennemi mortel de tout mouvement populaire. Il permet aux riches de se ressaisir et de tout corrompre [oubli : et de dresser une partie du peuple contre l’autre] ; ce qui condamne les « populistes » à se durcir jusqu’à briser.

12) Au final, à plus ou moins long terme, c’est toujours Largent qui gagne.

Telles sont les leçons que je tire, pêle-mêle, de la Révolution et de la Commune. La conclusion n’est pas heureuse : le peuple peut se débattre autant qu’il veut, de quelque manière que ce soit, Largent gagne toujours à la fin. Robespierre avait déjà fait ce constat, mais l’avait formulé en sens inverse : « Quand leur intérêt [celui du gouvernement et des riches] sera-t-il confondu avec celui du peuple ? Jamais. » (Juin 1793) Autrement dit, il avait compris qu’entre riches et pauvres il y aurait toujours divergence d’intérêt, et il n’imaginait pas qu’il n’y ait plus ni riches ni pauvres. Il avait raison si l’on se place du point du vue du système monétaire dans lequel, du fait des principes et du fonctionnement de la monnaie, il y aura toujours des riches et des pauvres, dont l’intérêt ne sera, en effet, jamais confondu. Jamais ! On peut même aller plus loin : l’intérêt de chacun est contraire à l’intérêt de tous les autres, puisque la monnaie circule et que, pour en avoir, chacun doit la prendre aux autres. Mais ceci est la règle du système monétaire. La vraie question est donc : Le système monétaire répond-il aux exigences sociales ? Si on répond OUI, alors tout va bien, le monde est ce qu’il doit être. Ne nous plaignons pas. Mais si on répond NON, parce que l’on pressent que l’inégalité, intrinsèque au système monétaire, est fondamentalement antisociale, parce que l’on comprend qu’une Société doit être composée de Citoyens égaux et que des riches et des pauvres ne sont pas Concitoyens, sinon sur le papier, alors il faut se poser une autre question : Comment sortir du système monétaire, et surtout Pourquoi ? Le problème, c’est que les réponses au Pourquoi et au Comment sont liées. On ne peut pas répondre correctement au Pourquoi si on ne sait pas exactement Comment, et inversement. La chose paraissant insoluble, il est tentant d’occulter le problème lui-même, d’accepter les choses telles qu’elles sont ou de s’acharner à faire du pseudo social dans le cadre d’un système où le nom même de « Société » est une imposture. C’est ce que les hommes de cœur, sincères, font depuis 200 ans et ce qu’ils continuent de faire. Ils se convainquent que la monnaie n’est qu’un instrument, que le système monétaire n’a rien à voir avec les problèmes qu’ils veulent résoudre, que tout dépend de leur bonne volonté et passent dès lors leur temps à essayer de résoudre des problèmes créés ou aggravés par le système monétaire quand ils ne sont pas purement financiers. Ce faisant, ils préservent ce système individualiste, matérialiste, inégalitaire, antisocial, inique et oligarchique. Ils sont tel Sisyphe poussant son rocher.

Mais quel rapport, me direz-vous, avec les Gilets jaunes ? Hé bien ! Tout !!! Pourquoi sont-ils dans la rue ? Que réclament-ils ? Que dénoncent-ils ? Qui les calomnie ? Ils n’en peuvent plus des taxes, des impôts, des prix élevés, des loyers exorbitants, des retraites ridicules ; ils espèrent des augmentations de salaires, le rétablissement de l’ISF ; ils conspuent les riches, les banques, la finance, les médias à leur botte et, pour les plus audacieux, ils exigent la Démocratie (c’est-à-dire le contraire de l’oligarchie), le tout sous les crachats de la ploutocratie et des privilégiés de la fortune. Vous ne voyez pas le dénominateur commun ? Vous ne voyez pas que nous sommes dans un Monopoly grandeur nature ? Les Gilets jaunes n’acceptent pas les conséquences du jeu dont ils cautionnent inconsciemment les règles en ne remettant pas en cause sa nature. Ils en sont au même point que les Sans-Culottes et les Communards. Nous n’avons pas avancé d’un centimètre. Nous tenons les mêmes discours, proposons les mêmes remèdes, entretenons les mêmes illusions, courons au-devant des mêmes échecs ; nous avons les mêmes ennemis qu’à l’époque, qui ne sont autres que les heureux du système monétaire, dont ils ne sont d’ailleurs eux-mêmes que les instruments, comme chacun d’entre nous en est le complice. À l’heure où Largent est roi, personne ne songe à le renverser. Il peut dormir tranquille. Tant que nous nous battrons entre nous, entre ceux qui ont attrapé un os et ceux qui n’ont que des miettes, hé bien ! les choses ne sont pas près de changer.

J’exagère. En réalité, le système a muté et met en place les structures nécessaires à sa propre destruction. C’est ainsi que les révolutions deviennent inévitables et surviennent par la force des choses. Le changement est proche ; mais il n’est pas encore à l’ordre du jour. C’est pourquoi je disais, dans une autre vidéo, que la sortie du système monétaire serait l’objet d’un prochain combat. C’est pourquoi, également, je ne m’étends pas sur le sujet. Pour l’heure, nous devons faire ce que nous pouvons avec ce que nous avons en nous ménageant, si possible, des armes pour les combats futurs ou, pour le moins, en évitant, de nous désarmer. Car qui peut croire que, quoique nous obtenions, si toutefois nous obtenons quelque chose, le combat sera terminé ?

Les révolutions passées et les leçons que j’en ai personnellement tirées nous enseignent que les Gilets jaunes, compte tenu de leurs revendications, seront perdants. Ne s’attaquant pas à Largent même, et sachant encore moins comment le renverser, ils ne changeront rien fondamentalement. N’ayant pas de chefs, pas d’organisation, ils ne renverseront pas le gouvernement, ils ne prendront pas le pouvoir et, quand même ils y arriveraient par miracle, le nouveau pouvoir serait toujours confronté à Largent, auquel il se soumettrait ou qui finirait par l’écraser. Qu’ils aient ou non des chefs ne change donc rien. Cela les préserve même d’être trahis par eux dans l’action ou trompés dans la victoire. Cela ne les empêche pas d’obtenir quelque chose à force de pression. Mais ils doivent savoir clairement ce qu’ils veulent, et vouloir quelque chose de décisif.

Il faut garder à l’esprit que le système court de lui-même à sa perte, que l’oligarchie va accélérer sa fuite en avant aux dépens du peuple, pour tout anéantir, et que seul le peuple peut lui mettre des bâtons dans les roues et sauver les meubles. Comme il a été dit, le peuple en tant que tel est nul ; c’est une fiction ; il n’existe que par les hommes qui l’incarnent et font son unité mais qui le trahissent au lieu de le servir. Le peuple doit donc organiser son propre pouvoir par-delà toute instance tirant de lui sa légitimité ou agissant en son nom mais indépendamment de lui. Sous ce rapport, les Gilets jaunes font preuve d’une maturité extraordinaire en focalisant de plus en plus sur la question de souveraineté populaire, en réduisant leurs exigences à la possibilité, pour le peuple, de provoquer lui-même, sans aucun intermédiaire, et sur n’importe quel sujet, des référendums, dont les résultats auraient force de loi. Ainsi, ils n’ont pas de chefs ; ils ont mieux : ils ont — ou tendent à avoir — un objectif commun comme point de ralliement et indice de satisfaction ; c’est une idée qui fait leur unité ; une idée qui avance grâce à un instrument qui n’existait pas jusqu’alors : Internet ; Internet qui leur permet aussi de s’organiser spontanément, indépendamment de toute organisation. Ces nouveaux atouts compenseront-ils ce qui n’aurait été jusqu’à présent que des faiblesses ? C’est possible, et je me risquerai à dire que c’est dans le sens de l’Histoire. En attendant, le système fera tout — calomnie, sophismes, répression — pour éluder leur exigence qui, sans être fatale pour lui, serait néanmoins fort gênante. C’est un rapport de force et une course contre la montre qui sont engagés qui est engagé entre le Peuple et ses soi-disant représentants. Les Gilets jaunes doivent être les plus forts et contraindre le gouvernement et l’Assemblée à capituler.

Sous quelque nom que soit adoptée la disposition en question, ce serait une grande victoire pour le Peuple, la plus grande qui se puisse obtenir dans les conditions actuelles. Toutefois, le nom sous laquelle beaucoup la réclament dénote l’absence de vision révolutionnaire et une inconscience de leur propre état. Ils l’appellent « Référendum d’Initiative Citoyenne » (R.I.C.). Cela postule que nous sommes « Citoyens », de la même manière que le système affirme que nous sommes en « Démocratie ». Nous sommes bien des Citoyens en puissance, mais nous ne le sommes pas en réalité. Il n’y a de Citoyenneté pleine et entière que dans l’Égalité, c’est-à-dire dans l’égalité des Citoyens en Devoirs et en Droits, droits qui passent aujourd’hui par la monnaie qui ne peut pas se répartir également et qui fait que nous sommes inégaux. Il n’y a aucune égalité entre un riche et un pauvre. Il n’y a pas de Citoyens, au vrai sens du terme, dans un système monétaire. Ainsi, parler de « Référendum d’Initiative Citoyenne » interdit de voir que nous ne sommes pas réellement Citoyens et qu’il va nous falloir conquérir la véritable Citoyenneté en renversant Largent. Ceux qui, aujourd’hui, parlent de « Référendum d’Initiative Citoyenne » n’ont toujours pas compris que Largent est « la cause des causes » et, en exaltant une citoyenneté au rabais, cautionnent un de ces sophismes dont le système raffole car ils nous maintiennent dans une prison mentale, dont il faudra sortir un jour, et pourquoi pas dès à présent ?

Obtenir le Référendum d’Initiative Populaire sous le nom de « Référendum d’Initiative Citoyenne » serait un moindre mal aujourd’hui, mais quel mal cela ne fera-t-il pas demain ? Pensez-y. Soyez des révolutionnaires de votre temps.

Vive les Gilets jaunes !
Vive la Révolution !
Vive la France !

 

LES GILETS JAUNES

08:28 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

mercredi, 12 décembre 2018

LE COMBAT DES GILETS JAUNES - LE RÉFÉRENDUM D’INITIATIVE POPULAIRE (vidéo)

RIP selon moi - couv.jpg

Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image ou ICI

Salut à vous Gilets jaunes,
fierté du peuple français,

Vous entrez dans votre cinquième semaine d’action. Vous n’avez rien obtenu, sinon des miettes. Tel que le combat était engagé, il menait à une impasse. Vous réclamiez la démission du Président, qui n’allait évidemment pas céder sur ce point, et, par ailleurs, les revendications multiples et confuses qui montent de vos rangs lui ont permis de jouer au plus fin, d’amadouer les naïfs, et de laisser les autres en plan. Qu’il fasse encore des concessions illusoires, et vous êtes cuits. Il est urgent que vous sachiez ce qu’il importe que vous obteniez ; que vous vous fixiez un objectif clair, net, précis et décisif ; que vous vous unissiez autour de cet objectif, que vous en fassiez votre seule et unique revendication, afin que vous ramiez tous dans le même sens, que vous recadriez vous-mêmes ceux qui vous entraînent dans d’autres directions pour vous faire courir après des leurres, que ces derniers le fassent de bonne foi et pour vous diviser intentionnellement. C’est en voulant peu, mais en ne voulant que cela, et en le voulant très fort, que nul ne pourra plus ignorer ce que vous voulez, que vous pourrez être intraitables et que vous saurez reconnaître instantanément vos ennemis extérieurs et intérieurs.

Cet objectif suprême ne peut être que le « Référendum d’Initiative Populaire ». Vous êtes dans la rue précisément parce que vous n’avez aucun moyen de vous faire entendre et obéir en tant que Peuple souverain. Et même en descendant massivement dans la rue, le pouvoir peut encore faire la sourde oreille. Vous êtes un Peuple souverain dont la souveraineté a été confisquée par vos soi-disant représentants qui vivent mieux que vous, sur votre dos, et qui servent leurs intérêts, ceux de leur caste et ceux des ultra riches. On vous vole votre argent, parce qu’on vous a volé la Démocratie. Largent donne le pouvoir aux riches, le pouvoir sur les masses divisées. Mais quand les masses s’unissent, toutes les fictions s’évanouissent. Le moment où vous êtes fort est celui durant lequel vous pouvez et devez établir votre puissance. Le système monétaire joue contre vous en temps ordinaires ; dans ce moment extraordinaire, vous avez l’occasion de poser des garde-fous. Saisissez-là. Sans quoi, quoi que vous obteniez, le jeu n’en valait pas la chandelle.

Cette vidéo est la troisième que je réalise depuis le début du mouvement des Gilets jaunes. Dans la première, j’ai développé ce que je viens de dire, à savoir que les Gilets jaunes doivent faire du « Référendum d’Initiative Populaire » leur unique objectif. Dans la seconde, j’ai expliqué pourquoi il est préférable de parler de « Référendum d’Initiative Populaire » (R.I.P.) plutôt que de « Référendum d’Initiative Citoyenne » (R.I.C.) comme on l’entend également et même le plus souvent. Sous ces deux noms, l’idée est la même, mais les mots ont leur importance. Les mots sont des pièges, des pièges parfois grossiers, parfois subtils, et s’il est facile de ne pas tomber dans ceux que l’on voit, on tombe sans le savoir dans ceux que l’on n’a pas vus. « Populaire » ou « Citoyenne », ce n’est pas une question d’humeur ou d’esthétique. Derrière ce choix, se cache un enjeux vital que beaucoup ne réalisent pas mais que je n’aiderai pas à se fourvoyer en me pliant moi-même à un effet de mode.

Dans cette troisième vidéo, je vais vous livrer ma conception du « Référendum d’Initiative Populaire », celle que les Gilets jaune devraient, selon moi, adopter comme exigence et point de ralliement, celle que j’espère les voir faire leur, celle que je vous invite à diffuser si vous partagez ma conception des choses.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, une petite mise au point pour couper court aux polémiques stériles. Je ne postule pas au rôle de représentant ou de porte-parole ; j’ai dit, on ne peut plus clairement, dans la première vidéo, que les Gilets jaunes ne devaient pas en avoir. Mais la condition, pour qu’ils n’en aient pas, c’est qu’ils sachent clairement ce qu’ils veulent ; c’est qu’ils parlent comme un seul homme ; que n’importe lequel d’entre eux, d’entre vous, d’entre nous, tienne le même discours. Comment parvenir à une telle unité ? Certains croient qu’elle ne peut procéder que de la concertation, de discussions innombrables et interminables. Sous prétexte de nous unir, ils commencent par nous diviser en réduisant le mouvement à chaque individu. Ils veulent lutter contre le capitalisme avec la mentalité individualiste que le capitalisme nous a inculquée. Je crois, moi, que l’unité ne peut être faite (et faite rapidement), que par le ralliement massif à des idées bien ficelées, peu importe par qui elles aient été émises pourvu qu’elles rencontrent l’assentiment général et qu’elles deviennent ainsi celles de chacun. Je n’ai pas le pouvoir d’imposer les miennes. Je ne fais que les proposer pour faire œuvre utile. Il ne s’agit pas de « me suivre », mais de vous permettre de trouver, bien exprimées, et de pouvoir formuler à votre tour les idées qui étaient déjà en vous. C’est à vous de juger.

Voilà donc la plate-forme que je propose, celle qui doit frapper les esprits, être dans tous les discours et sur toutes les banderoles.

Pour rendre au Peuple français la souveraineté qui est sienne d’après la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et la Constitution même….

Les Gilets jaunes exigent l’instauration
d’un vrai Référendum d’Initiative Populaire

Matière — Des référendums pourront être provoqués sur n’importe quel sujet, dans n’importe quel domaine et dans n’importe quel sens, car le Peuple est souverain.

Pétitions — Ils seront provoqués automatiquement par toute pétition référendaire, en bonne et due forme, réunissant au moins 500.000 signatures de citoyens français, sans qu’aucun intermédiaire ne puisse s’y opposer, car le Peuple est souverain.

Référendums — Les référendums auront lieu dans un délai de 6 mois maximum après le constat de la validité des pétitions, sans que rien ne puisse s’y opposer, car le Peuple est souverain.

La loi — Les résultats des référendums auront aussitôt force de loi, nonobstant toutes dispositions contraires, car le Peuple est souverain.

Lèse nation — Toute entrave mise à ce processus, c’est-à-dire à la liberté de pétitionner (pour les citoyens français), à la provocation et à l’organisation des référendums acquis, à l’application de leurs verdicts, sera considérée comme un crime envers le Peuple souverain.

Voilà ce que doit être, selon moi, un vrai Référendum d’Initiative Populaire, le projet non-négociable que chaque Gilet jaune, chaque Français même, doit faire sien. Il peut donner lieu à des vignettes et des tracts encore plus directs comme dans l’exemple suivant :

Gilets jaunes - Une exigence - RIP.jpg

Ou encore :

RIP - Pas plus, pas moins.jpg

Je vous mets ces textes sous la vidéo pour que vous puissiez les copier-coller.

Je suis d’avis que les Gilets jaunes s’en tiennent, publiquement, à ces quelques points. Il est cependant évident que la mise en œuvre concrète du Référendum d’Initiative Populaire sera plus complexe et exige des précisions à chaque niveau, des précisions qu’il nous appartient d’apporter pour ne pas en laisser l’initiative aux saboteurs. Ce sera l’objet de la prochaine vidéo.

En attendant, j’invite ceux qui le peuvent à confectionner d’immenses banderoles portant les mots « Démocratie - Référendum d’Initiative Populaire » pour les déployer sur toute la largeur des Champs-Élysées, afin qu’il soit impossible de les louper, même pour les médias français, que ces images fassent le tour du monde, et que le gouvernement ne puisse plus ignorer que capituler sur ce point est sa seule porte de sortie.

R.I.P. !
R.I.P. !
R.I.P. !
     HOURRA ! ! !

 

LES GILETS JAUNES

19:09 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

jeudi, 06 décembre 2018

APPEL AUX GILETS JAUNES (vidéo)

POUR UNE LEVÉE EN MASSE

EN FAVEUR

DU RÉFÉRENDUM D’INITIATIVE POPULAIRE (R.I.P.)

 

Salut à toi, Peuple français,

Dans ces heures que l’Histoire de France comptera sans doute parmi les plus lumineuses, je me sens obligé, en tant que Citoyen français, en tant que partie de ce peuple si longtemps méprisé, d’apporter ma pierre à l’entreprise.

Je m’appelle Philippe Landeux.

Je me présente en deux mots. Certains d’entre vous me connaissent peut-être déjà, et savent que je suis à la fois un spécialiste de la Révolution française, en particulier de Robespierre, et l’auteur d’une théorie révolutionnaire, « le Civisme », que je m’échine à répandre depuis 20 ans, sachant d’ailleurs que son heure n’est pas encore venue. Mon but suprême est l’instauration de l’Égalité des citoyens en devoirs et en droits, dont celui d’accéder librement au marché du fait même qu’ils soient citoyens, ou, si vous préférez, d’anéantir Largent, au nom de l’Égalité et de la Patrie. Je prône un système non-monétaire, égalitaire, patriotique et démocratique. Mais ce n’est pas l’objet de cette vidéo et je renvoie, ceux que cela intéresse, à mon blog, mes livres et mes vidéos.

Je fais cette vidéo aujourd’hui pour aider les Gilets jaunes de mes conseils, s’ils veulent bien les entendre. Je ne vous parle pas d’en haut, je suis des vôtres ; mais il est impossible de se faire entendre en étant au milieu de quelques-uns d’entre vous. C’est d’ailleurs le premier point que je voudrais aborder.

Notre force, c’est de n’être personne et tout le monde à la fois, c’est d’être le peuple debout…. enfin. Notre force, c’est d’être une masse insaisissable, indomptable, terrifiante pour le pouvoir ; nous pouvons tout balayer si nous savons ce que nous voulons, si nous marchons au but comme un seul homme.

Mais c’est là que notre force peut devenir une faiblesse. Nous n’avons pas de représentants et il est impératif que nous n’en ayons pas. Le système a besoin de représentants pour négocier ; pas nous. Nous ne sommes pas là pour négocier, mais pour exiger au nom du peuple souverain. Mais exiger quoi ? Si nous ne le savons pas, nous aurons besoin de représentants, le système en désignera même pour nous ; nous perdrons l’avantage et le fruit de nos efforts. Si vous voulons trop, même chose. Si nous multiplions les exigences, dont certaines seront insignifiantes, d’autres contradictoires, si nous nous dispersons nous-même au lieu de concentrer le tir et de viser juste, nous ne pourrons pas être entendus parce que nous serons inaudibles, nous ne serons plus aussi puissants parce que nous serons divisés, nous perdrons la bataille parce que nous aurons donné le bâton pour nous faire battre. Qui trop embrasse mal étreint.

Nos exigences doivent se limiter à UNE SEULE ; une seule exigence, claire, indivisible et non-négociable ; une exigence fondamentale et révolutionnaire qui contienne en elle-même toutes les exigences possibles ; une exigence unique qui doit être portée par tous et sur laquelle nous pourrons être intraitables ; enfin, une exigence unique dont la pleine et entière satisfaction sera la condition pour la cessation de notre mouvement.

Quelle peut être cette exigence ? Certains réclament des baisses de ceci, des augmentations de cela. D’autres parlent de dissoudre l’Assemblée nationale, de former par élection ou tirage au sort une assemblée constituante, de supprimer le sénat, de renverser le gouvernement, de destituer Macron, de l’obliger à démissionner, etc. Les uns veulent des miettes, les autres veulent des mesures illusoires ou secondaires. Je ne dis pas que ces revendications ne sont pas légitimes, mais comptez-vous, pour les satisfaire, sur la bonne volonté de ceux que vous dénoncez à juste titre ? Et obtiendriez-vous le départ de ces derniers, qu’aurez-vous gagné réellement, hormis la satisfaction d’avoir été un moment les plus forts ?

L’exigence qui doit nous rallier est celle qui doit assurer, POUR TOUJOURS, NOTRE POUVOIR, c’est-à-dire la souveraineté du peuple, que le peuple soit enfin souverain sans qu’il ait besoin de descendre dans la rue… pour se voir rétorqué que la rue ne fait pas la loi. Nous sommes dans la rue parce que nous n’avons précisément aucun moyen légal de faire la loi ou de nous opposer à quelque décision que ce soit prise en notre nom, sans nous consulter et à nos dépens. Ce n’est pas cela la Démocratie, c’est-à-dire le régime dans lequel nous sommes supposés être. Nous sommes dans un régime où le peuple est nul, où il ne compte pas, où il ne sert que de marchepied à des élus, à des professionnels de la politique qui vivent grassement sur le dos des contribuables dans lesquels ils ne voient que des bonnes poires et des vaches lait. Nous sommes dans une démocrature, c’est-à-dire une dictature, au service de Largent, maquillée en démocratie. La Démocratie, la vraie, est un système politique dans lequel les lois sont faites directement par le peuple ou, à défaut, ratifiées par lui. Peu importe qui fait les lois dès lors que le peuple a le dernier mot. C’est pour cela que nous devons nous battre ; c’est cela que nous devons obtenir en priorité et même en exclusivité, car c’est parce que nous n’avons jamais pu nous opposer aux trahisons de nos élus qu’ils nous trahissent aussi effrontément.

Cette exigence a un nom ; c’est une disposition qu’il suffit d’inscrire dans la constitution et qui existe déjà dans d’autres pays, notamment en Suisse et aux États Unis ; elle est connue sous le nom de Référendum d’Initiative Populaire (RIP) ou Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC). Les deux sont parfaitement synonyme. Pour ma part, je préfère celui de RIP, car il sonnerait effectivement le glas de la démocrature.

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Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image ou ICI

Entendons bien que le RIP n’est pas UN référendum ; il est la possibilité, pour le peuple, de provoquer, sous certaines conditions, des référendums sur tous les sujets qui suscitent son intérêt ou ses craintes, les résultats de ces référendums ayant bien sûr force de loi. Ainsi, au moyen du Référendum d’Initiative Populaire, toutes les revendications que formulent les Gilets jaunes, toutes celles auxquelles ils n’ont pas pensées, et toutes celles que le pouvoir pourrait ignorer, pourraient être mises une à une sur la table, débattues et soumises à la décision du peuple.

J’invite donc les Gilets jaunes à aller à l’essentiel et à faire du RIP leur unique exigence. Pour que les choses soient tout à fait claires, et que le pouvoir, contraint de céder, ne puisse dénaturer cette exigence, je préconise de la préciser comme suit :

1) Les Gilets jaunes exigent, au nom du peuple français, que soit intégrée à la Constitution la disposition connue sous le nom de Référendum d’Initiative Populaire ou Citoyenne, permettant au peuple français de provoquer des référendums sur n’importe quel sujet et dont les résultats auront force de loi.

2) Des référendums seront provoqués automatiquement, dans un délai de 6 mois maximum, par toute pétition réunissant au moins 500.000 signatures de citoyens français, après constat de sa validité par l’organisme créé à cet effet.  

3) L’organisme chargé de vérifier la validité des pétitions et d’annoncer l’objet et les dates des référendums sera composé de 100 citoyens français tirés au sort sur les listes destinées à former les jurés. Il siègera à Paris, aux abords de l’Étoile.

4) Toute entrave au droit des citoyens de signer des pétitions, à la provocation des référendums, à leur bon déroulement et à l’application de leurs verdicts sera considérée comme crime de lèse nation et puni de 10 ans de prison.

J’ajoute un point indépendant mais utile  :

5) Amnistie totale pour tous les Gilets jaunes arrêtés et condamnés durant la crise ; indemnités généreuses pour tous les blessés graves.

Voilà ce que les Gilets jaunes doivent exiger pour que leur victoire soit totale et mémorable. Voilà, une fois bien comprise, l’exigence que tous les Français soutiendront avec enthousiasme et que le système ne pourra ni calomnier ni éluder. Voilà le coin que le peuple doit brandir pour fendre la démocrature telle une bûche.

Reste la question des moyens.

Je ne reviens pas sur ce qui a été fait et qui, bon gré mal gré, nous a ouvert des perspectives. Cela partait dans tous les sens ; il faut maintenant adapter les moyens au but.

Comment le gouvernement peut-il être contraint de capituler devant cette exigence ? En n’ayant pas le choix, en voyant que la nation tout entière la réclame à grand cri, en ne pouvant plus faire un pas sans la recevoir en pleine figure, en étant gêné dans toutes ses démarches, en n’ayant d’autre moyen de sortir de la crise qu’en satisfaisant la seule exigence qui permet d’en sortir. Que tous les Français qui le peuvent montent à Paris autant de samedis qu’il sera nécessaire, et qu’ils se pressent tout autour de l’Élysée, du palais Bourbon et sur les Champs-Élysées. Qu’un million, deux millions, trois millions de Français en gilet jaune bloquent les rues et le pouvoir par leur seule présence. Que ceux qui restent dans leur ville fassent de même sur la place principale et autour de la préfecture. Que tous, partout, arborent pancartes et banderoles réclamant la Démocratie et le Référendum d’Initiative Populaire, aux conditions énoncées plus haut. Que lors du moindre de leurs déplacements des foules accueillent Macron et ses ministres par ces mêmes slogans. Que personne ne recule devant les injonctions des autorités de se rendre ici ou de se disperser. Que ceux qui peuvent faciliter à leur manière l’action des Gilets jaunes fassent montre de solidarité. Que les forces de l’ordre, dont le premier devoir est de servir le peuple, brillent par leur inaction.

Il ne s’agit pas de transformer l’insurrection en manifestation, mais de rallier tous les Français, par des actions indolores pour eux et auxquelles ils n’hésiteront pas à se joindre, et de presser néanmoins le gouvernement de toutes parts jusqu’à sa capitulation. Assiégé, paralysé, anxieux, donnant au monde le spectacle pathétique d’un gouvernement soi-disant du peuple et donneur de leçons sourd à son propre peuple, donc discrédité sur la scène internationale, le pouvoir n’aura guère le choix que de rendre les armes. S’il restait sourd malgré tout, tel Louis XVI en son palais, alors le temps des ultimatums viendrait. Le peuple français est un lion qui dort… mais qui s’est réveillé.

Vive la Révolution !
Vive la Démocratie !
Vive la France !

Philippe Landeux

6 décembre 1018

 

LES GILETS JAUNES

22:59 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 30 novembre 2018

GILETS JAUNES : RIC ou RIP ? (vidéo)

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Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image ou ICI

Le mouvement extraordinaire des Gilets jaunes ne sera un succès que s’il pérennise sa victoire, donc s’il dote le peuple français d’un moyen légal et constitutionnel non seulement de contenir son gouvernement mais encore d’imposer ses volontés. Que le gouvernement cède sur des miettes ne serait pour eux, les Gilets jaunes, qu’une victoire à la Pyrrhus. Une mobilisation sans pareil doit avoir un but élevé et ambitionner des mesures décisives ; elle doit obtenir de ne plus être elle-même nécessaire à l’avenir ; elle doit assurer au peuple français le moyen d’être entendu et obéi de son gouvernement sans avoir à s’insurger, ce qui n’arrive pas souvent et est vain quand cela arrive.

Bref, si les Gilets jaunes devaient obtenir une chose, une seule, ce devrait être le droit, pour le peuple, de provoquer des référendums à volonté, sur les sujets de son choix, et que les résultats de ces référendums aient force de loi. Toutes les revendications possibles et imaginables, présentes et futures, sont contenues dans celle-là ; l’inverse n’est pas vrai. Dans la mesure où le gouvernement ne démissionnera pas, quelle que soit la pression (à moins d’une véritable insurrection), et où sa démission même, quoique jouissive, n’offrirait aucune satisfaction concrète et aucune garantie face à ses successeurs, le but est moins de le pousser à démissionner qu’à capituler sans condition devant le peuple (dont il est supposé être l’instrument et non le fléau), qu’à céder à ses exigences. Mais, il cèdera d’autant plus facilement que ces exigences seront limitées, claires, indiscutablement légitimes et universellement soutenues.

La présente proposition a le mérite de ramener la démocratie a son véritable principe (le pouvoir du peuple) et, par là même, de révéler l’imposture actuelle et de désarmer les imposteurs. Que pourront opposer au peuple exigeant la souveraineté ceux qui défendent un système dans lequel il est souverain mais seulement sur le papier, c’est-à-dire ceux qui défendent un système qui n’est pas ce qu’ils proclament face à ceux qui demandent juste qu’il soit ce qu’il prétend être ? Les concepteurs du système soi-disant représentatif ont cru duper le peuple ; il est temps que le peuple montre qu’il n’est pas dupe de cette fausse démocratie et qu’il arrache le masque des hypocrites et des despotes, afin que ceux-ci fassent amende honorable ou assument ouvertement d’être des ennemis du peuple.

Pour que la proposition en question soit claire, elle doit pouvoir être nommée. Il s’agit de permettre que des référendums soient provoqués à l’initiative d’un certain nombre de citoyens issus du « peuple », un nombre conséquent (par exemple 500.000) témoignant de l’intérêt suscité par le problème soulevé. Cette disposition est connue sous deux noms : Référendum d’Initiative Citoyenne (R.I.C.) et Référendum d’Initiative Populaire (R.I.P.). Il faut opter pour l’une ou l’autre de ces formules, a priori synonymes.

Un Référendum d’Initiative Citoyenne suppose que les signataires sont citoyens. Ce terme est d’autant plus choquant qu’il ne choque personne. Il est vrai que nous sommes supposés être des « citoyens ». Mais qu’est-ce qu’un « citoyen » ? Un maître et un esclave forment-ils société ? Sont-ils concitoyens ? Non. Et que sont les riches par rapport aux pauvres, les oppresseurs par rapport à ceux qu’ils oppriment, les exploiteurs par rapport à ceux qu’ils exploitent, les voleurs par rapport à ceux qu’ils ont volé, ceux qui ont tous les droits par rapport à ceux qu’ils ont dépouillé ? Forment-ils société ? Sont-ils concitoyens ? Pas davantage. Il n’y a pas de société digne de ce nom, pas de citoyens au vrai sens du terme, dans l’inégalité en droits ; et il n’y a pas d’Égalité possible dans le système monétaire. L’Égalité bien comprise (celles des citoyens, en devoirs et en droits) n’est pas impossible en soi, mais elle implique de sortir du système monétaire, donc de savoir pourquoi et comment. C’est là un autre sujet et un prochain combat. Pour l’heure, il importe de comprendre pourquoi donner du « citoyens » à des gens qui ne le sont pas en réalité est dangereux, pourquoi c’est un piège.

En fait, il s’agit du même type de piège que celui qui consiste à appeler « démocratie » un système politique qui n’en est pas une. De manière générale, ce type de piège est appelé « novlangue ». La novlangue consiste à désigner une chose par le mot qui désigne son contraire ou à associer un mot sensé à un concept vide de sens ou, encore, à désigner une chose grave par un mot ou une expression insipide. Bref, la novlangue, c’est la manipulation des mots avec lesquels on pense afin d’empêcher les gens de penser correctement. Plus un système tyrannique est perfide, plus il y a recours. Plus un système est perfide, plus il y a recours, plus il est tyrannique. La première façon de déjouer une tyrannie est donc de ne pas accepter son vocabulaire, de redonner leur vrai sens aux mots, d’appeler les choses par leur nom. Adopter le langage et les sophismes de l’ennemi, c’est être ligoté dans sa tête et ne pas pouvoir se révolter ou être vaincu d’avance. Nous sommes dans cette situation.

Il est facile d’éviter un piège une fois celui-ci mis en évidence. On ne tombe que dans les pièges que l’on n’a pas vus et, surtout, dans ceux que l’on ne veut pas voir. Le piège du mot « démocratie », tel qu’il est employé par le système, est aujourd’hui éventé dans une certaine mesure. Le système soi-disant représentatif — qui n’est que le gouvernement des ultra riches — s’est affublé du titre de « démocratie » pour se donner un air populaire et que personne ne lutte pour la véritable démocratie, sous prétexte qu’elle existe déjà. Opposer à la démocratie en mot la démocratie en fait est le coup le plus rude qui puisse être porté au système. Toutefois une conception plus populaire de la démocratie n’est toujours pas la démocratie ; c’est encore une illusion. Il n’y a pas de démocratie authentique et absolue possible dans un système monétaire, inégalitaire par nature, donc oligarchique ou ploutocratique. La souveraineté du peuple est une vue de l’esprit dans un système qui génère des riches auxquels il donne le pouvoir ou auxquels il permet de le prendre. Le peuple ne peut qu’espérer avoir voix au chapitre pour les contenir un minimum. Du reste, comment pourrait-il y avoir une vraie démocratie sans vrais citoyens ? L’Égalité fait des citoyens qui font la société et la démocratie. Tout est lié. De même la monnaie fait l’inégalité qui défait la société (sur le fond, pas sur la forme, ce qui maintient l’illusion) sans laquelle il n’y a ni citoyens ni démocratie.

Il ne s’agit pas d’échapper à un piège pour tomber dans un autre. Il est utile de combattre le système au nom de la démocratie, mais il ne faut pas s’illusionner et croire que de ce combat sortira la vraie démocratie. (Celle-ci ne sortira que du combat victorieux contre l’existence même du système monétaire.) Tout ce qui augmente le pouvoir et le contre-pouvoir du peuple va dans le bon sens mais n’est qu’une étape. Même un système techniquement démocratique ne serait pas encore la Démocratie, c’est-à-dire l’ère de l’Égalité bien comprise, des Citoyens dans toute leur dignité, de la Cité fondée sur les Principes de l’ordre social. C’est donc un piège que l’on se prépare nous-mêmes pour demain que de parler à tort et travers de « démocratie » et de « citoyens », comme si nous pouvions vraiment être en démocratie, comme si nous étions vraiment des citoyens, donc sans savoir ce que sont vraiment la Démocratie et la Citoyenneté, sans savoir et en nous interdisant même de penser qu’ils nous reste encore à renverser Largent, au nom de l’Égalité (et de la nation), pour les conquérir.

Pour toutes ces raisons (qu’on les admette ou pas), il est préférable de parler de Référendum d’Initiative Populaire. « Populaire » renvoie à « peuple », comme le principe même de la démocratie : « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Le simple fait d’évoquer le peuple annonce donc des intentions démocratiques, ce qui, dans le cas présent, est justifié. Ceci étant, le mot « peuple » est relativement flou, ce qui, loin d’être un inconvénient, est précisément ce qui constitue son avantage. Selon une de ses acceptions, le peuple est l’ensemble de que l’on appelle les « citoyens français » ; il désigne donc, tant bien que mal, le corps politique. Ainsi il dit ce qu’il faut et dispense d’employer ouvertement le mot « citoyens » qui, dans le contexte actuel, serait mensonger. Enfin, un peuple reste un peuple quels que soient les rapports entre ses membres ; le concept est toujours pertinent. Inégalité ou Égalité, le R.I.P. resterait le R.I.P. À l’inverse, des « citoyens », au vrai sens du terme, ont entre eux des rapports bien précis (ceux qui découlent de l’acte d’association et que le système monétaire sape), de sorte que, si rien ne peut empêcher d’utiliser ce mot, puisqu’il existe, l’utiliser pour désigner des gens qui n’ont pas ces rapports et ignorent même quels ils doivent être n’est pas fait pour qu’ils s’interrogent et l’apprennent. « R.I.C. » serait un nom judicieux dans l’Égalité, mais il est trompeur dans l’inégalité, et l’erreur sur laquelle il repose (celle qui consiste à croire qu’il y a des citoyens dans l’inégalité) détournerait du combat pour l’Égalité et la Citoyenneté pleine et entière (donc contre Largent), si bien que ce nom, en ouvrant une porte, en fermerait une autre, celle devant conduire au R.I.C. bien nommé.

La formule « Référendum d’Initiative Populaire » est donc aussi juste que celle de « Référendum d’Initiative Citoyenne » est dangereuse. Bien sûr, ceux qui prennent la « citoyenneté » pour une étiquette vide de sens ou sous laquelle on peut mettre n’importe quoi n’entendront pas ce discours et contribueront à la galvauder un peu plus, comme on savonne pour d’autres la planche que l’on a trouvée savonnée pour soi. Il est cependant à espérer que ceux qui respirent pour la justice et la vérité ne prendront pas cette mise en garde à la légère, et que, à défaut d’être tout à fait convaincus, ils s’abstiendront par précaution.

Et puis R.I.C., comme « rictus », fait doucement rigoler. Tandis que R.I.P, comme « Resquiescat In Pace », sonne le glas pour quelqu’un ; il serait bien la mort de la démocrature si le peuple parvenait à l’imposer. Tout un symbole !

 

Philippe Landeux

RIP - Tombe-2.jpg30 novembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

LES GILETS JAUNES

10:40 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer |

dimanche, 08 octobre 2017

ENTRETIEN AVEC PH. LANDEUX - JUILLET 2017 (vidéo)

Exotriks interroge Philippe Landeux sur le Civisme, sa théorie de la Cité, et ses postulats.

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Pour voir la vidéo, CLIQUEZ ICI ou sur l'image

MENU :

0 h 00 mn 30 s – Les choses n’ont pas de prix
0 h 03 mn 02 s – La monnaie représente du droit
0 h 05 mn 37 s – Principes de fonctionnement de la monnaie
0 h 08 mn 52 s – Différence entre Largent et la monnaie
0 h 10 mn 34 s – Comment est née la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger (Largent)
0 h 13 mn 20 s – Le système monétaire est intrinsèquement oligarchique
0 h 16 mn 30 s – Le revenu universel peut-il résoudre l’inégalité ?
0 h 21 mn 21 s – Comment échanger sans monnaie, sans valeur marchande ?
0 h 30 mn 28 s – L’Égalité est-elle incompatible avec la hiérarchie ?
0 h 38 mn 53 s – Que se passe-t-il si un producteur ne vend pas assez ?
0 h 46 mn 46 s – Que se passe-t-il si un producteur produit de la mauvaise qualité ?
0 h 50 mn 00 s – Un ingénieur doit-il avoir plus de droits qu’un agriculteur ?
0 h 54 mn 11 s – L’accès libre au marché ne présente-t-il pas risque de pollution ?
0 h 59 mn 32 s – Quelles formes peut pendre le devoir de participer à la vie de la Cité ?
1 h 04 mn 05 s – Qu’en est-il des métiers pénibles ?
1 h 08 mn 14 s – Je produis un seul légume… Que se passe-t-il ?
1 h 15 mn 06 s – Accès libre impossible dans les petites communautés
1 h 18 mn 50 s – Le Civisme est-il un projet mondial ?
1 h 25 mn 33 s – Nous payons avec notre travail
1 h 31 mn 57 s – Un droit est généré par un devoir
1 h 36 mn 23 s – Les contradictions du système monétaire
1 h 47 mn 08 s – Le Civisme en 3 mots
1 h 49 mn 23 s – Comment en savoir plus ?

20:54 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

mercredi, 11 janvier 2017

ÉVOLUTION RÉVOLUTIONNAIRE - Les origines du futur (vidéo)

Montage vidéo, réalisé par un ami, présentant, sans le dire, les bases philosophiques du Civisme. Ca commence tranquillement et ça finit en apothéose.

A voir absolument et à partager sans modération.

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Pour accéder à la vidéo, cliquez ICI ou sur l'image

Visionnez cette vidéo sur ma propre chaine Youtube en cliquant sur le présent lien.

00’35 - Survivre
01’40 - Principe fondamental de l’ordre social
02’40 - Sécurité : du sens strict au sens large
04’00 - Précisions importantes
06’00 - Communauté, partage & accès
08’00 - Troc, monnaie & désordre social
10’20 - Fonctionnement de la monnaie
12’30 - Contradictions annonciatrices
14’20 - Autre contradiction et fuites en avant
17’20 - L’exemple des retraites
21’00 - Informatique & carte civique
23’35 - Conclusion : Égalité réelle & harmonie sociale à portée de main

05:21 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

samedi, 24 décembre 2016

10 BONNES RAISONS D'ADHERER AU CIVISME (vidéo)

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Pour voir la vidéo, cliquer ICI ou sur l'image

 

Franck expose les 10 raisons qui le font adhérer au Civisme, la théorie de Philippe Landeux.

12 mn 12 s – 1) Une seule classe
21 mn 15 s – 2) Plein emploi
26 mn 04 s – 3) La vertu plutôt que le vice
32 mn 35 s – 4) Des produits de qualité
40 mn 37 s – 5) Compétitivité au plan international
46 mn 36 s – 6) Un système réellement démocratique
56 mn 13 s – Plus de corruption
57 mn 27 s – Plus de délinquance
01 h 02 mn 31 s – La meilleure alternative au capitalisme
01 h 05 mn 36 s – Une France fière et patriote

08:24 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 5. SCHEMAS | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

mardi, 06 décembre 2016

RENCONTRE DU 3 DECEMBRE 2016 (vidéo)

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Pour voir la vidéo, cliquez ICI ou sur l'image

https://www.youtube.com/watch?v=GLoNaF0eEYQ

Comme chaque année maintenant, les Patriciens de France, de Navarre et même de Belgique, et de simples curieux, se sont rencontrés à la bonne franquette le 3 décembre 2016 pour se connaître et discuter à bâtons rompus. Ambiance.

17:56 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer |

lundi, 31 octobre 2016

CIVISME : LE PATRIOTISME INTÉGRAL

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Patriotisme, nationalisme, deux mots qui, malgré des racines différentes, devraient dire la même chose, puisqu’ils tournent autour des mêmes objets, mais qui, dans les faits, malgré des points communs, désignent en effet des conceptions politiques différentes, voire opposées. L’opposition entre eux repose à la fois sur un malentendu et une erreur commune. J’y reviendrai. D’ici là, je précise que je n’adhère pas à la définition simpliste et fausse d’après laquelle le patriotisme serait l’amour des siens, et le nationalisme, la haine des autres. Les choses sont bien plus complexes.

Le patriotisme, aussi bien que le nationalisme, c’est l’amour de sa patrie, de son pays, de sa nation, de son peuple, de sa société, de ses concitoyens, autant de notions qui se confondent ou vont de pair. Un patriote, un nationaliste, s’identifie à son peuple ; il l’aime comme lui-même ; il voit du moins en lui sa famille élargie. L’amour, en la matière, consiste à aspirer à l’indépendance et à la grandeur de son pays, à préserver l’existence de son peuple, son identité, son patrimoine, son territoire, sa liberté, sa souveraineté, en un mot, à œuvrer pour son bonheur, donc à combattre toute forme de danger, d’oppression, d’exploitation, d’injustice, de tyrannie, de malheur dont il pourrait être victime. Cet amour se manifeste par un engagement dans les combats à mener, engagement sous de nombreuses formes qui peut aller jusqu’au sacrifice suprême.

J’ajoute qu’aimer véritablement son pays et son peuple implique de vouloir l’Égalité, l’Égalité en devoirs et en droits entre ses concitoyens. L’Égalité, qui ne peut exister qu’entre citoyens, dans un cadre social, est indissociable des notions de citoyenneté, de société, de peuple, de patrie, de nation, de souveraineté nationale et populaire, c’est-à-dire de démocratie (au vrai sens du terme). L’Égalité est éminemment patriotique ou nationaliste. A l’inverse, l’inégalité est synonyme d’exploitation, d’oppression, d’injustice, d’oligarchie, de tyrannie, toutes choses que patriotes et nationalistes sont supposés honnir. On n’aime pas son peuple quand on cautionne le principe de l’inégalité, quand on accepte que ses concitoyens soient inégaux, donc pour la plupart d’entre eux exploités, opprimés, tyrannisés, etc.

C’est ici qu’intervient la différence entre ce que l’on appelle aujourd’hui le patriotisme d’un côté, le nationalisme de l’autre.

Le patriotisme se veut égalitaire et démocratique, tandis que le nationalisme prône l’inégalité et une forme de dictature. Mais si le patriotisme est plus conforme à ce que j’ai dit plus haut, ce n’est aujourd’hui qu’une apparence : il n’a de l’Égalité qu’une conception dénaturée ; il est incapable d’aller au bout de la logique et de proposer mieux que moins d’inégalité. La raison est simple : le système monétaire, dans lequel nous sommes, est intrinsèquement inégalitaire, et comme les « patriotes » ne remettent pas en cause la nature du système, comme ce à quoi ils aspirent est fondamentalement impossible dans ce système, ils baissent leurs prétentions et tordent les principes, sans même en avoir conscience.

C’est là l’erreur commune que font aussi les nationalistes : ils tiennent eux aussi la monnaie pour un paramètre naturel et ne remettent pas plus en cause le système monétaire que les premiers, mais eux voient dans leurs conséquences —notamment dans l’inégalité — des principes. Ils peuvent donc d’autant moins changer les choses qu’ils ont fait leur la logique du système. Et c’est au nom de ce réalisme, qui n’est jamais qu’une soumission à Largent, que les nationalistes rejettent à bon droit l’Égalité dénaturée, contre-nature et parfois désastreuse prônée par les « patriotes ». Partant, ils ne peuvent que valider l’inégalité du système monétaire et la reproduire sur le plan politique, en proposant des régimes hiérarchisés, autoritaires, oligarchiques et, au final, tyranniques, systèmes qui, paradoxalement, sont en même temps un frein à Largent.

Ainsi, nous voyons que le patriotisme et le nationalisme, tels qu’ils existent aujourd’hui, ne savent ni l’un ni l’autre comment traduire dans les faits l’amour du peuple. Le premier échoue à instaurer l’Égalité ; le second ne tente même pas. Chacun focalise sur des problèmes particuliers ; aucun ne voit le problème général. Tous veulent assurément le bien de leur peuple, de leur société, mais aucun ne va au bout de la logique sociale faute de renoncer à la logique monétaire. Or, dans un système monétaire, c’est toujours Largent qui gagne. Dit autrement : patriotisme et nationalisme sont toujours vaincus, au final, par le capitalisme, quoiqu’ils soient ses plus sérieux adversaires, contrairement aux autres courants politiques qui en sont les complices ou les idiots utiles.

Seul le Civisme, ou théorie de la Cité, réduit les failles du patriotisme et résout les contradictions du nationalisme. Il part du Principe simple et irréfragable que des Citoyens, dignes de ce nom, doivent être égaux en Devoirs et en Droits, égaux notamment dans le Devoir de participer à la vie de la Cité, selon ce que celle-ci considère comme une participation, et égaux dans le Droit de profiter des bienfaits de leur Cité, lesquels résultent de la participation de tous. Or pour que les Citoyens profitent effectivement des bienfaits de leur Cité, dont l’essentiel consiste en produits et services mis sur le marché, un autre droit doit leur être reconnu, celui d’accéder librement au marché. Sans ce droit-là, sans ce droit dont dépendent presque tous les autres, comme on peut le vérifier avec la monnaie qui aujourd’hui incarne et confère le droit d’accéder au marché, et tous ceux qui passent par celui-là, sans ce droit-là, dis-je, l’Égalité est un mot creux. Et c’est d’une Égalité creuse, vidée de tout sens par la monnaie, dont on nous rebat les oreilles depuis 200 ans.

Depuis la Révolution française, on nous parle d’Égalité sans tenir compte du fait que le système est monétaire, que de par l’origine et le fonctionnement de la monnaie il y a inévitablement des riches et des pauvres, et donc en nous faisant croire que des riches et des pauvres sont malgré tout égaux en droits ou, pour le moins, égaux devant la loi. C’est un sophisme, pour ne pas dire une foutaise ! Il n’y a aucune espèce d’égalité entre des riches et des pauvres, pas même devant la loi ! Selon que vous serez puissants ou misérables, etc. On le sait, mais nous ne voulons pas comprendre la cause du problème. C’est ce pas de géant que le Civisme effectue en considérant que la Citoyenneté, qui implique de s’être acquitté des Devoirs du Citoyen, d’avoir contribué à la prospérité de la Cité, est la seule condition pour accéder au marché et en retirer ce que bon semble à chacun. Et pour que les Citoyens puissent attester ainsi leur Citoyenneté auprès des commerçants et de toute entreprise, ils sont dotés d’une carte à puce dite « Carte civique », sorte de carte d’identité améliorée, strictement personnelle, sécurisée de manière biométrique, qui, d’un point de vue technique, fonctionne et s’utilise comme les actuelles cartes de crédit, à la différence près qu’il n’y a plus de crédits sous quelque nom que ce soit, ce qui change tout. Dans la mesure où la Citoyenneté, qui ne se mesure pas, est la « rémunération » de toutes les formes de participation reconnues, et où les Citoyens peuvent accéder librement au marché, nul n’est besoin de monnaie pour rémunérer les Citoyens et rien n’a de prix au sens monétaire du terme. Autrement dit, la Cité n’est plus un système monétaire (il n’y a plus d’unité de valeur) et son mode d’échange n’est plus fondé sur Largent (c’est-à-dire sur la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger). Dans ce mode d’échange, les objets sont secondaires ; le véritable échange a lieu entre le Citoyen et la Cité : droit d’accéder librement au marché, d’un côté, contre devoir de participer, de l’autre.

Le Civisme n’est ni utopique ni angélique. Que des cartes à puce servent à attester la Citoyenneté au lieu de manipuler des unités monétaires, c’est la même chose d’un point de vue technique, et cette conversion est parfaitement réalisable. (C’est même l’évolution logique de cartes qui servent aujourd’hui à manipuler de la monnaie devenue virtuelle.) Mais que le droit d’accéder librement au marché soit conféré également à tous les Citoyens par la Citoyenneté, s’obtenant elle-même par l’acquittement de devoirs envers la Cité, au lieu d’être conféré inégalement aux individus par des unités monétaires sans aucune signification sociale et qu’il appartient à chacun de gagner comme il peut, même par des moyens vicieux ou illégaux, c’est une révolution sur le plan philosophique… et il ne manque que la volonté pour l’opérer. Le Civisme n’est pas utopique ; il est la logique sociale absolue. L’utopie n’est pas de s’attaquer à Largent pour changer le monde ; c’est de croire que l’on peut changer le monde sans s’attaquer à Largent.

Enfin, je dis « monde », c’est une façon de parler. Le Civisme ne prône pas la révolution mondiale, ce qui serait surréaliste ; il ne conçoit la révolution qu’au niveau national, dans le cadre des pays existants et, en premier lieu, dans un pays occidental, comme la France. Bien que ses Principes soient universels, dans le sens où ils sont ceux de toute Société, même animale, il ne nie pas l’existence des peuples et leurs différences et ne prétend pas former une seule Société de toute l’espèce humaine ; il n’est ni universaliste ni mondialiste ni sans-frontiériste… universalisme, mondialisme, sans-frontiérisme et tous leurs dérivés étant d’ailleurs des faux nez du capitalisme, donc de Largent. Le Civisme se concentre sur la société et vise à instaurer son modèle dans un pays, quitte à ce que ce modèle se répande ensuite. Il croit en la nation ; il est de facto nationaliste. Il veut l’Égalité au sein de la patrie ; il est de facto égalitaire (à ne pas confondre avec « égalitariste ») et patriotique. Il est pour la souveraineté du peuple ; il est de facto souverainiste, républicain et démocratique. (Un système égalitaire serait démocratique par la force des choses, à l’inverse d’un système inégalitaire qui est oligarchique par nature.) Il anéantit Largent ; il est de facto anticapitaliste. Il assure à tous, et à tous les niveaux, la plus grande liberté possible ; il est de facto libéral et décentralisateur autant que faire se peut. Il garantit l’application des Principes de l’ordre social ; il est de facto socialiste. Il est tout cela à la fois mais d’une manière qui n’appartient qu’à lui, c’est-à-dire non-faussée par Largent, comme le sont aujourd’hui les doctrines de tous les courants politiques qui revendiquent  l’un ou l’autre de ces caractères.

Mais je me suis éloigné de mon sujet. Je voulais traiter la question de l’angélisme. Et sous quel rapport le serait-il ? La Cité n’est pas ouverte aux quatre vents, et elle distingue même la nationalité, qui s’acquiert sur des critères identitaires et par des devoirs particuliers et confère les droits politiques, de la citoyenneté, à laquelle sont attachés les droits économiques et sociaux. Pas de droits sans devoirs ; pas de devoirs sans droits. La Cité ne donne rien… à personne. Pas d’assistanat. Elle sanctionne le mérite. Elle garantit les droits en contrepartie de devoirs. Le Civisme ne postule pas que les hommes sont bons, mais qu’ils recherchent leur intérêt, ce qui est une bonne chose quand la poursuite des intérêts privés sert l’intérêt général et ne va pas à l’encontre des droits d’autrui, comme c’est le cas dans le système monétaire. Ce n’est pas du communisme ; les Citoyens ont la liberté de consommer et d’entreprendre. La Cité n’attend pas des entreprises qu’elles produisent, mais qu’elles « vendent », c’est-à-dire qu’elles aient des clients, qu’elles satisfassent une demande significative. Enfin beaucoup sont incrédules parce que le Civisme s’attaque à Largent et qu’ils pensent que les riches ne laisseront jamais faire. Mais le but est-il de s’agiter pour que, au final, les riches, et donc Largent, continuent à régner ? Ceux qui n’inquiètent pas les riches ou craignent de les froisser ne travaillent pas pour le peuple, n’aiment pas la patrie. Du reste, des privilégiés n’ont jamais empêché que des bouleversements, devenus nécessaires, aient lieu. Or, qui ne s’est aperçu que le capitalisme est en bout de course et qu’il est urgent de mettre en place un autre modèle économique avant qu’il n’ait tout détruit, tout épuisé, tout laminé ?

Il devient assez clair que le capitalisme, dans sa phase actuelle, engendre des problèmes qu’il est impossible de régler sans sortir du système monétaire, mais que le Civisme, lui, résout instantanément. Non par magie ! Non par incantations ! Mais parce qu’il est naturel qu’un problème disparaisse avec sa cause. Je prendrai deux exemples. Tout d’abord le chômage. Dans la Cité, tous les Citoyens ont le droit d’accéder librement au marché. La Demande, le pouvoir d’achat global, est formidable, bien supérieur à l’Offre. L’Offre peut augmenter ; elle est toujours en deçà de la Demande. Les chômeurs trouveront tous un emploi et, une fois le plein emploi atteint, il sera maintenu par le déséquilibre permanent entre la Demande et l’Offre. Ceci reviendra à une relance du pouvoir d’achat, mais non faussée par les effets pervers de la monnaie. Deuxième exemple : la retraite. Avec la baisse du nombre d’actifs, nous ne savons pas comment nous financerons demain les retraites. Mais, dans la Cité, un Citoyen à la retraite est toujours Citoyen ; il a donc toujours le droit d’accéder librement au marché puisque ce droit est conféré par la Citoyenneté. Non seulement le problème est résolu instantanément, mais il apparaît qu’il est aujourd’hui purement financier et artificiel. En attendant, ce faux problème sert de prétexte pour nous plonger dans d’autres, le plus grave de tous étant l’immigration massive.

Il faut nous arrêter sur cette question de l’immigration qui, par sa durée et son ampleur, est devenue une question existentielle pour notre pays et notre peuple, et réunit de ce fait, dans une même hostilité, patriotes et nationalistes. Le positionnement par rapport à l’immigration prime tout désormais. Elle est l’alpha et l’oméga de la politique. Il y a ceux qui sont pour, sans frein, les mondialistes, les sans-frontiéristes, capitalistes ou gauchistes, et ceux qui sont contre, les souverainistes, qualifiés « d’extrême droite » par les traîtres à la nation. Le Civisme ne règlera pas le problème de l’immmigration-invasion, car la Cité ne pourra et ne devra être bâtie qu’une fois le problème réglé. Trois raisons : la première, c’est que ce problème, et tous ceux qui en découlent, accaparent tellement l’attention et divisent tellement l’opinion que le discours contre Largent, pour l’Égalité, est inaudible, car en avance d’une guerre ; la deuxième, c’est que la Cité sera une démocratie par la force des choses (pour la raison inverse qu’un système inégalitaire est oligarchique par nature), alors que l’immigration génère du communautarisme qui fausse le jeu démocratique et rendrait d’autant plus impossible de régler le problème ; la troisième, c’est que pour qu’il y ait une révolution en France, il faut qu’il y ait encore des Français pour la faire, de vrais Français, pas des Français de papier. D’où le slogan : pour faire la Révolution demain, il faut sauver la France aujourd’hui.

Le Civisme n’envisage pas l’existence de la Cité avant le règlement, d’une manière ou d’une autre, dans tous les cas douloureuse, du problème de l’immigration. Autrement dit, la Cité sera édifiée par des hommes libérés des problèmes qu’elle pose, en garde contre les dangers de l’humanisme béat, et au fait des Principes de l’ordre social. L’immigrationnisme sera mort. La Cité aura donc la volonté et les moyens d’empêcher l’immigration ou du moins de la maîtriser. Dans la mesure où il n’y aura plus de monnaie, où le droit d’accéder au marché sera attaché à un statut lui-même devant être reconnu par la Cité, où les entreprises n’auront plus d’intérêts financiers à faire appel à une main d’œuvre étrangère, où des immigrés illégaux n’auront eux-mêmes aucun intérêt à travailler pour elles, où l’emploi de clandestins sera même considéré comme de l’esclavagisme et puni comme tel sans pitié, il ne pourra y avoir d’immigration que légale, donc désirée, maîtrisée et encadrée. Sans oublier le fait que la Cité ne reconnaîtra plus le droit du sol, ni du sang d’ailleurs, puisque la nationalité ne s’obtiendra que sur des critères et par des devoirs, de sorte que les Citoyens nationaux, les authentiques Français, ne subiront plus l’injustice d’être mis sur un pied d’égalité avec les étrangers d’origine et de cœur et les « citoyens du monde » autoproclamés, et que, inversement, ils ne douteront plus du caractère français de quiconque aura la nationalité. Quel patriote, quel nationaliste ne rêverait d’un tel système ?

Maintenant, si le Civisme ne dit pas ce qu’il faut faire aujourd’hui face à l’immigration, il donne toutefois de nouveaux motifs de dénoncer l’immigrationnisme. Il explique pourquoi Largent, pourquoi le capitalisme, dans sa logique immanente, la met en œuvre. Patriotes et nationalistes savent déjà qu’elle est voulue d’abord par le patronat pour casser les luttes sociales et tirer les salaires vers le bas, ensuite par les gauchistes, pour des raisons idéologiques. Mais ils ne comprennent pas que le capitalisme, qui se sait au bord de la chute, espère échapper à son sort en paralysant voire en détruisant les peuples qui l’ont porté, enfanté, et qui, sans qu’ils le sachent eux-mêmes, sont à la veille de l’anéantir, ou en ont du moins le potentiel. L’immigration est, pour le capitalisme, un moyen d’étouffer la révolution dans l’œuf — en introduisant massivement des hommes venus d’ailleurs, ayant évidemment une autre mentalité, d’autres mœurs, d’autres conceptions, d’autres intérêts, d’autres désirs que les autochtones et qui sont donc une source de conflits et, pour le moins, une force d’inertie. Il en est de même de l’Europe, également voulue par le capitalisme, qui, elle, a pour fonction de détruire les pays et les peuples par le haut ou de l’extérieur. C’est donc au nom de la Révolution elle-même, au nom d’un anticapitalisme radical, que le Civisme s’oppose à l’immigration et prône la sortie de l’Europe.

Ainsi, le Civisme offre aux patriotes et aux nationalistes une doctrine cohérente de bout en bout, depuis son cœur jusqu’à sa périphérie. Parce qu’il est pour l’Égalité, l’Égalité véritable, la seule Égalité, l’Égalité des Citoyens en Devoirs et en Droits, il conçoit la Cité, la nation, la patrie, le peuple, un peuple souverain, à l’intérieur comme vis-à-vis de l’extérieur, d’où le triptyque : démocratie, indépendance, non-ingérence. Mais l’Égalité, c’est aussi être contre Largent, contre le système monétaire, contre le capitalisme, contre l’individualisme, le droit-de-l’hommisme, l’universalisme et le mondialisme, contre le sans-frontiérisme, contre l’européisme, contre l’immigrationnisme (Et on dit que les idéologies sont mortes !), bref contre tout ce qui détruit la nation. La Cité forgerait des Citoyens qui n’en auraient pas que le nom, qui rempliraient leurs devoirs comme ils connaîtraient et jouiraient de leurs droits ; qui tous participeraient, tous profiteraient ; qui seraient unis dans la joie comme dans la peine ; qui seraient frères parce que réellement égaux et collectivement maîtres de leur destin ; qui auraient l’esprit de corps : ils seraient conscients de former un tout et fiers de lui appartenir et auraient à cœur de le défendre. Le Civisme rompt avec le patriotisme et le nationalisme actuels parce qu’il est le patriotisme, ou le nationalisme, intégral. Il ne compose pas, comme eux, avec Largent et les préjugés monétaires ; il ne se laisse pas impressionné par les leurres capitalistes ; il conduit à l’harmonie sociale parce qu’il a pour seule boussole les Principes de l’ordre social.

L’Égalité des Citoyens en Devoirs et en Droits (dont celui de profiter des bienfaits de leur Cité) est non seulement la seule égalité possible mais cette égalité est indispensable entre des individus pour qu’ils forment Société. Et l’obstacle à l’Égalité, c’est Largent. Qui ne se bat pas pour l’Égalité, bien comprise, défend Largent en dernière analyse… et est donc un ennemi du peuple, de la nation, de la patrie. Les causes de l’Égalité et de la patrie sont une, comme celles de Largent et du capitalisme. Ceux qui veulent servir la patrie sans aspirer à l’Égalité ou, ce qui est la même chose, combattre le capitalisme sans dénoncer Largent veulent — ou plutôt ignorent qu’ils veulent — tout et son contraire, la cause sans ses conséquences. Ceux-là ne sont sans doute pas les pires ennemis de la patrie, mais ils n’en sont pas non plus les meilleurs amis. Allant d’instinct dans le bon sens mais faisant le chemin à moitié, ils permettent malgré tout d’avancer contre le mondialisme, contre les manifestations spectaculaires du capitalisme, mais ce n’est pas eux qui finiront le travail, contre Largent, contre l’inégalité, contre l’oppression, contre l’exploitation... et peut-être même seront-ils, le moment venu, les valets des nouveaux tyrans et les proscripteurs des patriotes conséquents, c’est-à-dire des véritables amis du peuple français.

 

Largent est un Tyran !
L’Égalité ou la Mort !

Vive le Civisme !
Vive la France !

Philippe Landeux
25 septembre 2016

00:42 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 16 septembre 2016

VIVE L'EUROPE - AOUT 2016 (vidéo)

Cet été 2016, par une chaleur accablante, Daniel Conversano m'a reçu dans son émission "Vive l'Europe" pour exposer les bases du Civisme. Un moment convivial. Merci à lui.

Vive.jpg

Cliquer sur l'image ou sur ce lien pour voir la vidéo

12:10 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

lundi, 20 juin 2016

LE CIVISME – LA RÉVOLUTION DU XXIe SIÈCLE (vidéo)

Petite présentation du Civisme en vidéo...

Le Civisme - révolution du 21e siècle.jpg

Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image

10:19 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

dimanche, 19 juin 2016

PHILIPPE LANDEUX sur RADIO ICI & MAINTENANT - 6 déc. 2016 (vidéo)

Après 4 années, je me permets publier la vidéo, ou plus exactement la bande son, de mon passage de près de 5 heures à Radio ICI & MAINTENANT le 6 décembre 2012, au cours duquel il a été question uniquement du Civisme ou de la Cité, c'est-à-dire de mon projet de Société sans argent.

Présentation 2.jpg

Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image.

17:21 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

MARXISME vs CIVISME / Francis Cousin vs Philippe Landeux (vidéo)

Deux pensées anticapitalistes radicales, très proches par certains côtés, opposées par d'autres. Francis Cousin, avec sa verve inimitable, expose les fondements du marxisme. Philippe Landeux critique cette conférence, du 27 février 2015, sous l'angle du Civisme, sa propre théorie, contre Largent, pour l'Egalité. Un mise en parallèle, en quelque sorte, pour faire ressortir les accords et les divergences.

Marxisme vs Civisme 3.jpg

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16:58 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

mardi, 08 décembre 2015

UN VERRE AVEC PH LANDEUX (vidéo)

Discussion à bâtons rompus, avec Ph. Landeux, sur Largent et la notion de valeur marchande, la monnaie et ses mécanismes, le revenu de base, la contradiction du système monétaire, l’Egalité, l’immigrationnisme, La démocratie et la formation des lois, Etienne Chouard, Alain Soral, Francis Cousin, Etc.

(Désolé pour le bruit de fond parfois élevé. Mais, prenez-vous un verre, montez le son, et regardez comme si vous y étiez.)

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11:02 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

mercredi, 07 octobre 2015

RÉVOLUTION – LES BASES DU CIVISME (livre)

Révolution poche - couv recto.jpgL’argent n’est qu’un moyen. Tout dépend de la manière dont on l’utilise. Faux. Rien n’est plus faux ! Mais c’est parce que tout le monde tient ce genre de discours que Largent assied sa puissance sur les hommes et devient invincible. Les mauvaises affirmations chassent les bonnes questions. Qu’est-ce que Largent ? Pourquoi le dénoncer ? Comment le renverser ? Telles sont les questions auxquelles Philippe Landeux a répondu dans sa théorie de la Cité, appelée « le Civisme », et dont il a présenté les grandes lignes dans une série de douze vidéos. Le présent livre contient les textes de ces vidéos.

Faites vos bagages ! Attachez vos ceintures ! Ceci est un voyage sans retour. Vous allez passer de l’autre côté du miroir. Vous ne verrez plus jamais les choses sous le même angle. Vous allez mourir. Vous allez renaître.

Révolution poche - couv recto.jpg

 

 

 

 

 Format poche

191 pages de texte

9 € (+ frais de port)

5 € en PDF

 

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mercredi, 20 mai 2015

LE SYSTÈME POLITIQUE DE LA CITÉ (vidéo 12)

Vidéo 1 – Qu’est-ce que la démocratie ?
Vidéo 2 – Qu’est-ce que Largent ?
Vidéo 3 – Qu’est-ce que la monnaie ?
Vidéo 4 – Anachronisme du système monétaire
Vidéo 5 – Qu’est-ce que l’Égalité ?
Vidéo 6 – Le Contrat social de la Cité
Vidéo 7 – Le moyen d’échange de la Cité : la Carte civique
Vidéo 8 – Retraite & chômage dans la Cité
Vidéo 9 – Les entreprises dans la Cité
Vidéo 10 – La Cité et les échanges internationaux
Vidéo 11 – Distinction entre Citoyenneté et Nationalité

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Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image.

 

« La volonté du Peuple clairement exprimée
fonde seule la légitimité des pouvoirs exercés
et des décisions prises en son nom. »

Manifeste des Patriciens, art. 115


LE SYSTÈME POLITIQUE DE LA CITÉ

Douzième et dernière vidéo, sur le système politique de la Cité, qui termine le cycle de mes vidéos consacrées aux aspects philosophiques et pratiques essentiels du Civisme. La première portait sur les conditions de la démocratie ; la dernière portera sur la façon de la mettre en œuvre. La boucle est bouclée. Mais il n’est possible de mettre en œuvre la démocratie dans la Cité que parce que la Cité réunira toutes les conditions requises. Adopter aujourd’hui tout ou partie du système politique dont il va être question serait inévitablement un fiasco ; ce serait un peu comme essayer de transformer une Deux chevaux en remplaçant certaines pièces par celles d’une Ferrari. Imaginez ce que cela peut donner ! Pas grand chose ! Comme je l’ai dit dans la vidéo précédente, la démocratie, c’est la cerise sur le gâteau ; elle couronne un tout, et c’est tout ou rien. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je rappellerai donc les conditions de la démocratie.

Il y a deux conditions. La première : des Citoyens réellement égaux, égaux en devoirs et en droits. C’est la Carte civique qui, en conférant à tous les Citoyens le droit d’accéder librement au marché, du fait même qu’ils soient Citoyens, garantira entre eux l’égalité en droits, qui justifiera à son tour leur égalité en devoirs, même si ce devrait être le contraire. Mais le problème a toujours été davantage celui des droits que des devoirs, à cause de la monnaie qui incarne les droits et les répartit inégalement entre les individus qui, généralement, remplissent leurs « devoirs » et sont donc exploités pour la plupart. Dans la Cité, plus de monnaie, plus d’inégalité ; tous les Citoyens sont égaux sur le plan économique et ont donc potentiellement le même poids politique, pour la même raison que les riches ont plus de poids politique dans le système monétaire.

La deuxième condition : un corps politique sain, c’est-à-dire constitué de patriotes, le droit de cité ne devant logiquement appartenir qu’aux Citoyens ayant à cœur de défendre la Cité et ses intérêts. Aussi la Cité distingue-t-elle la Citoyenneté, à laquelle sont attachés les droits économiques et sociaux, de la Nationalité, à laquelle sont attachés les droits politiques. Pour pouvoir prétendre à la Nationalité, les Citoyens doivent d’abord satisfaire des critères identitaires qui indiquent qu’ils sont français, si on prend le cas de la France, mais le principe vaut pour tous les pays ; pour l’acquérir et la conserver, ils doivent ensuite remplir des devoirs particuliers qui prouvent leur attachement et leur fidélité envers la Cité.

J’ai dit que tous les Citoyens auraient potentiellement le même poids politique et, en même temps, que seuls les Citoyens nationaux jouiraient des droits politiques. Mais il n’y a pas de contradiction. Les Citoyens ordinaires ne jouissent pas des droits politiques parce qu’ils ont dédaigné la Nationalité et refusé, en connaissance de cause, de remplir les devoirs qui la confèrent ; il n’y a aucune injustice, aucune inégalité ; ils se sont exclus eux-mêmes du corps politique dont il ne tenait qu’à eux de faire partie ; c’est leur choix, leur liberté ; ils doivent en assumer les conséquences. Ils ont suscité la défiance ; ils sont condamnés au silence. Du reste, la Citoyenneté seule est plus que suffisante au quotidien ; elle dépasse déjà nos rêves le plus fous, elle offre tout ce que les combats politiques ont en vain essayé d’obtenir.

Ainsi la Cité est un système dans lequel il n’y a pas de monnaie, pas de riches, pas de pauvres, dans lequel tous les Citoyens, qui constituent la Cité au sens large, sont égaux en droits économiques et sociaux, mais dans lequel seuls les Citoyens nationaux, qui sont assurément patriotes, jouissent du droit de cité et constituent la nation, le corps politique, le peuple souverain.

Je peux, maintenant que les bases sont posées, présenter le système politique proprement dit.

De même qu’un corps a besoin d’une tête, le corps social a besoin d’un chef. Sans chef, il n’y a pas de groupe, pas d’ensemble, pas d’unité ; seulement une cohue d’individus, tiraillée par toutes les volontés particulières et menacée d’explosion à tout instant. Un groupe n’existe que s’il s’incarne dans un chef, un chef dans lequel il se reconnaît et qui offre un visage au monde extérieur. On peut disserter sur les modalités de son érection, sur la nature de sa fonction, sur l’étendue de son pouvoir, le fait est qu’il en faut un… et la seule chose qui compte, au final, c’est qu’il soit légitime. La légitimité du chef concerne deux aspects : 1) la façon dont il a accédé à cette fonction, 2) la façon dont il l’exerce. Un chef n’est légitime que s’il est accepté comme tel par le groupe, quelle que soit la façon dont il l’est devenu (circonstances, hérédité, élections, nomination, sélection, etc.) ; il ne le reste, légitime, que s’il exerce ses fonctions dans l’intérêt et selon la volonté du peuple, sans quoi il tourne nécessairement contre le peuple les pouvoirs qu’il a reçus pour le servir, suscite donc l’hostilité et ne se maintient, d’une manière ou d’une autre, que par la force qui lui ôte toute légitimité. Un chef légitime est un serviteur du peuple. Les traîtres et les tyrans perdent toute légitimité. Mieux vaut un usurpateur qui parvient à se faire aimer qu’un chef légal qui en vient à se faire détester.

Ces considérations portent le Civisme à proposer que la Cité soit dotée d’un Président élu au suffrage universel pour un mandat de dix ans, non-renouvelable, avec une consultation nationale à mi-mandat pour savoir s’il peut continuer ou s’il doit se retirer piteusement, auquel cas des élections présidentielles sont provoquées, auxquelles il ne peut plus désormais prendre part. Le Président est le chef de l’exécutif ; il a pour fonction de gouverner selon les lois, quitte à en proposer pour mener à bien la politique qu’il a promise. Il forme à sa guise le gouvernement dont il est le chef. Il est également le chef des armées.

Le pouvoir législatif, lui, est confié à un Parlement ou Chambre des députés. La moitié des députés est élue par les départements, au suffrage universel majoritaire, l’autre moitié est pourvue par les partis politiques en proportion du nombre de voix obtenu par eux au niveau national lors de ce même suffrage. C’est donc un système mixte qui permet à toutes les tendances d’être représentées tout en permettant à des majorités de se former. Mais j’entends déjà les objections ! « Comment ? Des élections ! Élire nos maîtres ! » Je n’ai pas fini ! Laissez-moi le temps de développer !

La Démocratie, la vraie, est le système politique dans lequel les lois sont l’ouvrage du Peuple. Mais il est bien évident que, lorsque les Citoyens (nationaux) sont trop nombreux pour s’assembler et légiférer pour adopter directement les lois eux-mêmes, une forme de délégation s’impose ; ils doivent confier le travail législatif à une portion d’entre eux. La supercherie du système soi-disant représentatif, c’est de s’arrêter à ce stade de la réflexion, c’est de confier auxdits délégués le soin non seulement de préparer les lois mais encore de les adopter eux-mêmes et de les imposer au peuple, comme si leur volonté se confondait avec celle du peuple qui les a délégués, comme si leurs lois étaient l’expression de la volontaire populaire. La logique veut et l’expérience n’a que trop attesté que des délégués ainsi affranchis du peuple ne représentent individuellement et collectivement qu’eux-mêmes, qu’ils finissent par mettre leurs intérêts particuliers au-dessus de l’intérêt général. Dans ce cas, oui !, les élus sont des maîtres, et les élections, des « pièges à cons ». Et cela est plus vrai encore dans un système intrinsèquement inégalitaire comme l’est le système monétaire ! Mais je n’ai pas dit que le processus législatif s’arrêtait à cette étape qui n’est que la première.

Pour que les lois soient l’ouvrage du peuple, il n’est pas nécessaire que le peuple les forme lui-même, ce qu’il ne peut pas faire ; il suffit que l’ouvrage de ses délégués soit approuvé par ratification populaire, avec possibilité, pour le peuple, de le rejeter. Le peuple ne peut pas légiférer, mais il peut être consulté, il doit être consulté pour que des projets de lois, s’ils obtiennent son assentiment, deviennent véritablement des lois. En clair, tout projet de loi imaginé par le Parlement devrait être soumis à référendum. Mais ceci présente une nouvelle difficulté. Le peuple ne peut pas être consulté tous les jours, toutes les semaines, tous les mois, même si cela est possible techniquement grâce à Internet ! Les lois doivent être réfléchies et les Citoyens n’ont ni le temps ni forcément l’envie d’y réfléchir, du moins aussi fréquemment. Les lois importantes, qui touchent aux questions fondamentales et aux domaines essentiels, qui engagent l’avenir de la Cité (comme les traités internationaux), doivent être soumises à référendum. Mais les autres ? Comment faire pour que les lois soient l’ouvrage du peuple sans que celui-ci soit consulté ?

Le Civisme propose une solution. Puisque le peuple ne peut pas être consulté dans son entier toutes les cinq minutes, il suffit de pouvoir en consulter une portion représentative ; il faut donc instituer une assemblée composée d’un nombre important de Citoyens (nationaux) tirés au sort (puisqu’ils ne peuvent être élus comme les députés) et chargés, pour une durée ni trop courte ni trop longue (par exemple un an), de représenter en corps la Nation. Mais cette représentation reste approximative. Aussi, pour être sûr que la Nation partage les positions de cette assemblée, ses décisions ne doivent pas être prises à la majorité simple mais, par exemple, à la majorité des deux tiers. Si les deux tiers de ces Citoyens sont d’un avis, il est plus que probable que cet avis aurait recueilli au moins la majorité auprès du peuple consulté dans son entier. Le Civisme appelle cette assemblée « le Tribunal de l’Opinion Publique » ou « T.O.P. », et ses membres, « les Censeurs ».

La première fonction du T.O.P. est de ratifier les lois ou de les rejeter par défaut. Entendons bien : le T.O.P. doit se prononcer positivement, donc à la majorité des deux tiers, pour que les projets qui lui sont soumis deviennent lois. Les projets qui n’obtiennent pas la majorité des deux tiers sont rejetés ou renvoyés à qui de droit. Le T.O.P. peut aussi, de la même manière et de sa propre initiative, abolir des lois en vigueur. La même procédure s’applique aux lois envisagées par le Gouvernement, qui n’est donc plus tributaire du Parlement. En revanche, et c’est une autre de ses fonctions, si le T.O.P. n’a pas à approuver la politique du Gouvernement, il peut s’y opposer. Autrement dit, il ne s’agit plus dans ce cas de voter « pour » telle ou telle mesure, mais de voter « contre », ce qui n’est pas du tout la même chose. Cela permet au Gouvernement d’agir à sa guise jusqu’au moment où sa politique suscite une désapprobation massive et sans équivoque.

Le T.O.P. qui représente le peuple comme aucune autre institution peut avoir, de par sa nature, bien des fonctions qu’il est impossible de toutes énumérer ici. C’est lui, par exemple, qui fait office de conseil constitutionnel, puisqu’il n’y a de constitutionnelle que la volonté du peuple. C’est lui qui nomme, pour une durée indéterminée, le Ministre de la Justice, afin que celui-ci ne soit pas assujetti au Gouvernement et que son indépendance soit aussi complète que possible. Il peut provoquer des référendums quand il n’a pas su trancher une question qui lui paraît importante. (Le Président a aussi cette faculté, de même que les Citoyens par le biais de pétitions.) Il reçoit toutes les plaintes des Citoyens (au sens large) et peut saisir les tribunaux. Il est au-dessus de toutes les hiérarchies ;  il n’y a au-dessus de lui que la constitution et le peuple qui peut seul la modifier. Il peut seul mobiliser la Garde nationale (vidéo 11), qui est, du reste, quasi autonome. Il doit approuver les opérations militaires à l’étranger et peut les suspendre. Bref, il est le peuple dans tout ce qui se fait au nom du peuple.

Dans la Cité, les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire sont bel et bien séparés, ils ne sont plus confondus sous prétexte de se contrebalancer, mais tous sont, comme il se doit, soumis au peuple, soit directement soit virtuellement via le T.O.P. Voilà pour le système politique au niveau national. Les mêmes principes prévalent au niveau local, quoique appliqués de manière différente.

Les communes élisent leur maire, lequel s’entoure d’adjoints et constitue avec eux, pour cinq ans, la municipalité. Les électeurs, eux, constituent autant de Municipes qu’il y a de bureaux de vote dans la commune. Les Municipes sont le contre-pouvoir au niveau communal, départemental et régional, sans oublier que les Citoyens peuvent toujours, individuellement ou en corps, recourir au T.O.P. face aux pouvoirs locaux. Chaque Municipe dispose d’un local dans lequel les électeurs peuvent se réunir à volonté pour discuter des affaires publiques, de même qu’ils organisent leurs séances comme bon leur semble. Les Municipes ne peuvent pas s’opposer directement à la Municipalité, car les votes internes, à la majorité, ne sont pas nécessairement représentatifs, en raison des absences, mais ils peuvent, en ralliant un certain nombre de Municipes à leur idée, provoquer des référendums pour s’opposer à des projets municipaux. Ils peuvent de la même manière, mais à condition de rallier un nombre plus important de Municipes au niveau du département ou de la région, s’opposer à des projets départementaux ou régionaux. Les départements sont gérés par l’assemblée des maires, et les régions, par des maires délégués par chaque département. La Cité dégraisse le mammouth !

Voilà dans les grandes lignes, le système politique de la Cité. Il est, me semble-t-il, aussi démocratique qu’un système politique peut l’être sans tomber dans la démagogie. Il obéit à un principe : ce qui se fait au nom du peuple ne peut se faire sans le peuple ; mais il ne faut pas que, sous ce prétexte, tout soit bloqué et que rien ne se fasse. Le peuple doit être souverain et sur le papier et dans la pratique ; il doit avoir assez de pouvoir légal pour imposer sa voix, s’opposer aux abus et déjouer les trahisons, mais pas suffisamment pour pouvoir abuser de sa propre puissance et étouffer les institutions quand elles remplissent correctement leurs fonctions. C’est cela le véritable équilibre.


Pour conclure cette série de vidéos, j’attire votre attention sur deux points.

Le premier, c’est que ces vidéos sont évidemment moins complètes, moins profondes, que mes livres. J’ai laissé de côté beaucoup de détails et même des sujets importants comme, par exemple, l’accès au sol et à l’habitat ou encore les Commissions dont il a été question dans la vidéo 9 sur les entreprises. J’invite ceux qui ont été interpellés par ces vidéos et qui désirent en savoir plus à lire mes livres ou mon livre « Tout sur le Civisme » qui réunit en un seul tous mes ouvrages sur le sujet, à savoir le « Réquisitoire contre Largent », « Le Civisme ou Théorie de la Cité », « Le Civisme illustré » et « Principes universels de l’ordre social ou Bases de la Société à usage universel ». Ils ne sont pas édités proprement dit ; ils sont imprimés sur commande par TheBookEdition, qui permet également de se les procurer, pour moins cher, en version PDF. Vous les trouverez soit en passant par mon blog « philippelandeux », soit, tout simplement, en tapant les titres dans google.

Le deuxième point, c’est que la théorie du Civisme réside entièrement dans le  concept d’une Carte civique (vidéo 7), qui lui-même découle du Principe selon lequel « Un Citoyen a des droits, dont celui d’accéder au marché, parce qu’il est Citoyen ». Tout part de cette idée. Ma théorie de la Cité n’est que l’exposé des conséquences inéluctables de ce Principe et des mesures logiques et indispensables pour que l’édifice tienne debout. Quiconque réfléchit en partant de ce Principe devrait arriver grosso modo aux mêmes conclusions. Mais certains voudraient sans doute aller encore plus loin, imaginer l’organisation de la Cité dans le moindre détail. Je ne vais pas jusque-là et je m’y refuse. C’est à la fois impossible, inutile et ridicule : impossible parce que nous n’avons pas toutes les données ; inutile, parce que nous pouvons imaginer tout ce que nous voulons, les Citoyens feront en leur temps ce qu’ils voudront ; ridicule, parce que c’est précisément impossible et inutile. Une théorie aussi tatillonne passerait d’ailleurs pour le fruit d’un esprit tyrannique. Rien de mieux, donc, pour la discréditer. En fait, pareille exigence a pour but de trouver ou plutôt d’invoquer de soi-disant failles pour justifier de renoncer à tout et rester dans le système monétaire, pour être lâche devant l’inconnu en sauvant la face à ses propres yeux ; c’est le prétexte de ceux qui, au fond, se disent : Périssent les Principes plutôt que Largent ! Je dis, moi, périsse Largent plutôt qu’un Principe !

Le message est délivré, à l’oral comme à l’écrit. Tout est accompli.

 Largent est un Tyran !
L’Égalité ou la Mort !

Vive la Révolution !

12:01 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 15 mai 2015

DISTINCTION ENTRE CITOYENNETÉ & NATIONALITÉ (vidéo 11)

Vidéo 1 – Qu’est-ce que la démocratie ?
Vidéo 2 – Qu’est-ce que Largent ?
Vidéo 3 – Qu’est-ce que la monnaie ?
Vidéo 4 – Anachronisme du système monétaire
Vidéo 5 – Qu’est-ce que l’Égalité ?
Vidéo 6 – Le Contrat social de la Cité
Vidéo 7 – Le moyen d’échange de la Cité : la Carte civique
Vidéo 8 – Retraite & chômage dans la Cité
Vidéo 9 – Les entreprises dans la Cité
Vidéo 10 – La Cité et les échanges internationaux


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Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image.

 

« Citoyenneté et Nationalité sont deux choses distinctes :
la première est un choix d’ordre économique et vital, la
seconde d’ordre politique et sentimental. »

Manifeste des Patriciens, art. 102

 

CITOYENNETÉ & NATIONALITÉ
DANS LA CITÉ

Dans la prochaine vidéo, la vidéo 12, je présenterai le système politique de la Cité, du moins tel que je le conçois. Mais ce système politique repose sur des postulats inédits et des notions (Égalité, Société ou Cité, Citoyenneté, Nationalité) qui ne sont aujourd’hui que des mots vides de sens. Ces fondations sont plus importantes que le système lui-même et appellent tant d’explications qu’il est préférable de les traiter à part, ce que je vais faire dans la présente vidéo.

Je rappellerais tout d’abord les idées de bases du Civisme ou de la Cité, pour ceux qui n’auraient pas vu les précédentes vidéos.

La Cité est constituée de Citoyens librement associés (voir la vidéo 6 sur le Contrat social) et égaux en Devoirs et en Droits, égaux notamment dans le Devoir de participer à la vie de la Cité (selon ce qu’elle considère comme une participation), égaux notamment dans le Droit de profiter des bienfaits de la Cité. Pour qu’ils soient réellement égaux dans le Droit fondamental de profiter des bienfaits de la Cité, tous les Citoyens ont aussi le droit indirect d’accéder librement au marché. C’est la Citoyenneté, le fait qu’ils soient Citoyens, qui leur confère ce droit, par lequel passent la plupart des droits. Pour attester leur Citoyenneté auprès des commerçants et exercer leur droit d’accès, les Citoyens disposent d’une carte à puce dite Carte civique. Pour ceux qui n’ont pas compris, cela signifie qu’il n’y a pas de monnaie, pas d’unité sous quelque nom que ce soit, et que tous les Citoyens jouissent d’un pouvoir d’achat a priori indéfini ou illimité en théorie (voir la vidéo 7 sur la Carte civique) ; ils sont égaux parce que quelle que soit leur manière d’user de leur droit, l’infini égale l’infini. Il n’y a pas d’autre forme possible d’Égalité. L’Égalité, c’est ça !

Espérer atteindre un résultat similaire en conservant la monnaie est une vue de l’esprit, même en modifiant son fonctionnement, ce qui est une autre vue de l’esprit (voir la vidéo 4). Par définition, une monnaie incarne le droit d’accéder au marché et tous les droits qui passent par celui-là, de sorte que les individus n’ont de droits qu’en proportion de la monnaie qu’ils ont (gagnée on ne sait comment), que les Citoyens n’ont aucun droit en tant que tels, que la Citoyenneté est vide de sens, que la Société ne joue plus son rôle de garantir les droits de ses Citoyens, qu’il n’y a donc pas de Société, sinon une illusion de Société, puisqu’il n’y a pas de Citoyens. Par ailleurs, la monnaie limite le pouvoir d’achat (sans même parler du fait qu’elle le limite inégalement), de sorte que le pouvoir d’achat des individus est nécessairement et nettement inférieur à celui des Citoyens, et que le pouvoir d’achat global est en deçà de l’optimum économique. Autrement dit, la monnaie bafoue les Principes et n’est même pas bonne en pratique. Elle est tout aussi funeste en politique !

Un système monétaire est fatalement inégalitaire, puisque la monnaie ne peut pas se répartir également et que c’est par elle que passent la plupart des droits. Or plus un individu a de droits aux dépens des autres, plus il a de droits sur eux, plus il a de poids et de pouvoir dans le système. Grâce la monnaie, les riches ont, par définition, le pouvoir sur les pauvres ; ils les tiennent par le ventre ; et il y aura toujours des riches et des pauvres dans un système monétaire. Le pouvoir des riches est d’abord économique ; mais c’est le vrai pouvoir. Partant, ils s’emparent du pouvoir politique ou l’asservissent, pour renforcer leur pouvoir économique. Le pouvoir politique n’est pas une finalité en soi ! Ainsi, un système monétaire, inégalitaire par nature, est fatalement oligarchique (pouvoir de quelques-uns) et ploutocratique (pouvoir des riches). Ce constat indéniable, que très peu ont visiblement fait, est fondamental pour qui veut ériger un nouvel ordre politique. Il nous apprend que l’organisation politique n’est jamais que la cerise sur le gâteau. L’important, c’est le gâteau ! Et, généralement, ceux qui en ont individuellement la plus grosse part se goinfrent aussi la cerise. Tant qu’un système est fondamentalement inégalitaire et permet à certains d’avoir plus de droits que les autres, on peut faire des pieds et des mains, cela ne change rien. Pire ! ne pas identifier l’inégalité comme le vrai fléau ou ne pas dénoncer la véritable cause de l’inégalité détourne l’attention des révoltés vers des leurres, dilapide en vain leur énergie, et rend le système d’autant plus invulnérable qu’il n’est pas sérieusement menacé. Loin de changer quoi que ce soit, cela contribue à maintenir les choses telles qu’elles sont. Mais on peut également déduire de ce constat que, pour que le système politique soit démocratique, c’est-à-dire le contraire d’oligarchique, il ne doit plus y avoir ni inégalité ni monnaie ni riches ni pauvres ; que tous les Citoyens doivent donc jouir réellement les mêmes droits et ainsi avoir le même poids politique (ce qui ne veut pas dire que tous auront des fonctions politiques, mais qu’aucun ne pourra être écrasé par le pouvoir politique ou, à l’inverse, qu’aucun ne pourra s’en emparer pour l’exercer à son profit ou celui de quelques-uns ; ce qui ne veut pas dire non plus que tous les Citoyens devront avoir les mêmes choses, mais que tous, de par leurs droits, pourront potentiellement les avoir). Telle sera précisément la situation dans la Cité. Les droits du Citoyen seront reconnus et garantis de manière structurelle ; personne ne pourra y attenter ; ils ne dépendront pas du régime politique qui, dès lors, sera démocratique par la force des choses.

Qu’est-ce que la démocratie ? La démocratie est le système politique dans lequel les lois sont réellement l’ouvrage du peuple. Je n’entre pas plus avant dans cette question qui fait l’objet de la première vidéo. Ce qui nous intéresse ici, c’est le mot « peuple ».

Que désigne-t-il ? Visiblement, le corps politique, c’est-à-dire l’ensemble des individus jouissant du droit de cité. Théoriquement, tous les Citoyens devraient avoir ce droit. Mais ce serait oublier que tout droit est la contrepartie de devoirs. Or, dans le système appelé « Cité », les devoirs du Citoyen relèvent du domaine économique et social ; ils ne génèrent pas et ne justifient pas la jouissance du droit de cité. Par ailleurs, le droit de contribuer à la formation des lois de la Cité suppose que l’on vit et que l’on se destine à vivre à jamais sous les lois qu’on l’on a contribué à faire adopter, que l’on a à cœur de défendre les intérêts de la Cité, que l’on est viscéralement attaché à la Cité. Mais la Citoyenneté est trop facile à acquérir et trop liée à l’intérêt personnel pour être le gage d’un tel attachement ; et il serait aussi aberrant que dangereux de confier, en tout ou partie, le présent et l’avenir de la Cité à des natifs qui se prennent pour des « citoyens du monde » comme à des immigrés qui ne savent toujours pas où ils campent. Bref, la Citoyenneté est nécessaire mais pas suffisante pour avoir le droit de cité ; celui-ci doit être l’apanage des Citoyens qui, quelles que soient leurs origines, n’ont non seulement donné à la Cité aucune raison de se défier d’eux mais qui, encore, lui ont prouvé leur fidélité en répondant à ses appels et en remplissant volontairement des devoirs particuliers, comme, par exemple, un service national. Ces devoirs particuliers et ces droits politiques confèrent et caractérisent un statut, distinct de la Citoyenneté, que le Civisme appelle « la Nationalité ». La Nationalité, comme la Citoyenneté, s’acquiert et se conserve par des actes. Nul ne naît avec ; nul n’en hérite ; chacun doit la mériter. Ni droit du sol, ni droit du sang ; pas de droits sans devoirs ; pas de devoirs sans droits. Il apparaît ainsi que, si l’ensemble des Citoyens constitue la Cité, la Cité au sens large, la Nation, elle, c’est-à-dire la Cité en tant que corps politique ou peuple, est plus restreinte et n’est constituée que des seuls Citoyens nationaux. — J’insiste sur le fait que la Nationalité (et les droits qui vont avec) se mérite, qu’elle est à la portée de tout Citoyen volontaire, que ce n’est donc pas la Nation qui exclut certains Citoyens, mais ces derniers qui n’ont pas voulu en faire partie. Je précise, en outre, que tous les Citoyens, nationaux ou non, sont égaux en devoirs et en droits en tant que Citoyens ; la Citoyenneté signifie la même chose pour tous. Les devoirs et les droits attachés à la Nationalité n’entrent pas dans la balance générale. La différence légitime entre les Citoyens ordinaires et les Citoyens nationaux n’est pas une inégalité ; c’est justice.

Cette distinction entre Citoyenneté et Nationalité n’aurait pas lieu d’être si tous les Citoyens étaient natifs de la Cité et naturellement patriotes. Mais à l’heure des voyages, des l’immigration, de l’expatriation, de l’individualisme, de la xénophilie, de l’universalisme, de l’euro-mondialisme, du communautarisme, impossible de savoir d’emblée qui est quoi dans sa tête ! impossible non plus d’ignorer que la Cité fourmille de traîtres et d’intrus ! Cette distinction sera d’autant plus indispensable que les droits politiques seront bien plus étendus dans la Cité qu’aujourd’hui. Ils ne se limiteront pas à glisser un bout de papier dans une urne tous les cinq ans pour élire un oligarque sans parole et donner ainsi un vernis de légitimité à sa tyrannie et à ses trahisons. Les Citoyens nationaux incarneront véritablement la Cité ; ils seront appelés à exercer, à tous les niveaux et dans tous les domaines, des fonctions politiques, voire économiques, qui n’existent pas encore.

Mais pourquoi, à l’inverse, ces deux mots sont-ils synonymes aujourd’hui, vu que citoyenneté et nationalité ne vont pas l’une sans l’autre ? Parce que la notion de Citoyenneté, telle que la conçoit le Civisme, n’existe pas. La « société » actuelle est incapable de reconnaître et de garantir les droits du Citoyen, puisque la plupart des droits passent par la monnaie qu’il appartient aux individus de gagner comme ils peuvent. Leurs droits ne dépendent pas d’elle, et ils n’ont aucun devoir envers elle. Dès lors, la « citoyenneté » est un statut sans contenu. Mais, comme le mot existe, il faut bien lui trouver un sens ; et comme la cité semble confondue avec la nation, c’est avec le mot « nationalité » que « citoyenneté » a été confondue. Mais la notion de nationalité (qui est en quelque sorte l’équivalent de la citoyenneté dans les cités antiques où seuls les guerriers étaient citoyens et jouissaient du droit de cité) était déjà elle-même indigente ; elle exprime vaguement le fait d’appartenir à une nation, de par la naissance et la culture ; elle suppose le devoir de la défendre, mais n’implique guère de droits en retour, du fait du système monétaire : droit à la charité nationale (et encore !), droits politiques réduits à l’illusoire (ploutocratie oblige !). Aussi, cet amalgame, loin de redonner du sens à la citoyenneté n’a fait que diluer et affaiblir un peu plus celui de la nationalité. Les droits n’y ont rien gagné ; les devoirs, l’identité, la nation y ont tout perdu. Étant impossible de lier la citoyenneté à des devoirs et de renforcer ceux qui confèrent la nationalité, bientôt la notion même de devoir a été abandonnée (par exemple, plus de service militaire). Or, sans devoirs, rien ne justifie plus que tels aient des droits que d’autres n’ont pas ; il n’y a plus de différence entre les hommes, entre les hommes et les femmes, entre les adultes et les enfants, entre les natifs et les étrangers, entre les patriotes et les apatrides, entre les immigrés légaux et clandestins, entre les honnêtes gens et les crapules ; rien ne compte ; tout se vaut ; tout le monde a droit à ce à quoi les Français ont droit ; tout le monde a le droit d’être français ; tout le monde est français. Pour l’être légalement, quand on n’est pas né en France, il faut quand même le demander. Et ceux qui ne le demandent pas, qui ne le sont en rien ? Hé bien ! ils sont là, ça suffit ! Et ceux qui ne sont pas là ? Hé bien ! qu’ils viennent ! La nationalité, c’est faire acte de présence, et être présent, c’est être français. En somme, être français ne veut plus rien dire ; la porte est ouverte à tous les abus, toutes les inepties.

Mais pendant que le système détruit tout ce qui a du sens et multiplie les sophismes humanistes pour se donner un air social et généreux aux frais du contribuable, les véritables droits des Citoyens, les droits essentiels, ne sont toujours ni reconnus ni garantis ; et les droits des véritables Français sont niés et bafoués toujours un peu plus. Les travailleurs immigrés (et il ne devrait y avoir d’immigration que de travail, selon les besoins et les intérêts de la Cité), les travailleurs immigrés, dis-je, qui participent à la vie de la « Cité » et devraient donc être Citoyens, ne sont pas reconnus comme tels, puisqu’ils ne sont pas français ; ils ont un statut bâtard qui les expose à l’exploitation, plus encore que les travailleurs français ; ce qui n’empêche pas d’envisager de leur accorder le droit de vote et de faire comme s’ils avaient la Nationalité sous prétexte qu’ils mériteraient la Citoyenneté. Bien sûr, les champions du « pas d’amalgame » qui soutiennent cette proposition sont aussi les chantres du « pas de discrimination » qui ne reculent devant aucune généralité. Ils avancent pas à pas, mais c’est bien à tous les immigrés, sans condition, légaux et illégaux, qu’ils sont prêts à accorder ce droit au final, non pour en faire des Français, mais pour que les Français ne soient pas davantage que les étrangers dans leur propre pays.

Je me résume. L’absence de distinction entre Citoyenneté et Nationalité et d’existence d’un statut particulier du Citoyen font qu’un individu présent dans la « société » est nécessairement tout ou rien. Mais comme il est inacceptable qu’il ne soit rien et qu’il ne peut être simplement quelque chose, il faut qu’il devienne facilement « tout » ou jouissent, au moins, des droits que cela procure. Ainsi, au lieu d’avoir deux statuts précis et chargés de sens, adaptés à chacun, impliquant des devoirs et conférant des droits, il n’y en a plus qu’un, sans substance, dans l’intérêt de personne. L’idéologie droits-de-l’hommiste, antiraciste, immigrationiste, sans-frontiériste, europériste, capitaliste, justifie le phénomène, mais elle ne fait que surfer sur une lame de fond impulsée par le système monétaire lui-même ; elle est sans nuance parce que ce système ne permet pas la nuance et que les humanistes autoproclamés et patentés, loin de résister à Largent et à sa logique, au nom de la Société et de la véritable humanité, c’est-à-dire de la patrie et de l’Égalité bien comprise, en sont consciemment ou non les plus ardents défenseurs, ce qui fait d’eux les plus vils suppôts du capitalisme et les collabos de le pire espèce.     

Pareille confusion sera impossible dans la Cité. La Carte civique établira l’égalité entre les Citoyens, leur apprendra leurs devoirs et leurs droits et réveillera la notion de mérite. La Citoyenneté garantira tant par elle-même qu’il ne paraîtra pas aberrant que la Nationalité soit un statut distinct, complémentaire et facultatif (cela semblera même juste et nécessaire) et que nul n’aura le front d’en réclamer les avantages s’il n’en a accepté les inconvénients. Je terminerai donc cet exposé en présentant les modalités d’acquisition de la Nationalité dans la Cité, du moins telles que je les conçois.

Être français, si on prend le cas de la France, ce n’est pas être espagnol, algérien ou javanais. Être français, c’est faire partie du peuple de France et en être, sans l’ombre d’un doute, un représentant. Cela suppose, en premier lieu, l’adoption des codes d’appartenance propres à ce peuple, hérités de son histoire. En clair, avant de pouvoir prétendre à la Nationalité française, il faut remplir notamment les critères qui attestent que l’on est bien français et pas autre chose. Voici ces critères a minima : 1) avoir un prénom français ou en prendre un, 2) maîtriser la langue française tant à l’oral qu’à l’écrit, 3) ne pas se vêtir de manière typiquement étrangère, 4) résider en France ou être Citoyen de France depuis au moins dix ans (par exemple), 5) ne pas avoir d’autre nationalité ou y renoncer.

Ces conditions tombent sous le sens ; elles se passent d’explications. Ceux qui ergotent, soit pour s’y soustraire personnellement, soit pour y soustraire autrui sous prétexte de tolérance, qui cherchent à défendrent leurs cas ou leurs conceptions aux dépens de la France, prouvent par-là même qu’ils ne sont pas français dans leur tête. Celui qui ne comprend pas qu’il n’y a pas de France sans Français et que miner la francité, c’est détruire la France, est indigne du nom de « français ». Point !

Les Citoyens admis à la Nationalité devront assister à la cérémonie collective de naturalisation qui aura lieu une fois par an, dans chaque préfecture et sous-préfectures, le jour de la fête nationale, cérémonie au cours de laquelle ils prêteront le serment de préserver le Contrat social et de défendre la Cité contre tous ennemis extérieurs et intérieurs. Ils seront dès lors officiellement français, quoique de manière temporaire et sans jouir d’aucun droit particulier, puisqu’ils n’auront encore rien fait pour les mériter. Ils devront, dans les cinq ans qui suivront, accomplir un service national d’un an. Les services, autres que militaires, comporteront néanmoins une formation militaire et contribueront, d’une manière ou d’une autre, à la défense nationale. Ce n’est qu’à l’issue de ce service qu’ils jouiront des droits du Citoyen français. Ils n’en auront pas pour autant terminé avec le service national. Les militaires, notamment, seront réservistes pendant au moins 15 ans et formeront la Garde nationale. Tous les Citoyens français seront par ailleurs susceptibles d’être tirés au sort pour exercer, une fois dans leur vie, pendant un an, des fonctions politiques mais surtout économiques. Tels seront les devoirs particuliers du Citoyen français, ou ce que j’appelle les devoirs-droits, puisque ce sont à la fois des devoirs et des droits. En retour, eux seuls auront les droits : 1) d’exercer les professions et d’occuper des fonctions dans les domaines régaliens, c’est-à-dire ceux qui constituent l’armature de la Cité (police, justice, administrations publiques, etc.), 2) le droit de cité, c’est-à-dire de participer, à tous les niveaux, au processus législatif et à la vie politique (ce qui, à l’inverse, sous-entend que les Citoyens non-nationaux n’auront le droit de s’en mêler en aucune manière), 3) d’accéder au sol, soit comme outil de travail (les paysans), soit pour leur habitat (maisons, villas).

Là encore, je n’entrerai pas dans les explications ; je renvoie à la théorie du Civisme pour ceux qui en voudraient. Je conclus en attirant l’attention sur le fait que la Nationalité, en tant que statut, ne sera pas acquise une fois pour toute. Les reniements, les manquements aux devoirs du Français et du Citoyen, les crimes la compromettront. Au final, les Citoyens bardés de la Nationalité seront d’une fidélité à toute épreuve et la Cité pourra sans hésiter leur confier sa vie et ses intérêts. La confiance sera la contrepartie de toutes ces exigences. Les Citoyens nationaux constituant le Peuple français seront réellement souverains. Il ne pourrait en être de même avec des Français « de papier ». Dans ces conditions, qui sont notre lot actuel, la Démocratie serait fatale à la Cité.

 

Vidéo 12 – Le système politique de la Cité

11:15 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

dimanche, 10 mai 2015

LA CITÉ ET LES ÉCHANGES INTERNATIONAUX (vidéo 10)

Vidéo 1 – Qu’est-ce que la démocratie ?
Vidéo 2 – Qu’est-ce que Largent ?
Vidéo 3 – Qu’est-ce que la monnaie ?
Vidéo 4 – Anachronisme du système monétaire
Vidéo 5 – Qu’est-ce que l’Égalité ?
Vidéo 6 – Le Contrat social de la Cité
Vidéo 7 – Le moyen d’échange de la Cité : la Carte civique
Vidéo 8 – Retraite & chômage dans la Cité
Vidéo 9 – Les entreprises dans la Cité

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Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image.

 

« Il n’y a aucune raison pour qu’un corps
social purgé de Largent ne puisse pas évoluer
aussi bien dans un monde monétaire qu’un
individu, ayant un corps physique, plongé dans
une « Société » monétaire. »

Réquisitoire contre Largent, p. 150

 

LA CITÉ ET LES ÉCHANGES INTERNATIONAUX

Dixième vidéo de cette série consacrée aux points clés de ma théorie du Civisme. Pour ceux qui auraient loupé les précédents épisodes, je rappelle que le Civisme vise à instaurer un système social appelé « Cité », fondé sur le principe de l’égalité des Citoyens en devoirs et en droits, en devoirs notamment de participer à la vie de la Cité, et en droits, notamment d’accéder au marché. Dans ce système, c’est la Citoyenneté, attestée par une « Carte civique », qui confère le droit d’accéder librement au marché, lequel droit passe aujourd’hui par la monnaie. Dans ce système, il n’y a pas de monnaie ; le mode d’échange ne repose plus sur ce que le Civisme appelle « Largent », c’est-à-dire la « croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger ». Pour autant, la Cité n’est pas une réaction à Largent ; elle respecte seulement les préceptes de l’Égalité. Au final, cela semble revenir au même (Largent disparaît), mais lutter contre Largent et lutter pour l’Égalité sont des démarches radicalement différentes qui ne se confondent pas nécessairement. Lutter pour l’Égalité bien comprise revient à lutter de facto contre Largent ; mais l’inverse n’est pas vrai ; c’est d’autant moins vrai que seule une bonne compréhension de ce qu’est l’Égalité permet de comprendre ce qu’est Largent. En fait, qui ne lutte pas en premier lieu pour l’Égalité (et toutes les notions qui lui sont consubstantielles) ne fait que contester certains aspects de la monnaie ; il n’est donc pas totalement affranchi de la logique monétaire et ne maîtrise pas davantage la logique sociale. Or, un des problèmes, en apparence insurmontable, qui paralyse le plus l’esprit et interdit de concevoir un système non-monétaire, c’est celui des échanges internationaux.

Il est évident qu’aucune « Société » moderne ne peut vivre en totale autarcie ; même les plus riches en matières premières ont besoin d’apports extérieurs sous une forme ou une autre. « Mais comment une Société qui aurait aboli la monnaie pourrait-elle continuer à commercer avec le reste du monde et assouvir ainsi certains de ses besoins ? Elle ne pourrait pas. Conclusion : on ne peut pas renoncer à la monnaie. » Tel est le raisonnement de la plupart des gens qui se posent la question. Parce qu’ils ne voient pas de solution, ils s’empressent de se soumettre à Largent. Mais n’est-ce pas plutôt parce qu’ils n’ont ni le désir ni le courage de défier Largent qu’ils ne trouvent pas la solution ? Comment pourraient-ils, du reste, la trouver en posant aussi mal le problème ? Remarquons que d’autres raisonnent aussi mal, mais en sens inverse ! Ils supposent qu’une société non-monétaire ne pourrait échanger avec des pays monétaires et prônent, du coup, l’abolition de la monnaie dans tous les pays simultanément… une révolution au niveau mondial ! Mais des rêveurs de ce genre ne feront jamais des révolutionnaires. Déjà, ils n’auront jamais ni les moyens ni la force de faire une révolution à ce niveau. Ensuite, les conditions de la révolution sont rarement réunies dans un pays et elles ne le seront jamais dans tous en même temps. Surtout les conditions de cette révolution-là ! Par ailleurs, cette version gauchiste du mondialisme est l’expression d’un individualisme typique du capitalisme ; elle est le fait de capitalistes qui s’ignorent. Enfin, cette chimère provient et conduit à la fois au sans-frontiérisme et au droits-de-l’hommisme, donc à la destruction des pays, des nations, des peuples, autrement dit des sociétés, hors desquelles il n’y a ni devoirs ni droits, ni Égalité possible. Bref, vouloir la révolution partout est un prétexte ou du moins le meilleur moyen de ne jamais la faire quelque part, à commencer par chez soi qui est le seul endroit où l’on puisse éventuellement agir.

Quel est le donc problème ? Une Société, qui a fait la révolution et fonctionne sans monnaie, a toujours besoin de se procurer des choses auprès de pays qui, eux, sont encore monétaires. Hé bien ! en quoi la situation d’une Société plongée dans un monde monétaire est-elle différente de celle d’un individu dans cette situation ? Une Société est un corps social ; un individu a un corps physique. Les Citoyens sont au premier ce que les cellules et les organes sont au second. Ces deux corps fonctionnent sans monnaie. Comment un individu fait-il ? Comment faisons-nous, puisque nous sommes tous dans cette situation ? Tout d’abord, nous pouvons produire quelque chose et l’échanger, c’est-à-dire faire du troc. Le troc est le mode d’échange primitif et naturel entre deux entités, que ces entités soient des individus ou des collectivités. Mais nous pouvons aussi travailler pour avoir de la monnaie et, avec cette monnaie, nous acheter notamment à manger. Nous n’ingérons pas d’argent ; notre corps fonctionne sans monnaie en interne, il n’en crée pas et pourtant nous en utilisons dans la mesure où nous n’avons pas le choix. Pour la Cité, ce sera exactement la même chose, le même principe. Elle aura renoncé à la monnaie, en interne, mais y aura recours, si nécessaire, dans ses relations avec les autres pays, ce qui ne fera pas pour autant d’elle un système monétaire, ce qui ne compromettra en rien l’Égalité entre ses Citoyens.

La monnaie sert à acheter. C’est en pensant à cela que beaucoup se disent que la Cité ne pourra pas acheter et sera donc coupée du monde. Mais c’est oublier que les acheteurs ne créent pas la monnaie qu’ils utilisent ; ils doivent la gagner d’une manière ou d’une autre. Comment la Cité fera-t-elle ? Comment une Société connaissant le plein emploi, produisant en quantité des produits de qualité (voir les dernières vidéos), pourra-t-elle se procurer un budget pour régler ses importations ? Mais tout simplement en exportant, en vendant ses produits. C’est ici que les choses se compliquent.

Jusqu’ici, j’ai parlé de « Cité », mais il va de soi que la Cité n’existe et n’agit qu’à travers les parties qui la composent et qui forment un tout. Quand je dis : « La Cité produit », ce sont évidemment ses entreprises qui produisent. Quand je dis : « La Cité exporte », ce sont évidemment les entreprises qui exportent, qui vendent leurs produits à l’étranger. Mais alors, en quoi la Cité est-elle concernée ; en quoi les exportations lui rapportent-elles ? Il faut bien comprendre que « Cité » n’est pas le mot creux tel que celui de « société » utilisé aujourd’hui. La Cité est véritablement un être collectif. Tout, dans la Cité, ne respire que par et pour la Cité. C’est la Cité qui garantit les droits de chacun ; c’est envers elle que chacun a des devoirs, dont l’accomplissement permet à la Cité de garantir lesdits droits. Quand une entreprise produit, elle sert à la fois ses intérêts et l’intérêt général : l’intérêt de ses employés, qui est d’être Citoyens ; son intérêt à elle, qui est d’exister et d’éviter les sanctions (vidéo précédente) ; et l’intérêt de l’ensemble des Citoyens, c’est-à-dire de la Cité, qui est de jouir de ses produits ou de ses services. Quand elle exporte, même chose, à la différence près que la Cité profite de tout ou partie de sa production sous forme de monnaie, car c’est elle qui récolte le fruit financier des exportations. Mais alors, quel intérêt pour les entreprises d’exporter ?, pourrait-on se demander quand on n’a toujours pas compris comment fonctionne la Cité.

Dans la Cité, les entreprises n’ont pas besoin de l’argent que rapportent leurs exportations ; elles ne payent rien, ni leurs employés, ni les machines, ni les matières premières, et elles ne sont évidemment pas soumises à des taxes ou des impôts. Tout ce qui provient de l’étranger et a un prix est payé par la Cité avec le produit global des exportations. Les entreprises ne verront donc aucun inconvénient à ce que le revenu de leurs ventes soit capté pour l’essentiel par la Cité (car elles pourront néanmoins disposer de quelques fonds propres pour des questions de facilité et de rapidité dans leurs opérations à l’étranger). En revanche, la possibilité d’exporter accroîtra la Demande potentielle pour leurs produits, ce qui augmentera leurs possibilités de remplir leurs conventions, c’est-à-dire d’atteindre leurs résultats conventionnels (vidéo précédente), car les achats étrangers compteront tout autant que les « ventes » dans la Cité. En somme, peu leur importera que leurs clients soient Citoyens ou étrangers pourvu qu’elles en aient et que la Cité soit satisfaite. — Remarquons que les produits de la Cité seront les moins chers sur le marché international ; qu’ils pourraient même être gratuits dans beaucoup de cas si les vendre pour obtenir de la monnaie n’était une nécessité nationale ; qu’ils défieront donc toute concurrence, ce qui, à la fois, consolidera et plaidera pour le modèle économique de la Cité qui ne tardera pas à faire des émules.

Bien sûr, tout ceci sera réglementé par des lois et fera l’objet de décisions politiques. La Cité, ici en tant qu’État, pourra, au gré de ses besoins, notamment financiers, inciter les entreprises à exporter, voire exiger que telle entreprise consacre tout ou partie de sa production aux exportations ou à des échanges internationaux ; elle pourra aussi limiter voire interdire les exportations ; lois et décisions n’affecteront en rien les entreprises et leurs employés.

Une institution dont il faut enfin dire un mot : le Trésor public, le porte-monnaie national. C’est dans ses caisses que seront versés tous les revenus des exportations. Il sera évidemment sous le contrôle de l’État et, plus largement, de la Cité. C’est lui qui établira les comptes de la Cité et fera des recommandations en tous genres pour équilibrer le budget. C’est lui aussi qui règlera les factures des entreprises… et des particuliers qui pourront, sous certaines conditions (qui dépendront de la loi), acheter directement des produits à l’étranger. Mais, le plus souvent, tous se procureront les produits étrangers via des centrales d’achat, plus faciles à gérer. Bref, la Cité mettra en place une administration qui aura en charge ces affaires, une machine pesante mais une paille comparé à la somme de toutes celles qui auront disparu

Reste la question de la circulation des personnes. Comment les Citoyens, qui n’auront pas d’argent personnellement, feront-ils pour voyager à l’étranger, que ce soit pour leur plaisir ou pour leur travail ? Une première réponse pourrait être que leurs frais seront à la charge de la Cité. Mais ce serait oublier que la question se posera aussi, dans l’autre sens, pour les touristes et travailleurs étrangers qui viendront dans la Cité ? La Cité ne restaurera pas la monnaie pour eux ; elle devra donc les doter, à leur arrivée, de Cartes temporaires pour qu’ils aient accès, librement ou dans certaines limites, à tout ce dont ils pourront avoir besoin ou envie. Il va néanmoins de soi que certaines choses seront pour eux inaccessibles, car il ne s’agira pas de leur permettre de faire leurs courses aux frais de la Cité, ce qui constituerait par ailleurs un manque à gagner pour leurs pays d’origine et un motif de discorde avec eux, alors même que la circulation des personnes reposera sur des conventions entre pays, comme c’est d’ailleurs souvent le cas déjà aujourd’hui. C’est précisément la raison pour laquelle on ne peut guère développer ce sujet, faute de pouvoir anticiper les conventions qui seront imaginées et adoptées. On peut toutefois affirmer que des solutions seront trouvées, que le renoncement à la monnaie par la Cité n’empêchera en rien ses Citoyens de voyager et les étrangers d’y venir.

Mais j’ai un peu digressé. Le problème sera que les Citoyens à l’étranger coûteront à la Cité tandis que les étrangers dans la Cité, eux, ne payeront rien durant leur séjour, ce qui, en l’état, ne serait pas équitable. On pourrait imaginer que les étrangers payent à la Cité une sorte de forfait. Mais à quel moment ? sur quelle base ? Le Civisme propose une solution simple, à sa façon.

Considérant que la Cité autorisera à ses Citoyens à l’étranger ce qu’elle autorisera aux étrangers chez elle ; considérant que, placés dans les mêmes conditions, Citoyens à l’étranger et étrangers dans la Cité consommeront en moyenne la même chose et coûteront donc en moyenne la même chose ; considérant que chaque pays saura exactement combien de ressortissants étrangers auront résidé annuellement sur son territoire et combien de jours ; la Cité pourra calculer combien l’ensemble de ses Citoyens aura dépensé dans l’année dans tel pays, donc, en divisant ce chiffre par la somme de jours qu’ils y auront passé, combien aura coûté en moyenne un Citoyen par jour. En multipliant le chiffre obtenu par le nombre de jours passés par les étrangers de tel pays dans la Cité, on obtiendra le coût global de ces derniers. (Chaque pays disposera évidemment des mêmes données pour faire le calcul.) Il apparaîtra alors qu’un pays à accueilli plus d’étrangers que l’autre, que les uns ont coûté légèrement plus que les autres, qu’un pays doit donc à l’autre la différence, juste la différence. Tout dépendra ensuite des modes de paiement utilisés par les Citoyens à l’étranger. Mais ceci relève du détail. Retenons qu’il existera des solutions dont une solution on ne peut plus simple et facile à mettre en œuvre à l’heure de l’informatique : deux grandes additions, une division, une multiplication, une soustraction. Remarquons par ailleurs qu’elle sera également on ne peut plus juste, que les pays dont la monnaie est faible ne seront plus défavorisés, car il n’y aura pas de question de change, les coûts étant établis dans leur monnaie.

Pour clore ce chapitre, on pourrait aussi imaginer que la Cité, quoique fonctionnant sans monnaie en interne, émette une monnaie, dans une quantité fixe, pour payer ses importations, sachant qu’elle permettrait seule, aux pays étrangers ou aux entreprises étrangères, d’acheter certains de ses produits ou d’obtenir de manière générale des tarifs préférentiels. Cette monnaie serait en quelque sorte gagée sur le produit de la Cité. Elle aurait non seulement de la valeur, puisqu’elle permettrait bien de payer des choses, mais ce serait même une valeur sûre, puisque l’économie de la Cité sera on ne peut plus performante et à l’abri de toute tempête financière. Au final, cette monnaie, cette devise serait particulièrement recherchée, ce qui ferait d’elle une des plus puissantes du monde, sinon la plus puissante, ce qui ne serait pas le moindre des paradoxes. Mais, je vous l’ai déjà dit, plus rien ne sera impossible à ceux qui auront osé défier Largent !

Largent est un Tyran !
L’Égalité ou la Mort !

Vive la Révolution !


Vidéo 11 – Distinction entre Citoyenneté et Nationalité

Vidéo 12 – Le système politique de la Cité

07:36 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |