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jeudi, 12 septembre 2019

LES BASES DU CIVISME EN VIDÉO

1.jpgVidéo 1 – Qu’est-ce que la démocratie ?
Vidéo 2 – Qu’est-ce que Largent ?
Vidéo 3 – Qu’est-ce que la monnaie ?
Vidéo 4 – Anachronisme du système monétaire
Vidéo 5 – Qu’est-ce que l’Égalité ?
Vidéo 6 – Le Contrat social de la Cité
Vidéo 7 – Le moyen d’échange de la Cité : la Carte civique
Vidéo 8 – Retraite & chômage dans la Cité
Vidéo 9 – Les entreprises dans la Cité
Vidéo 10 – La Cité & les échanges internationaux
Vidéo 11 – Distinction entre Citoyenneté & Nationalité
Vidéo 12 – Le système politique de la Cité

Vidéos complémentaires :

Évolution révolutionnaire - Les origines du futur

Manifeste des Patriciens

Méta TV (20 mai 2014) - Un monde sans argent

Tous mes livres (version papier)

Tout sur le Civisme (PDF gratuits)

 Révolution - Pourquoi-Comment 3 - bonne version.jpg

21:32 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer |

PRINCIPAUX ARTICLES du blog

Mes textes sont généralement des réflexions de fond. Mais ils tombent dans les oubliettes des archives à mesure que le temps passe alors que tous sont d’actualité. Il me paraît donc utile d’indiquer les plus importants sur un même document qui sera maintenu en première page, afin que vous puissiez les trouver facilement. Les plus récents sont néanmoins signalés en rouge.

LIVRES téléchargement gratuit

Civisme intégrale - recto présentation.jpgCouverture - recto - essai (contours).jpgRobespierre - l'Âme de la Révolution - présentation couv recto (contours).jpgCouverture recto - Vive la Nation (contours).jpg

 

 

 

 

 

 

 

 PRINCIPES

SCHEMAS

POLITIQUE

IMMIGRATION & ASSIMILATION

DIVERS

DES HOMMES

LES GILETS JAUNES

21:32 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

mercredi, 04 septembre 2019

PHILIPPE LANDEUX par lui-même

« On n’est jamais mieux servi que par soi-même. »

 

2016 12 05 - Moi.jpgPHILIPPE LANDEUX, théoricien et historien amateur, est une figure hors norme de la dissidence. Il se revendique de Gauche, canal historique, et prône un système égalitaire et patriotique, sans argent, baptisé « la Cité ». Il martèle que, « pour faire la Révolution demain, il faut sauver la France aujourd’hui », et que « la Révolution consistera à anéantir Largent au nom de l’Égalité et de la Patrie ». Quoique trans-courant, parce qu’ayant sa propre ligne, il est mieux accepté par les « nationalistes » non dénués de fibre sociale que par les gauchistes qui ne vibrent que pour l’immigré et voient en lui un « néonazi ».

Il est né à Montpellier le 1er février 1973. Parcours scolaire sans problème. Inscrit sans enthousiasme à la faculté de sciences économiques de Montpellier, il provoque son appel pour le service militaire, qu’il effectue en 1995-1996 dans les parachutistes. Revenu à Montpellier à l’été 1996, il décide de monter à Paris pour faire du dessin de presse, avec l’idée de redresser le patriotisme. C’est alors que, par ses lectures dans les transports, il découvre la Révolution française en général et Robespierre en particulier. Il réfléchit de son côté et se met à écrire sur des petits sujets de société. Dès son arrivée à Paris, il a adhéré au « Parti radical socialiste » croyant naïvement que c’étaient des socialistes radicaux. Il comprend vite que ce n’est qu’une machine à assurer des places et la gamelle à quelques notables.

Le 4 décembre 1997, tout bascule. Une idée inconcevable pour un capitaliste (que nous sommes tous malgré nous) germe dans son esprit : « Un citoyen a le droit d’accéder (librement) au marché parce qu’il est citoyen ». Il est abasourdi. Cette idée est à la fois une critique radicale du système monétaire (donc du capitalisme) et le principe de base d’une Société digne de ce nom. En quelques semaines, il rédige une première version de la théorie qui en découle : « La Société du Travail » (SDT). En 1999, il en rédige une seconde (anéantie par un virus).

En 2000, il écrit un « Réquisitoire contre Largent ou théorie de l’Égalité ». (C’est à cette occasion qu’il forge le mot « Largent » qui désigne ce qui est, pour lui, la quintessence du système monétaire, à savoir « la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger ».) La même année, pour s’occuper et renouer avec sa passion, il crée un site Internet dédié à Robespierre « Incorruptible hier, inconnu aujourd’hui ». Il en sort un ouvrage que les éditeurs ignorent comme tout le reste. À la même époque, il crée un autre site dédié, lui, à l'abolition de la monnaie. (Ces deux sites ont disparu avec le serveur multimania.)

En janvier 2001, en quête de gens capables d’entendre ses idées sur Largent, il adhère à la CNT, les anarcho-syndicalistes, qui se réfèrent à la guerre civile espagnole durant laquelle furent créées des communautés non-monétaires. Mais il ne rencontre guère d’écho, et son patriotisme viscéral s’insurge devant leur internationalisme qui masque un anti-nationalisme, un anti-patriotisme, un sans-frontiérisme et, au final, un immigrationnisme typiquement capitalistes.

En 2002, dans l’idée d’être plus consensuel et d’amener à sa théorie en douceur, il écrit une « théorie de la Propriété », dans laquelle il examine ce qu’est la Propriété dans l’absolu pour faire ressortir l’influence de Largent et du système monétaire sur sa conception actuelle. Ces deux ouvrages, « Théorie de la Propriété » et « Réquisitoire contre Largent ou théorie de l’Égalité » forment les deux premiers volets d’une trilogie qu’il complète, en 2003, en réécrivant sa théorie sous le nom de « Civisme ou théorie de la Cité ». Son œuvre principale est achevée.

Il se lance alors dans la lecture des recueils des actes du Comité de salut public dont il extrait tous les éléments importants ou utiles, un travail qui va l’accaparer pendant des années. En 2006, il consulte les dossiers du Tribunal révolutionnaire de Paris pour obtenir les chiffres exacts.

Fin 2004, il s’inscrit sur les listes électorales pour pouvoir voter NON au référendum qui doit avoir lieu en 2005 sur le Traité Constitutionnel Européen.

En avril 2010, il propose un article sur les prénoms à Riposte Laïque (« La discrimination au berceau ») qui le publie sous le titre « Hymne aux prénoms français ». Une quarantaine d’articles suivront (souvent critiques à l’égard de la ligne générale). Lors d’une manifestation en soutien à Éric Zemmour, il rencontre Pierre Cassen, fondateur de RL, et réalise qu’il le connaît personnellement depuis 2005, date à laquelle celui-ci militait pour le NON au Traité Constitutionnel Européen. C’est à la faveur d’une conférence de ce dernier, au Local, en novembre de la même année, qu’il fait la connaissance de Serge Ayoub, pour lequel il éprouve de suite de la sympathie. L’homme défend Robespierre, la Révolution, la République (au vrai sens du terme) ; il est sur une ligne sociale et nationale, de Gauche authentique. Philippe Landeux reconnaît en lui un Jacobin. Ceci étant, il n’adhèrera pas plus à « Troisième voie » qu’il ne se convertira au « solidarisme ». 

En 2010 encore, il crée son blog « Philippe Landeux – Réflexions politiques » sur lequel il publie des textes de fond, notamment « Principes universels de l’Ordre social ou Bases de la Société à usage universel » (2010), « Si j’étais président en 2012 » (2011), un programme en 144 points, « Lettre ouverte à Alain Soral » (2012), sur l’assimilation et la foutaise d’une réconciliation, « De la force des choses (hier et demain) » (2013) ou encore « Une doctrine révolutionnaire pour la camp national : le Civisme » (2017).

Vers 2010 toujours, il découvre la possibilité offerte par TheBookEdition de rendre accessibles ses ouvrages, imprimés sur commande. En 2011, il « publie » ainsi coup sur coup « les Principes » (traduits en anglais en 2019), le « Réquisitoire », « le Civisme », et « le Civisme illustré », dont les PDF sont disponibles gratuitement sur son blog , et qu’il réunira en 2013 dans « Tout sur le Civisme ».

En 2011, à l’approche des élections présidentielles qui doivent avoir lieu l’année suivante, il rédige un programme en 144 points : « Si j’étais président en 2012 ». Il ne s’agit pas d’appliquer sa théorie, mais de faire au mieux dans les conditions d’alors pour sauver la France et, à la marge, de préparer le terrain pour la Révolution. Il n'appartient à aucun parti politique, mais il ne cache pas sa préférence. « Je vote Font National, parce que je suis de Gauche. » Il a une conception toute particulière de l’échiquier politique, loin des étiquettes officielles. Pour lui, le classement ne devrait pas se faire horizontalement, mais verticalement selon ce qu’il appelle « échelle politique ». Le haut de cette échelle est la perfection sociale qui est le but à atteindre et qui s’articule autour du principe d’Égalité (des citoyens en devoirs et en droits) et des notions consubstantielles à ce Principe, à savoir le Peuple (les citoyens), la Nation (la cité), le patriotisme (défense du peuple et de la nation), la souveraineté du Peuple (démocratie), la souveraineté nationale (indépendance) et la non-ingérence, le tout n’ayant véritablement de sens que dans un système non-monétaire. Or toutes ces notions (sauf la remise en cause de la monnaie) furent défendues par Robespierre qui fut le père de la Gauche, et le sont aujourd’hui par le Front National, présenté comme d’« extrême droite » par une « Gauche » officielle qui a renoncé à toutes et s’est faite traître à la patrie au nom de l’Autre et de Largent, en dernière analyse.

En août 2011, il est invité par Franck Abed, royaliste notoire, qu’il a rencontré l’année précédente au Local, pour son premier entretien vidéo (aujourd’hui introuvable). En septembre 2011, Serge Ayoub lui donne l’occasion de faire sa première conférence sur « Largent, le tyran à abattre ». (Une deuxième, sur Robespierre, aura lieu en novembre l’année suivante.)

En 2012, Serge Ayoub lance un journal au nom évocateur « Salut Public », avec pour exergue, proposée par Philippe Landeux : « Il n’y a de légitime que la volonté du Peuple ». C’est pour illustrer cette feuille que ce dernier reprend ses crayons. Ses dessins, signés « Blic », représentent des blaireaux qui, simplifiés, ressemblent à des rats. Lorsque l’aventure « Salut Public » cesse, il continue de dessiner et publie ses dessins sur son blog et son facebook. Ils attirent l’attention de Zéon qui lui propose de les publier sur la page des dessins de la semaine d’E&R. Ainsi en ira-t-il pendant deux ou trois ans, jusqu’au clash entre Alain Soral, qu’il ne connaît pas personnellement et dont il a critiqué implacablement la ligne, et Daniel Conversano, pour lequel il prend parti (décembre 2016).

En octobre 2012, paraît « Robespierre, la Terreur des traîtres à la Nation », aux Éditions du Pont d’Arcole. Il s’agit moins d’une biographie qu’une étude des points controversés ou essentiels. L’année précédente, Serge Ayoub lui a demandé de rédiger une notice sur Robespierre, pour faire connaître ce personnage à ses troupes, mais Philippe Landeux, en perfectionniste, est allé beaucoup plus loin.

En décembre 2012, le 6, il est invité par la radio Ici & Maintenant pour exposer ses théories sur Largent et sur une Société non-monétaire.

Début 2013, il a l’idée de publier les discours de Robespierre qui ont encore une résonance. Mais il y en a tant qu’il opte pour l’exhaustivité et publie l’intégrale de ses grands discours, complétée de toutes les interventions et de tous les documents importants ou utiles pour comprendre la pensée du personnage. Il intitule cette somme « Robespierre parle aux Français ». (Étienne Chouard, admirateur notoire de Robespierre, en fera la promotion. Philippe Landeux, qui s’intéresse à lui depuis qu’il l’a entendu promouvoir le tirage au sort, procédé qui figure dans sa théorie de la Cité, l’a rencontré le 19 décembre 2012. Mais le « Réquisitoire contre Largent » qu’il lui a remis ne l’a pas interpellé.) Peu après, il sort « Robespierre, l’Âme de la Révolution » , qui reprend, corrige et complète « Robespierre, la Terreur des traîtres à la Nation » (introuvable). Le 11 mai, au Salon du Livre, l’Agence Info Libre l’interviewe sur Robespierre et la Révolution. Fin mai, le Cercle des Volontaires l’invite pour une émission sur le même sujet. Cette même année, il publie encore « Tout sur le Civisme ».

En 2014, reprenant la forme de son travail sur le Comité de salut public, il publie dans « La Guerre de l’Ouest, dite de Vendée » , tous les arrêtés du Comité, décrets de la Convention et lettres des représentants en mission sur le sujet. (Le 14 décembre 2012, il avait débattu avec Reynald Secher, chantre d’un « génocide vendéen ». ) Le 22 janvier 2015, il présentera son ouvrage à Méta TV (où il est déjà passé le 20 mai 2014 pour parler de la Révolution française et d’une Société sans argent. ) Il publie également un recueil des textes importants publiés sur son blog, sous le titre de « Vive la Nation ! » (cri de ralliement des révolutionnaires). En décembre, il rencontre Daniel Conversano avec lequel il se lie d’amitié. Il est, selon lui, un de ces talents du camp national qui, s’il avait le déclic, pourrait provoquer le déclic chez beaucoup d’autres. Daniel reste septique mais l’invite, en juillet 2016, à présenter sa théorie dans son émission « Vive l’Europe ! » . En revanche, Philippe Landeux lui a fait découvrir et apprécier Robespierre à travers la biographie de Jean Massin, et ils lui consacreront une émission (Robespierre et les Gilets Jaunes) en juillet 2019.

En 2015, il réalise une série de 12 vidéos pour présenter les points clés du Civisme et en publie, en format poche, les textes dans « Révolution, les Bases du Civisme – Pourquoi renverser Largent ? Comment instaurer l’Égalité ? ».

En 2017, il décide de finaliser et de publier ses anciens travaux sur la Révolution : « le Tribunal révolutionnaire de Paris » (2017), « les arrêtés du Bureau de police générale » (2018), « le Comité de salut public & les représentants en mission » (2019 ?).

En 2018, outre « les arrêtés du Bureau de police générale », il publie également sa « Théorie de la Propriété », en partie réécrite et préfacée par Jean-Yves Dufour, et un recueil de textes, « Contre Courant » , dans lesquels il critique les divers courants de pensées politico-économiques (l’économie distributive, le marxisme, les théories a-monétaires, le démocratisme, le capitalo-libéralisme, etc.).

Fin 2018, il s’enthousiasme pour les Gilets Jaunes, dont il perçoit néanmoins les faiblesses (pratiques et idéologiques) et prévoit l’impuissance. Il veut aider de ses conseils. Il écrit fébrilement et poste ses textes (la plupart doublés de vidéo) sur son facebook et des groupes Gilets Jaunes comme on jette une bouteille à la mer : « Le dilemme des Gilets Jaunes – Des représentants ou pas ? » , « Gilets Jaunes : RIC ou RIP ? », « Appel aux Gilets Jaunes - Pour une levée en masse en faveur du Référendum d’Initiative Populaire (R.I.P.) », « Le combat des Gilets Jaunes – Le Référendum d’Initiative Populaire », « Les Gilets Jaunes & les Révolution d’hier et de demain », « Projet pour l'instauration d’un vrai Référendum d’Initiative Populaire ».

L’œuvre de Philippe Landeux, colossale, est aussi mal connue que lui. Ses ouvrages sur la Révolution française s’adressent à des spécialistes alors qu’il est lui-même étranger aux cercles universitaires, tandis que son « patriotisme intégral » le rapproche malgré lui d’un camp ouvert au gloubi-boulga contre-révolutionnaire et anti-républicain. Par ailleurs, sa théorie, découlant tout entière d’un principe inédit, générant ses propres concepts, ne s’insère dans aucune tradition (un comble pour un tel féru d’Histoire) et n’a même aucune parenté, de près ou de loin, avec aucune autre théorie (les ressemblances ne sont que fortuites ou illusoires). Enfin, sa ligne radicalement « anticapitaliste » heurte ce qu’il appelle « les préjugés monétaires » et l’éloigne (sur le plan des idées) de tous ceux avec qui il a des accointances. Les contacts et les affinités qu’il a dans le milieu « dissident » n’implique pas, de sa part, une adhésion à leurs lignes respectives ; c’est lui qui aimerait les voir évoluer vers la sienne. Peine perdue jusqu’à ce jour ; il reste seul sur sa branche. (Les gauchistes qui aimeraient le mettre dans une case sont, là comme ailleurs, complètement à côté de la plaque.) Convaincu que le Civisme devrait être le point de ralliement de tous les patriotes et de tous les nationalistes conséquents et serait entre leurs mains l’arme la plus redoutable, il sait aussi que la France est en danger de mort et que le combat contre Largent, pour l’Égalité bien comprise, aussi indispensable soit-il, sous peine de tourner éternellement en rond, peut attendre encore un peu.

 

Livres (disponibles sur TheBookEdition)

2011 – Principes universels de l’ordre social ou bases de la Société à usage universel
2011 – Réquisitoire contre Largent ou théorie de l’Égalité
2011 – Le Civisme ou théorie de la Cité
2011 – Le Civisme illustré
2013 – Robespierre, l’Âme de la Révolution
2013 – Tout sur Le Civisme, la Révolution du XXIe siècle
2013 – Robespierre parle aux Français
2014 – La Guerre de l’Ouest dite de Vendée, 1793-1794
2014 – Vive la Nation !
2015 – Révolution, les bases du Civisme – Pourquoi renverser Largent ? Comment instaurer l’Égalité ?
2017 – Le Tribunal révolutionnaire de Paris
2018 – Les arrêtés du Bureau de police générale
2018 – Théorie de la Propriété
2018 – Contre Courants - Critiques de la théorie de l’Économie distributive & autres projets alternatifs, doctrines, mesures, courants de pensée…

 

04 septembre 2019

17:18 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

mardi, 13 août 2019

PRINCIPES UNIVERELS DE L'ORDRE SOCIAL (version anglaise)

Principes universels (version anglaise) - couv recto.jpg« Principes universels de l’Ordre social ou Bases de la Société à usage universel ». Le titre dit tout, du moins révèle-t-il le contenu exact de ce petit ouvrage. Il ne s’agit pas d’évoquer les Principes, d’agiter mille questions sans jamais y répondre, mais d’énoncer clairement (en 96 points) lesdits Principes, de les dérouler l’un après l’autre, depuis leur origine jusqu’à ses conséquences les plus éloignées.

Les Principes de l’Ordre social n’ont rien d’arbitraire. Ils découlent de la raison d’être de la Société qui est de garantir à ses membres la Sécurité que leur instinct de conservation les pousse à rechercher en premier lieu en son sein. Tout ce qui est légitime, d’un point de vue social, est déterminé par ou d’après ce leitmotiv. Cette quête fixe les rapports qui doivent s’établir de proche en proche dans tous les domaines entre Citoyens ; elle dicte la définition même de la Citoyenneté, donc aussi celle de la Cité et de tous les concepts sociaux. Rien n’est légitime dans la Société qui néglige ou contrarie de manière directe ou indirecte la raison d’être de la Société elle-même et ce que chacun de ses membres est en droit d’en attendre.

Les Principes de l’Ordre social sont intangibles, immuables, universels et intemporels. Ils peuvent être niés, bafoués, oublié, mais ils ne sauraient être éteints. Ils brûlent quelque part dans la conscience de tous les êtres qui ont été dotés d’une nature sociable. Il ne s’agit pas d’expliquer ici comment les hommes les ont perdus de vue, mais de les leur mettre sous les yeux pour que cette chandelle redevienne un flambeau. Et, pour qu’ils ne les oublient plus, il fallait, pour ainsi dire, les graver dans le marbre.

Cet ouvrage s’adresse à tous les hommes de tous les temps. Il fut écrit en français. Il est maintenant traduit en anglais. Un jour, il le sera dans toutes les langues.

 

Philippe Landeux

13 août 2019

PDF gratuits

Principes universel de l'Ordre social

Universal Principles of the Social order

07:50 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

lundi, 08 juillet 2019

LE VRAI LIBERALISME OU LE LIBERALISME ABSOLU

Le libéralisme est la traduction sur le plan économique de la Liberté en tant que Droit (ou, plus exactement, en tant que Droit fondamental). Or le droit a pour cadre la Société ou la nation ; il n'existe pas au-delà, si ce n'est de manière illusoire ou frauduleuse (le droit international n'est jamais que la volonté du plus fort). Le libéralisme, le vrai, n'est donc pas sans-frontiériste ou mondialiste. Il s'arrête au contraire aux bornes de la Société ; il n'a de sens qu'entre Citoyens.

Mais une Société a aussi pour Principe fondamental l'Egalité des Citoyens en devoirs et en droits, Principe bafoué par le système monétaire, intrinsèquement individualiste et inégalitaire. Le libéralisme, le vrai, suppose donc un système non monétaire. Pratiqué entre Citoyens égaux en droits (dont celui d'accéder librement au marché), il ne confère pas toutes les libertés à quelques-uns seulement ; il confère à tous toutes les libertés qui n'anéantissent pas le pacte social. La libérte n'est pas un droit illimité ; elle est bornée, comme tout droit, par les devoirs du Citoyen, par les droits des autres Citoyens, par les intérêts de la Société (exprimés par la loi) et par la nature des choses. Une Société digne de ce nom ne peut garantir à personne un droit destructeur pour elle-même.

Ainsi, le vrai libéralisme, expression d'un ordre social harmonieux, est-il l'exact contraire de ce que le capitalisme présente comme tel (liberté illimitée pour les riches ou liberté de faire tout ce que l'argent permet) et qui ne peut être que du capitalo-libéralisme, c'est-à-dire du libéralisme faussé par l'argent, faussé au point d'être méconnaissable.

03:44 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG, 7.1. PENSEES DU JOUR | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

mardi, 21 mai 2019

LA CAUSE DES CAUSES (schéma)

La cause des causes - Pyramide de Landeux.jpg

15:49 Écrit par Philippe Landeux dans 5. SCHEMAS, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 01 février 2019

THÉORIE DE LA PROPRIÉTÉ (livre)

La Propriété - couv présentation (deuxième version).jpg

La question de la Propriété n’occupe pas le débat social depuis toujours par hasard. Le fossé entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas devait nécessairement être au cœur des conflits sociaux et amener des interrogations. Aussi une foule d’auteurs s’est-elle penchée sur le problème, soit pour le justifier et s’en accommoder, soit pour en comprendre l’origine et y remédier. Mais, si tous en ont senti l’enjeu, aucun n’a percé son mystère. Tous ont été influencés par les « propriétaires » qui réclamèrent et réclament encore à grands cris que la Propriété soit reconnue comme un droit fondamental et sacré, de sorte que, cédant à un réflexe d’opposition, nul n’est allé assez loin dans l’analyse pour se rendre compte que la Propriété est en soi un faux débat et que la clé du problème social est ailleurs.

Ouvrage disponible sur TheBookEdition :

Version papier : 17,50 € + frais de port

Version PDF : 7,00 €

14:18 Écrit par Philippe Landeux dans - MES LIVRES, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

samedi, 12 janvier 2019

LE MUR INVISIBLE

« Peu m’importe de le concevoir,
si l’expérience m’atteste qu’il existe. »

Robespierre, 31 mai 1783

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Un vieil ami vient enfin de comprendre ce que je lui dis depuis 15 ans. J’avais beau lui expliquer sur tous les tons ; il n’entendait pas. Du reste, je sais qu’une coquille ne peut se briser que de l’intérieur. Il fallait qu’il ait un déclic ; il vient de l’avoir. Il l’a eu tout seul mais une réflexion qu’il s’est fait de son côté lui a soudain fait se remémorer tout ce que je lui avais dit. Soudain, ce qui lui paraissait obscur est devenu pour lui évidence. C’est lui, maintenant, qui explique aux autres.

 

« Je me souviens de nos discussions. Plus exactement, je me souviens qu’il [Philippe Landeux] me parlait, mais je n’entendais rien de ce qu’il me disait. Je le prenais pour un illuminé. Je le trouvais rébarbatif à toujours parler d’argent. J’étais fort de mes certitudes. Maintenant que j’y songe, je mesure combien j’étais creux et ridicule. Je croyais être supérieur au troupeau parce que je marchais en parallèle sur des chemins moins fréquentés qui ne mènent eux-mêmes à rien. En fait, je tournais en rond comme tout le monde. Je me rends compte que je n’étais pas prêt à faire le bond prodigieux auquel il m’invitait. Il me tendait la main pour m’aider et je me convainquais qu’il demandait l’aumône. Quel courage ! Quelle patience ! À sa place, j’aurais eu pitié de moi, comme les autres, aussi sourds que moi avant, me font pitié aujourd’hui. Je n’ai pas sa force. Lui, il s’est construit tout seul contre le monde entier. Il a tout supporté sans broncher, sans dévier, sans s’emporter, sans se perdre. L’image qui me vient est celle d’un phare planté sur une rocher en haute mer. Moi, j’ai la fébrilité d’un chien qui vient de trouver un os. J’oublie que Philippe Landeux m’indiquait depuis 15 ans où le trouver, et je deviens fou quand, indiquant à mon tour aux autres où le trouver, je les vois passer à côté ou s’en détourner. Il faut que je me calme. J’étais comme eux et je sais pourquoi.

» Nous avons un mur dans la tête, un mur invisible, dont nous ne soupçonnons pas l’existence, un mur pourtant évident dont nous allons jusqu’à nier l’existence quand on nous la signale. Ce mur forme une prison mentale. Nous nous croyons libres parce qu’il n’y a pas de mur autour de nous. Inutile ! Le mur est en nous, dans notre esprit. Nous ne le concevons pas parce qu’il a façonné notre conception des choses et que nous voyons le monde à travers lui. Ainsi, le monde est-il ce que nous en faisons en fonction de ce que nous pensons, et ce que nous pensons nous est inculqué par le monde tel qu’il est. C’est un cercle vicieux. Tout se tient ! Tout est conforme ! Tout est normal ! Tout va très bien, madame la marquise !

» Ce mur, c’est Largent. J’ai longtemps cru que « Largent » était la monnaie, qui n’est elle-même, d’après moi et selon l’opinion générale, qu’un instrument neutre. Je me trompais déjà sur la monnaie : elle n’est pas neutre puisque, d’une part, elle fonctionne selon des règles propres et immuables, qui tiennent à son origine et à sa nature, puisque, d’autre part, elle a des effets logiques et inévitables, pour ainsi dire « mathématiques » ; de sorte que les hommes, qui cautionnent son existence, sont obligés de jouer à son jeu et d’en subir les conséquences, quitte à s’en plaindre en vain. Je faisais mon mariole en disant qu’il dépendait des hommes d’utiliser la monnaie autrement, correctement, de la mettre au service de l’Humanité ! Je ne comprenais vraiment rien à rien. C’est dingue ! Je ne voulais pas entendre ce que Philippe Landeux me disait. Ou plutôt, mon esprit refusait de l’entendre, et ce pour une raison simple : ce qu’il disait remettait en cause mon logiciel et je « buggais », ni plus ni moins. Moi, l’homme libre, je réagissais en robot !

» Ce que me disait Philippe Landeux sur le système monétaire, sur le fonctionnement et les effets de la monnaie, sur le fait que nous jouons au Monopoly grandeur nature, avec les conséquences désastreuses, d’un point de vue général, qui sont bien celles du Monopoly, tout cela aurait été acceptable et audible s’il n’allait lui-même beaucoup plus loin. Il ne se contentait pas de dénoncer, comme tout le monde, « Largent roi » ; il appelait à le renverser, à l’anéantir au nom de l’Égalité et de la Patrie ! Pour commencer, cela implique d’envisager de sortir du système monétaire, ce qui, pour des esprits formatés par le système monétaire lui-même, est déjà inconcevable et rédhibitoire. Mais la monnaie n’est pas Largent ! Elle n’en est que l’instrument. Ce que Philippe Landeux appelle « Largent », c’est la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger. C’est cette croyance, née de la pratique du troc et qui véhicule les schémas de ce mode d’échange, c’est cette croyance, dis-je, qui nous condamne à recourir à des unités de valeur que nous appelons « monnaie ». Cette croyance, quelle qu’ait été son origine, nous est aujourd’hui inculquée par le système monétaire dans lequel nous vivons. Le système nous inculque sa logique profonde et, logiquement, nous ne concevons d’autres mécanismes que les siens, nous sommes, pour ainsi dire, programmés pour reproduire ce système. Ainsi, quand Philippe Landeux parle d’anéantir Largent, si cela suppose d’instaurer à terme un système fondé sur autre chose, cela consiste, en premier lieu, à identifier cette croyance universellement partagée et à la remettre en cause. Autrement dit, il s’attaque à une idée qui est en chacun de nous, que chacun défend comme si elle était la sienne propre ou, pire, s’obstine à en nier l’existence pour ne pas avoir à en admettre les conséquences et reconnaître sa part de responsabilité. Mais, qu’il s’agisse de défendre un préjugé en tant que tel ou de refuser d’admettre ce préjugé pour ne pas avoir à remettre en cause la vision du monde et les options personnelles que cette vision (combinée au caractère individuel) a déterminées, dans les deux cas, chacun sent bien qu’un pas dans cette direction ébranlerait tout ce qu’il tenait jusque-là pour acquis. Inviter à faire ce pas est perçu et présenté comme une agression, ce qui justifie d’être agressif en se faisant passer pour l’agressé et de se dérober au débat en prétendant que l’on ne peut pas discuter. Du reste, l’esprit va plus vite encore. Il perçoit la menace bien avant l’intellect. Le mur invisible est étanche. Il empêche autant de rentrer que de sortir. Au moindre danger extérieur ou intérieur, au moindre risque de lézarde, il ferme les écoutilles et lance le pilote automatique. Ainsi des hommes qui dénoncent tous les aspects du système monétaire se mettent au garde-à-vous devant Largent ; des hommes lucides trouvent extravagant de lier les problèmes financiers à l’existence de la monnaie, et le recourt à des unités de valeur à la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger ; de soi-disant anticapitalistes débitent soudain tous les préjugés monétaires. Ils sont programmés. Ils croient exprimer leurs idées, mais c’est Largent qui parle à travers eux.

» Nous sommes tellement persuadés de savoir ce qu’est Largent que nous ne nous posons jamais sérieusement la question et n’avons à son sujet que des réponses toutes faites et grotesques. Comme je l’ai dit, on ne voit pas au-delà de la monnaie sur laquelle on se trompe déjà du tout au tout. Que la monnaie, qui met en œuvre une certaine conception de l’échange, soit le fruit d’une certaine logique, d’une certaine idée, nous sidère ! Affirmer que la notion de valeur marchande est une croyance nous révolte ! Non ! La notion de valeur marchande est une certitude ; elle est indispensable aux échanges ! Nous contestons la définition que Philippe Landeux donne de Largent en opposant la définition même de Largent, en prouvant que nous sommes imprégnés au plus profond de nous-mêmes par la croyance en question !

» Cette certitude et cet enfermement seraient néanmoins compréhensibles si Philippe Landeux ne révélait les raisons et le moyen de sortir du système monétaire, s’il n’y avait donc pas d’alternative. Car le fait qu’il y en ait désormais une démontre que la notion de valeur marchande n’est pas absolument nécessaire pour échanger (sauf dans le cadre du système monétaire où l’échange est organisé par rapport à elle) et que cette notion, cette idée, loin d’être une certitude, une vérité éternelle, n’est bien qu’une croyance passagère et un mensonge. Mais Largent, ce mur que nous avons dans la tête, nous interdit d’être honnêtes ; il nous empêche d’entendre ce discours qui le menace ; il nous empêche de comprendre le ressort du monde qui est le nôtre ; il nous empêche, à plus forte raison, d’imaginer le ressort d’un monde autre. Ainsi nous n’entendons pas plus ce que Philippe Landeux nous dit sur Largent que ce qu’il nous dit sur l’Égalité ou sur la Société qu’il appelle « la Cité ». Je vais quand même essayer de vous exposer le cœur de son projet qui n’est pour l’instant qu’une théorie, comme l’est tout projet pour l’avenir.

» Il part de l’idée qu’une Société est composée de Citoyens, que la Citoyenneté signifie la même chose pour tous les individus qui en sont revêtus, donc que tous les individus qui veulent être Citoyens doivent être soumis aux mêmes conditions pour le devenir et le demeurer. Tous les Citoyens ont donc les mêmes devoirs et doivent donc jouir des mêmes droits. Il explique d’ailleurs que la notion de devoir (envers les autres, envers ses Concitoyens, envers la Cité) n’a de sens que dans la réciprocité, et que des Citoyens ayant nécessairement les mêmes devoirs les uns envers les autres se garantissent mutuellement les mêmes droits. Pour lui, les notions de devoirs, de droits, d’Égalité, de Citoyenneté, de Société ou Cité sont indissociables, ou ne sont que des mots creux, comme c’est le cas aujourd’hui — ce qui amène à se demander comment il a pu articuler un tel discours alors que les notions auxquelles celui-ci fait appel n’existaient pas. Voilà le pourquoi de l’Égalité, d’une d’Égalité purement théorique à ce stade mais qui, déjà, rompt avec les foutaises universalistes. Voilà maintenant le comment :

» Un des principaux devoirs du Citoyen est de participer à la vie de la Cité, selon ce que celle-ci considère comme une participation. En retour, le principal droit du Citoyen est de profiter des bienfaits de sa Cité, bienfaits à l’existence desquels il a contribué, par ses devoirs, à l’égal de ses Concitoyens. Comme une partie de ces bienfaits consiste en produits et services mis sur le marché, le droit pour les Citoyens de profiter des bienfaits de leur Cité implique celui d’accéder au marché. Entendons bien que c’est la Citoyenneté, ou le fait d’être Citoyens, qui leur confère non seulement le droit d’accéder directement au marché mais encore d’y accéder librement sans autres limites que la nature des choses et éventuellement la loi. C’est ici que Largent fait généralement barrage et que l’esprit se ferme soudain à ce qui lui paraissait logique jusque-là et qui ne l’est pas moins par la suite. Car c’est ici que l’esprit comprend que cette logique est mortelle pour Largent et, en premier lieu, pour la monnaie. En effet, quelle est la fonction de la monnaie si ce n’est de conférer du droit d’accéder au marché — en proportion des unités dont chacun dispose, quelle que soit la manière dont il se les ait procurées. Mais que devient la monnaie, si le droit d’accéder au marché est conféré par la Citoyenneté elle-même ? Il n’y en a plus, tout simplement. Ce qui signifie aussi plus de prix, plus de valeur marchande, plus de salaires, plus d’impôts, plus de taxes, plus de loyers, plus d’assurances, plus de banques, plus d’économies, plus de spéculation, plus rien de ce qui fait le monde actuel. Ici, les gens voient leur monde s’effondrer. Ils arguent que cette histoire de Citoyenneté ne changerait rien alors même qu’ils pressentent que cela changerait tout, comme si leur but était finalement que rien ne change. En fait, Largent reprend les commandes de leur esprit pour leur faire préférer un marasme certain à la plus grande révolution de tous les temps. Plutôt que d’entrevoir les possibilités infinies qu’ouvre cette idée, ils la rejettent avant même de la saisir et volent au secours de Largent en danger !

» Mais allons plus loin. Si la Citoyenneté confère le droit d’accéder librement au marché, il faut que les Citoyens disposent d’un moyen d’attester leur Citoyenneté auprès des commerçants. Pour ce faire, la technologie moderne offre mille solutions. Philippe Landeux préconise l’utilisation de cartes à puce qui auraient l’avantage de s’utiliser comme les cartes de crédit et d’opérer ainsi la transition sans heurter les habitudes. Ces « cartes civiques » ne serviraient pas à vérifier la présence de crédits sur un compte et à les transférer mais simplement à vérifier l’information au sujet de la Citoyenneté, qui ne se mesure pas, qui est ou n’est pas. L’enregistrement des achats permettrait également d’attester l’activité des commerçants et des entreprises en général, c’est-à-dire qu’elles aient bien rempli leur devoir, car n’oublions pas que la Citoyenneté doit être méritée aux yeux de la Cité et que tout Citoyen, s’il est un consommateur, est d’abord un producteur, donc un commerçant. Je simplifie. Certains Citoyens ne sont pas des producteurs mais participent néanmoins à la vie de la Cité d’une manière reconnue ; d’autres sont des producteurs, des travailleurs, mais dans le cadre d’entreprises collectives, et ce sont elles qui, en tant que personnes morales, ont le devoir de participer à la vie de la Cité selon ce que celle-ci considère comme une participation, ce sont elles, et non leurs employés individuellement, qui sont soumises au contrôle de la Cité. Quand tout va bien pour une entreprise, tous ses employés sont Citoyens ; quand une entreprise est sanctionnée, la même sanction est infligée à tous les employés. Voilà de quoi susciter l’esprit d’entreprise ! Notons encore que les entreprises, qui, par définition, travaillent pour le marché, pour le public, pour la Cité, sont donc considérées comme remplissant une fonction publique et sont tenues à des résultats (de « vente »), étant par ailleurs entièrement libres de gérer leur activité (recrutement, licenciement, objectifs, etc.). Tout cela pour dire que le simple fait d’attacher le droit d’accéder au marché à la Citoyenneté, et non plus à la monnaie, bouleverse les concepts et implique une multitudes d’adaptations, comme nous nous sommes adaptés à la monnaie et à sa logique aussi absurde et antisociale soit-elle. Rien n’est impossible avec un peu d’imagination. Ne voient partout des obstacles insurmontables que ceux qui cherchent des prétextes pour rester où ils sont.

» Mais je reviens au point essentiel, à la « carte civique » qui est la clé de la Cité. Peut-on douter que l’avenir soit aux cartes ? N’est-ce pas déjà le cas ? Qu’y a-t-il d’impossible, techniquement, dans la révolution que propose Philippe Landeux ? Le système actuel met lui-même en place les infrastructures nécessaires à la Cité ! Il le fait avec une autre idée, poussé par des raisons techniques et idéologiques, mais il le fait quand même. Par ailleurs, est-il si invraisemblable que la monnaie disparaisse ? La monnaie a évolué dans sa forme (denrées, objets, pièces, papier) et en est arrivée à n’être plus que des chiffres sur des ordinateurs ; elle est désormais virtuelle ; il ne reste d’elle que son principe. Il est vrai que tout est dans le principe. Mais quelque chose qui évolue a un début et une fin. Or quelle pourrait être la dernière étape de la monnaie si ce n’est celle de l’ère de la monnaie virtuelle, celle où elle se confond avec Largent lui-même ? Bien sûr, pour lui donner le coup de grâce et basculer vers un autre système, il faudrait une autre conception de l’échange ou d’autres principes. Mais n’est-ce pas précisément ce que Philippe Landeux nous apporte sur un plateau ? L’idée est là. Les moyens sont là. Ne manquent que la volonté et l’occasion.

» Mais Largent ne capitule jamais. Face à de telles évidences, il pousse soit à fuir lâchement (avec parfois quelques invectives en guise de baroud d’honneur), soit à ergoter pour fuir mentalement — car peu importe les réponses aux objections, le but est de se donner une contenance tout en n’écoutant plus, comme un sous-marin lance des contre-mesures. Je le sais, je l’ai fait pendant 15 ans ! Après le fameux et ridicule « l’argent n’est qu’un moyen », qui vient beaucoup plus tôt dans la discussion, on pourrait avoir droit, au point où nous en sommes rendus, à « l’argent a toujours existé ». Il est extraordinaire de pouvoir dire sérieusement des bêtises pareilles ! Tout d’abord, ni Largent ni la monnaie n’ont toujours existé. L’existence de l’un et l’autre remonte à seulement quelques milliers d’années. Ensuite, c’est précisément le fait qu’ils soient d’un autre âge qui les condamne. Qui ignore qu’en moins de deux siècles le monde a basculé dans une nouvelle ère ? Ce mode d’échange qui est né dans la nuit des temps (de notre point de vue), à une époque où les hommes produisaient de manière artisanale, qui était tant bien que mal adapté à ce mode de production, est totalement anachronique à l’heure de la production industrielle. N’y a-t-il pas un lien entre le mode d’échange, les biens échangés, les biens produits et le mode de production ? C’est une chaîne. Si le mode de production change, le mode d’échange doit s’adapter et s’adaptera par la force des choses ; dans l’intervalle, il constitue un handicap et suscite des problèmes insolubles aggravés par les fuites en avant. Le mode de transport aussi a changé… A-t-on jamais vu quelqu’un donner du foin à sa voiture ?

» Une objection un peu plus sérieuse est celle qui consiste à craindre qu’un système non-monétaire ne puisse plus importer et soit coupé du monde. Le problème peut être soulevé pour obtenir une réponse ou pour tendre un piège. C’est effectivement une question que je me posais au lieu de chercher moi-même la réponse, pourtant simple. On se dit que l’argent sert à acheter, donc que, sans argent, on ne peut pas acheter. Mais on oublie deux choses : 1) avant de dépenser de l’argent, il faut le gagner, 2) la Cité fonctionnera comme une Société, c’est-à-dire comme un être collectif. Autrement dit, pour que les Citoyens ou les entreprises et au final la Cité puissent importer, il faudra d’abord que la Cité produise, exporte, vende et constitue ainsi un budget qui lui permettra de payer matières et produits étrangers. Il faut se placer dans le cadre de la Cité où le travail des Citoyens est récompensé par la Citoyenneté mais n’est pas payé au sens monétaire du terme ; un travailleur ne coûte rien. Une entreprise qui exporte de sa propre initiative — parce que les clients étrangers entrent dans le bilan de son activité — ou à la demande de la Cité — pour équilibrer la balance commerciale — n’a pas besoin, si ce n’est à la marge, de l’argent que génère la vente de ses produits. C’est donc la Cité, via l’État, le Trésor public ou quelque organisme chargé de cette mission, qui recueillera cet argent et qui, à l’inverse, financera les importations. La pratique exigera la mise en place d’une administration et de procédures, mais on voit que le principe est fort simple.

» Une autre objection — et je m’arrêterai là —, en rapport avec ce que je viens de dire, est de prétendre que les Citoyens et les entreprises n’auront plus ni intérêt ni motivation à travailler. Travailler le plus souvent pour une misère serait donc plus intéressant qu’avoir accès à tout ? Être traité en Citoyen serait moins motivant qu’être traité en esclave ? Ce n’est pas parce que les Citoyens ne recevront pas d’argent contre leur travail qu’ils n’en retireront pas du pouvoir d’achat en contre partie ! Au contraire ! Payer le travail avec de l’argent, c’est voler les travailleurs, c’est permettre à une minorité, qui capte l’argent, de détourner à son profit l’essentiel du fruit du travail collectif et de dépouiller les travailleurs de tout ou partie de leurs droits de Citoyens. Le salaire le plus digne des travailleurs, qui sont avant tout des Citoyens, c’est la Citoyenneté, qui comprend le Droit d’accéder librement au marché et qui assure à tous les Citoyens une véritable égalité en Droits. Ce Droit ne tombera pas du Ciel ! Les Citoyens devront le mériter en remplissant (individuellement ou collectivement) leur Devoir envers la Cité, sous peine de sanctions (collectives et individuelles). En fait, ils ne se poseront plus la question de ce qu’ils ont à gagner, question qui nous obsède aujourd’hui mais qui, alors, n’aura plus aucun sens. Ils feront leur Devoir soit par plaisir, soit par conscience professionnelle, soit pour éviter des sanctions. Peu importe ! Ils le feront ; ils feront ce que la Cité attend d’eux ; les entreprises produiront ; la Cité produira, exportera, importera.

» À ceux dont le premier réflexe est de voir dans la Cité un système communiste, parce qu’ils veulent se trouver une nouvelle excuse pour « zapper », Philippe Landeux répond que ce sera un régime libéral sans capitalisme. Ceux qui ont ce réflexe n’ont guère réfléchi au rôle d’un moyen d’échange en général et à celui de la « carte civique » en particulier. Un système est étatique quand l’État se charge de la répartition du produit collectif. Or, par l’instauration de la carte civique, les Citoyens procèderont eux-mêmes à la répartition en exerçant leur Droit d’accéder au marché. Ils seront donc libres comme jamais de consommer. Ils seront libres, dans la mesure des leurs capacités et de la nature des choses, de choisir leur activité. Ils seront libres comme jamais de créer des entreprises. A ce propos, la Cité ne dira pas aux entreprises ce qu’elles devront faire ; elle exigera simplement qu’elles fassent ce qu’elles-mêmes prétendront faire. Pour la première fois, les Citoyens seront vraiment égaux en Droits… égaux par le haut. Et la Cité sera une véritable Démocratie par la force des choses, contrairement au système monétaire qui, de par les mécanismes de la monnaie, est fatalement inégalitaire et ploutocratique, ou pour le moins tyrannique.

» Que l’inconnu fasse peur, soit ! Mais s’abaisser à présenter ce système comme du communisme, c’est un peu comme accuser le chien le plus doux d’avoir la rage pour pouvoir l’abattre. Je n’ai pas tout développé, mais la Cité est le système le plus social, le plus libéral, le plus égalitaire, le plus juste, le plus démocratique, le plus patriotique, le plus efficient, le plus républicain, le plus humaniste même ; elle est le meilleur de tous les systèmes politico-économiques, pour la simple raison qu’elle a pour seule boussole les Principes de l’Ordre social, quand les autres composent avec Largent, voire se couchent devant lui. Elle résoudra instantanément des problèmes absolument insolubles dans le système monétaire, comme le chômage, les délocalisations, l’immigration, l’exploitation, le financement des retraites, la délinquance, le vol, le racket, le stress, etc. Ce n’est pas magique ! Elle s’attaque aux causes et fermera simplement le robinet. Par ailleurs, en n’étant plus soumise aux contraintes financières, elle pourra aborder sous un autre angle tous les problèmes qui resteront et tous ceux qui se présenteront ; les Citoyens et la Cité pourront faire tout ce qu’ils auront la volonté et les moyens techniques de faire ; ils n’auront de limite que leur imagination.

» Il m’a fallu 15 ans, à moi aussi, pour comprendre qu’une Société ne peut être en harmonie que si elle repose sur ses Principes, sur les Principes de l’Ordre social ; que, dans le cas contraire, elle est nécessairement chaotique et ne mérite pas même le nom de « Société ». Je me rends compte aujourd’hui combien il faut être conditionné pour ne pas voir, malgré tous les signes, que le système monétaire et sa logique d’échange sont incompatibles avec la Société et la logique sociale. Je mesure combien il est dément de s’acharner à essayer de faire entrer des carrés dans des ronds en espérant que tout finira par rouler. Je sais la raison de cet acharnement. Notre nature sociable nous pousse vers la Société. Mais nous nous heurtons à un mur… en pratique, mais d’abord en pensée. Le système monétaire est intrinsèquement inégalitaire et antisocial ; il suffit à faire échouer toutes les « révolutions » qui ne le frappent pas au cœur. Mais si nous ne visons pas au cœur, c’est parce que nous sommes incapables de voir ce coeur et surtout de concevoir la monnaie comme tel. S’il est vrai qu’il faut parfois voir pour croire, le plus souvent on ne voit que ce que l’on croit. C’est le cas ici. Notre cécité n’est pas physique, elle est mentale. Avant de nous cogner au mur de la réalité, nous nous cognons tous à celui de Largent, c’est-à-dire à ce mur invisible que constitue dans notre esprit « la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger », d’où découle la croyance que la monnaie aussi est nécessaire, deux croyances dont nous n’avons pas même conscience. Au final, les hommes se partagent en deux catégories : ceux qui défendent Largent, et ceux qui ne l’attaquent pas. Les premiers se soumettent à lui dès qu’ils s’y cognent, et font leurs toutes les notions qui lui sont consubstantielles : individualisme, universalisme, matérialisme, inégalité, oligarchie. Les seconds n’attaquent pas Largent : ils croient pouvoir le contourner. Mais si Largent ne suffit pas à détourner ces derniers de vouloir changer les choses, ayant la fibre sociale plus solide, il les a malgré tout pétris de préjugés qui les réduisent à l’impuissance en leur inspirant de fausses solutions, notamment en leur faisant systématiquement épargner la monnaie. Ils se cognent donc à la réalité du système monétaire parce que, à défaut d’avoir été stoppés net par Largent, celui-ci les a quand même fait dévier de la bonne route et les a envoyés dans le fossé. Ils peuvent s’y essayer cent fois, le résultat sera le même ou tout aussi désastreux. Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

» Il fallait donc signaler ce mur invisible de Largent. C’est chose faite. Il fallait encore indiquer la route de la véritable Égalité. C’est fait aussi. Dès lors, que dire de plus à des Citoyens en puissance et aux hommes de bonne volonté ? »

22:59 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 21 décembre 2018

COMPRENDRE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (vidéo)

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LES GRANDES LIGNES DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

Les événements de 1789 furent amenés, comme aujourd’hui, par une question de dette, donc d’argent. Depuis longtemps, l’État était endetté. Les différents ministres sous Louis XV et Louis XVI en étaient tous arrivés à la même conclusion que la Noblesse et le Clergé devaient mettre la main à la poche. Le refus systématique de ces derniers contraignit Louis XVI à convoquer les États généraux, c’est-à-dire une Assemblée constituée d’élus des trois ordres qu’étaient la Noblesse, le Clergé et le Tiers état (5 mai 1789).

Sous la pression des députés du Tiers état, du peuple en théorie, de la bourgeoisie en fait, les États généraux se déclarèrent assemblée nationale constituante (juin 1789) ; elle se donnait la mission d’écrire une constitution. Le roi qui désirait qu’ils se bornent à décréter de nouveaux impôts, ne l’entendit pas de cette oreille et tenta le coup de force, qui fut déjoué par les journées populaires de juillet 1789. [Oubli : Les Gardes-françaises qui avaient déjà refusé de tirer sur le peuple s’étaient ralliées à lui.] Le peuple, les Sans-culottes, les Sans-dents, avaient servi de bélier à la bourgeoisie, non pour la mettre au pouvoir, puisqu’elle y était déjà ou presque, mais pour assurer son pouvoir. L’Assemblée constituante, composée de nobles et de bourgeois, ne tarda pas à révéler son vrai visage et à bâtir un système aristo-bourgeois, ultra-libéral (comme on dirait aujourd’hui), tout en faveur des riches, un système qui s’accommodait parfaitement de la monarchie tant que le roi restait une potiche. Les Sans-Culottes, les Jacobins, les révolutionnaires, virent clair dans leur jeu dès le début et dénoncèrent cette politique. Eux-mêmes n’étaient pas fondamentalement hostiles à la monarchie pourvu que les droits du peuple soient respectés.

Mais le roi ne soupirait qu’après la restauration de sa puissance et ne vit bientôt de salut que dans le recours à des troupes mercenaires. Il s’enfuit (21 juin 1791) mais fut arrêté à Varennes et ramené à Paris. L’Assemblée le remit sur le trône et fit massacrer les Parisiens qui protestaient au Champ de Mars (17 juillet 1791).

Peu après, la constitution achevée, une nouvelle Assemblée nationale, législative, élue au suffrage censitaire, se réunit (1er octobre 1791). Des députés tout neufs. Que des bourgeois, adeptes du libre marché. Au peuple qui réclamait du pain, ils ne savaient qu’envoyer des baïonnettes. Et les caisses étaient toujours vides, malgré la confiscation des biens du Clergé. Les leaders de l’Assemblée, les Girondins, virent dans la guerre étrangère un moyen de les remplir (à condition d’être victorieux) et de détourner la colère populaire. Le roi, qui espérait tant que les monarchies européennes interviennent en sa faveur, y vit le moyen de leur forcer la main ; il était bien placé pour savoir que la France n’était pas en état de faire la guerre et il comptait sur la défaite. Ainsi, le roi, hostile à l’Assemblée, et l’Assemblée, qui n’était pas hostile au roi, voulaient la guerre, mais pour des raisons différentes. [Oubli : Le 20 avril 1792, la France déclarait la guerre à l’Empereur d’Autriche.] Comme prévu, la campagne du printemps 1792 fut un désastre. Les Austro-prussiens allaient bientôt pouvoir marcher sur Paris. La France avait à sa tête un roi qui avait toujours fait cavalier seul et voulait perdre la guerre, et une Assemblée qui n’avait rien fait pour le peuple, sans lequel il était impossible de gagner la guerre dans laquelle elle avait plongé le pays, et qui défendait encore la monarchie.

C’est dans ce contexte de patrie en danger que les révolutionnaires appelèrent au sursaut national et que Fédérés des départements et Sans-culottes parisiens prirent les Tuileries (10 août 1792), contraignirent l’Assemblée à destituer le roi et à se dissoudre elle-même en convoquant une nouvelle assemblée constituante : la Convention. Le succès de cette journée avait été assuré par une commune insurrectionnelle, composée de délégués de chacune des 48 sections de Paris, mise en place manu militari dans la nuit, et qui assura le pouvoir révolutionnaire dans l’intervalle. [Oubli : 21 septembre, abolition de la Monarchie. 22 septembre, proclamation de la République.]

La Convention se réunit un mois plus tard, toujours dominée par les Girondins, toujours ultra-libéraux et plus que jamais hostiles aux Parisiens et aux révolutionnaires. Ils multiplièrent les mesures dilatoires pour sauver le roi et inondèrent les départements de propagande pour les dresser contre Paris. Ils ne purent sauver le roi, mais ils provoquèrent bien la guerre civile, après avoir allumé la guerre étrangère. C’en était trop ! Le 2 juin 1793, 80.000 gardes nationaux et Sans-culottes cernèrent la Convention qu’ils contraignirent à expulser de son sein 31 Girondins.

Dès lors, dominée par ceux que l’on appelle les Montagnards, c’est-à-dire grosso modo les Jacobins, la Convention prit des mesures énergiques en faveur du peuple, donc contre les bourgeois, et pour gagner les guerres extérieure et intérieure. Au prix de beaucoup de souffrances et de drames, mais aussi d’enthousiasme et d’héroïsme, elle parvint à retourner une situation tragique, a priori désespérée.

Quand enfin il devint possible de revenir à une situation normale, après la victoire de Fleurus (26 juin 1794), nombre de députés tombèrent le masque populaire et redevinrent les bourgeois qu’ils n’avaient jamais cessé d’être. Robespierre, figure de proue de la Révolution et du Comité de salut public, fut décrété d’arrestation et exécuté (27-28 juillet 1794 - 9-10 thermidor an II), non parce qu’il était un tyran, ce qui n’était qu’un prétexte, mais parce qu’il défendait le peuple. L’ultra-libéralisme et le règne de Largent furent rétablis.

Action, réaction : un an plus tard, les Parisiens, littéralement affamés, se soulevèrent à deux reprises (1er germinal, 1er prairial an III) et investirent la Convention au cri de « du pain et la constitution de 1793 ». Mais sans chefs, sans plan, sans organisation, ils furent refoulés, écrasés et désarmés. Rideau.

ANALYSE

Qu’est-ce que la Révolution française ?

La profusion d’événements, souvent trompeurs, parfois tragiques, qui jalonnent la période que l’on appelle « la Révolution française de 1789 », permet de voir dans cette histoire tout et son contraire et d’en saisir d’autant moins le fond qu’elle est vue à travers le prisme des anachronismes, des fantasmes, des passions, des préjugés, du pathos, des intérêts inavoués ou mal compris, des accusations grossières, des interprétations absurdes, des récupérations honteuses, etc.

La trame de la Révolution est pourtant fort simple. Il s’agissait, ni plus ni moins, que du combat éternel des pauvres contre les riches, des exploités contre les exploiteurs, des tenants de la souveraineté du Peuple contre toute forme de tyrannie, de la démocratie contre l’oligarchie ploutocratique, de l’Égalité contre Largent en dernière analyse. Mais le système monétaire est, par définition, le royaume de Largent. Il est naturel que Largent règne. Que son règne soit contrarié ou contesté, le naturel revient toujours au galop. C’est exactement ce dont la Révolution a été le théâtre.

En 1789, les riches, qui pressaient depuis longtemps, pensent avoir gagné. Mais une opposition populaire, égalitaire, démocratique, patriotique, prend corps et se renforce jusqu’à être un moment la plus forte, en 1793. Les riches, les bourgeois sont alors dans leurs petits souliers. Mais les limites conceptuelles des révolutionnaires, liées aux impossibilités de leur temps, et les contradictions internes à leur mouvement, qui en résultaient, devaient les conduire à l’échec et provoquer fatalement le retour en force des riches, qui eut lieu en 1794 et marqua la fin de la Révolution, c’est-à-dire de la montée en puissance des aspirations populaires et du mouvement révolutionnaire. C’est l’échec des révolutionnaires, concrétisé par l’exécution de Robespierre, qui marque la fin de la Révolution et l’avènement du règne incontesté de Largent jusqu’à nos jours.

Hors de cette lecture, la Révolution française est incompréhensible et n’a même ni début ni fin. Si elle n’est pas caractérisée, comme je le dis, par la montée en puissance du mouvement populaire, démocratique, égalitaire et patriotique, jusqu’à son écrasement, alors quoi ? Elle serait un événement bourgeois ? Mais si la Révolution avait été « bourgeoise », on ne la distinguerait pas de la période qui suit, et à peine de celle qui précède. Sans la Révolution, la bourgeoisie serait arrivée au pouvoir (avec ou sans roi) ; elle y était dès 1789 et elle l’a retrouvé en 1794. Entre ces deux dates, il s’est passé quelque chose ; quelque chose qui a rompu le cours de l’Histoire, à un moment où la bourgeoisie avait le vent en poupe ; quelque chose qui, n’étant pas ordinaire, mérite que cette période précise soit appelée « Révolution ». Les révolutionnaires, ce n’était pas les bourgeois… C’était précisément ceux qui contestaient leur hégémonie. Dans cette histoire, les bourgeois, ceux qui prônaient le libre marché (c’est-à-dire la liberté de spéculer sur la misère publique), ceux qui sacralisaient la Propriété (c’est-à-dire le fruit de leurs magouilles), ceux qui voulaient tout juger à l’aune de l’argent (parce que c’est eux qui l’avaient), ces bourgeois, dis-je, étaient des contre-révolutionnaires. Ils existaient à l’époque de la Révolution, ils en étaient les contemporains, mais ils incarnaient tout le contraire.

En fait, il y avait deux contre-révolutions. La contre-révolution aristocratique, celle des nobles qui défendaient la monarchie parce que leurs privilèges en dépendaient, qui détestaient autant les bourgeois arrivistes que le peuple revendicatif ; et la contre-révolution bourgeoise, celle des riches qui avaient pris la place des nobles et méprisaient le peuple autant sinon plus que ces derniers. Mais les bourgeois étaient dans le sens de l’Histoire. Ils ne devinrent des contre-révolutionnaires que parce qu’ils eurent en face d’eux des révolutionnaires, des vrais, issus eux aussi de la bourgeoisie, mais qui voulaient sincèrement le bien du peuple, défendaient ses droits et étaient soutenus par lui. Au vrai, la contre-révolution aristocratique fut inexistante, sinon anecdotique ; les nobles émigrèrent d’eux-mêmes dès 1789. La Révolution mit essentiellement aux prises le peuple, donc, et les bourgeois. Dans un premier temps, les révolutionnaires s’opposèrent, en vain, à la destruction, par les bourgeois, de tout ce que l’ancien régime avait de protecteur pour le peuple ; dans un second temps, une fois au pouvoir, ils restaurèrent tant bien que mal ce qu’ils purent, tout en devant gérer le chaos dans lequel les bourgeois avaient plongé la France. Au final, les bourgeois tirèrent les marrons du feu. Ils annulèrent tout ce qu’avaient fait les révolutionnaires et jetèrent les bases du système qui est encore le notre aujourd’hui. Nous ne vivons pas sur l’héritage des révolutionnaires mais sur celui des contre-révolutionnaires bourgeois. La République a bien été proclamée, par nécessité, sous l’impulsion des révolutionnaires, en 1792 ; mais la République façonnée ensuite par les bourgeois n’a rien à voir. « République » n’est qu’un mot. Il faut regarder ce qu’il y a derrière et qui l’a mis.

Certains ne retiennent de la Révolution que les événements sanglants dont il est possible de rendre, à tort ou à raison, les révolutionnaires responsables. Bien sûr, quand c’est le leur qui coulait, c’était pour la bonne cause, cela ne compte pas ! Le sang du peuple qui défend ses droits ne vaut rien. C’est assez dire de quel côté penchent les gens qui jugent la Révolution selon de telles considérations. Quoique qu’il faille distinguer les faiseurs d’opinion de leurs dupes. Personne ne s’avance en se disant « ennemi du peuple » ! C’est toujours sous prétexte de défendre le peuple que l’on calomnie ses véritables amis, que l’on tourne contre eux ceux qui devraient les soutenir, et que l’on détourne ainsi les regards de ses buts inavouables. La méthode n’a pas changé. Regardez comment fonctionnent aujourd’hui les ennemis du peuple et imaginez la boue qui a été déversée sur les révolutionnaires depuis 200 ans. Il n’est donc pas étonnant que certains aient embrassé en théorie la cause de ceux qu’ils auraient combattu en réalité, comme ils le font aujourd’hui, confrontés aux mêmes problèmes.

Le véritable drame des révolutionnaires, c’est d’avoir échoué. Vae victis ! (Malheur aux vaincus.) Mais leur combat est toujours d’actualité, à quelques mises à jour près : pauvres contre riches, peuple contre « élites », démocrates contre ploutocrates, patriotes contre mondialistes, résistants contre collabos, et toujours, en dernière analyse, Égalité contre Largent. Notre drame, à nous, serait de ne pas comprendre les raisons fondamentales de l’échec des révolutionnaires (ce que des visions délirantes de la Révolution ne permettent pas de comprendre). Ils se battaient pour l’Égalité et la Patrie, contre Largent, mais ne se sont pas attaqués à lui en personne, pour ainsi dire ; ils s’opposaient à son absolutisme mais ne contestaient pas son existence même. Ils ne l’ont pas fait parce qu’ils ne pouvaient pas le faire en leur temps. Aujourd’hui, nous en avons les moyens. Toute la question est : Saurons-nous être des révolutionnaires à la mode du XXIe siècle ? Saurons-nous réinventer la Révolution… et triompher, cette fois ?

 

Vive la Révolution !
Vive la France !

Philippe Landeux

21 décembre 2018

mercredi, 19 décembre 2018

LES GILETS JAUNES & LES RÉVOLUTIONS d’hier et de demain (vidéo)

Les Gilets jaunes sont un mouvement inédit dans l’Histoire de France. Jamais on avait vu le peuple se lever non seulement sans chefs, mais encore sans vouloir s’en donner. Il n’y a pas de chefs ; il n’y a personne derrière ou au-dessus, pas de structure, pas de groupe organisés, encore moins d’État étranger, même si les médias cherchent à les discréditer en prétendant le contraire. C’est inédit. Dès lors, l’Histoire peut-elle nous apprendre quelque chose ? J’aimerais survoler avec vous deux épisodes de l’Histoire de France, la Révolution et la Commune de 1871, pour voir quelles leçons on peut éventuellement en tirer.

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Le premier, c’est évidemment 1789. Les Gilets jaunes sont sociologiquement les Sans-culottes de l’époque. Les événements de 1789 furent amenés, comme aujourd’hui, par une question de dette, donc d’argent. Depuis longtemps, l’État était endetté. Les différents ministres sous Louis XV et Louis XVI en étaient tous arrivés à la même conclusion que la Noblesse et le Clergé devaient mettre la main à la poche. Le refus systématique de ces derniers contraignit Louis XVI à convoquer les États généraux, c’est-à-dire une Assemblée constituée d’élus des trois ordres qu’étaient la Noblesse, le Clergé et le Tiers état. Sous la pression des députés du Tiers état, du peuple en théorie, de la bourgeoisie en fait, les États généraux se déclarèrent assemblée nationale constituante (juin 1789) ; elle se donnait la mission d’écrire une constitution. Le roi qui désirait qu’ils se bornent à décréter de nouveaux impôts, ne l’entendit pas de cette oreille et tenta le coup de force, qui fut déjoué par les journées populaires de juillet 1789. [Oubli : Les Gardes-françaises qui avaient déjà refusé de tirer sur le peuple s’étaient ralliées à lui.] Le peuple, les Sans-culottes, les Sans-dents, avaient servi de bélier à la bourgeoisie, non pour la mettre au pouvoir, puisqu’elle y était déjà ou presque, mais pour assurer son pouvoir. L’Assemblée constituante, composée de nobles et de bourgeois, ne tarda pas à révéler son vrai visage et à bâtir un système aristo-bourgeois, ultra-libéral (comme on dirait aujourd’hui), tout en faveur des riches, un système qui s’accommodait parfaitement de la monarchie tant que le roi restait une potiche. Les Sans-Culottes, les Jacobins, les révolutionnaires, virent clair dans leur jeu dès le début et dénoncèrent cette politique. Eux-mêmes n’étaient pas fondamentalement hostiles à la monarchie pourvu que les droits du peuple soient respectés. Mais le roi ne soupirait qu’après la restauration de sa puissance et ne vit bientôt de salut que dans le recours à des troupes mercenaires. Il s’enfuit mais fut arrêté à Varennes et ramené à Paris. L’Assemblée le remit sur le trône et fit massacrer les Parisiens qui protestaient au Champ de Mars. Peu après, la constitution achevée, une nouvelle Assemblée nationale, législative, élue au suffrage censitaire, se réunit. Des députés tout neufs. Que des bourgeois, adeptes du libre marché. Au peuple qui réclamait du pain, ils ne savaient qu’envoyer des baïonnettes. Et les caisses étaient toujours vides, malgré la confiscation des biens du Clergé. Les leaders de l’Assemblée, les Girondins, virent dans la guerre étrangère un moyen de les remplir (à condition d’être victorieux) et de détourner la colère populaire. Le roi, qui espérait tant que les monarchies européennes interviennent en sa faveur, y vit le moyen de leur forcer la main ; il était bien placé pour savoir que la France n’était pas en état de faire la guerre et il comptait sur la défaite. Ainsi, le roi, hostile à l’Assemblée, et l’Assemblée, qui n’était pas hostile au roi, voulaient la guerre, mais pour des raisons différentes. [Oubli : Le 20 avril 1792, la France déclarait la guerre à l’Empereur d’Autriche.] Comme prévu, la campagne du printemps 1792 fut un désastre. Les Austro-prussiens allaient bientôt pouvoir marcher sur Paris. La France avait à sa tête un roi qui avait toujours fait cavalier seul et voulait perdre la guerre, et une Assemblée qui n’avait rien fait pour le peuple, sans lequel il était impossible de gagner la guerre dans laquelle elle avait plongé le pays, et qui défendait encore la monarchie. C’est dans ce contexte de patrie en danger que les révolutionnaires appelèrent au sursaut national et que Fédérés des départements et Sans-culottes parisiens prirent les Tuileries (10 août 1792), contraignirent l’Assemblée à destituer le roi et à se dissoudre elle-même en convoquant une nouvelle assemblée constituante : la Convention. Le succès de cette journée avait été assuré par une commune insurrectionnelle, composée de délégués de chacune des 48 sections de Paris, mise en place manu militari dans la nuit, et qui assura le pouvoir révolutionnaire dans l’intervalle. [Oubli : 21 septembre, abolition de la Monarchie. 22 septembre, proclamation de la République.] La Convention se réunit un mois plus tard, toujours dominée par les Girondins, toujours ultra-libéraux et plus que jamais hostiles aux Parisiens et aux révolutionnaires. Ils multiplièrent les mesures dilatoires pour sauver le roi et inondèrent les départements de propagande pour les dresser contre Paris. Ils ne purent sauver le roi, mais ils provoquèrent bien la guerre civile, après avoir allumé la guerre étrangère. C’en était trop ! Le 2 juin 1793, 80.000 gardes nationaux et Sans-culottes cernèrent la Convention qu’ils contraignirent à expulser de son sein 31 Girondins. Dès lors, dominée par ceux que l’on appelle les Montagnards, c’est-à-dire grosso modo les Jacobins, la Convention prit des mesures énergiques en faveur du peuple, donc contre les bourgeois, et pour gagner les guerres extérieure et intérieure. Au prix de beaucoup de souffrances et de drames, mais aussi d’enthousiasme et d’héroïsme, elle parvint à retourner une situation tragique, a priori désespérée. Quand enfin il devint possible de revenir à une situation normale, après la victoire de Fleurus (26 juin 1794), nombre de députés tombèrent le masque populaire et redevinrent les bourgeois qu’ils n’avaient jamais cessé d’être. Robespierre, figure de proue de la Révolution et du Comité de salut public, fut décrété d’arrestation et exécuté, non parce qu’il était un tyran, ce qui n’était qu’un prétexte, mais parce qu’il défendait le peuple. L’ultra-libéralisme et le règne de Largent furent rétablis. Action, réaction : un an plus tard, les Parisiens, littéralement affamés, se soulevèrent à deux reprises (1er germinal, 1er prairial an III) et investirent la Convention au cri de « du pain et la constitution de 1793 ». Mais sans chefs, sans plan, sans organisation, ils furent refoulés, écrasés et désarmés. Rideau.

Le deuxième épisode intéressant est celui de la Commune de Paris de 1871, qui dura à peine deux mois. La chute du second Empire, après la défaite de 1870, donna lieu à la naissance d’une République aristo-bourgeoise capitularde. Les Parisiens, qui avaient soutenu un siège terrible et dont les troupes avaient été sacrifiées délibérément par des officiers propres sur eux, n’acceptaient pas l’orientation politique du nouveau régime (pourtant issu des urnes). Ils se soulevèrent le 18 mars 1871. L’Assemblée qui avait senti la colère monter, d’autant plus qu’elle l’attisait, avait déjà déménagé de Paris à Versailles, où Monsieur Thiers, chef du gouvernement, la rejoignit bientôt en hâte, ainsi que la fine fleur de Paris. [Erreur : L'Assemblée siégeait à Bordeaux avant de se réunir à Versailles.] Le soulèvement spontané avait été provoqué par l’ordre d’enlever les canons de Belleville, les canons de la garde nationale, payés par les Parisiens. [Erreur : Les canons, inutilisables, étaient à Montmartre. Oubli : La troupe avait mis crosse en l’air et rallié le peuple.] Le comité central de la garde nationale assura aussitôt le pouvoir, le temps que des élections soient organisées. Mais, une fois la Commune élue, le Comité conserva ses prérogatives et lui fit concurrence. Par ailleurs, malgré la présence majoritaire de « Jacobins », la Commune fut essentiellement anarchiste (individualiste, gauchiste), de sorte que, au lieu d’être pragmatique, elle rêvait debout ; elle prenait ses bonnes intentions pour un bouclier ; elle s’armait de scrupules pendant que Monsieur Thiers récupérait les soldats français prisonniers et leur bourrait le mou ; elle respectait la Banque de France qu’elle avait sous la main pendant que celle-ci ouvrait ses coffres à ses ennemis. Ca parlait, ça dansait, ca tirait des plans sur la comète, mais ça ne se battait pas. Seule une poignée de braves tenait les portes de Paris. Il était loin le temps de la levée en masse face aux féroces soldats. Un beau jour (21 mai), les Versaillais, prévenus par un traître, entrèrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud sans croiser âme qui vive. Il fallut encore un jour pour que cette nouvelle se répande et qu’alors les Parisiens dressent des barricades, chacun la sienne. Défense aussi héroïque que désespérée. En une semaine, la résistance fut écrasée. Des milliers de Parisiens furent fusillés, des milliers d’autres déportés. L’ordre bourgeois était rétabli. Tous les nantis, royalistes, républicains, de gauche, de droite, applaudirent. Un peuple, ça obéit (aux riches qui le méprisent) ou ça se massacre (gaiement et avec bonne conscience) ou ça se calomnie en attendant.

J’aurais pu aussi évoquer les révolutions de 1830 et de 1848, ou encore la Résistance, voire Mai 68, mais ils ne sont pas ma spécialité. Du reste, dans les grandes lignes, ils présentent des mécanismes que la Révolution et la Commune permettent déjà d’observer, à savoir :

1) Les nantis se liguent toujours contre le peuple ; ils ont la richesse et le pouvoir et ne reculent devant rien pour conserver l’une et l’autre ; le peuple est trop bon pour imaginer à quelles bassesses et cruautés leur mépris et leur haine pour lui peuvent les entraîner.

2) La politique est un rapport de force. Chacun doit utiliser ses atouts. Les riches ont la puissance que leur donne l’argent ; les pauvres ont la force du nombre. Les riches ont la faiblesse de se croire inaccessibles ; les pauvres ont celle d’être généralement divisés.

3) Les gens du peuple ont tellement l’habitude d’être soumis et de respecter l’autorité qui les opprime qu’ils adoptent le point de vue de leurs oppresseurs jusqu’à en oublier l’objet de leur révolte. Or un peuple qui hésite à frapper ceux qui le veulent mort mourra de leur main ou sous leurs yeux.

4) Un peuple qui demande n’obtiendra rien.

5) Le peuple ne peut rien obtenir que de lui-même.

6) Un mouvement qui ne sait pas où il va n’ira nulle part.

7) Tout mouvement populaire désorganisé est voué à l’écrasement. N’ont jamais réussi, au moins à court terme, que des insurrections préparées ou ayant trouvé aussitôt des chefs ou une organisation pour prendre les choses en main. [Oubli : les insurrections armées ou ayant le soutien d’une force armée.]

8) Le peuple par lui-même est nul. C’est un corps sans tête.

9) Il y a toujours une tête pour assumer le pouvoir, et un pouvoir pour fournir une tête. Une tête et un pouvoir qui n’assument pas sont perdus.

10) Le pouvoir a tous les pouvoirs. Inutile de le contester. Les faibles contestent en vain ; les forts s’emparent du pouvoir.

11) Le temps est l’ennemi mortel de tout mouvement populaire. Il permet aux riches de se ressaisir et de tout corrompre [oubli : et de dresser une partie du peuple contre l’autre] ; ce qui condamne les « populistes » à se durcir jusqu’à briser.

12) Au final, à plus ou moins long terme, c’est toujours Largent qui gagne.

Telles sont les leçons que je tire, pêle-mêle, de la Révolution et de la Commune. La conclusion n’est pas heureuse : le peuple peut se débattre autant qu’il veut, de quelque manière que ce soit, Largent gagne toujours à la fin. Robespierre avait déjà fait ce constat, mais l’avait formulé en sens inverse : « Quand leur intérêt [celui du gouvernement et des riches] sera-t-il confondu avec celui du peuple ? Jamais. » (Juin 1793) Autrement dit, il avait compris qu’entre riches et pauvres il y aurait toujours divergence d’intérêt, et il n’imaginait pas qu’il n’y ait plus ni riches ni pauvres. Il avait raison si l’on se place du point du vue du système monétaire dans lequel, du fait des principes et du fonctionnement de la monnaie, il y aura toujours des riches et des pauvres, dont l’intérêt ne sera, en effet, jamais confondu. Jamais ! On peut même aller plus loin : l’intérêt de chacun est contraire à l’intérêt de tous les autres, puisque la monnaie circule et que, pour en avoir, chacun doit la prendre aux autres. Mais ceci est la règle du système monétaire. La vraie question est donc : Le système monétaire répond-il aux exigences sociales ? Si on répond OUI, alors tout va bien, le monde est ce qu’il doit être. Ne nous plaignons pas. Mais si on répond NON, parce que l’on pressent que l’inégalité, intrinsèque au système monétaire, est fondamentalement antisociale, parce que l’on comprend qu’une Société doit être composée de Citoyens égaux et que des riches et des pauvres ne sont pas Concitoyens, sinon sur le papier, alors il faut se poser une autre question : Comment sortir du système monétaire, et surtout Pourquoi ? Le problème, c’est que les réponses au Pourquoi et au Comment sont liées. On ne peut pas répondre correctement au Pourquoi si on ne sait pas exactement Comment, et inversement. La chose paraissant insoluble, il est tentant d’occulter le problème lui-même, d’accepter les choses telles qu’elles sont ou de s’acharner à faire du pseudo social dans le cadre d’un système où le nom même de « Société » est une imposture. C’est ce que les hommes de cœur, sincères, font depuis 200 ans et ce qu’ils continuent de faire. Ils se convainquent que la monnaie n’est qu’un instrument, que le système monétaire n’a rien à voir avec les problèmes qu’ils veulent résoudre, que tout dépend de leur bonne volonté et passent dès lors leur temps à essayer de résoudre des problèmes créés ou aggravés par le système monétaire quand ils ne sont pas purement financiers. Ce faisant, ils préservent ce système individualiste, matérialiste, inégalitaire, antisocial, inique et oligarchique. Ils sont tel Sisyphe poussant son rocher.

Mais quel rapport, me direz-vous, avec les Gilets jaunes ? Hé bien ! Tout !!! Pourquoi sont-ils dans la rue ? Que réclament-ils ? Que dénoncent-ils ? Qui les calomnie ? Ils n’en peuvent plus des taxes, des impôts, des prix élevés, des loyers exorbitants, des retraites ridicules ; ils espèrent des augmentations de salaires, le rétablissement de l’ISF ; ils conspuent les riches, les banques, la finance, les médias à leur botte et, pour les plus audacieux, ils exigent la Démocratie (c’est-à-dire le contraire de l’oligarchie), le tout sous les crachats de la ploutocratie et des privilégiés de la fortune. Vous ne voyez pas le dénominateur commun ? Vous ne voyez pas que nous sommes dans un Monopoly grandeur nature ? Les Gilets jaunes n’acceptent pas les conséquences du jeu dont ils cautionnent inconsciemment les règles en ne remettant pas en cause sa nature. Ils en sont au même point que les Sans-Culottes et les Communards. Nous n’avons pas avancé d’un centimètre. Nous tenons les mêmes discours, proposons les mêmes remèdes, entretenons les mêmes illusions, courons au-devant des mêmes échecs ; nous avons les mêmes ennemis qu’à l’époque, qui ne sont autres que les heureux du système monétaire, dont ils ne sont d’ailleurs eux-mêmes que les instruments, comme chacun d’entre nous en est le complice. À l’heure où Largent est roi, personne ne songe à le renverser. Il peut dormir tranquille. Tant que nous nous battrons entre nous, entre ceux qui ont attrapé un os et ceux qui n’ont que des miettes, hé bien ! les choses ne sont pas près de changer.

J’exagère. En réalité, le système a muté et met en place les structures nécessaires à sa propre destruction. C’est ainsi que les révolutions deviennent inévitables et surviennent par la force des choses. Le changement est proche ; mais il n’est pas encore à l’ordre du jour. C’est pourquoi je disais, dans une autre vidéo, que la sortie du système monétaire serait l’objet d’un prochain combat. C’est pourquoi, également, je ne m’étends pas sur le sujet. Pour l’heure, nous devons faire ce que nous pouvons avec ce que nous avons en nous ménageant, si possible, des armes pour les combats futurs ou, pour le moins, en évitant, de nous désarmer. Car qui peut croire que, quoique nous obtenions, si toutefois nous obtenons quelque chose, le combat sera terminé ?

Les révolutions passées et les leçons que j’en ai personnellement tirées nous enseignent que les Gilets jaunes, compte tenu de leurs revendications, seront perdants. Ne s’attaquant pas à Largent même, et sachant encore moins comment le renverser, ils ne changeront rien fondamentalement. N’ayant pas de chefs, pas d’organisation, ils ne renverseront pas le gouvernement, ils ne prendront pas le pouvoir et, quand même ils y arriveraient par miracle, le nouveau pouvoir serait toujours confronté à Largent, auquel il se soumettrait ou qui finirait par l’écraser. Qu’ils aient ou non des chefs ne change donc rien. Cela les préserve même d’être trahis par eux dans l’action ou trompés dans la victoire. Cela ne les empêche pas d’obtenir quelque chose à force de pression. Mais ils doivent savoir clairement ce qu’ils veulent, et vouloir quelque chose de décisif.

Il faut garder à l’esprit que le système court de lui-même à sa perte, que l’oligarchie va accélérer sa fuite en avant aux dépens du peuple, pour tout anéantir, et que seul le peuple peut lui mettre des bâtons dans les roues et sauver les meubles. Comme il a été dit, le peuple en tant que tel est nul ; c’est une fiction ; il n’existe que par les hommes qui l’incarnent et font son unité mais qui le trahissent au lieu de le servir. Le peuple doit donc organiser son propre pouvoir par-delà toute instance tirant de lui sa légitimité ou agissant en son nom mais indépendamment de lui. Sous ce rapport, les Gilets jaunes font preuve d’une maturité extraordinaire en focalisant de plus en plus sur la question de souveraineté populaire, en réduisant leurs exigences à la possibilité, pour le peuple, de provoquer lui-même, sans aucun intermédiaire, et sur n’importe quel sujet, des référendums, dont les résultats auraient force de loi. Ainsi, ils n’ont pas de chefs ; ils ont mieux : ils ont — ou tendent à avoir — un objectif commun comme point de ralliement et indice de satisfaction ; c’est une idée qui fait leur unité ; une idée qui avance grâce à un instrument qui n’existait pas jusqu’alors : Internet ; Internet qui leur permet aussi de s’organiser spontanément, indépendamment de toute organisation. Ces nouveaux atouts compenseront-ils ce qui n’aurait été jusqu’à présent que des faiblesses ? C’est possible, et je me risquerai à dire que c’est dans le sens de l’Histoire. En attendant, le système fera tout — calomnie, sophismes, répression — pour éluder leur exigence qui, sans être fatale pour lui, serait néanmoins fort gênante. C’est un rapport de force et une course contre la montre qui sont engagés qui est engagé entre le Peuple et ses soi-disant représentants. Les Gilets jaunes doivent être les plus forts et contraindre le gouvernement et l’Assemblée à capituler.

Sous quelque nom que soit adoptée la disposition en question, ce serait une grande victoire pour le Peuple, la plus grande qui se puisse obtenir dans les conditions actuelles. Toutefois, le nom sous laquelle beaucoup la réclament dénote l’absence de vision révolutionnaire et une inconscience de leur propre état. Ils l’appellent « Référendum d’Initiative Citoyenne » (R.I.C.). Cela postule que nous sommes « Citoyens », de la même manière que le système affirme que nous sommes en « Démocratie ». Nous sommes bien des Citoyens en puissance, mais nous ne le sommes pas en réalité. Il n’y a de Citoyenneté pleine et entière que dans l’Égalité, c’est-à-dire dans l’égalité des Citoyens en Devoirs et en Droits, droits qui passent aujourd’hui par la monnaie qui ne peut pas se répartir également et qui fait que nous sommes inégaux. Il n’y a aucune égalité entre un riche et un pauvre. Il n’y a pas de Citoyens, au vrai sens du terme, dans un système monétaire. Ainsi, parler de « Référendum d’Initiative Citoyenne » interdit de voir que nous ne sommes pas réellement Citoyens et qu’il va nous falloir conquérir la véritable Citoyenneté en renversant Largent. Ceux qui, aujourd’hui, parlent de « Référendum d’Initiative Citoyenne » n’ont toujours pas compris que Largent est « la cause des causes » et, en exaltant une citoyenneté au rabais, cautionnent un de ces sophismes dont le système raffole car ils nous maintiennent dans une prison mentale, dont il faudra sortir un jour, et pourquoi pas dès à présent ?

Obtenir le Référendum d’Initiative Populaire sous le nom de « Référendum d’Initiative Citoyenne » serait un moindre mal aujourd’hui, mais quel mal cela ne fera-t-il pas demain ? Pensez-y. Soyez des révolutionnaires de votre temps.

Vive les Gilets jaunes !
Vive la Révolution !
Vive la France !

 

LES GILETS JAUNES

08:28 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

mercredi, 12 décembre 2018

LE COMBAT DES GILETS JAUNES - LE RÉFÉRENDUM D’INITIATIVE POPULAIRE (vidéo)

RIP selon moi - couv.jpg

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Salut à vous Gilets jaunes,
fierté du peuple français,

Vous entrez dans votre cinquième semaine d’action. Vous n’avez rien obtenu, sinon des miettes. Tel que le combat était engagé, il menait à une impasse. Vous réclamiez la démission du Président, qui n’allait évidemment pas céder sur ce point, et, par ailleurs, les revendications multiples et confuses qui montent de vos rangs lui ont permis de jouer au plus fin, d’amadouer les naïfs, et de laisser les autres en plan. Qu’il fasse encore des concessions illusoires, et vous êtes cuits. Il est urgent que vous sachiez ce qu’il importe que vous obteniez ; que vous vous fixiez un objectif clair, net, précis et décisif ; que vous vous unissiez autour de cet objectif, que vous en fassiez votre seule et unique revendication, afin que vous ramiez tous dans le même sens, que vous recadriez vous-mêmes ceux qui vous entraînent dans d’autres directions pour vous faire courir après des leurres, que ces derniers le fassent de bonne foi et pour vous diviser intentionnellement. C’est en voulant peu, mais en ne voulant que cela, et en le voulant très fort, que nul ne pourra plus ignorer ce que vous voulez, que vous pourrez être intraitables et que vous saurez reconnaître instantanément vos ennemis extérieurs et intérieurs.

Cet objectif suprême ne peut être que le « Référendum d’Initiative Populaire ». Vous êtes dans la rue précisément parce que vous n’avez aucun moyen de vous faire entendre et obéir en tant que Peuple souverain. Et même en descendant massivement dans la rue, le pouvoir peut encore faire la sourde oreille. Vous êtes un Peuple souverain dont la souveraineté a été confisquée par vos soi-disant représentants qui vivent mieux que vous, sur votre dos, et qui servent leurs intérêts, ceux de leur caste et ceux des ultra riches. On vous vole votre argent, parce qu’on vous a volé la Démocratie. Largent donne le pouvoir aux riches, le pouvoir sur les masses divisées. Mais quand les masses s’unissent, toutes les fictions s’évanouissent. Le moment où vous êtes fort est celui durant lequel vous pouvez et devez établir votre puissance. Le système monétaire joue contre vous en temps ordinaires ; dans ce moment extraordinaire, vous avez l’occasion de poser des garde-fous. Saisissez-là. Sans quoi, quoi que vous obteniez, le jeu n’en valait pas la chandelle.

Cette vidéo est la troisième que je réalise depuis le début du mouvement des Gilets jaunes. Dans la première, j’ai développé ce que je viens de dire, à savoir que les Gilets jaunes doivent faire du « Référendum d’Initiative Populaire » leur unique objectif. Dans la seconde, j’ai expliqué pourquoi il est préférable de parler de « Référendum d’Initiative Populaire » (R.I.P.) plutôt que de « Référendum d’Initiative Citoyenne » (R.I.C.) comme on l’entend également et même le plus souvent. Sous ces deux noms, l’idée est la même, mais les mots ont leur importance. Les mots sont des pièges, des pièges parfois grossiers, parfois subtils, et s’il est facile de ne pas tomber dans ceux que l’on voit, on tombe sans le savoir dans ceux que l’on n’a pas vus. « Populaire » ou « Citoyenne », ce n’est pas une question d’humeur ou d’esthétique. Derrière ce choix, se cache un enjeux vital que beaucoup ne réalisent pas mais que je n’aiderai pas à se fourvoyer en me pliant moi-même à un effet de mode.

Dans cette troisième vidéo, je vais vous livrer ma conception du « Référendum d’Initiative Populaire », celle que les Gilets jaune devraient, selon moi, adopter comme exigence et point de ralliement, celle que j’espère les voir faire leur, celle que je vous invite à diffuser si vous partagez ma conception des choses.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, une petite mise au point pour couper court aux polémiques stériles. Je ne postule pas au rôle de représentant ou de porte-parole ; j’ai dit, on ne peut plus clairement, dans la première vidéo, que les Gilets jaunes ne devaient pas en avoir. Mais la condition, pour qu’ils n’en aient pas, c’est qu’ils sachent clairement ce qu’ils veulent ; c’est qu’ils parlent comme un seul homme ; que n’importe lequel d’entre eux, d’entre vous, d’entre nous, tienne le même discours. Comment parvenir à une telle unité ? Certains croient qu’elle ne peut procéder que de la concertation, de discussions innombrables et interminables. Sous prétexte de nous unir, ils commencent par nous diviser en réduisant le mouvement à chaque individu. Ils veulent lutter contre le capitalisme avec la mentalité individualiste que le capitalisme nous a inculquée. Je crois, moi, que l’unité ne peut être faite (et faite rapidement), que par le ralliement massif à des idées bien ficelées, peu importe par qui elles aient été émises pourvu qu’elles rencontrent l’assentiment général et qu’elles deviennent ainsi celles de chacun. Je n’ai pas le pouvoir d’imposer les miennes. Je ne fais que les proposer pour faire œuvre utile. Il ne s’agit pas de « me suivre », mais de vous permettre de trouver, bien exprimées, et de pouvoir formuler à votre tour les idées qui étaient déjà en vous. C’est à vous de juger.

Voilà donc la plate-forme que je propose, celle qui doit frapper les esprits, être dans tous les discours et sur toutes les banderoles.

Pour rendre au Peuple français la souveraineté qui est sienne d’après la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et la Constitution même….

Les Gilets jaunes exigent l’instauration
d’un vrai Référendum d’Initiative Populaire

Matière — Des référendums pourront être provoqués sur n’importe quel sujet, dans n’importe quel domaine et dans n’importe quel sens, car le Peuple est souverain.

Pétitions — Ils seront provoqués automatiquement par toute pétition référendaire, en bonne et due forme, réunissant au moins 500.000 signatures de citoyens français, sans qu’aucun intermédiaire ne puisse s’y opposer, car le Peuple est souverain.

Référendums — Les référendums auront lieu dans un délai de 6 mois maximum après le constat de la validité des pétitions, sans que rien ne puisse s’y opposer, car le Peuple est souverain.

La loi — Les résultats des référendums auront aussitôt force de loi, nonobstant toutes dispositions contraires, car le Peuple est souverain.

Lèse nation — Toute entrave mise à ce processus, c’est-à-dire à la liberté de pétitionner (pour les citoyens français), à la provocation et à l’organisation des référendums acquis, à l’application de leurs verdicts, sera considérée comme un crime envers le Peuple souverain.

Voilà ce que doit être, selon moi, un vrai Référendum d’Initiative Populaire, le projet non-négociable que chaque Gilet jaune, chaque Français même, doit faire sien. Il peut donner lieu à des vignettes et des tracts encore plus directs comme dans l’exemple suivant :

Gilets jaunes - Une exigence - RIP.jpg

Ou encore :

RIP - Pas plus, pas moins.jpg

Je vous mets ces textes sous la vidéo pour que vous puissiez les copier-coller.

Je suis d’avis que les Gilets jaunes s’en tiennent, publiquement, à ces quelques points. Il est cependant évident que la mise en œuvre concrète du Référendum d’Initiative Populaire sera plus complexe et exige des précisions à chaque niveau, des précisions qu’il nous appartient d’apporter pour ne pas en laisser l’initiative aux saboteurs. Ce sera l’objet de la prochaine vidéo.

En attendant, j’invite ceux qui le peuvent à confectionner d’immenses banderoles portant les mots « Démocratie - Référendum d’Initiative Populaire » pour les déployer sur toute la largeur des Champs-Élysées, afin qu’il soit impossible de les louper, même pour les médias français, que ces images fassent le tour du monde, et que le gouvernement ne puisse plus ignorer que capituler sur ce point est sa seule porte de sortie.

R.I.P. !
R.I.P. !
R.I.P. !
     HOURRA ! ! !

 

LES GILETS JAUNES

19:09 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

jeudi, 06 décembre 2018

APPEL AUX GILETS JAUNES (vidéo)

POUR UNE LEVÉE EN MASSE

EN FAVEUR

DU RÉFÉRENDUM D’INITIATIVE POPULAIRE (R.I.P.)

 

Salut à toi, Peuple français,

Dans ces heures que l’Histoire de France comptera sans doute parmi les plus lumineuses, je me sens obligé, en tant que Citoyen français, en tant que partie de ce peuple si longtemps méprisé, d’apporter ma pierre à l’entreprise.

Je m’appelle Philippe Landeux.

Je me présente en deux mots. Certains d’entre vous me connaissent peut-être déjà, et savent que je suis à la fois un spécialiste de la Révolution française, en particulier de Robespierre, et l’auteur d’une théorie révolutionnaire, « le Civisme », que je m’échine à répandre depuis 20 ans, sachant d’ailleurs que son heure n’est pas encore venue. Mon but suprême est l’instauration de l’Égalité des citoyens en devoirs et en droits, dont celui d’accéder librement au marché du fait même qu’ils soient citoyens, ou, si vous préférez, d’anéantir Largent, au nom de l’Égalité et de la Patrie. Je prône un système non-monétaire, égalitaire, patriotique et démocratique. Mais ce n’est pas l’objet de cette vidéo et je renvoie, ceux que cela intéresse, à mon blog, mes livres et mes vidéos.

Je fais cette vidéo aujourd’hui pour aider les Gilets jaunes de mes conseils, s’ils veulent bien les entendre. Je ne vous parle pas d’en haut, je suis des vôtres ; mais il est impossible de se faire entendre en étant au milieu de quelques-uns d’entre vous. C’est d’ailleurs le premier point que je voudrais aborder.

Notre force, c’est de n’être personne et tout le monde à la fois, c’est d’être le peuple debout…. enfin. Notre force, c’est d’être une masse insaisissable, indomptable, terrifiante pour le pouvoir ; nous pouvons tout balayer si nous savons ce que nous voulons, si nous marchons au but comme un seul homme.

Mais c’est là que notre force peut devenir une faiblesse. Nous n’avons pas de représentants et il est impératif que nous n’en ayons pas. Le système a besoin de représentants pour négocier ; pas nous. Nous ne sommes pas là pour négocier, mais pour exiger au nom du peuple souverain. Mais exiger quoi ? Si nous ne le savons pas, nous aurons besoin de représentants, le système en désignera même pour nous ; nous perdrons l’avantage et le fruit de nos efforts. Si vous voulons trop, même chose. Si nous multiplions les exigences, dont certaines seront insignifiantes, d’autres contradictoires, si nous nous dispersons nous-même au lieu de concentrer le tir et de viser juste, nous ne pourrons pas être entendus parce que nous serons inaudibles, nous ne serons plus aussi puissants parce que nous serons divisés, nous perdrons la bataille parce que nous aurons donné le bâton pour nous faire battre. Qui trop embrasse mal étreint.

Nos exigences doivent se limiter à UNE SEULE ; une seule exigence, claire, indivisible et non-négociable ; une exigence fondamentale et révolutionnaire qui contienne en elle-même toutes les exigences possibles ; une exigence unique qui doit être portée par tous et sur laquelle nous pourrons être intraitables ; enfin, une exigence unique dont la pleine et entière satisfaction sera la condition pour la cessation de notre mouvement.

Quelle peut être cette exigence ? Certains réclament des baisses de ceci, des augmentations de cela. D’autres parlent de dissoudre l’Assemblée nationale, de former par élection ou tirage au sort une assemblée constituante, de supprimer le sénat, de renverser le gouvernement, de destituer Macron, de l’obliger à démissionner, etc. Les uns veulent des miettes, les autres veulent des mesures illusoires ou secondaires. Je ne dis pas que ces revendications ne sont pas légitimes, mais comptez-vous, pour les satisfaire, sur la bonne volonté de ceux que vous dénoncez à juste titre ? Et obtiendriez-vous le départ de ces derniers, qu’aurez-vous gagné réellement, hormis la satisfaction d’avoir été un moment les plus forts ?

L’exigence qui doit nous rallier est celle qui doit assurer, POUR TOUJOURS, NOTRE POUVOIR, c’est-à-dire la souveraineté du peuple, que le peuple soit enfin souverain sans qu’il ait besoin de descendre dans la rue… pour se voir rétorqué que la rue ne fait pas la loi. Nous sommes dans la rue parce que nous n’avons précisément aucun moyen légal de faire la loi ou de nous opposer à quelque décision que ce soit prise en notre nom, sans nous consulter et à nos dépens. Ce n’est pas cela la Démocratie, c’est-à-dire le régime dans lequel nous sommes supposés être. Nous sommes dans un régime où le peuple est nul, où il ne compte pas, où il ne sert que de marchepied à des élus, à des professionnels de la politique qui vivent grassement sur le dos des contribuables dans lesquels ils ne voient que des bonnes poires et des vaches lait. Nous sommes dans une démocrature, c’est-à-dire une dictature, au service de Largent, maquillée en démocratie. La Démocratie, la vraie, est un système politique dans lequel les lois sont faites directement par le peuple ou, à défaut, ratifiées par lui. Peu importe qui fait les lois dès lors que le peuple a le dernier mot. C’est pour cela que nous devons nous battre ; c’est cela que nous devons obtenir en priorité et même en exclusivité, car c’est parce que nous n’avons jamais pu nous opposer aux trahisons de nos élus qu’ils nous trahissent aussi effrontément.

Cette exigence a un nom ; c’est une disposition qu’il suffit d’inscrire dans la constitution et qui existe déjà dans d’autres pays, notamment en Suisse et aux États Unis ; elle est connue sous le nom de Référendum d’Initiative Populaire (RIP) ou Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC). Les deux sont parfaitement synonyme. Pour ma part, je préfère celui de RIP, car il sonnerait effectivement le glas de la démocrature.

Image 2.jpg

Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image ou ICI

Entendons bien que le RIP n’est pas UN référendum ; il est la possibilité, pour le peuple, de provoquer, sous certaines conditions, des référendums sur tous les sujets qui suscitent son intérêt ou ses craintes, les résultats de ces référendums ayant bien sûr force de loi. Ainsi, au moyen du Référendum d’Initiative Populaire, toutes les revendications que formulent les Gilets jaunes, toutes celles auxquelles ils n’ont pas pensées, et toutes celles que le pouvoir pourrait ignorer, pourraient être mises une à une sur la table, débattues et soumises à la décision du peuple.

J’invite donc les Gilets jaunes à aller à l’essentiel et à faire du RIP leur unique exigence. Pour que les choses soient tout à fait claires, et que le pouvoir, contraint de céder, ne puisse dénaturer cette exigence, je préconise de la préciser comme suit :

1) Les Gilets jaunes exigent, au nom du peuple français, que soit intégrée à la Constitution la disposition connue sous le nom de Référendum d’Initiative Populaire ou Citoyenne, permettant au peuple français de provoquer des référendums sur n’importe quel sujet et dont les résultats auront force de loi.

2) Des référendums seront provoqués automatiquement, dans un délai de 6 mois maximum, par toute pétition réunissant au moins 500.000 signatures de citoyens français, après constat de sa validité par l’organisme créé à cet effet.  

3) L’organisme chargé de vérifier la validité des pétitions et d’annoncer l’objet et les dates des référendums sera composé de 100 citoyens français tirés au sort sur les listes destinées à former les jurés. Il siègera à Paris, aux abords de l’Étoile.

4) Toute entrave au droit des citoyens de signer des pétitions, à la provocation des référendums, à leur bon déroulement et à l’application de leurs verdicts sera considérée comme crime de lèse nation et puni de 10 ans de prison.

J’ajoute un point indépendant mais utile  :

5) Amnistie totale pour tous les Gilets jaunes arrêtés et condamnés durant la crise ; indemnités généreuses pour tous les blessés graves.

Voilà ce que les Gilets jaunes doivent exiger pour que leur victoire soit totale et mémorable. Voilà, une fois bien comprise, l’exigence que tous les Français soutiendront avec enthousiasme et que le système ne pourra ni calomnier ni éluder. Voilà le coin que le peuple doit brandir pour fendre la démocrature telle une bûche.

Reste la question des moyens.

Je ne reviens pas sur ce qui a été fait et qui, bon gré mal gré, nous a ouvert des perspectives. Cela partait dans tous les sens ; il faut maintenant adapter les moyens au but.

Comment le gouvernement peut-il être contraint de capituler devant cette exigence ? En n’ayant pas le choix, en voyant que la nation tout entière la réclame à grand cri, en ne pouvant plus faire un pas sans la recevoir en pleine figure, en étant gêné dans toutes ses démarches, en n’ayant d’autre moyen de sortir de la crise qu’en satisfaisant la seule exigence qui permet d’en sortir. Que tous les Français qui le peuvent montent à Paris autant de samedis qu’il sera nécessaire, et qu’ils se pressent tout autour de l’Élysée, du palais Bourbon et sur les Champs-Élysées. Qu’un million, deux millions, trois millions de Français en gilet jaune bloquent les rues et le pouvoir par leur seule présence. Que ceux qui restent dans leur ville fassent de même sur la place principale et autour de la préfecture. Que tous, partout, arborent pancartes et banderoles réclamant la Démocratie et le Référendum d’Initiative Populaire, aux conditions énoncées plus haut. Que lors du moindre de leurs déplacements des foules accueillent Macron et ses ministres par ces mêmes slogans. Que personne ne recule devant les injonctions des autorités de se rendre ici ou de se disperser. Que ceux qui peuvent faciliter à leur manière l’action des Gilets jaunes fassent montre de solidarité. Que les forces de l’ordre, dont le premier devoir est de servir le peuple, brillent par leur inaction.

Il ne s’agit pas de transformer l’insurrection en manifestation, mais de rallier tous les Français, par des actions indolores pour eux et auxquelles ils n’hésiteront pas à se joindre, et de presser néanmoins le gouvernement de toutes parts jusqu’à sa capitulation. Assiégé, paralysé, anxieux, donnant au monde le spectacle pathétique d’un gouvernement soi-disant du peuple et donneur de leçons sourd à son propre peuple, donc discrédité sur la scène internationale, le pouvoir n’aura guère le choix que de rendre les armes. S’il restait sourd malgré tout, tel Louis XVI en son palais, alors le temps des ultimatums viendrait. Le peuple français est un lion qui dort… mais qui s’est réveillé.

Vive la Révolution !
Vive la Démocratie !
Vive la France !

Philippe Landeux

6 décembre 1018

 

LES GILETS JAUNES

22:59 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 30 novembre 2018

GILETS JAUNES : RIC ou RIP ? (vidéo)

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Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image ou ICI

Le mouvement extraordinaire des Gilets jaunes ne sera un succès que s’il pérennise sa victoire, donc s’il dote le peuple français d’un moyen légal et constitutionnel non seulement de contenir son gouvernement mais encore d’imposer ses volontés. Que le gouvernement cède sur des miettes ne serait pour eux, les Gilets jaunes, qu’une victoire à la Pyrrhus. Une mobilisation sans pareil doit avoir un but élevé et ambitionner des mesures décisives ; elle doit obtenir de ne plus être elle-même nécessaire à l’avenir ; elle doit assurer au peuple français le moyen d’être entendu et obéi de son gouvernement sans avoir à s’insurger, ce qui n’arrive pas souvent et est vain quand cela arrive.

Bref, si les Gilets jaunes devaient obtenir une chose, une seule, ce devrait être le droit, pour le peuple, de provoquer des référendums à volonté, sur les sujets de son choix, et que les résultats de ces référendums aient force de loi. Toutes les revendications possibles et imaginables, présentes et futures, sont contenues dans celle-là ; l’inverse n’est pas vrai. Dans la mesure où le gouvernement ne démissionnera pas, quelle que soit la pression (à moins d’une véritable insurrection), et où sa démission même, quoique jouissive, n’offrirait aucune satisfaction concrète et aucune garantie face à ses successeurs, le but est moins de le pousser à démissionner qu’à capituler sans condition devant le peuple (dont il est supposé être l’instrument et non le fléau), qu’à céder à ses exigences. Mais, il cèdera d’autant plus facilement que ces exigences seront limitées, claires, indiscutablement légitimes et universellement soutenues.

La présente proposition a le mérite de ramener la démocratie a son véritable principe (le pouvoir du peuple) et, par là même, de révéler l’imposture actuelle et de désarmer les imposteurs. Que pourront opposer au peuple exigeant la souveraineté ceux qui défendent un système dans lequel il est souverain mais seulement sur le papier, c’est-à-dire ceux qui défendent un système qui n’est pas ce qu’ils proclament face à ceux qui demandent juste qu’il soit ce qu’il prétend être ? Les concepteurs du système soi-disant représentatif ont cru duper le peuple ; il est temps que le peuple montre qu’il n’est pas dupe de cette fausse démocratie et qu’il arrache le masque des hypocrites et des despotes, afin que ceux-ci fassent amende honorable ou assument ouvertement d’être des ennemis du peuple.

Pour que la proposition en question soit claire, elle doit pouvoir être nommée. Il s’agit de permettre que des référendums soient provoqués à l’initiative d’un certain nombre de citoyens issus du « peuple », un nombre conséquent (par exemple 500.000) témoignant de l’intérêt suscité par le problème soulevé. Cette disposition est connue sous deux noms : Référendum d’Initiative Citoyenne (R.I.C.) et Référendum d’Initiative Populaire (R.I.P.). Il faut opter pour l’une ou l’autre de ces formules, a priori synonymes.

Un Référendum d’Initiative Citoyenne suppose que les signataires sont citoyens. Ce terme est d’autant plus choquant qu’il ne choque personne. Il est vrai que nous sommes supposés être des « citoyens ». Mais qu’est-ce qu’un « citoyen » ? Un maître et un esclave forment-ils société ? Sont-ils concitoyens ? Non. Et que sont les riches par rapport aux pauvres, les oppresseurs par rapport à ceux qu’ils oppriment, les exploiteurs par rapport à ceux qu’ils exploitent, les voleurs par rapport à ceux qu’ils ont volé, ceux qui ont tous les droits par rapport à ceux qu’ils ont dépouillé ? Forment-ils société ? Sont-ils concitoyens ? Pas davantage. Il n’y a pas de société digne de ce nom, pas de citoyens au vrai sens du terme, dans l’inégalité en droits ; et il n’y a pas d’Égalité possible dans le système monétaire. L’Égalité bien comprise (celles des citoyens, en devoirs et en droits) n’est pas impossible en soi, mais elle implique de sortir du système monétaire, donc de savoir pourquoi et comment. C’est là un autre sujet et un prochain combat. Pour l’heure, il importe de comprendre pourquoi donner du « citoyens » à des gens qui ne le sont pas en réalité est dangereux, pourquoi c’est un piège.

En fait, il s’agit du même type de piège que celui qui consiste à appeler « démocratie » un système politique qui n’en est pas une. De manière générale, ce type de piège est appelé « novlangue ». La novlangue consiste à désigner une chose par le mot qui désigne son contraire ou à associer un mot sensé à un concept vide de sens ou, encore, à désigner une chose grave par un mot ou une expression insipide. Bref, la novlangue, c’est la manipulation des mots avec lesquels on pense afin d’empêcher les gens de penser correctement. Plus un système tyrannique est perfide, plus il y a recours. Plus un système est perfide, plus il y a recours, plus il est tyrannique. La première façon de déjouer une tyrannie est donc de ne pas accepter son vocabulaire, de redonner leur vrai sens aux mots, d’appeler les choses par leur nom. Adopter le langage et les sophismes de l’ennemi, c’est être ligoté dans sa tête et ne pas pouvoir se révolter ou être vaincu d’avance. Nous sommes dans cette situation.

Il est facile d’éviter un piège une fois celui-ci mis en évidence. On ne tombe que dans les pièges que l’on n’a pas vus et, surtout, dans ceux que l’on ne veut pas voir. Le piège du mot « démocratie », tel qu’il est employé par le système, est aujourd’hui éventé dans une certaine mesure. Le système soi-disant représentatif — qui n’est que le gouvernement des ultra riches — s’est affublé du titre de « démocratie » pour se donner un air populaire et que personne ne lutte pour la véritable démocratie, sous prétexte qu’elle existe déjà. Opposer à la démocratie en mot la démocratie en fait est le coup le plus rude qui puisse être porté au système. Toutefois une conception plus populaire de la démocratie n’est toujours pas la démocratie ; c’est encore une illusion. Il n’y a pas de démocratie authentique et absolue possible dans un système monétaire, inégalitaire par nature, donc oligarchique ou ploutocratique. La souveraineté du peuple est une vue de l’esprit dans un système qui génère des riches auxquels il donne le pouvoir ou auxquels il permet de le prendre. Le peuple ne peut qu’espérer avoir voix au chapitre pour les contenir un minimum. Du reste, comment pourrait-il y avoir une vraie démocratie sans vrais citoyens ? L’Égalité fait des citoyens qui font la société et la démocratie. Tout est lié. De même la monnaie fait l’inégalité qui défait la société (sur le fond, pas sur la forme, ce qui maintient l’illusion) sans laquelle il n’y a ni citoyens ni démocratie.

Il ne s’agit pas d’échapper à un piège pour tomber dans un autre. Il est utile de combattre le système au nom de la démocratie, mais il ne faut pas s’illusionner et croire que de ce combat sortira la vraie démocratie. (Celle-ci ne sortira que du combat victorieux contre l’existence même du système monétaire.) Tout ce qui augmente le pouvoir et le contre-pouvoir du peuple va dans le bon sens mais n’est qu’une étape. Même un système techniquement démocratique ne serait pas encore la Démocratie, c’est-à-dire l’ère de l’Égalité bien comprise, des Citoyens dans toute leur dignité, de la Cité fondée sur les Principes de l’ordre social. C’est donc un piège que l’on se prépare nous-mêmes pour demain que de parler à tort et travers de « démocratie » et de « citoyens », comme si nous pouvions vraiment être en démocratie, comme si nous étions vraiment des citoyens, donc sans savoir ce que sont vraiment la Démocratie et la Citoyenneté, sans savoir et en nous interdisant même de penser qu’ils nous reste encore à renverser Largent, au nom de l’Égalité (et de la nation), pour les conquérir.

Pour toutes ces raisons (qu’on les admette ou pas), il est préférable de parler de Référendum d’Initiative Populaire. « Populaire » renvoie à « peuple », comme le principe même de la démocratie : « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Le simple fait d’évoquer le peuple annonce donc des intentions démocratiques, ce qui, dans le cas présent, est justifié. Ceci étant, le mot « peuple » est relativement flou, ce qui, loin d’être un inconvénient, est précisément ce qui constitue son avantage. Selon une de ses acceptions, le peuple est l’ensemble de que l’on appelle les « citoyens français » ; il désigne donc, tant bien que mal, le corps politique. Ainsi il dit ce qu’il faut et dispense d’employer ouvertement le mot « citoyens » qui, dans le contexte actuel, serait mensonger. Enfin, un peuple reste un peuple quels que soient les rapports entre ses membres ; le concept est toujours pertinent. Inégalité ou Égalité, le R.I.P. resterait le R.I.P. À l’inverse, des « citoyens », au vrai sens du terme, ont entre eux des rapports bien précis (ceux qui découlent de l’acte d’association et que le système monétaire sape), de sorte que, si rien ne peut empêcher d’utiliser ce mot, puisqu’il existe, l’utiliser pour désigner des gens qui n’ont pas ces rapports et ignorent même quels ils doivent être n’est pas fait pour qu’ils s’interrogent et l’apprennent. « R.I.C. » serait un nom judicieux dans l’Égalité, mais il est trompeur dans l’inégalité, et l’erreur sur laquelle il repose (celle qui consiste à croire qu’il y a des citoyens dans l’inégalité) détournerait du combat pour l’Égalité et la Citoyenneté pleine et entière (donc contre Largent), si bien que ce nom, en ouvrant une porte, en fermerait une autre, celle devant conduire au R.I.C. bien nommé.

La formule « Référendum d’Initiative Populaire » est donc aussi juste que celle de « Référendum d’Initiative Citoyenne » est dangereuse. Bien sûr, ceux qui prennent la « citoyenneté » pour une étiquette vide de sens ou sous laquelle on peut mettre n’importe quoi n’entendront pas ce discours et contribueront à la galvauder un peu plus, comme on savonne pour d’autres la planche que l’on a trouvée savonnée pour soi. Il est cependant à espérer que ceux qui respirent pour la justice et la vérité ne prendront pas cette mise en garde à la légère, et que, à défaut d’être tout à fait convaincus, ils s’abstiendront par précaution.

Et puis R.I.C., comme « rictus », fait doucement rigoler. Tandis que R.I.P, comme « Resquiescat In Pace », sonne le glas pour quelqu’un ; il serait bien la mort de la démocrature si le peuple parvenait à l’imposer. Tout un symbole !

 

Philippe Landeux

RIP - Tombe-2.jpg30 novembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

LES GILETS JAUNES

10:40 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer |

mardi, 27 novembre 2018

LE DILEMME DES GILETS JAUNES

DES REPRÉSENTANTS OU PAS ?

 

Des représentants servent à négocier et légitiment de facto la partie adverse.

Dans le cas du mouvement des Gilets jaunes se pose un premier problème, celui de la désignation de représentants : ils sont trop hétéroclites pour en avoir qui soient représentatifs, et trop désorganisés pour être capables d’en désigner. Le deuxième problème est que leurs revendications sont actuellement trop confuses pour être entendues par le pouvoir qui, lui, a donc besoin d’interlocuteurs faisant office de catalyseurs. Le troisième problème est que des porte-parole, dont on ne sait comment ils pourraient être désignés, auraient pour mission de négocier (sur quelle base, dans quelles limites ?) avec un pouvoir auquel le mouvement ne reconnaît plus aucune légitimité et dont il souhaite, comme préalable à toute chose, la démission pure et simple.

Il s’ensuit que le principe des porte-parole est à proscrire, mais que le pouvoir cherchera à en imposer d’une manière ou d’une autre pour reprendre la main et nous la faire à l’envers. Si ce dernier arrive à ses fins, c’en est fait des nôtres.

Il s’ensuit également que, pour pouvoir se passer de porte-parole, tout en ayant des chances de succès, les Gilets jaunes doivent d’eux-mêmes renoncer aux réclamations tous azimuts et aux chimères et s’unir autour de revendications simples, claires et non négociables. Or il en est une qui contient toutes les autres et pérenniserait leur victoire ; une seule dont il ne faut démordre à aucun prix.

Puisqu’ils se posent en contre-pouvoir et en souverain, ils doivent obtenir que le peuple soit enfin le véritable contre-pouvoir légal et le souverain qu’il est déjà sensé être d’après la constitution. Ils n’obtiendront pas la démission du gouvernement (il faut de l'honneur pour démissionner), mais ils peuvent obtenir, en maintenant voire en accentuant la pression, qu’il capitule sur le principe du Référendum d’Initiative Citoyenne ou Populaire, dont les résultats auraient force de loi. Arracher une telle mesure serait une victoire non seulement par rapport au gouvernement actuel mais par rapport à tous les gouvernements futurs. Un système qui prétend défendre la démocratie aurait d’ailleurs du mal à éluder cette demande éminemment démocratique, sans passer pour tyrannique ; les médias auraient du mal à la ridiculiser sans se ridiculiser eux-mêmes.

Que tous les Gilets jaunes s’emparent de cette revendication, qu’ils en fassent partout leur unique objectif, qu’ils la martèlent de toutes leurs forces, qu'ils ne lâchent rien sur ce point, et, quoique sans leaders, sans représentants, sans organisation, leur victoire est aussi certaine que le coin finit par fendre la bûche.

 

Salus populi suprema lex est.

 

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LES GILETS JAUNES

13:50 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

samedi, 27 octobre 2018

PENSÉE DU JOUR : Voltaire et Rousseau

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Voltaire était le chantre de Largent roi. Rousseau voulait la souveraineté du Peuple et l’égalité des citoyens.

On peut voir l’un et l’autre comme les deux faces d’une même pièce, dans la mesure où Rousseau ne dénonçait pas Largent et ne proposait pas de sortir du système monétaire (individualiste et inégalitaire), de sorte que ce qu’il voulait se heurtait à la force des choses et était réduit à un vœu pieu. Dans ce sens, Rousseau était l’idiot utile de Largent, d'aucuns diraient du "capitalisme".

Mais lequel des deux, de Voltaire ou de Rousseau, s’opposait-il le plus à Largent ? Voltaire qui allait volontairement dans son sens, ou Rousseau qui, malgré ses principes radicalement opposés, ne savait pas comment lui échapper et en était inconsciemment prisonnier ? Laquelle des deux doctrines est-elle potentiellement la plus subversive, la plus révolutionnaire ? Celle qui accompagne le système ou celle qui est soumise à lui par défaut ?

En fait, on associe Voltaire et Rousseau :

1) quand on ignore que Largent est l’ennemi, l’ennemi du Peuple et de l’Égalité, de sorte que l’on ignore ce qui les opposait fondamentalement et que l’on oscille soi-même entre le fatalisme de l’un et l’impuissance de l’autre ;

2) quand on dénonce Largent mais que l’on ignore soi-même comment l’abattre, de sorte que l’on ignore également que les Principes de Rousseau, à quelque chose près, étaient bien ceux qu’il faut opposer à Largent mais que son temps fixait des limites qui ne permettaient pas alors de s’opposer à lui en pratique, limites avec lesquelles il était obligé de composer, d’où certaines faiblesses conceptuelles.

Mais quand on sait que Largent est l’ennemi, qu’il ne peut être renversé qu’au nom de l’Égalité et de la Patrie (= peuple, société, cité, nation), que l’informatique permet aujourd’hui de dépasser la monnaie qu’elle est elle-même en train d’anéantir, alors on réalise que Rousseau ouvrait une voie bien différente de celle de Voltaire (qui lui nous a conduits là où nous sommes), qu’il n’était pas le verso d’une même pièce, mais seulement un pionnier dont l’audace mérite des louanges, et les erreurs inévitables, l’indulgence.

Du reste, quand on préfère Rousseau à Voltaire sans remettre en cause Largent, sans comprendre que Largent était la limite du premier, et la boussole du second, on se fourvoie dans les mêmes erreurs que lui sans avoir autant d’excuses. Car quelles excuses peut-on avoir quand la lumière est faite et que l’on persiste à fermer les yeux pour suivre en tout point un maître qui, lui, naviguait dans le noir ?

17:16 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG, 7.1. PENSEES DU JOUR | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 12 octobre 2018

PENSÉE DU JOUR : les « dissidents » en peau de lapin

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Niveau 0 : Critique tout et son contraire
Niveau 1 : Critique du système politique
Niveau 2 : Critique du système économique
Niveau 3 : Critique du système monétaire, sans alternative sérieuse

Chacun de ces niveaux marque a priori un degré de conscience supérieur par rapport au niveau précédent (conscience de la cause des problèmes et du plan sur lequel on se propose d'agir). Mais, au final, à aucun de ces niveaux le système n’est critiqué dans son essence (Largent bien compris), de sorte qu’aucune de ces critiques n’est en mesure de proposer un système d’une nature différente, capable de résoudre, par une nouvelle force des choses, les maux qui suscitent l’indignation. Même le niveau 3, qui semble le plus près du but, et va en effet dans la bonne direction, n’a pas assez de consistance pour accoucher de quelque chose.

En fait, toutes ces critiques consistent à s’opposer plus qu’à proposer. Ce qu’elles prennent pour des propositions ne sont que des contre-mesures pour essayer d’anéantir en détail les effets d’une logique globale qui, elle, n’est pas remise en cause parce qu’elle est intégrée par le pensée. Sans doute certaines critiques sont-elles plus pertinentes que d’autres. Mais il n’y a pas de milieu. Il n’y a pas de lot de consolation. Soit on sort du système (monétaire, individualiste, inégalitaire), soit on est toujours dedans. Or, si certaines de ces critiques montrent mieux que d’autres les mécanismes du système actuel, aucune ne permet d’en sortir, toutes condamnent à tourner en rond à l’intérieur. Il n’y a donc pas lieu de se féliciter d’avoir atteint tel ou tel niveau. Les canaris aussi chantent dans leur cage.

08:47 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG, 7.1. PENSEES DU JOUR | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

samedi, 22 septembre 2018

ÉQUITÉ vs ÉGALITÉ

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Équité : le mot sonne comme un Principe, ce qui lui donne un caractère imposant. Mais, à la vérité, il sonne creux & ne charme que les sourds.

L’Équité évoque la Justice mais se veut plus nuancée que l’Égalité. Autrement dit, elle s’oppose à l’Égalité, au Principe fondamental de l’Ordre social, à laquelle elle prétend substituer une vague notion de justice, fondée sur l’appréciation personnelle. Car si elle rejette l’Égalité qui ne fait pas de distinctions, c’est pour établir, elle, toutes les distinctions possibles & imaginables ; si elle rejette le Principe de l’égalité des Citoyens en Devoirs & en Droits, tout en conservant les notions mêmes de devoirs & de droits, c’est pour distinguer les devoirs en fonction de leurs objets afin de les récompenser chacun par des droits soi-disant à leur hauteur, au nom de Dieu sait quels critères ; c’est pour nier qu’un devoir doit être considéré d’après sa nature, & que les droits doivent être ceux du Citoyen ; c’est pour soutenir que les individus remplissent des devoirs, non pour mériter la Citoyenneté, mais pour obtenir des droits individualisés ; c’est pour nier — ou pour le moins vider de tout sens — la Citoyenneté elle-même, en ne reconnaissant pas les Devoirs qu’elle implique & surtout les Droits qu’elle confère. En somme, l’Équité revient à dénoncer l’injustice, l’inégalité & l’arbitraire pour instaurer l’inégalité soi-disant juste d’après celui qui en décide. Tout ça pour ça ! La qualifier de « fumisterie » est bien la moindre des choses.

Comme « l’humanité », l’Équité consiste à se laisser guider par des penchants personnels, à prendre ces penchants pour des Principes & ainsi à faire de la Politique sans Principes, c’est-à-dire à vouloir régir la Cité tout en méconnaissant & bafouant les Principes de l’Ordre social. Prompte à rejeter, elle n’a rien à proposer. Elle parle de droits, & éventuellement de devoirs, mais elle ne peut pas les théoriser. Elle ne peut pas, comme l’Égalité, dire qu’il n’y a de Devoirs qu’envers d’autres & à condition qu’il y ait réciprocité entre eux ; que les devoirs des uns génèrent les droits des autres ; que des Citoyens astreints aux mêmes Devoirs se génèrent mutuellement les mêmes Droits ; que les notions de Devoirs & de Droits n’ont de sens que dans l’Égalité ; que la Citoyenneté implique les mêmes Devoirs pour tous les Citoyens & confère à tous les Droits du Citoyen, ou ne veut rien dire ; que seuls des Citoyens égaux en Devoirs & en Droits sont réellement Citoyens & forment une Cité ou une Société digne de ce nom. Qu’objecte l’Équité à tout cela ? Rien. Elle ne peut pas argumenter face à cette logique implacable sans révéler sa propre indigence. Elle n’a pour toute réplique que l’esquive & ses sophismes. Elle, elle est plus juste car nuancée…. Très bien… Entrons dans son jeu. A quel endroit du raisonnement prétend-elle introduire de la nuance pour être plus juste que l’Égalité ? Reprenons point par point.

« Il n’y a de Devoirs qu’envers d’autres & à condition qu’il y ait réciprocité entre eux. » Peut-on parler de « devoirs » à propos d’obligations que l’on s’impose à soi-même & dont on retire seul les fruits ? A vrai dire, oui. Mais il s’agit alors au mieux de « devoirs moraux », qui n’intéressent personne hormis l’intéressé. Dans le registre qui est le notre, celui des rapports entre les hommes, un Devoir est nécessairement une obligation librement consentie au profit d’autrui, & cette obligation n’est librement consentie que si toutes les parties y consentent pareillement, s’il y a réciprocité. Sans cette réciprocité, il n’y a pas de « Devoir », sinon par abus de langage de la part du plus fort. Un maître peut bien dire que ses esclaves ont des devoirs envers lui, alors que lui-même ne s’en sent aucun envers eux, le statu quo n’est maintenu que par la terreur. A la première faiblesse, les esclaves s’enfuiront ou lui trancheront la gorge. Ils n’ont aucun devoir envers lui parce qu’il n’y a pas de devoir sans liberté & sans réciprocité. Quelle nuance apportera donc ici l’Équité ? Soutiendra-t-elle, comme conception plus juste, que les devoirs ne soient ni librement consentis ni réciproques, que les uns imposent donc aux autres des obligations envers eux auxquelles ils se refusent eux-mêmes ? Consistera-t-elle à nous vendre l’esclavage & la tyrannie comme des bienfaits ?

« Les devoirs des uns génèrent les droits des autres. » Quand les uns font quelque chose pour d’autres, ce sont ces autres qui en retirent le fruit. Quand ce quelque chose est un Devoir, son fruit est un Droit pour ceux envers lesquels ledit Devoir est rempli. La nuance consiste-t-elle, ici, à prétendre qu’un Devoir rempli envers d’autres ne génère rien pour eux ? ou s’agit-il de déclarer que chacun doit générer pour lui-même ses propres droits, donc n’avoir aucun devoir envers personne ? Une Société dans laquelle les Citoyens n’auraient aucune obligation les uns envers les autres, comme dans l’état de Nature ! Formidable !

« Des Citoyens astreints aux mêmes Devoirs se génèrent mutuellement les mêmes Droits. » Conséquence des deux points précédents : si les Citoyens ont des Devoirs & nécessairement les mêmes Devoirs les uns envers les autres, ils génèrent & se garantissent mutuellement des Droits & fatalement les mêmes Droits. (1) On pourrait imaginer, pour nuancer pareille horreur, trois hypothèses : 1) que les Citoyens aient les mêmes Devoirs mais pas les mêmes droits, 2) qu’ils n’aient pas les mêmes devoirs mais cependant les mêmes Droits, 3) qu’ils aient des devoirs & des droits différents. La première hypothèse (mêmes Devoirs mais pas les mêmes droits) supposerait que des individus ayant les mêmes Devoirs les uns envers les autres & se garantissant de fait les mêmes Droits pourraient malgré tout être inégaux en droits. Comment ? Il faudrait que certains soient spoliés, d’une manière ou d’une autre, d’une partie de leurs Droits. La justice, selon l’Équité, serait donc la spoliation, l’exploitation, l’oppression ? La deuxième hypothèse (devoirs différents mais mêmes Droits) supposerait soit qu’une partie des Droits n’est générée par personne, ce qui est impossible, soit qu’une partie des individus se dispensent ou sont dispensées de tout ou partie des Devoirs & se comportent en parasites, grands ou petits, ce qui est inadmissible. Au vrai, cette hypothèse, la moins détestable de toutes — car l’égalité en Droits tend à susciter l’égalité en Devoirs &, finalement, ne pénalise personne même si certains en font moins que d’autres —, est aussi celle que l’Équité exclue d’emblée, puisque son rejet de l’Égalité est avant tout celui de l’égalité en Droits. Enfin, la troisième hypothèse (devoirs & droits différents) combine toutes les absurdités des deux premières. Mais elle peut être vue de deux manières : soit les individus ont des devoirs différents mais jouissent des droits correspondants qu’ils génèrent, tels le « juste prix », de sorte que, s’ils sont inégaux entre eux, le sort de chacun est juste, ineptie à tous les niveaux que l’Équité présente comme justice absolue ; soit les individus ont des devoirs différents &, cette fois, des droits sans rapport avec les devoirs qu’ils ont remplis, de sorte qu’exploitation & oppression sont officielles, ce qui revient au cas précédent (& à la situation actuelle), les foutaises & les illusions en moins.

(1) « Astreints » ne signifie pas ici que ces Devoirs leurs sont imposés de force ; c’est la Citoyenneté qui, par définition, les imposent à tous ceux qui désirent être Citoyens & qui consentent aux obligations que cela implique. Quand même des individus seraient Citoyens faute de choix, ils ne pourraient se plaindre que de la nature des choses & non de la Cité qui n’exigerait rien d’eux qu’elle n’exige de tous, pour leur donner en retour, à eux comme à tous, autant qu’il est possible.

« Les notions de Devoirs & de Droits n’ont de sens que dans l’Égalité. » C’est la morale des points précédents : il n’y a pas de Devoirs sans réciprocité ; les Devoirs des uns génèrent les Droits des autres ; il n’y a pas de Devoirs hors de l’Égalité ; l’égalité en Devoirs génère l’égalité en Droits ; donc il n’y a de Devoirs & de Droits, au vrai sens du terme, que dans l’Égalité. Ceux qui rejettent le Principe d’Égalité mais parlent quand même de « devoirs » & de « droits » se gardent bien d’expliquer de quoi les uns & les autres procèdent. Pour certains, ils tombent du Ciel ; pour d’autres, ils naissent de leurs états d’âme. Aucun n’établit de liens « mathématiques » entre ces notions sociales, les rapports sociaux, la Société, sa raison d’être & les Lois qui en découlent. Tous prétendent disserter sur un objet sans jamais considérer l’objet lui-même. Ils veulent l’harmonie partout & la cohérence nulle part. En effet, qu’apportent de soi-disant « nuances » à un raisonnement logique si ce n’est de l’incohérence ? L’Équité présente la rigueur intellectuelle comme de la rigidité afin de faire valoir sa bêtise voire sa lâcheté.

« La Citoyenneté implique les mêmes Devoirs pour tous les Citoyens & confère à tous les Droits du Citoyen, ou ne veut rien dire.  » La Citoyenneté est le statut des membres de la Cité appelés « Citoyens », & ce statut définit aussi bien les Devoirs, qui permettent de l’obtenir, que les Droits qu’il confère en retour à ceux qui l’ont obtenu, c’est-à-dire les Devoirs & les Droit du Citoyen, donc de tous les Citoyens indistinctement. Comment pourrait-il en être autrement ? Soit des individus ont le même statut, donc les mêmes devoirs & les mêmes droits, soit ils n’ont pas les mêmes & leurs statuts respectifs doivent être appelés différemment. Des « Citoyens » inégaux en devoirs &/ou en droits ne seraient pas Citoyens aux mêmes conditions, la Citoyenneté ne signifierait pas pour tous la même chose & ne serait donc qu’un mot astucieux pour créer l’illusion du même à propos de choses différentes. Mais une Cité digne de ce nom doit bel et bien être composée de Citoyens au vrai sens du terme, c’est-à-dire d’individus ayant réellement le même statut, appelé « Citoyenneté », donc les mêmes Devoirs & les mêmes Droits. « Cité », « Citoyen », « Citoyenneté », « Devoirs », « Droits » ne sont pas seulement des mots ; ce sont des concepts indivisibles, des notions consubstantielles. Les « nuances » en la matière consistent à garder le contenant (les mots) tout en dénaturant le contenu (les concepts).

« Seuls des Citoyens égaux en Devoirs & en Droits sont réellement Citoyens & forment une Cité ou une Société digne de ce nom. » Ceci conclut & récapitule tout ce qui vient d’être dit : il n’y a de Devoirs, de Droits, de Citoyens, de Citoyenneté, de Cité que dans l’Égalité. Or il n’y a pas de milieu : l’Égalité est ou n’est, & quand, elle n’est pas, l’inégalité règne à sa place, l’Ordre social est anéanti. L’Équité & ses « nuances » ne sont pas une alternative à l’Égalité ; elles sont la bonne conscience de l’inégalité. Elles ne proposent pas un autre modèle de Société ; elles prônent, au nom de la Société, un système fondamentalement antisocial. Elles ne sont pas la promesse d’un « monde » plus juste ; elles sont la garantie que le « monde » restera tel qu’il est. Elles ne menacent pas l’ordre des choses actuel ; elles dénoncent d’un côté ce qu’elles justifient autrement d’un autre. Elles ne sont pas l’étendard possible d’une Révolution ; elles sont désespérément conformistes & intrinsèquement — consciemment ou non — contre-révolutionnaires.

Il est naturel que les Principes tiennent le devant de la scène. Mais on ne peut pas vraiment comprendre cette discussion si l’on ne jette un œil en coulisse, si on ignore par quoi l’Équité est inspirée &, dans le même temps, enchaînée.

J’ai dit ici que des Citoyens devaient être égaux en Devoirs & en Droits ; j’ai précisé, plus haut, que des Citoyens avaient le Devoir de participer à la vie de la Cité (selon ce qu’elle considère comme une participation) & le Droit de profiter de tous ses bienfaits, notamment via un droit indirect d’accéder librement au marché. Admettre que tous les Citoyens aient le Devoir de participer à la vie de la Cité ne pose guère de problème (sauf pour des gauchistes). En revanche, que tous les Citoyens — compte tenu de ce qu’implique la Citoyenneté telle que je l’ai définie — aient le droit d’accéder librement au marché, autrement dit que l’accès au marché leur soit conféré par la Citoyenneté elle-même, voilà qui paraît inconcevable & même blasphématoire ! Que des droits soient attachés à la Citoyenneté, d’accord ! Mais que le droit le plus indispensable, celui par lequel passent quasiment tous les autres, y soit de même attaché, non ! non ! & non ! Il est normal que tous les Citoyens participent à la vie de la Cité ; mais que tous puissent profiter pareillement du fruit de leur efforts combinés, n’exagérons pas ! On veut bien avoir un discours « social », mais à condition qu’il ne débouche sur rien ! On veut bien défendre la « dignité » des autres, mais à condition qu’ils ne soient jamais nos « égaux ».

Et je n’ai pas dit le plus beau : si le droit d’accéder au marché est conféré par la Citoyenneté, c’est qu’il ne dépend plus d’une monnaie, c’est qu’il n’y a plus de monnaie, plus de prix, plus de valeur marchande, plus de pauvres, plus de riches… juste des Citoyens, comme il se doit dans une Cité. Là, c’est l’infarctus ! QUOI !!! Oser remettre en cause un système multi-millénaire qui a fait… Qui a fait quoi ? Le bonheur des hommes ? Non ! Le bonheur des « citoyens » ? Non ! Celui des peuples ? Non plus ! Alors disons qu’il a surtout permis à certains de prospérer sur le dos des uns & de piétiner dans le sang des autres ! OUI MAIS !!! Il facilite les échanges… Ha ! parce qu’il n’y aurait plus d’échanges entre des Citoyens accédant librement au marché ? MAIS ENFIN !!! Un balayeur ne peut pas gagner comme un patron ! Parce qu’un patron doit être plus Citoyen que ses employés ? Il est la Cité à lui tout seul ? Les autres sont-ils ses esclaves ou ses Concitoyens ? Mais à quelles conditions seront-ils ses Concitoyens si tous n’ont pas les mêmes Droits ?

Je pourrais égrainer encore longtemps, non pas les arguments, mais les réflexions  de cet acabit qu’inspirent spontanément & universellement l’Égalité & ses conséquences. On constaterait, d’une part, que l’Égalité — telle que je l’expose en détail — ne fait l’objet d’aucune critique sur le plan des Principes, & que le grand reproche qui lui est fait est de ne pas reproduire le système monétaire ; d’autre part, que jamais il n’est question de défendre en soi le système monétaire, qu’il s’agit toujours d’accepter son existence parce qu’il existe, parce que, de ce fait, il conditionne nos vies, notre monde, nos pensées, parce que, pour le meilleur ou, le plus souvent, pour le pire, chacun n’en est finalement qu’un rouage incapable de concevoir une autre machine. Toute tentative de le justifier tourne elle-même à vide : c’est comme ça, donc c’est comme ça que cela doit être, & inversement.

C’est dans ce contexte & dans ces dispositions que des hommes brandissent l’Équité comme le fin du fin. Mais ils ne l’opposent pas alors à l’Égalité, dont ils ignorent tout ; ils l’opposent aux injustices criantes du système monétaire, dont ils ont cependant intégré les préjugés. Ce n’est qu’une fois confrontés à la véritable Égalité qu’ils lui opposeront l’Équité au nom desdits préjugés, c’est-à-dire au nom de Largent (2) dont ils prétendent par ailleurs combattre les effets extrêmes.

(2) « Largent » est un terme propre à la théorie du Civisme. « Largent, c’est la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger. » Cette croyance est née du troc dont elle véhicule les schémas & est inculquée aux hommes actuels par la pratique de l’échange monétaire. Imprégnés de cette croyance, les hommes ne peuvent plus concevoir d’autre mode d’échange que celui qu’ils connaissent, & sont condamnés à le reproduire, puisque lui seul met en œuvre les mécanismes qui sont les siens & qu’ils préjugent nécessaires. « Largent » désigne donc plus que le système monétaire, plus que la monnaie, plus que la notion de valeur marchande. Il est la quintessence du système, la source dont tout découle, la « matrice ». Mais, s’il a un sens très précis, il peut aussi être utilisé pour parler de tout ce qui se rapporte directement ou indirectement à lui & dont il est la cause en dernière analyse.

Ici, il faut nous arrêter sur ce que j’appelle les « préjugés monétaires » (ou « préjugés capitalistes »). (Loin de nous écarter du sujet de l’Équité, cela nous permettra au contraire de mieux comprendre ses propres ressorts, des ressorts qu’elle ignore & dont elle ne veut surtout rien savoir. Cette réflexion vaut également pour à peu près tous les courants de pensée & toutes les idées, y compris celles concernant la Propriété.)

Les hommes actuels n’ont pas inventé le système dans lequel ils vivent ; ils sont nés dedans, ils ne connaissent que le monde façonné par lui & ils croient à la fois qu’il n’y a pas d’autre système possible & que ce qu’ils observent est dans la nature des choses, donc immuable. Ne voyant pas ce qu’ils observent comme des conséquences du système, ils n’en cherchent pas la cause ou ne vont pas jusqu’à en accuser le système lui-même, mais l’imputent à tout autre chose &, faisant ainsi erreur sur la cause, ils en commettent de nouvelles, ajoutant à la confusion. Il est pourtant indéniable que le système est monétaire & que, en dernière analyse, tout tourne autour de l’argent dans ce système. Ce sont donc les mécanismes & les effets du système monétaire qui, étant considérés comme naturels & immuables, vont devenir des postulats inconscients & incontestables, autrement dit des « préjugés ». Pour découvrir la nature & l’origine de ces préjugés, il suffit d’étudier le fonctionnement du système monétaire.

Le système monétaire n’est pas apparu tel quel un beau matin ; il évolue (au moins dans sa forme) & fut lui-même le fruit d’une évolution. L’impulsion initiale fut donnée par des échanges entre individus ou communautés sur le mode du troc. Le troc consiste, pour des individus ou des communautés, à échanger des objets entre eux, donc à mettre, d’abord inconsciemment, puis volontairement, ces objets en équivalence. Que le troc ait été une pratique courante ou marginale, peu importe ; lui seul a pu amener les hommes à penser que les objets pouvaient avoir une valeur marchande, puis à croire qu’ils doivent en avoir une. Cette notion de valeur implique le recours à une unité de mesure, laquelle consista d’abord en objets divers, puis en objets de référence, puis en monnaies primitives ou modernes, enfin en chiffres abstraits, preuve que tout autre support était superflu & n’était donc qu’un prétexte. A partir d’ici, nous pouvons dérouler les diverses facettes du système pour saisir au fur & à mesure les préjugés qu’elles engendrent.

[Cette partie, que j’ai déjà publiée & dans laquelle j’énonce 40 préjugés, est trop longue pour être présentée ici mais j’invite à la lire avant de poursuivre la lecture présente. Les préjugés monétaires ou capitalistes]

Ce système est cohérent par rapport à lui-même. Il a une logique, celle de la monnaie (ou, pour mieux dire, de Largent). Tout s’articule autour de l’idée que les individus doivent réaliser des échanges équitables, que des échanges (en biens, services ou monnaie) sont équitables dès lors qu’ils ont été réalisés, qu’une monnaie est le meilleur moyen — plus exactement le seul moyen — d’y parvenir, & qu’il n’y a donc pas d’autre système possible (on ne dit pas « souhaitable ») que le système monétaire. Peu importe la fiction & les mensonges, les aberrations & les désastres ! Ce système a ses raisons que les hommes, qui ne connaissent que lui, font leurs & qui, ce faisant, ne peuvent rien concevoir d’autre. Mais force est d’admettre que cette logique n’a aucune dimension sociale & n’est pas celle de la Société. Elle n’implique ni la Cité ni les individus en tant que Citoyens qu’ils sont censés être ; elle méconnaît aussi bien les Devoirs que les Droits du Citoyen ; elle sacrifie tout sur l’autel de la soi-disant valeur marchande (Largent). On ne peut pas en dénoncer des aspects sans la rejeter complètement ou la conserver entièrement. Entre la logique monétaire (Largent) & la logique sociale (l’Égalité), il faut choisir. Un assortiment n’est pas possible. En proposer un est, à la fois, la preuve que l’on ne va au bout ni de l’une ni de l’autre, l’aveu que l’on ne maîtrise ni l’une ni l’autre & la démonstration que, au final, on est toujours prisonnier de la première, celle de la monnaie. Car ne pas avoir conscience du rôle & de l’influence de la monnaie n’empêche pas de la subir & d’être influencé par elle, à son avantage, dès lors que l’on vit dans un système monétaire. Dans ces conditions, toute « proposition » autre que l’Égalité bien comprise est inconsciemment inspirée par les préjugés monétaires & reproduit d’une manière ou d’une autre le système monétaire dont les effets intrinsèques sont niés ou ignorés. (3) On pourrait dire que « toute proposition de ce genre est vouée à l’échec », mais ce serait s’abuser doublement : des projets qui ne renferment rien de neuf ne sont pas des « propositions », & on ne peut pas à proprement parler « d’échec » quand, au fond, on n’a rien tenté. (4)

(3) Même les « propositions » de systèmes non-monétaires sont influencées par les préjugés monétaires, dès lors que les systèmes en question — toujours les mêmes à quelque chose près — ne visent pas à instaurer l’Égalité (Citoyens égaux en Devoirs & en Droits, en Devoirs, notamment de participer à la vie de la Cité, en Droits, notamment d’accéder librement au marché). Dans ce cas, une partie seulement des effets négatifs de la monnaie a été identifiée ; l’autre partie reste à l’œuvre & sert d’appui pour échafauder une « solution ». Or, un des premiers effets de la monnaie est l’individualisation des rapports, qui suscite à la fois l’individualisme & le sans-frontiérisme (en passant par l’universalisme & le droit-de-l’hommisme), & l’ignorance de ce que sont un Citoyen & une Société, un Devoir, un Droit & l’Égalité. Ce n’est donc pas un hasard si toutes les « propositions » de ce genre, hormis le Civisme, sont universalistes ou mondialistes, hostiles à toute idée de Devoirs, de Société & d’Égalité ; c’est qu’elles régurgitent, sans en avoir conscience, le catéchisme capitaliste. Elles croient faire table rase, alors que leur vide est comblé par les préjugés monétaires. Leurs solutions bancales ne peuvent que s’effondrer & ramener au capitalisme dont elles ne se sont finalement jamais libérées.

(4) On entend souvent dire que, pour changer le monde, il faut d’abord changer soi-même. Changer à quel niveau ? dans quel sens ? Mais que peut-on réellement changer quand on ignore que le monde est façonné par Largent, que l’on pense nous-mêmes à travers Largent, que nos pensées ne sont, pour la plupart, que l’expression de préjugés monétaires ? L’Égalité qui anéantirait de fait Largent changerait le monde (au sens de « Société »). Quelle victoire sur l’esprit, quel changement intérieur ne serait-ce pas déjà que d’envisager de passer de l’un à l’autre ! Quelle bêtise que d’opposer un tel argument (changer d’abord soi-même) à l’idée de remettre en cause le système monétaire !

L’Équité n’échappe pas à la règle ; elle la confirme même de manière éclatante en se posant comme une alternative à l’Égalité, donc en s’opposant expressément à elle. Mais lequel des préjugés énoncés plus haut l’Équité remet-elle en cause ? Aucun, absolument aucun. Elle garde tout du système monétaire & croit pouvoir accoucher d’autre chose par enchantement. En fait, elle présente comme une nouveauté & une planche de salut un principe qui est déjà une supercherie & la porte ouverte à l’arbitraire dans le système monétaire : l’équité. La base du troc & du système monétaire est que les échanges réalisés sont toujours équitables & satisfont les deux parties. Or, même en supposant que les protagonistes des échanges soient toujours satisfaits, croyant avoir servi au mieux leurs intérêts particuliers, il est évident que l’échange dans de telles conditions n’est pas forcément dans l’intérêt de la Société, qu’il est même impossible qu’il le soit… & il ne faut pas creuser beaucoup pour se rendre compte que, à la vérité, il n’est pas à l’avantage de la plupart des « Citoyens ». En quoi consisterait donc l’Équité en tant que « principe social » ? A substituer l’arbitraire de l’État à l’arbitraire des individus ? A substituer des critères technocratiques aux critères de chacun ? A substituer la tyrannie à l’injustice ; l’artificiel au naturel (du système monétaire) ; le désastre au désordre ; le mécontentement général au malheur commun ? Et si l’idée n’est pas d’aller aussi loin, de combien s’agit-il de s’éloigner du système (monétaire) tel qu’il est ? D’un cheveu ? Moins ? Qu’il s’agisse donc de faire quelque chose d’intenable ou de ne rien faire, sinon en paroles, que l’Équité soit franchement grotesque ou purement déclamatoire, dans tous les cas il s’agit de rester dans le système monétaire, donc de se soumettre bon gré mal gré à Largent, sans le comprendre mais sans faillir.

L’Équité débite des fables pour nourrir des illusions & avaler ses propres sophismes. En quoi l’inégalité « équitable » serait-elle préférable à l’inégalité capitaliste ? en quoi l’inégalité entre Citoyens serait-elle plus juste que l’Égalité, alors qu’il n’y a pas même de Citoyens dans l’inégalité ? L’Équité ignore tout des Principes de l’Ordre social parce qu’elle est pétrie par les préjugés monétaires & qu’elle n’est, en définitive, qu’un prétexte à l’inégalité & un porte-parole de Largent. Qu’elle le soit consciemment ou non ne change rien à l’affaire ; seul le résultat compte ; & le résultat, c’est qu’elle prétend combattre un système avec les armes que le système lui a fournies pour le défendre ; c’est qu’elle tourne contre la Société des hommes qui veulent lui être utiles ; c’est qu’elle fait perdre du temps à un moment où il est urgent d’agir & où nous n’avons pas le droit à l’erreur.

L’Égalité (des Citoyens en Devoirs, dont celui de participer à la vie de la cité selon ce qu’elle considère comme une participation, & en Droits, dont celui d’accéder librement au marché) est le seul & unique Principe capable d’anéantir Largent (la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger), de sortir de la logique capitaliste & du système monétaire. Dans l’Égalité, on ne calcule pas, on ne mesure pas, on n’évalue pas, on n’a pas besoin d’unité de valeur pour établir des nuances artificielles & arbitraires au profit du plus fort, aux dépens des Citoyens. Quiconque croit en la nécessité de calculer, de mesurer, d’évaluer, même sous prétexte d’Équité, est un disciple de Largent, un profiteur du capitalisme ou un de ses idiots utiles.

Philippe Landeux

Extrait de "La Propriété", ouvrage à paraître

11:55 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 20 juillet 2018

LES PRÉJUGÉS MONÉTAIRES

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Les hommes actuels n’ont pas inventé le système dans lequel ils vivent ; ils sont nés dedans, ils ne connaissent que le monde façonné par lui et ils croient à la fois qu’il n’y a pas d’autre système possible et que ce qu’ils observent est dans la nature des choses, donc immuable. Ne voyant pas ce qu’ils observent comme des conséquences du système, ils n’en cherchent pas la cause ou ne vont pas jusqu’à en accuser le système lui-même, mais l’imputent à tout autre chose et, faisant ainsi erreur sur la cause, ils en commettent de nouvelles, ajoutant à la confusion. Il est pourtant indéniable que le système est monétaire et que, en dernière analyse, tout tourne autour de l’argent dans ce système. Ce sont donc les mécanismes et les effets du système monétaire qui, étant considérés comme naturels et immuables, vont devenir des postulats inconscients et incontestables, autrement dit des « préjugés ». Pour découvrir la nature et l’origine de ces préjugés, il suffit d’étudier le fonctionnement du système monétaire.

Le système monétaire n’est pas apparu tel quel un beau matin ; il évolue (au moins dans sa forme) et fut lui-même le fruit d’une évolution. L’impulsion initiale fut donnée par des échanges entre individus ou communautés sur le mode du troc. Le troc consiste, pour des individus ou des communautés, à échanger des objets entre eux, donc à mettre, d’abord inconsciemment, puis volontairement, ces objets en équivalence. Que le troc ait été une pratique courante ou marginale, peu importe ; lui seul a pu amener les hommes à penser que les objets pouvaient avoir une valeur marchande, puis à croire qu’ils doivent en avoir une. Cette notion de valeur implique le recours à une unité de mesure, laquelle consista d’abord en objets divers, puis en objets de référence, puis en monnaies primitives ou modernes, enfin en chiffres abstraits, preuve que tout autre support était superflu et n’était donc qu’un prétexte. A partir d’ici, nous pouvons dérouler les diverses facettes du système pour saisir au fur et à mesure les préjugés qu’elles engendrent.

1) Le troc est un échange d’objets.

Le premier préjugé consiste donc à croire qu’il n’y a échange que si des objets sont échangés les uns contre les autres ; le deuxième préjugé, à croire que les objets sont le seul enjeu de l’échange, d’où le matérialisme inhérent à ce mode d’échange.

2) Le troc est un échange entre individus.

Le troisième préjugé consiste donc à croire que l’échange se pratique nécessairement entre individus, lesquels doivent donc s’échanger directement quelque chose. Ce système, intrinsèquement individualiste, insuffle donc l’individualisme et le sans-frontiérisme.

3) Le troc met les objets en équivalence.

Le quatrième préjugé consiste donc à croire que les objets et les choses en général ont une valeur marchande. Ce qui engendre le cinquième préjugé qui consiste à croire qu’une unité de valeur est nécessaire pour mesurer la valeur des objets et permettre l’échange sur le mode du troc indirect ; ce qui engendre le sixième préjugé qui consiste à croire qu’établir la soi-disant valeur des choses prime sur toute autre considération, si bien que les échanges qui sont au cœur des rapports sociaux deviennent une finalité en soi et n’ont, dans cette conception de l’échange, aucune dimension sociale, pas plus que ses protagonistes.

4) Le troc est un échange d’objets.

Il s’ensuit que la monnaie, qui représente des objets, doit elle aussi être échangée ; c’est pourquoi elle circule, pourquoi elle passe de main en main. Mais la monnaie incarne aussi des droits : celui d’accéder au marché et tous ceux qui passent par celui-là. Le septième préjugé consiste donc à croire qu’il n’y a échange que si les individus se dépouillent de quelque chose, et que le droit d’accéder au marché ne s’exerce donc qu’en s’en dépouillant petit à petit, au fil des dépenses. Le huitième préjugé consiste à croire que les droits ne s’obtiennent que d’un tiers, via les échanges que l’on fait avec lui (quoique l’on puisse aussi le voler), qu’ils ne relèvent pas de la Société et qu’il est normal de n’en avoir aucun en tant que Citoyen (au vrai, on ne se pose même pas la question). Le neuvième préjugé consiste à croire que les droits se conquièrent sur les autres et que les hommes, même en Société, sont condamnés à une perpétuelle guerre de tous contre tous. Le dixième préjugé consiste à trouver normal que l’État, dont le rôle devrait être de garantir les droits, dépouille lui aussi les « citoyens » de leur argent, c’est-à-dire de leurs droits, via les impôts, taxes, amendes, etc., pour ses propres besoins. 

5) Le troc est un échange d’objets dont les premiers propriétaires sont les producteurs.

Le onzième préjugé consiste donc à croire que produire rend propriétaire de sa production ou, à défaut, que le travail doit être échangé contre de la monnaie. Ce qui entraîne deux autres préjugés : le douzième, qui consiste à croire que le travail n’est pas un Devoir envers la Société mais une obligation envers soi-même, soit pour en consommer directement les fruits, soit pour en retirer de la monnaie (des droits) en les vendant ou en se faisant payer ; le treizième, qui consiste à trouver naturel que la Société garantisse le droit de Propriété sur leur production à des producteurs qui ne produisent pas pour elle, qui devrait donc s’en laver les mains. Personne pour s’étonner que la Société ne joue pas son rôle et qu’on lui en fasse jouer un qui n’est pas le sien ! En fait, personne ne sait plus ce que doit être une Société.

6) La monnaie facilite le troc.

Le quatorzième préjugé consiste donc à croire que la monnaie facilite les échanges et qu’elle est indispensable aux échanges eux-mêmes. Ce préjugé opère ainsi un glissement : de la facilitation du troc, il passe à la facilitation des échanges et, de là, à l’impossibilité d’échanger autrement ; il passe d’une évidence à un sophisme qu’il prend pour un truisme. Il donne l’impression d’avoir comparé le troc ou le système monétaire, qui sont fondamentalement la même chose, à un autre mode d’échange, et rejeté ce dernier après avoir pesé le pour et le contre, sauf qu’il a seulement comparé le troc avec lui-même (troc direct ou troc indirect via la monnaie). Dans une autre version, il dirait que « la monnaie est pratique ». Là encore, « pratique » par rapport à quoi, sinon au troc ? Bien sûr que la monnaie est pratique dans un système fonctionnant selon le schéma du troc ; bien sûr, encore, que ce système ne peut pas fonctionner sans monnaie. Mais une pièce indispensable dans un système n’a plus de raison d’être dans un système fonctionnant selon d’autres principes.

7) La monnaie permet de faire du troc qui est supposé être un échange équitable, quoique la valeur marchande ne soit, en dernière analyse, que l’expression d’un rapport de force. 

La monnaie réintroduit dans l’état Social, fondé sur les rapports de droit, les rapports de force qui prévalent dans l’état de Nature. Mais il est interdit de penser que le système monétaire est antisocial.

Le quinzième préjugé consiste donc à croire que les prix consentis sont toujours justes et les échanges équitables, que riches et pauvres méritent chacun leur sort, que les exploités ont le tort de ne pas mieux se défendre, que les crapules ont le mérite d’être malins, etc. Ce qui engendre le seizième préjugé qui, pour justifier le système monétaire, consiste à croire que les riches ont toutes les qualités (talents, beauté, intelligence, gentillesse) et les pauvres tous les défauts (bêtise, paresse, laideur, méchanceté). Ainsi, les riches accaparent toutes les richesses matérielles, et il faut encore leur prêter toutes les vertus morales. C’est du reste ce qui explique l’aura qui, dans ce système, entoure la Propriété : posséder au-delà du nécessaire est signe de « réussite » et de vertus ; d’où le besoin d’avoir pour paraître vertueux et désirable, à défaut de l’être réellement ; d’où l’épate, la jalousie, le mépris, le désespoir, etc.

8) La monnaie repose sur la notion de valeur marchande, qui n’a de sens que s’il y a des différences de valeur.

Vu que la monnaie, qui incarne des droits, ne peut pas se répartir également, de par sa nature et son fonctionnement, un système monétaire est inégalitaire par définition. Le dix-septième préjugé consiste donc à croire qu’il est normal qu’il y ait des riches et des pauvres, des exploiteurs et des exploités, des profiteurs et des affamés, des maîtres et des esclaves, tout cela dans le cadre d’une même Société, entre soi-disant Concitoyens. Le paradoxe est que les pauvres qui n’ont rien à gagner au système monétaire partagent aussi ce préjugé ; eux aussi trouvent normal d’être moins bien payés que d’autres, d’avoir moins de droits que d’autres, donc que l’inégalité règne ; s’ils déplorent les conséquences extrêmes de ce système, dont ils pâtissent, ils n’en cautionnent pas moins le principe de l’inégalité qui les rend possibles et même inévitables, puisqu’un système fondé sur l’inégalité tend vers toujours plus d’inégalités. Le dix-huitième préjugé consiste donc à croire qu’il est normal d’être bridé, de se priver, d’économiser, d’être sans cesse aux abois et soumis au supplice de Tantale pendant que d’autres profitent et dilapident les richesses de la Terre ;  autrement dit qu’il est normal que la « société » soit injuste et terrible, comme si la vie ne réservait pas assez d'épreuves et de souffrances.

De la même cause découle le dix-neuvième préjugé qui consiste à croire que le système (monétaire) est inégalitaire parce que l’inégalité est avant tout dans la nature des choses, et que les inégalités (en argent, donc en droits) ne sont jamais que le reflet des différences naturelles entre les individus.

Cette justification de l’inégalité n’est rien d’autre qu’une capitulation devant le système monétaire. Il s’ensuit que ceux qui ont malgré tout l’intuition de l’Égalité, sans voir dans le système monétaire la cause des inégalités, prônent une absurde égalisation tous azimuts et suscitent chez les autres un légitime rejet de leurs conceptions dénaturées et catastrophiques de l’Égalité, ni les uns ni les autres ne sachant ce qu’est la véritable Égalité. Imaginez des gens disant : « Nous, on veut jouer au foot. » Ils proposent alors des règles. D’autres, n’aimant pas ces règles, déclarent : « Nous, on ne veut pas jouer au foot. » Or les règles en question étaient celles du basket. En somme, les premiers n’ont pas plus proposé de jouer au foot que les autres n’ont refusé d’y jouer. Il en est de même de l’Égalité : ceux qui invoquent son nom ne savent généralement pas plus ce qu’elle est que ceux qui, considérant que l’Égalité est ce que les premiers en disent, en rejettent le Principe.

Le vingtième préjugé consiste donc à nier ou à ne tenir aucun compte du fait que le système monétaire soit précisément monétaire, à nier de même qu’il soit intrinsèquement inégalitaire alors que nul n’ignore que l’inégalité règne, ceci afin de pouvoir croire que les conséquences du système (monétaire) sont étrangères à la monnaie, notamment que l’inégalité entre riches et pauvres n’a rien à voir avec l’argent, voire, comble de l’ineptie !, que riches et pauvres sont malgré tout égaux (en quoi ?) alors même qu’il est admis qu’il n’y a pas d’Égalité. De là le vingt-et-unième qui consiste à croire que la monnaie, indispensable pour jouir du moindre droit, n’est pas du droit elle-même, qu’elle n’est rien sinon quelque chose d’insaisissable, et que la cause de l’inégalité est tout aussi mystérieuse. 

Les hommes se partagent entre ceux qui justifient l’inégalité et ceux qui la déplorent. Aucun n’ignore que l’inégalité règne dans ce système. Pour autant, aucun n’ose faire le lien avec sa nature monétaire. Mais il ne faut pas gratter beaucoup pour comprendre que ceux qui rejettent l’Égalité le font au nom des préjugés monétaires, et voir que ceux qui veulent aller vers l’Égalité ou moins d’inégalités, en proposant des mesures monétaires, démontrent eux-mêmes ce qu’ils nient par ailleurs.

9) La monnaie sert à établir des prix.

Le vingt-deuxième préjugé consiste donc à croire que les choses ont nécessairement un prix, que la monnaie est nécessaire pour les acquérir (ce qui est vrai dans le cadre de ce système) et que le système monétaire est le seul possible.

10) La monnaie est échangée en contrepartie de biens ou de travail.

Le vingt-troisième préjugé consiste donc à croire que tout travail (non considéré comme un Devoir) mérite salaire (en monnaie) ; que ce salaire doit soi-disant être fixé d’après divers critères (années d’étude, pénibilité, responsabilités, ancienneté, âge du capitaine), le seul n’entrant jamais en ligne de compte étant la Citoyenneté ; qu’un salaire est une bonne chose en soi quand bien même il ne représente jamais que des miettes par rapport aux Droits du Citoyen.

Un autre aspect de ce système ne débouche pas sur ce que l’on peut à proprement parler appeler un préjugé, c’est le fait que, si la monnaie représente tous les objets ou le travail qu’elle permet d’acheter ou de payer, tout ce qui peut être vendu représente de la monnaie. Or, comme il est vital pour tous de se procurer de la monnaie, les limites de ce qui est vendable reculent jusqu’à disparaître, jusqu’à ce que tout devienne marchandise. La « marchandisation » du monde est la conséquence inéluctable de Largent. Dénoncer Largent, c'est donc dénoncer aussi la « marchandisation » du monde ; l'inverse n'est pas nécessairement vrai.

11) La monnaie sert à acheter, donc à s’approprier ce qui est retiré du marché par son biais.

Dans la mesure où la monnaie est un moyen d’appropriation, elle est aussi un moyen de dépossession puisque dépouiller quelqu’un de son argent, par quelque moyen et pour quelque raison que ce soit, revient à le déposséder de tout ce qu’il aurait pu acheter et posséder, donc à le déposséder avant même qu’il ait eu l’occasion d’être propriétaire. C’est donc également être dépossédé via la monnaie que de ne pas être payé davantage ; dans ce cas, il y a dépossession par omission, dépossession de tout ce qu’aurait permis d’acheter l’argent dont on n’a pas même vu la couleur.  

La monnaie est le moyen d’appropriation par excellence. Le lien entre la monnaie, la Propriété et les possessions ou propriétés est évident et indiscutable. Les grandes disparités matérielles sont évidemment et indiscutablement le fait des inégalités monétaires, lesquelles sont elles-mêmes le fait, d’une part, de la nature monétaire du système, d’autre part, du caractère intrinsèquement inégalitaire de ce système (voir point 8). Paradoxalement, le vingt-quatrième préjugé consiste à croire que l’appropriation exige de la monnaie ou que la monnaie est la condition de la Propriété, et, en même temps, à nier que les grandes disparités en biens soient une conséquence de la nature monétaire et inégalitaire du système. Ainsi les hommes veulent bien combattre les inégalités à coups de mesures monétaires, mais pas reconnaître que la monnaie est du droit et que le système monétaire est inégalitaire. Le vingt-cinquième préjugé consiste à croire qu’il n’y aurait pas de Propriété dans l’Égalité ou que tous les Citoyens auraient les mêmes biens, deux choses absolument impossibles en pratique, idées absurdes de l’Égalité que l’esprit agite pour se conforter dans ses préjugés monétaires.

Dans la mesure où la monnaie est le moyen d’appropriation, elle est aussi, pour certains, le moyen de s’approprier les moyens de production qui leur servent à exploiter les travailleurs (citoyens). D’autres ont donc l’idée de collectiviser ou nationaliser lesdits moyens. Mais ils sont aussi pour l’« abolition de l’argent ». Il y a donc une contradiction dans leurs aspirations. Ils veulent à la fois abolir l’argent, ce qui devrait en soi résoudre les problèmes qu’ils déplorent (sinon, pourquoi le vouloir ?), et collectiviser les moyens de production pour qu’ils ne soient plus des moyens d’exploitation à des fins privées, comme si ce problème ne devait pas être réglé par l’abolition de l’argent. En fait, ils focalisent sur cette question parce qu’ils ne raisonnent pas en termes de Société, parce qu’ils n’envisagent pas d’abolir l’argent au nom de l’Égalité, parce qu’ils ne voient pas les travailleurs comme des Citoyens ayant le droit d’accéder librement au marché et se souciant bien peu de savoir qui a réuni et à qui appartiennent les moyens de production (en l’occurrence à la Cité).

12) La monnaie sert à être payé et à payer soi-même, ce qui plonge les hommes dans un cercle vicieux.

Le vingt-sixième préjugé consiste donc à croire que la monnaie est vitale, ce qui est absolument vrai dans le cadre du système monétaire mais n’est pas une vérité absolue.

13) La monnaie est la pièce maîtresse du système monétaire ; elle est vitale aussi bien pour le système que pour les individus et toutes les collectivités.

Le vingt-septième préjugé consiste donc à croire qu’il est impossible de se passer de monnaie, qu’il faut la conserver à toute force, ce qui amène à ne pas chercher à savoir ce qu’elle est ni quelles sont ses conséquences, et même à prétendre qu’elle n’est rien, sinon neutre et sans effets. Notons qu’il n’est pas question ici des unités monétaires (qui ne sont d’ailleurs pas aussi neutres que cela), mais de la monnaie dans son principe ou, disons, du système monétaire. C’est d’ailleurs sur cette distinction que s’appuie, en la faisant mal, le vingt-huitième préjugé qui consiste à croire que le système monétaire est neutre, donc qu’il est inutile de prendre en considération la nature monétaire du système, sous prétexte que les unités monétaires seraient neutres aussi.

14) En tant que moyen d’échange, la monnaie est, par définition, au cœur des rapports “sociaux”.

Le vingt-neuvième préjugé consiste donc à croire que la monnaie est compatible avec la Société, sans chercher à savoir ce que sont des rapports sociaux harmonieux et une Société digne de ce nom, en rejetant même les Principes de l’Ordre social au nom de la logique monétaire.

15) Chaque unité monétaire incarne du droit de participer aux échanges et d’accéder au marché.

Le trentième préjugé consiste donc à croire que le droit d’accéder au marché doit être extérieur à soi, matérialisé et divisible ; partant, qu’il est cumulable, perdable, volable, jouable, gagnable, transmissible, héritable, etc. (L’idée qu’il soit constant et inaliénablement attaché à la Citoyenneté est inconcevable.) Cette propriété, combinée à d’autres, engendre des préjugés déjà énoncés.  

16) Chaque individu a le droit d’accéder au marché en proportion des unités monétaires dont il dispose à l’instant “T”, par quelque moyen qu’il les ait gagnées.

Un individu n’est donc jamais égal à lui-même d’un instant à l’autre ; les individus peuvent d’autant moins être égaux entre eux. Le trente-et-unième préjugé consiste donc à croire que le droit vital d’accéder au marché est nécessairement mesurable et limité ; qu’il faut en repousser les limites autant que faire se peut ; que cela est possible ; que tous les moyens sont bons (vu que l’argent n’a pas d’odeur) ; qu’à défaut de gagner de l’argent, il faut en dépenser le moins possible ou faire payer les autres. Tout ceci façonne la mentalité des hommes, et fait d’eux des êtres vicieux, voleurs, menteurs, calculateurs, mesquins, flambeurs, etc. D’où le trente-deuxième préjugé qui, devant ce spectacle, consiste à considérer l’Homme comme mauvais de nature, ce qui dispense de s’interroger sur le système monétaire et condamne soit au renoncement soit à la démagogie. 

17) La monnaie est indispensable pour toute chose dans un système monétaire, en particulier dans un contexte de haute technologie et de spécialisation extrême.

Le trente-troisième préjugé consiste donc à croire que, pour faire quoi que ce soit, il faut de « l’argent » et qu’un système non-monétaire, au demeurant impensable, n’est ni possible ni souhaitable ; ce qui empêche de s’interroger sur ce que ce dernier pourrait être ou amène à en rejeter d’emblée l’idée quand on y est confronté. Le trente-quatrième préjugé consiste à croire que nous devons tout à Largent, que c’est lui seul qui fait tout, que tout existe grâce lui, que rien n’existerait sans lui, que les hommes ne seraient rien sans lui. Le trente-cinquième préjugé consiste à croire que Largent apporte la Liberté, alors qu’il en est le facteur limitant (et des droits individuels et de l’action collective), car s’il accorde ses faveurs à quelques riches, il les refuse aux masses. On voit toujours ce que l’argent « permet de faire » ou, plus exactement, ce qu’il « n’empêche pas de faire » ; on oublie que, dans un système monétaire, le fait de ne pas avoir d’argent affecte bien plus de gens et a des conséquences plus nombreuses et plus graves.

18) Le système monétaire est individualiste, inégalitaire et oligarchique.

Le trente-sixième préjugé consiste donc à croire que l’Égalité, le civisme (patriotisme) et la Démocratie sont des utopies, ce qui est en effet le cas dans le cadre du système monétaire et dans la bouche de quiconque les prône sans envisager de sortir de celui-ci.

19) La monnaie, qui n’est plus aujourd’hui qu’une abstraction, a longtemps été matérielle.

Le trente-septième préjugé, hérité de longue date, consiste donc à croire non seulement que la monnaie a une réalité, qu’elle existe ailleurs que dans nos têtes, mais encore qu’elle est neutre au même titre que n’importe quel objet, comme si elle ne faisait pas courir les hommes obligés de lui courir après, comme si les hommes fixaient les règles du jeu auquel elle les condamne à jouer. Sous prétexte qu’elle ne serait soi-disant qu’un objet neutre, les hommes, pour lui épargner toute remise en cause, prétendent « qu’elle n’est qu’un outil », comme si n’importe quel outils pouvait remplir correctement n’importe quelle fonction.

20) Le système est monétaire.

Le trente-huitième préjugé consiste donc à croire que, puisque l’on vit dedans, on sait évidemment ce qu’est la monnaie et comment elle fonctionne, un peu comme si un poisson rouge savait évidemment ce qu’est un aquarium. De là le trente-neuvième préjugé qui consiste à croire que, puisque l’on sait tout du système et qu’on ne le remet pas en cause (préjugés obligent), il n’y a rien à comprendre d’autre et rien à chercher en dehors ; que, quoique tout tourne autour de l’argent, il n’y a pas lieu de se poser la moindre question à son sujet. De là le quarantième préjugé qui consiste à croire que, hors de Largent, point de salut. En somme, les hommes sont tellement impliqués dans le système qu’ils en deviennent un rouage malgré eux. Ils n’ont pas assez de recul pour saisir leur monde et encore moins pour en apercevoir un autre.

 

Je m’arrête ici, mais je pourrais en trouver d’autres. De manière générale, les préjugés monétaires consistent à considérer comme des vérités absolues toutes les données relatives au système monétaire et au troc.

07:31 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

mercredi, 06 juin 2018

REVENU DE BASE OU UNIVERSEL : L’ANTICAPITALISME CAPITALISTE

Quand les hommes se mirent à fabriquer, bientôt ils échangèrent. Ils firent d’abord du troc (réflexe naturel), puis du troc indirect. Autrement dit, ils recoururent en premier lieu à un mode d’échange qui, en échangeant des objets entre eux et en les mettant ainsi en équivalence, fit naître en eux la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger (= Largent). Mais le troc direct étant difficilement praticable, ils le pratiquèrent surtout de manière indirecte, c’est-à-dire en procédant en deux temps : afin d’acquérir auprès de B un bien que C voudra bien échanger avec A contre ce que ce dernier lui propose. Le système monétaire moderne n’a rien inventé ; tout est contenu en germe dans le troc : 1) l’échange entre individus (d’où l’individualisme), 2) le recours à la notion de valeur marchande (Largent), 3) le recours à des objets de référence en tant qu’unités de valeur (monnaie d’échange et monnaie tout court). La forme de la monnaie a évolué, elle a été standardisée pour être toujours plus pratique, elle est aujourd’hui virtualisée. En fait, la monnaie n’est qu’un vecteur facultatif et visiblement inutile de la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger. Des hommes pénétrés par Largent, pensant par Largent, pensant fatalement à travers lui — puisque c’est une croyance qu’ils ont en eux —, n’ont pas besoin d’avoir de monnaie matérielle dans les mains pour croire que les choses ont un prix et qu’ils doivent disposer d’unités pour y accéder. Largent est né du troc (fut-il pratiqué de manière occasionnelle) ; c’est la pratique de l’échange monétaire, le fait de vivre dans un monde monétaire, qui aujourd’hui nous l’inculque ; c’est parce que Largent est en nous, dans nos têtes, que nous ne concevons pas d’autre mode d’échange que le sien : échange entre individus, recours à la notion de valeur marchande, besoin d’unités de valeur. Nous sommes mentalement prisonniers de ce schéma et nous le reproduisons même quand nous cherchons à conjurer ses conséquences désastreuses (je n’aborde pas ici le sujet des conséquences). Nous jouons au Monopoly grandeur nature et nous sommes incapables d’imaginer un jeu fondamentalement différent.

(Je défie ceux qui contestent l’historicité du troc de démontrer que la notion de valeur marchande, et tout ce qui va avec, a pu naître d’une autre pratique. Quand même ils prouveraient que Largent a une autre origine, il reste que cette croyance véhicule le schéma du troc, puisque l’idée d’abolir la monnaie et le troc indirect qu’elle permet de faire donne aussitôt à penser qu’il s’agit de « revenir » au troc direct.) 

Toutes les propositions de revenu de base, d’existence, ou quelque soit leur nom et leurs modalités, sont révélatrices de cette incapacité. Elles se veulent sociales alors qu’elles sont monétaires. Elles consistent à essayer de faire entrer des ronds dans des carrés, en tordant les ronds pour leur donner une forme carrée, donc en trichant, en se mentant à elles-mêmes. Le résultat est à des années lumière des intentions initiales. Au vrai, les intentions initiales, bridées d’emblée par Largent, sont elles-mêmes très loin d’être à la hauteur des enjeux. Un capitaliste ignore la logique sociale, et un « socialiste » n’est qu’un capitaliste qui s’ignore. Mais si ceci explique pourquoi leurs propositions sont vaines (on ne fait pas la nique au capitalisme avec des mesures capitalistes ; on ne fait pas la révolution avec un idéal contre-révolutionnaire), cela n’explique pas en soi le « pourquoi » des propositions de cette nature.

Pour comprendre pourquoi ces propositions, qui sont comme de mauvais épilogues de l’histoire, sont faites aujourd’hui, il nous faut reprendre le fil conducteur à son début.

La monnaie repose sur la notion de valeur marchande, laquelle est apparue il y a fort longtemps, dans un temps où les hommes produisaient de manière artisanale. Autrement dit, la monnaie correspond tant bien que mal au mode de production artisanal. Or nous l’avons conservée alors que nous sommes passés progressivement, quoique rapidement aux yeux de l’histoire, à la production industrielle. Ces moyen et mode d’échange ne sont absolument plus adaptés au nouveau mode de production. Nous faisons avec parce que nos esprits sont prisonniers de Largent et qu’il ne nous est donc pas venu à l'idée qu’il est nécessaire et encore moins possible de faire autrement. Nous allons de crise en crise parce que nous ne nous attaquons jamais à la racine du mal. Nous recourons à des palliatifs qui sont bénéfiques à court terme mais désastreux à long terme. Et toutes ces conséquences désastreuses s’accumulent. Nous nous masquons à nous-mêmes que nous ne faisons que reculer pour mieux sauter.

Le problème fondamental est l’inadaptation de la monnaie au mode de production industriel. La monnaie bride le pouvoir d’achat et se répartit inégalement, de par le simple jeu des valeurs. Elle permet l’existence de quelques riches au milieu d’un océan de pauvres. Si les premiers ont un pouvoir d’achat très élevé, le pouvoir d’achat global, lui, tiré vers le bas par la masse des pauvres, est faible. C’est en cela que la monnaie est adaptée au mode de production artisanal et à ses faibles rendements. Mais la règle d’un pouvoir d’achat global faible, liée à la nature et au fonctionnement de la monnaie, reste vraie même lorsque la production s’industrialise et que les rendements sont désormais colossaux. Le problème est alors qu’il n’y a pas assez de clients (individus disposant de monnaie), dans une société donnée, pour absorber sa propre production. Tout le défi est d’en trouver ou d’en fabriquer, sous peine de blocage et d’effondrement. C’est ici que les entreprises et les états recourent aux palliatifs en question, lesquels sont ou ont été : les exportations, la colonisation, l’augmentation des salaires, le crédit à la consommation, les délocalisations et l’immigration (pour faire baisser les coûts de production), la planche à billets, le renoncement à l’étalon or, la création artificielle de monnaie. Rien n’y fait. La plupart des gens continue de se serrer la ceinture, le chômage ne cesse d’augmenter, le tissu économique se délite. Il n’y a pas de solution monétaire a des problèmes créés par la nature monétaire du système.

Or le problème du « manque de clients » va en s’aggravant avec la robotisation, l’informatisation et bientôt la production autonome. Plus nous sommes capables de produire, moins il y a de travail pour les hommes et, alors que les revenus que le travail procure sont déjà insuffisants, ils sont en passe de se tarir… à moins de fausser le jeu sans en sortir. C’est ici qu’interviennent toutes les propositions de revenus minimum, universel, de base, d’existence, etc. Dans un premier temps, ces propositions ont pu viser — par charité ou pour acheter la passivité sociale — à assurer un minimum vital aux exclus du système. Aujourd’hui, sous couvert d’un discours soi-disant social, elles visent surtout à conserver artificiellement la clientèle. Avant, les gens étaient payés pour travailler ; demain, il faudra les payer pour qu’ils puissent toujours consommer. Avant ils étaient dans la dépendance de leur entreprise ; demain, ils seront complètement assujettis à l’État, moyen sûr de les empêcher de s’agiter. Pour autant, cela résoudra-t-il le problème de fond ? Peut-on croire que l’État va assurer à tous des revenus mirobolants et que la Demande globale sera enfin équivalente à l’Offre ?  Certainement pas. Une fois de plus, il s’agit donc d’adopter un palliatif qui ne résoudra rien et dont le bon effet — si tant est qu’il en ait un — durera le temps qu’il durera… et après nous le déluge. Il s’agit surtout de traiter un problème monétaire sans sortir du cadre monétaire, tout en présentant comme « sociale » une mesure purement capitaliste. En dernière analyse, il s’agit de préserver le système monétaire, donc le capitalisme.

Qu’ils en soient conscients ou non, qu’ils se donnent tel air ou tel autre, les gens qui font des propositions de ce genre sont bornés ; leur esprit ne voit pas au-delà de Largent. Entre les préjugés capitalistes qu’ils ont intégrés et les principes sociaux qu’ils ignorent ou qu’ils défigurent pour qu’ils soient compatibles avec lesdits préjugés, leur discours est biaisé et contre-productif pour ne pas dire contre-révolutionnaire. En galvaudant tous les mots du répertoire social et en discréditant tout discours anticapitaliste, loin d’avoir formulé une alternative, ils en ont étouffé — autant qu’il est en eux — la possibilité ; loin d’avoir éclairé leurs contemporains, ils les ont plongés un peu plus dans le noir. Ils chercheraient à œuvrer dans l’intérêt du capitalisme, ils ne s’y prendraient pas autrement. Le capitalisme accueillera d’ailleurs de plus en plus favorablement leurs propositions… jusqu’à les faire lui-même.

Philippe Landeux

Mercredi 06 juin 2018

 

PS : Je ne reviens pas ici sur l’alternative que je préconise ni sur les critiques plus précises que cette alternative permet de faire des différentes propositions de revenus. J’ai traité ce sujet dans l’article « Revenu de base : une idée révolutionnairement contre-révolutionnaire »

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10:33 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

mardi, 16 janvier 2018

PATRIOTISME ET RÉVOLUTION

La Patrie n’est autre chose que la Société, une réunion d’individus sur la base des Principes de l’ordre social, faisant d’eux des citoyens. Le patriotisme n’est autre chose que la défense du pacte social et de ses concitoyens contre tout ce qui viole le premier et opprime les seconds sous quelque prétexte que ce soit. Et comme les citoyens sont liés par des devoirs, comme il n’y a pas de devoirs sans réciprocité, comme les devoirs des uns génèrent et garantissent les droits des autres, en un mot, comme il n’y a ni devoirs ni droits sans Égalité, le premier fléau de la patrie est l’inégalité, son premier ennemi : Largent.

Quiconque médite là-dessus en toute honnêteté ne peut ignorer que tous les maux puisent leur source dans Largent. Car qu’est-ce que Largent ? C’est la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger ; c’est la croyance universellement partagée qui donne vie et soutient l’existence du système monétaire. Et qu’est-ce la monnaie sinon une matérialisation des droits que les individus — non pas les citoyens — doivent se disputer sans jamais pouvoir en jouir également ; qu’est-ce sinon une négation de la citoyenneté, une négation des droits et partant des devoirs du citoyen, une négation de la Société elle-même.

Le système monétaire est intrinsèquement individualiste, matérialiste, inégalitaire, oppressif, oligarchique ; il est l’antithèse de la Société dont il est cependant le socle. Largent commande, au seul profit de quelques-uns, le contraire de ce que commandent les Principes dans l’intérêt de tous (les citoyens). Il autorise toutes les trahisons au nom de la logique monétaire, d’une logique si profondément enfouie en nous qu’elle nous fait agir inconsciemment. Même les hommes qui n’ont pas vendu leur âme sont obnubilés par ce qui est et en oublient ce qui devrait être.

Un citoyen a des droits, dont celui d’accéder librement au marché, parce qu’il est citoyen, parce qu’il a rempli ses devoirs de citoyen, parce qu’il a participé à la vie de la cité selon ce que celle-ci considère comme une participation. Méconnaissez le caractère de « citoyen » ; niez la Société et la Patrie ; faites des droits l’enjeu d’une lutte dans laquelle ne peuvent gagner que les plus pervers et les plus cruels ; réduisez les hommes au chacun pour soi ; cautionnez le système monétaire, bancaire, capitaliste… et vous avez le monde actuel. Défendez Largent, et vous êtes complice de tout, même de ce que vous déplorez. Prônez l’Égalité sans la Nation, ou la Nation sans l’Égalité, vous ne valez pas mieux. Dénoncez Largent au nom de l’Égalité et de la Patrie, et vous êtes un vrai résistant au capitalisme, un vrai patriote.

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09:24 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |