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dimanche, 27 août 2017

NATION CAPITALISTE VS NATION TOUT COURT

Le capitalisme n'a jamais créé que des nations illusoires, qu'il cherche aujourd'hui à détruire pour aller vers le mondialisme. Ces deux projets ont le même ressort : Largent (croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger), plus exactement, l'individualisme inhérent à Largent. Le capitalisme a détruit les frontières ancestrales pour étendre le champ de l'individualisme (et surtout la zone d'influence des riches), et de cette première phase sont nées ce que nous appelons abusivement "les nations". Le mondialisme n'est que le prolongement de ce processus tendant à réduire les hommes à des individus pour faire du monde entier le terrain de jeu des riches.

Il ne s'agit donc pas aujourd'hui de défendre la nation qui n'a jamais existé réellement, mais de la bâtir, c'est-à-dire de construire un projet social à une échelle réaliste et viable que le capitalisme (Largent) nous a bon gré mal gré imposée... le capitalisme et la technologie moderne. Ce projet devra nécessairement avoir des bases (philosophiques) et un but radicalement différents. La "nation" capitaliste est monétaire, individualiste et inégalitaire (donc oligarchique) ; ce n'est en rien une société. La véritable nation, la Cité, devra être non-monétaire, civique ou patriotique et égalitaire (donc démocratique). Lutter pour ce projet, c'est s'opposer radicalement au capitalisme. S'y opposer ou n'en prendre qu'une partie (patrie sans égalité, ou égalité sans patrie), c'est soit être un capitaliste revendiqué, soit se réduire soi-même à l'impuissance face à Largent et en être de facto le complice.

Ce n'est pas combattre le capitalisme que de rejeter comme lui, fut-ce pour d'autres raisons en apparence, l'échelle nationale ; c'est lui emboîter le pas et le servir en dernière analyse. Il n'y a rien au-delà de la nation, sinon l'empire de Largent ; il n'y a rien non plus en-deçà, sinon des utopies (des niaiseries) vouées à l'échec dont le seul succès sera d'avoir sapé la Révolution. Seule la nation est révolutionnaire.

18:09 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

jeudi, 13 juillet 2017

LES BASES DU CIVISME EN VIDÉO

1.jpgVidéo 1 – Qu’est-ce que la démocratie ?
Vidéo 2 – Qu’est-ce que Largent ?
Vidéo 3 – Qu’est-ce que la monnaie ?
Vidéo 4 – Anachronisme du système monétaire
Vidéo 5 – Qu’est-ce que l’Égalité ?
Vidéo 6 – Le Contrat social de la Cité
Vidéo 7 – Le moyen d’échange de la Cité : la Carte civique
Vidéo 8 – Retraite & chômage dans la Cité
Vidéo 9 – Les entreprises dans la Cité
Vidéo 10 – La Cité & les échanges internationaux
Vidéo 11 – Distinction entre Citoyenneté & Nationalité
Vidéo 12 – Le système politique de la Cité

Vidéos complémentaires :

Évolution révolutionnaire - Les origines du futur

Manifeste des Patriciens

Méta TV (20 mai 2014) - Un monde sans argent

Tous mes livres (version papier)

Tout sur le Civisme (PDF gratuits)

 Révolution - Pourquoi-Comment 3 - bonne version.jpg

09:31 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer |

PRINCIPAUX ARTICLES du blog

Mes textes sont généralement des réflexions de fond. Mais ils tombent dans les oubliettes des archives à mesure que le temps passe alors que tous sont d’actualité. Il me paraît donc utile d’indiquer les plus importants sur un même document qui sera maintenu en première page, afin que vous puissiez les trouver facilement. Les plus récents sont néanmoins signalés en rouge.

LIVRES téléchargement gratuit

Civisme intégrale - recto présentation.jpgCouverture - recto - essai (contours).jpgRobespierre - l'Âme de la Révolution - présentation couv recto (contours).jpgCouverture recto - Vive la Nation (contours).jpg

 

 

 

 

 

 

 

 PRINCIPES

SCHEMAS

POLITIQUE

IMMIGRATION & ASSIMILATION

DIVERS

DES HOMMES

09:30 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

lundi, 22 mai 2017

NOUVEAU PLAN D’ATTAQUE POUR LE CAMP NATIONAL

Aussi légitimes que soient les dénonciations de l’ « Europe » et de l’immigration, force est de constater qu’elles ne portent pas suffisamment dans l’opinion publique et qu’elles exposent aux accusations de « xénophobie » et de « racisme » qui, pour être ridicules, n’en sont pas moins redoutables.

Le camp national doit trouver autre chose, une autre approche qui, tout en conduisant au salut de la France, ne l’expose plus à ces anathèmes ; une approche porteuse d’un projet qui suscite la mobilisation générale et fasse tomber le masque des traîtres.

INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE TOTALE DANS LES 10 ANS

Voilà un projet qui, tout en étant politiquement correct, remplirait tous les objectifs du camp national.

Il ne s’agirait pas de proposer des solutions pour parvenir à ladite indépendance, mais, une fois au pouvoir, de faire de cette indépendance la priorité absolue, de favoriser toutes les recherches en faveur des énergies renouvelables ou de substitution, d’en appeler au génie du peuple français pour trouver des solutions, de soutenir les inventeurs, de constituer un centre de recherche et d’essai où toutes les bonnes volontés seraient les bienvenues. Le but : plus de pétrole, plus de nucléaire, en France, dans 10 ans.

Qui pourrait décemment être contre sans passer immédiatement pour un traître ou un crétin ?

Voyez-vous les avantages d’un tel projet pour le camp national ?

 

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18:11 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer |

jeudi, 18 mai 2017

UNE DOCTRINE RÉVOLUTIONNAIRE POUR LE CAMP NATIONAL : LE CIVISME

UNE DOCTRINE RÉVOLUTIONNAIRE
POUR LE CAMP NATIONAL :

LE CIVISME

 

Sauver la France vaut bien que vous preniez une heure s’il le faut pour lire jusqu’au bout ce qui suit. Vous n’avez rien à perdre, si ce n’est un peu de temps, et tout à gagner, si le salut est bien là.

LE PROBLÈME

La patrie est en danger. Jamais, dans son histoire, le peuple français n’a couru plus grand péril. Il n’est pas menacé d’une défaite militaire ou d’une occupation temporaire ; il est menacé d’une lente dissolution morale et physique. Le mal est déjà fort avancé. Mais il n’est pas trop tard pour réagir. Encore faut-il agir avec efficacité.

Le camp national souffre d’être divisé ; et il est divisé parce qu’il n’y a pas de doctrine globale et puissante capable de rallier tous les patriotes. Jusqu’à présent, chacun y est allé de sa sensibilité, focalisant sur tel ou tel problème, mettant en avant telle ou telle tradition, n’ayant au mieux que des réponses partielles, tenant ainsi un discours bancal incapable de faire l’unanimité. Pire ! Nous allons voir que les patriotes luttent depuis toujours sur le terrain de l’ennemi et avec les armes fournies par lui. Le moyen de l’emporter dans ces conditions ? 

Une chose dont les patriotes ou nationalistes doivent avoir conscience et prendre acte sans protester, c’est que, à ce jour, ils n’ont pas la solution, sans quoi ils auraient déjà vaincu et la France ne serait pas à l’agonie. Or, s’ils n’ont pas la solution, c’est qu’elle ne leur est pas venue à l’esprit. La solution, qui ne peut-être que radicale, sera donc une nouveauté pour eux et va les étonner de prime abord. Mais s’il est naturel qu’ils soient surpris, la surprise ne doit pas être en soi un motif de rejet de leur part.

LE MAL

Quels sont donc les maux mortels dont la France est affligée ?

Le premier, le plus frappant pour qui n’est pas aveugle, et le plus urgent, est bien sûr celui de l’immigration massive qui, sans parler des problèmes quotidiens qu’elle draine ou suscite, constitue une invasion, une colonisation de fait, et un génocide à terme. Tous les autres problèmes sont secondaires en regard de celui-là. Le peuple français peut se remettre de toutes les crises morales ; il ne pourra pas se relever de sa disparition physique. Les morts ne reviennent pas.

Le second est celui de l’européisme, étape du mondialisme, qui, pour faire entrer les Français dans un moule supranational, nie leur existence en tant que peuple afin de délégitimer toute résistance, et les dépouille de toute souveraineté afin de les réduire à l’impuissance. L’Union soi-disant européenne encourage bien sûr l’immigration qui favorise son projet.

Le troisième est la mentalité de nos contemporains : universaliste, humaniste, sans-frontiériste, immigrationniste, antiraciste, antifasciste, nihiliste, égalitariste, individualiste, moderniste, conformiste, consuméristes, court-termiste, mentalité de tocards prêts à croire n’importe quoi (pour peu que cela soi politiquement correct), à dire tout et son contraire et à se rebeller au sifflet contre les ennemis désignés par le système qui ne leur veut pas du bien.

Mais tous ces problèmes sont des branches de la même souche : le capitalisme. L’immigration a été mise en œuvre par le patronat ; l’Union économique dite « européenne », par et pour les riches ; et la mentalité en question n’est jamais que le fruit de la propagande qui a servi à couvrir ces deux entreprises. On pourrait développer, soulever d’autres problèmes (délocalisations, ploutocratie, théorie du genre, etc.), on arriverait à la même conclusion. Comment pourrait-il en être autrement ? Le capitalisme est le cadre général qui façonne tout et auquel tout s’adapte par la force des choses.

Rares sont ceux qui arrivent à cette conclusion indéniable, qui n’est pourtant qu’un début de réponse. Le terme « capitalisme » est vague ; il semble ne renvoyer qu’à une certaine organisation économico-financière. L’expression « ultra-libéralisme » est plus précise mais noie tout autant le poisson. On commence à mieux cerner le problème avec « l’argent roi ». Mais que désigne réellement cette expression dans la bouche de ceux qui l’utilisent, alors que tout le monde l’emploie à l’occasion ? En fait, cette expression pointe moins l’argent en lui-même que les riches, les banques, les grandes entreprises, la spéculation, la manie de tout juger à l’aune de la fortune et, de manière générale, tous les vices du système monétaire, autant de choses qui méritent d’être dénoncées, mais qui ne sont elles-mêmes que des conséquences.

Il est temps d’arrêter de tourner autour du pot et d’aller au fond des choses. L’ultra-libéralisme et le capitalisme sont inséparables du système monétaire, dont l’existence repose sur la monnaie. Mais s’il semble audacieux de remonter jusqu’à la monnaie, dans le but évident de la remettre en cause, il ne s’agit, là encore, que d’une étape. Nous n’avons pas recours à la monnaie par hasard, mais parce qu’elle répond à une certaine logique, à une certaine conception de l’échange. Au cœur de cette conception : la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger, c’est-à-dire ce que la théorie du Civisme appelle, par commodité, « Largent ». Largent, voilà le plus petit dénominateur commun, la base de tout. Sans la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger, pas d’unité de valeur, pas de monnaie comme moyen d’échange, pas de système monétaire, pas de capitalisme et ses conséquences.

Largent, cette croyance, est tellement enracinée en nous, qu’elle nous semble naturelle. Que dis-je ? Nous n’en avons pas même conscience ! Elle véhicule une conception de l’échange, avec des conséquences pour la société, et nous ne l’interrogeons jamais ! Nous ne savons donc ni d’où elle vient ni ce qu’elle induit.

LARGENT

La croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger vient de la pratique du troc ou, du moins, en véhicule le schéma. Le troc est un échange d’objets entre individus. Des individus échangent les uns contre les autres des objets dont ils sont propriétaires et, ce faisant, les mettent en équivalence, d’où la notion de valeur (marchande). La notion de valeur marchande — qui n’est en réalité que l’expression d’un rapport de force — implique donc un mode d’échange qui place les objets et leur soi-disant valeur au centre des considérations, et dans lequel les individus doivent être propriétaires de ce qu’ils échangent. On notera tout de suite le caractère intrinsèquement matérialiste de ce mode d’échange, caractère qui se trouve décuplé dans le système monétaire et dont il ne faut pas chercher ailleurs l’origine. Par ailleurs, le fait de devoir être propriétaires de ce qu’ils échangent, donc de ce qu’ils produisent, implique que les individus travaillent pour eux-mêmes au lieu que leur activité soit un devoir envers la société. En fait, dans ce mode d’échange, il n’y a pas de citoyens, ayant des devoirs envers la cité et des droits en raison de leur citoyenneté, seulement des individus livrés à eux-mêmes pour se ménager des droits, ce qui est encore plus évident dans le système monétaire où les individus n’ont de droits qu’en proportion de la quantité de monnaie dont ils disposent et qu’ils ont gagnée on ne sait comment. La logique monétaire est totalement étrangère et contraire à la logique sociale. Enfin, la notion de valeur, qui suppose des différences de valeurs, donc de prix, au niveau des produits, donc des productions, donc du travail, donc des salaires, donc des droits des travailleurs, est intrinsèquement porteuse d’inégalités en droits ; et les principes de fonctionnement de la monnaie — vases communicants et attraction — créent eux aussi, mécaniquement, l’inégalité.

Même si tous ces sujets mériteraient des explications approfondies, nul ne peut contester le caractère matérialiste, individualiste et inégalitaire du système monétaire, et le peu que je viens de dire montre que la monnaie, le matérialisme, l’individualisme et l’inégalité sont des conséquences naturelles, logiques, inséparables de Largent. Dès lors, quiconque dénonce des maux qui se rapportent à l’un ou l’autre de ces « principes » ne peut, sans incohérence, s’abstenir de dénoncer Largent lui-même. Or tous les maux s’y rapportent pour peu que l’on y réfléchisse.

Au lieu de prendre des exemples de problèmes et de remonter à leur source pour montrer le rôle premier de Largent, je vais exposer quelques-unes des conséquences de chacun de ces « principes », pris séparément, pour donner un aperçu de leurs ramifications et laisser imaginer ce que peut donner leur combinaison.

Le matérialisme, inhérent à la notion de valeur marchande, puisque elle-même procède du troc qui focalise sur les objets, a pour conséquence de pousser à n’avoir de considération que pour les biens, à n’avoir donc aucun égard pour les hommes ou la nature, d’insuffler le désir de posséder plus que de raison, d’amasser, de sacraliser la propriété, de favoriser l’Avoir sur l’Être, c’est-à-dire le paraître, d’encourager à la superficialité, etc.

L’individualisme, inhérent à la notion de valeur marchande, puisque elle-même procède du troc qui consiste en un échange entre individus, a pour conséquence d’étouffer la nature sociable des hommes, de leur faire oublier qu’ils ne seraient rien sans la « société », sans leurs « concitoyens », de les pousser à ne voir et à ne servir avant tout et surtout que leurs intérêts particuliers, à faire de l’individu la mesure de tout à leurs yeux, à se désintéresser du collectif comme quelque chose d’étranger ou à vouloir détruire la nation comme une chose artificielle ou une entrave à leur jouissance du monde, c’est-à-dire à basculer soit dans un égoïsme étroit, soit dans mondialisme surréaliste.

L’inégalité, inhérente à la notion de valeur marchande, puisqu’il n’y a de valeurs que dans la différence de valeurs, lesquelles sont, en dernière analyse,  les droits des gens, a pour conséquence d’instaurer, de manière structurelle, donc incorrigible, la misère, l’exploitation, l’oppression, l’injustice pour le plus grand nombre, et une oligarchie au profit d’une minorité, sachant par ailleurs qu’il est dans la nature des inégalités procédant d’un système intrinsèquement inégalitaire de s’accroître, et non de tendre vers l’Égalité et de se résorber d’elles-mêmes.

La monnaie, qui est en premier lieu un étalon de la valeur, qui passe de main en main à l’instar des objets échangés sous le troc, et qui incarne les droits dont chacun a besoin, a pour conséquence d’obliger les hommes (comme les personnes morales) à en avoir, à s’en procurer en permanence par tous les moyens, et toujours aux dépens d’autrui, à faire des choix dans leurs dépenses, à sacrifier tel poste plutôt que tel autre, à courir après le profit, à essayer d’en tirer de tout et n’importe quoi, à se vendre eux-mêmes, etc.

Et ce ne sont là que quelques-unes des conséquences de Largent ! Cette esquisse à grands traits permet néanmoins de reconnaître le monde qui est le nôtre, et d’admettre que Largent en est bien le ressort. Le ressort à briser. 

La cause des causes - Pyramide de Landeux.jpg

LA CLÉ

Il n’y a qu’une façon d’anéantir Largent et d’échapper ainsi à toutes ses conséquences (système monétaire, capitalisme, européisme, immigrationnisme, etc.), c’est d’adopter et de mettre en œuvre une conception de l’échange qui ne rappelle en rien celle du troc, qui n’ait pas pour but d’établir de soi-disant valeurs pour les objets, mais de garantir les droits du citoyen, une conception qui, au lieu d’insuffler l’individualisme (et l’universalisme), inspire le civisme, le patriotisme, le sentiment d’appartenir à la communauté que l’on forme avec ses concitoyens, et la volonté de la défendre, et qui, au lieu d’imposer l’inégalité, assure l’Égalité. Et le moyen est simple.

Au lieu que le droit d’accéder au marché, par lequel passe la plupart des droits, soit incarné et conféré par la monnaie, il suffit qu’il soit reconnu comme un droit du citoyen et, de ce fait, conféré par la citoyenneté. Comme la citoyenneté ne se mesure pas (elle est ou n’est pas), le droit d’accéder au marché serait de même indéfini, autrement dit illimité (en théorie) et de facto égal pour tous les citoyens, et non plus différent d’un individu à un autre et d’un moment à l’autre. Entendons bien ! Il s’agirait de reconnaître à tous les citoyens le droit d’accéder librement au marché (dans la mesure du possible et des lois) et non d’attribuer à chacun une part égale du produit commun, mesure aussi arbitraire qu’impraticable et liberticide. L’égalité matérielle n’est ni possible ni souhaitable. La désirer est un réflexe capitaliste conditionné par le matérialisme inhérent à Largent. Des citoyens doivent être égaux en droits mais ne sont pas identiques en tant qu’individus ; ils n’ont ni les mêmes besoins ni les mêmes envies. (Et qui les définirait ? comment ?) L’Égalité n’est pas l’uniformité. Cela dit, le droit pour tous d’accéder librement au marché provoquerait bien, en théorie, de par la loi des grands nombres, un partage « égal » du produit commun, même si, en pratique, il réduirait seulement — mais autant que possible — les différences matérielles, proscrivant, au passage, les grandes iniquités et permettant d’atteindre naturellement les équilibres optimums.

Il va sans dire qu’attacher à la citoyenneté un droit d’accéder librement au marché implique une nouvelle conception de la citoyenneté elle-même. Si ce mot est aujourd’hui vide de sens, dans un système où elle confèrerait un tel droit, elle supposerait nécessairement un devoir qui le justifierait et équilibrerait les choses. Or quel devoir peut justifier d’accéder librement au marché sinon d’avoir contribué soi-même à approvisionner ce marché ? Ceci étant, les produits et services disponibles sur le marché ne sont qu’une partie, certes importante, des bienfaits de la cité. Il ne faut pas faire l’erreur, à laquelle pousse Largent, de ne voir que l’aspect matériel et économique des choses, d’être obnubilé par la production et, son pendant, le travail. Une conception plus large s’impose pour ne pas exclure de la cité tout qui en fait évidemment et légitimement partie. Pour faire court : la citoyenneté consiste à remplir tous les devoirs du citoyen, dont celui de participer à la vie de la cité, selon ce que celle-ci considère comme une participation, et à jouir en retour de tous les bienfaits de la cité, à l’instar de ses concitoyens, notamment en ayant le droit d’accéder librement au marché. Sans ce droit-là pour tous les citoyens, il n’y a aucune égalité.

Ainsi, la citoyenneté, les droits du citoyen, se mérite en s’acquittant des devoirs du citoyen. Ce n’est pas ici le lieu d’entrer dans une infinité de question pratiques. Observons simplement que les enfants, qui sont à la charge de leur parents et, au-delà, de la cité, ne seraient pas encore citoyens, à l’inverse des retraités qui, ayant acquis le droit de cesser de travailler ou de participer, le seraient toujours et sans rien perdre de leurs droits. Remarquons également que si, dans ce système, il n’y a pas de monnaie, pas de prix, rien ne serait pour autant gratuit. Les citoyens ne payeraient pas en détail ce qu’ils retirent du marché mais s’acquitteraient globalement, par leurs devoirs, du droit d’y accéder librement, formule que nous qualifierions aujourd’hui de « forfait ». Il ne s’agirait plus d’un échange d’objets entre individus, mais d’un échange de devoirs et de droits entre le citoyen et la cité.

Cette conception révolutionnaire de l’échange n’est concevable, précisément, qu’à l’époque actuelle, après que la révolution industrielle ait rendu possible la production de masse, et envisageable un droit d’accéder librement au marché, et que la révolution informatique ait rendu possible d’attester sans effort et avec certitude la citoyenneté, à laquelle ledit droit doit logiquement (d’un point de vue social) être attaché. En clair, cette conception avait besoin, pour voir le jour, de la technologie des cartes à puce qui permettra à la cité de doter ses citoyens d’un moyen sûr d’attester leur citoyenneté auprès des commerçants et, par suite, d’accéder librement au marché. Encore une fois, il n’est pas possible d’entrer ici dans toutes les questions pratiques, traitées en détail dans la théorie du Civisme. Mais s’il fallait encore prouver que cette théorie est bien la solution d’avenir, que l’on se demande vers quoi tend un système monétaire au bord de l’implosion, dans lequel la monnaie ne se manipule plus que par des cartes qui lui ôtent toute réalité, sinon vers un système où la monnaie n’existera plus, même de manière virtuelle, parce que les cartes serviront à vérifier une autre information, une information non mesurable, la citoyenneté en l’occurrence. Les cartes civiques et la logique sociale qui va avec seront, sans conteste, l’évolution révolutionnaire des cartes de crédit et de la logique monétaire.

Voilà le projet, dans ses grandes lignes. C’est le projet clair, cohérent, radical et inattaquable que doivent porter et par lequel doivent s’unir tous les défenseurs de la nation. C’est du moins le projet qu’ils doivent ambitionner pour le futur et prendre comme boussole dans le présent. Il implique, évidemment, de réviser voire d’abandonner certains discours, qui, on le devine, sont influencés par Largent ou biaisés par lui. Et le premier discours à rafraîchir est celui qui concerne l’Égalité, Principe fondamental de l’ordre social, sur laquelle l’opinion de ceux qui la prônent est aussi absurde que celle de ceux qui la rejettent. Ce long préambule avait pour objet de mettre tout le monde d’accord en montrant ce qu’elle doit être, et comment il est possible qu’elle soit. Je vais maintenant indiquer, comme je l’ai fait pour Largent, les notions qui en découlent.

L’ÉGALITÉ

Il n’y a qu’une Égalité, l’égalité sociale, l’égalité en devoirs et en droits entre citoyens. Il s’ensuit que l’Égalité bien comprise, outre qu’elle suppose un système non-monétaire, inégalitaire par nature, va de pair avec les notions de :

> Cité, peuple, nation, patrie
> Patriotisme
> Souveraineté du peuple (démocratie)
> Souveraineté nationale (indépendance)
> Respect des peuples, non-ingérence

Reprenons point par point.

Cité, peuple, nation, patrie. S’il n’y a d’Égalité qu’entre citoyens, elle ne peut exister que dans le cadre d’une cité, d’une société, formée par lesdits citoyens. On peut dire la même chose et des devoirs, qui n’existent que dans la réciprocité et entre individus étant de facto concitoyens, et des droits, qui n’existent que s’ils sont générés par des devoirs. Il n’y a pas plus de devoirs hors Égalité que de droits hors société. Or qu’est-ce que la société, la cité, sinon un peuple, une nation, une patrie ?

Patriotisme. Si l’Égalité implique l’idée de patrie, elle inspire fatalement le patriotisme, c’est-à-dire l’amour des siens, la volonté de les défendre. Ce sentiment ne peut jamais être aussi fort que parmi des égaux, remplissant les mêmes devoirs les uns envers les autres et jouissant des mêmes droits. Il n’en a d’ailleurs pas encore été question, mais le tout premier devoir du citoyen est de défendre la cité et ses concitoyens, car c’est ainsi que la société procure à ses membres la sécurité qui est sa raison d’être. L’Égalité est donc intrinsèquement patriotique. A l’inverse, le patriotisme inégalitaire est un non-sens. On n’aime pas les siens quand on les voue, par calcul ou par bêtise, à l’exploitation et à l’oppression qui sont le lot de la majorité dans l’inégalité.

Souveraineté du peuple (démocratie). Si l’inégalité induit une forme d’oligarchie, l’Égalité, elle, amène et garantit la démocratie par la force des choses. Des citoyens égaux ne connaissent pas de maîtres et ne reçoivent de lois que d’eux-mêmes. C’est cela la souveraineté du peuple. Non qu’il n’y ait pas de chefs, d’intermédiaires ou de hiérarchie dans les fonctions, mais rien de ce qui engage le peuple ne peut être fait sans qu’il ait d’une manière ou d’une autre le dernier mot.

Souveraineté nationale (indépendance). L’Égalité concerne des citoyens qui, par l’acquittement des devoirs et la jouissance des droits du citoyen — sans même parler du territoire, de l’histoire, des traditions et des lois —, ont conscience de former une cité, distincte du reste de l’humanité, malgré les relations qu’ils ont nécessairement avec des étrangers, dans ou hors de la cité. Les citoyens se conçoivent comme une nation indépendante et souveraine, dont les intérêts ne peuvent et ne doivent être gérés que par eux.

Respect des peuples, non-ingérence. Les raisons qui portent les citoyens à dénier à toute puissance étrangère le droit de s’ingérer dans leurs affaires, donc à proclamer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à être seuls maîtres chez eux, les inclinent à reconnaître ces mêmes droits aux autres peuples. Le principe de non-ingérence découle de l’Égalité et n’est jamais violé que par calcul, sous couvert de sophismes.  

Toutes ces notions puisent leur source dans l’Égalité. Ceux qui les adoptent sans aller jusqu’à prôner l’Égalité elle-même le font donc par instinct. Mais quel instinct ? Celui d’hommes. Or les hommes sont de nature sociable ; ils savent, au plus profond d’eux-mêmes, que l’Égalité est le principe de l’ordre social. Mais le système monétaire, dans lequel la véritable Égalité est impossible, leur commande de la renier ou de la travestir. En réalité, tous continuent d’y aspirer, mais sans plus savoir ni en quoi elle consiste vraiment, ni a fortiori comment l’atteindre. Chacun espère malgré tout l’approcher en empruntant des chemins différents qui, tous, au final, ramènent à Largent.

LA CITÉ

Ce qui a été dit jusqu’à présent éclaire déjà beaucoup. Mais les hommes sont comme Saint Thomas ; il leur faut toucher du doigt. J’ai développé les Principes dans les grandes lignes et renvoyé, pour les questions pratiques, à la lecture de la théorie du Civisme. Mais peu iront lire et resteraient incrédules si je n’apportais certaines informations importantes, concernant le fonctionnement de la cité, que je n’ai pu glisser dans mon exposé.

L’Égalité n’est pas l’ennemie de la Liberté ; elle en est la mère. On a vu que, d’après le Principe d’Égalité, tous les citoyens doivent jouir du droit d’accéder librement au marché, cette liberté n’étant bornée que par la nature des choses et éventuellement par la loi (formée de manière démocratique). Combien, dans le système monétaire, ont une telle liberté ? Comment la liberté pourrait-elle être plus étendue ? Les citoyens seraient libres de consommer autant qu’il est possible de l’être. La conséquence directe serait une situation permanente de plein emploi, puisque la Demande, en théorie illimitée, seriat fatalement supérieure à l’Offre, réelle et limitée. On pourrait objecter qu’une partie importante des produits provient de l’étranger. Cela est vrai aujourd’hui. Mais outre que toutes les productions ne sont pas délocalisables, les entreprises auraient intérêt, si ce n’est le devoir, de relocaliser, puisque le coût du travail serait nul dans la cité, financièrement parlant — ce qui, au passage, rendrait également inutile de recourir à une main d’œuvre immigrée (la question des salaires ne se posant plus) et absurde, ou ouvertement criminel, d’encourager l’immigration. Certains se demanderont encore pourquoi les citoyens, libres d’accéder au marché, travailleraient. C’est oublier que la citoyenneté s’obtiendrait et se conserverait en participant à la vie de la cité. Les citoyens auraient le droit de consommer parce qu’ils seraient aussi les producteurs. Et, comme on le voit, dans la cité, ce n’est pas le travail qui manquerait. Mais pourquoi feraient-ils bien leur travail ? Parce qu’il ne suffirait pas, aux yeux de la cité, de faire quelque chose, il faudait faire « ce qu’elle considère comme une participation », c’est-à-dire ce qu’elle exige ; c’est elle qui fixerait les règles. Autrement dit, les entreprises, individuelles ou collectives, auraient des résultats à atteindre, en terme de clients, pour que leur activité soit reconnue et la citoyenneté de leurs employés validée (je schématise), et s’exposeraient à des sanctions (sanctions collectives, touchant tous les employés) pouvant aller jusqu’à la liquidation si elles ne les atteignent pas. Première raison pour elles de faire ce qu’elles sont censées faire. Par ailleurs, les entreprises serient en concurrence, face à des citoyens libres de consommer et désirant généralement le meilleur. Elles devraient donc offrir en permanence de bons produits, ce qui signifierait produire correctement, avoir un personnel consciencieux, innover sans cesse, ce qui, dans tous les cas, leur interdirait de se reposer sur leurs lauriers. Quoiqu’elles remplissent une mission publique (approvisionner le marché de la cité), la gestion de leur activité et de leur personnel leur appartiendrait, condition pour qu’elles soient responsables devant la cité. Elles seraient libres d’embaucher comme de licencier. La création d’entreprise elle-même serait libre, dans le cadre des lois, bien sûr. Bref… Le Civisme n’est pas du tout du communisme, comme l’invocation de l’Égalité pourrait le faire croire de prime abord ; ce n’est pas du capitalisme d’état, mais du libéralisme sans capitalisme.

Une question qui revient souvent et semble soulever un problème insurmontable est celle des échanges entre une société qui aurait renoncé à la monnaie et les autres pays restés monétaires. La réponse est simple dans son principe. La cité produirait ; la cité exporterait et vendrait ses produits ; la cité aurait un budget avec lequel elle règlerait ses importations. Que les entreprises de la cité exportent de leur propre volonté (pour avoir des clients et non pour faire de l’argent dont elles n’ont pas besoin) ou à sa demande (sans inconvénients pour elles et leurs employés), l’essentiel des bénéfices entrerait dans le trésor national. (La cité aurait aussi la possibilité de faire du troc, matières premières contre produits finis.) La cité serait d’ailleurs redoutable sur le plan international. Une économie solide et dynamique, une production de la meilleure qualité qui soit, des produits quasi gratuits si l’on veut : personne ne pourrait rivaliser, à moins d’adopter son modèle. La cité aurait les moyens d’importer. Il faudrait bien sûr mettre en place des structures et des procédures pour qu’entreprises et particuliers puissent commander des produits étrangers, soit directement, soit en passant par des centrales, mais, si ces détails sont complexes, ils ne présentent aucune impossibilité. Il en est de même pour la circulation des personnes, que ce soit des citoyens à l’étranger ou des étrangers dans la cité, qui serait financée d’une manière ou d’une autre par leurs États respectifs suivant des conventions.

Enfin, un point essentiel. Il n’a été question, jusqu’ici, que de « citoyens ». Mais il faut savoir que le Civisme distingue la citoyenneté de la nationalité. La citoyenneté serait le statut général des individus qui feraient partie de la cité au sens large, qui rempliraient des devoirs sur le plan économique ou social, et jouissent des droits économiques et sociaux. La nationalité serait un statut supplémentaire et facultatif, qui exigerait de satisfaire des critères (notamment identitaires), qui s’obtiendrait en remplissant volontairement des devoirs particuliers, notamment un service national (contribuant à la défense de la nation), et qui confèrerait les droits politiques. Les exigences pour obtenir et conserver la nationalité auraient pour but d’assurer autant que possible la cité de l’attachement et de la fidélité des citoyens à son égard, car les droits politiques seraient bien plus étendus qu’aujourd’hui (démocratie oblige !) et devraient être l’apanage des citoyens ayant à cœur de défendre son existence et ses intérêts. Les citoyens nationaux formeraient le corps politique, la cité au sens strict, la nation. Les droits particuliers dont ils jouiraient pour avoir volontairement consenti à des devoirs particuliers n’entreraient pas dans la balance de l’Égalité. Les citoyens ordinaires ne pourraient prétendre aux droits qui récompensent les devoirs qu’ils auraient déclinés en connaissance de cause ; ils pourraient d’autant moins prétendre au droit de cité que le fait de ne pas avoir la nationalité témoignerait de leur indifférence ou de leur hostilité à égard l’égard de la cité : juste retour des choses. Ainsi, la nationalité, pas plus que la citoyenneté, ne s’hériteraient ; elle se mériteraient.

S’il en est autrement aujourd’hui, si les deux notions sont confondues, c’est parce que, dans un système monétaire, elles sont insipides séparément. La citoyenneté seule ne peut pas exister, sauf à n’avoir ouvertement aucun sens, puisque les droits qu’elle devrait conférer ne sont pas garantis par la société mais passent par la monnaie qu’il appartient à chacun de gagner. La nationalité, elle, confère bien les droits politiques, mais des droits si dérisoires qu’il n’a jamais paru utile de les assujettir à des devoirs, de sorte qu’elle peut être accordée sur de vagues critères d’appartenance communautaire signifiant à peine plus que la présence sur le territoire. Ainsi, le mot creux de « citoyenneté » a pu aisément être confondu avec celui de « nationalité » qui ne veut rien dire ou presque. Toutefois le peu de droits politiques que cette « nationalité-citoyenneté » confère justifie de ne pas accorder ce statut bâtard aux immigrés (du moins tant qu’ils ne sont pas naturalisés), auxquels est donc également refusé le statut de citoyen qu’ils méritent peut-être (et qu’ils mériteraient dans la cité qui maîtriserait l’immigration et ne regarderait comme immigrés que des travailleurs.) Les suppôts du capital cherchent à rectifier cette incohérence, non pas en redonnant du sens à la nationalité, mais en essayant d’étendre le droit de cité à tout le monde au nom des « droits de l’homme ». Et que peuvent leur opposer les patriotes s’ils pataugent eux-mêmes dans le système monétaire qui les condamne à composer avec la monnaie et à dénaturer les Principes ?

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LES ATOUTS

Largent (qui est une croyance) nous plonge dans un marasme intellectuel et nous prive autant des mots pour le mesurer que des concepts pour nous en arracher, puisque les uns et les autres intègrent ses contraintes. Ce sont tous ces verrous que le Civisme fait sauter. En envisageant un système non-monétaire réaliste, axé autour de l’Égalité bien comprise, totalement affranchi de Largent, il découvre un « monde » nouveau et de nouveaux concepts que les anciens mots ne peuvent exprimer à moins d’être dépoussiérés et redéfinis. Ce faisant, il révèle, par contraste, toutes les absurdités du monde actuel, toutes les faiblesses conceptuelles, toutes les soumissions à Largent. Il rencontre donc deux difficultés : la première qui est de se faire comprendre, la deuxième qui est d’être compris. Une fois levée la première difficulté, qui consiste à faire comprendre le sens des mots dans le cadre de la cité, ce qui exige d’exposer longuement le système pour en montrer la cohérence, reste la seconde qui réside dans l’attachement des hommes à leurs préjugés, dans leur incapacité à admettre leur ignorance ou leurs erreurs, et dans leur peur de l’inconnu. Le Civisme, qui brise le plus grand tabou, qui demande la plus grande audace, ne se heurte pas à la raison mais à des réactions irrationnelles. Qui pestait contre Largent roi vole à son secours quand il est question de le renverser ! Qui prônait l’Égalité lui tourne le dos quand il s’agit de l’instaurer ! O vanas hominum mentes, o pectora cæca ! 

Je connais les différentes réactions que suscite le Civisme chez ceux qui le découvrent. Qu’ils soient intéressés, narquois ou sourds, de nombreuses explications sont nécessaires dans tous les cas, que ce soit pour devancer les questions ou y répondre. Il est impossible de se contenter de trois mots avec des gens qui n’en connaissent pas le sens et ne peuvent pas le deviner, même s’ils le croient. Et c’est l’exercice auquel je viens de me livrer pour pouvoir en arriver enfin à mon véritable propos.

Je propose à tous ceux qui se disent patriotes, nationalistes, souverainistes, populistes, identitaires, etc., à tous ceux qui composent le camp national, face aux capitalo-mondialistes, d’adopter le Civisme comme projet et grille de lecture, et ainsi de s’unir autour de cette théorie révolutionnaire, synthèse de toutes les aspirations légitimes, ayant le sens des priorités, le sens du devoir et, tout simplement, du bon sens. J’en ai posé les principes ; je vais maintenant en montrer les avantages et l’absolue nécessité pour le camp national.

Unité. Le Civisme ne procède pas d’une culture, d’une tradition, d’une sensibilité, mais d’un Principe, l’Égalité, dont toutes les conséquences sont tirées avec une logique implacable. Il ne varie pas au gré du temps et des humeurs ; il est un absolu invariable, attaquable mais invincible ; c’est un roc. Comme on a pu le constater, et comme la lecture de la théorie le confirmerait, il va plus loin que tous les courants politiques, dans les domaines que ceux-ci considèrent comme leurs monopoles respectifs et dont ils se croient les champions ; il est plus radical qu’eux tous réunis, que ce soit sur le terrain de l’anticapitalisme, du libéralisme, du patriotisme, de la démocratie, de la souveraineté, de l’identité, de la subsidiarité, de l’immigration, de la justice sociale, de l’innovation technologique, du pouvoir d’achat, des conditions de travail, du respect des femmes, de la paix des familles, de la préservation du patrimoine, de la défense de l’environnement, de l’épanouissement personnelle, de la fraternité entre les peuples, etc. C’est sans fin. La raison est simple : il est affranchi Largent ; il vogue vers des horizons nouveaux quand les autres n’ont pas rompu les amarres et sont coincés au port. Tout ce qu’il propose serait en effet insensé, utopique et démagogique dans le cadre du système monétaire, mais devient naturel, souhaitable et faisable dans un système non-monétaire. A l’inverse, aussi mesurées que soient les ambitions des autres, elles n’en sont pas moins réduites à des vœux pieux par Largent. A quoi tous leurs efforts, tous leurs beaux discours nous ont-ils conduit ? Au triomphe de Largent. Précisément. Ha ! ils dénoncent « l’argent roi » ! Mais quand envisageront-ils de l’exécuter ? Quand comprendront-ils que Largent existe grâce à nous et que son existence atteste notre soumission ; que Largent ne peut exister sans régner ; qu’il doit donc régner ou mourir ; que nous devons donc le tuer de nos propres mains ? Ils n’échouent pas depuis toujours en raison d’erreurs de stratégie, de communication ou autre peccadille ; ils ont toujours échoué parce qu’ils n’ont jamais fait la guerre au véritable ennemi. Pire ! En ne s’attaquant pas à Largent lui-même, ils en sont les victimes mais aussi les complices. Cela peut continuer encore longtemps ou s’arrêter aujourd’hui, là, maintenant. Plus personne n’a l’excuse d’ignorer ce qu’est Largent, pourquoi il règne et comment l’abattre. Plus personne n’a même l’excuse d’être impuissant et d’entretenir des divisions stériles, suicidaires et criminelles. Le Civisme permet à tous de réaliser leur vœux le plus cher ; il peut unir tous les patriotes, tous les Français, pour peu que ceux-ci mettent de côté leur ego, qu’ils aient plus à cœur de sauver la France que ménager leurs préjugés et protéger leurs « boutiques » — jusqu’à ce que tout soit perdu et eux avec.

« Celui dont les troupes sont unies autour d’un objectif commun sera victorieux. » (Sun Tzu, L’art de la guerre, III. 27)

Cohérence et clarté. Le Civisme a l’avantage de reposer sur des Principes justes et irréfragables, de fixer une ligne claire, de proposer des solutions inédites, mais simples et réalisables, d’ouvrir des perspectives incroyables, de fournir une grille de lecture du passé et du présent pertinente, bref de « tenir la route » de bout en bout. C’est un vrai projet de société, appuyé sur une philosophie, pas une accumulation de mesures. C’est une doctrine implacable, une idéologie de combat, la seule redoutable pour le capitalisme, la seule capable de le vaincre, la seule qui le défie. En ralliant les patriotes sans concession, en formant le camp de l’Égalité et de la nation, elle forme du même coup, et malgré lui, celui de Largent et du mondialisme qui, jusque-là, s’enveloppait de brouillard. Ainsi, qui s’y oppose, pour quelque raison que ce soit, se déclare lui-même et est aussitôt identifié, à juste tire et malgré ses protestations, comme un défenseur du système monétaire et de Largent, donc comme un partisan ou un agent du capitalisme et du mondialisme.

« Dans les temps anciens les guerriers habiles commençaient par se rendre invincibles, puis ils attendaient que l’ennemi soit vulnérable. » (Sun Tzu, L’art de la guerre, IV. 1)

Mieux encore ! Égalité et Liberté sont le logiciel français. Le Civisme est en adéquation avec la France ; il répond à ses aspirations profondes. Il est la théorie, la doctrine française par excellence, l’idéologie qui seule pourra ranimer le peuple français et lui insuffler un enthousiasme irrésistible, grâce auquel il accomplira une fois de plus « l’impossible » et redeviendra le plus grand peuple du monde. Oui, Égalité et Liberté sont aujourd’hui tronquées et prônées séparément par des charlatans à coup de sophismes ! Oui, l’une et l’autre ont des défenseurs pathétiques, réduits à se mentir à eux-mêmes pour combattre les mensonges de ceux d’en face. Mais tous ces bas-de-plafond ont le même plafond : Largent. Tous piétinent dans les limites du système monétaire et produisent une bouillie qui laisse chacun sur sa faim et ne donnera jamais à personne l’énergie de vaincre l’ennemi devant lequel ils ont capitulé sans même en avoir conscience. Ils perdent parce qu’ils s’interdisent la victoire.

« Celui qui n’a pas clairement conscience de ses objectifs ne sait pas riposter à l’ennemi. » (Sun Tzu, L’art de la guerre, III, 23)

Le grand inconvénient du Civisme est d’être révolutionnaire. Il révolutionne tous les concepts, renverse toutes les idées reçues, froisse tous les amours-propres, gêne tous les intérêts mesquins. Il devrait tout emporter par la raison, mais il s’adresse à des gens hypnotisés par Largent. Il n’a aucune base dans l’opinion et prend tout le monde à contre-poil. Un jour ses slogans feront mouche ; en attendant, il exige des trésors de pédagogie. Il peut toucher des individus, des lecteurs, mais pas séduire d’emblée les masses, ne serait-ce que parce qu’elles en ignorent l’existence. Les médias du système n’en feront d’ailleurs jamais la promotion. Il faut donc que ceux qui le découvrent le propagent et provoquent un effet boule de neige. Plus il sera répandu, moins il sera marginal, moins il paraîtra chimérique, moins y adhérer exigera de courage intellectuel, plus il se répandra. Mais ce processus est lent. L’idéal serait qu’une impulsion vienne d’en haut et confère au Civisme une autorité morale. Il faut espérer que les leaders, les penseurs, les figures, les porte-voix du camp national, las d’échouer, et vue l’urgence de la situation, lui prêtent l’oreille, en reconnaissent les vertus et l’adoptent personnellement, non pour prôner ouvertement et du jour au lendemain la sortie du système monétaire et l’instauration de la cité, mais pour qu’il y ait entre eux une unité de pensée, que tous visent au même but pour la France et que, par suite, tous aperçoivent et suivent le chemin qui y conduit. Quelles que soient les raisons des uns et des autres d’y adhérer, ils disposeraient de la même boussole, tiendraient le même cap, produiraient les mêmes analyses, parviendraient aux mêmes conclusion et prescriraient les mêmes solutions pour franchir les étapes. Ils pousseraient tous dans le même sens. Leur division n’y résisterait pas.

« La confusion dans l’armée aboutit à la victoire de l’adversaire. » (Sun Tzu, L’art de la guerre, III. 23)

Vérité. Le Civisme défend la nation, la cité, parce que sans elle point de droits, point de démocratie, point d’indépendance. C’est une théorie éminemment patriotique. Selon les pseudo critères politiques actuels, elle est donc d’« extrême droite ». Si on ajoute qu’elle est éminemment sociale et nationale, n’en doutons plus, c’est une doctrine « nazie » ! Mais c’est oublier que l’indépendance, la démocratie et la nation sont des corollaires de la cité, de la citoyenneté et de l’Égalité ; que l’Égalité, dont le Civisme n’est que l’extension, est un principe éminemment « de gauche » ; que le terme même de « gauche » vient de la Révolution française qui s’est faite au cri de « Vive la Nation ! » ; que les pères fondateurs de la gauche d’alors étaient les champions de la Liberté, de l’Égalité et de la patrie (« Peuple, souviens-toi que si, dans la République, la justice ne règne pas avec un empire absolu, et si ce mot ne signifie pas l’amour de l’égalité et de la patrie, la liberté n’est qu’un vain nom. » Robespierre, Convention, 8 thermidor an II, deux jours avant son exécution.) ; qu’ils ont échoué, en dépit de leurs bonnes intentions, parce que leurs concepts avaient les limites techniques de leur temps, parce qu’ils ne pouvaient ni remettre en cause le système monétaire ni empêcher l’avènement de Largent. L’Égalité et le patriotisme sont historiquement et intrinsèquement de « gauche », et le Civisme, qui défend les Principes de l’ordre social à l’état pur, est la « gauche absolue ». Il s’ensuit que tout ce qui s’en éloigne est plus ou moins de « droite » et que ce qui n’a rien de commun avec lui est « d’extrême droite ». Ainsi, quand aucun parti ne remet en cause le système monétaire et ne cherche à instaurer l’Égalité bien comprise, aucun n’est absolument de « gauche ». Le parti le plus à « gauche » est alors celui qui, par défaut, lutte pour moins d’inégalités financières et défend d’instinct les notions consubstantielles à l’Égalité : nation, patriotisme, démocratie, indépendance, non-ingérence, toutes choses présentées par la « gauche actuelle » comme « d’extrême droite ». Le Civisme permet ainsi de saisir la vraie nature des partis au-delà des étiquettes qu’ils se donnent ou qu’ils reçoivent et d’appréhender différemment l’échiquier politique. Il invite même patriotes et nationalistes à se revendiquer de « gauche » et à ne plus se laisser diffamer par la « gaucherie » qui, pour renverser les rôles et se donner le beau, leur colle l’étiquette infamante « d’extrême droite ». Les patriotes ne sont pas plus « d’extrême droite » que les traîtres à leur peuple ne peuvent être de « gauche ». Selon le Civisme, les marqueurs de « droite » sont : le capitalisme décomplexé, le sans-fontiérisme (universalisme, mondialisme), l’individualisme,  l’anti-populisme, l’européisme, l’ingérence. Ne peuvent donc se réclamer de « gauche » les « anticapitalistes sans-fontiéristes » qui, non contents de ne pas même dénoncer Largent, marchent main dans la main avec les capitalo-mondialistes ; les « droits de l’hommistes » qui ne donnent un visage humain au capitalisme que pour mieux détruire la cité et l’état de droit ; les « antiracistes » qui couvrent de moraline l’immigration massive voulue par le grand capital pour briser les luttes sociales, fausser le jeu démocratique et détruire la nation ; les « égalitaristes » qui font une fausse application de l’Égalité par vraie soumission au capitalisme ; etc. Le Civisme tantôt défend mieux qu’eux les principes dont ils se réclament pour mieux les souiller, tantôt dévoile leurs impostures. Il appelle donc à ne plus s’en laisser conter, à ne plus laisser aux traîtres à la nation et à son histoire l’initiative du vocabulaire et des étiquettes, à ne plus les laisser déployer leur stratégie, à ne plus être dans une posture défensive mais, au contraire, à passer à l’offensive, en commençant par se réapproprier les mots et à dire à chacun, amis et ennemis, ses quatre vérités. 

« Ce qui est de la plus haute importance dans la guerre, c’est de s’attaquer à la stratégie de l’ennemi. » (Sun Tzu, L’art de la guerre, III. 4)

Pour être plus précis sur les sujets pressants, le Civisme est anti-Europe et anti-immigration au nom de l’Égalité bien comprise, qui contient la notion de nation, et de la Révolution, qui se fera pour et par la nation. La prochaine révolution française, pour l’Égalité, contre Largent, ne se fera pas sans France et sans Français. Le Civisme ajoute donc aux motifs ordinaires et légitimes d’hostilité envers l’Europe et l’immigration, des raisons supérieures et imposantes de l’être, qui ne sont plus exposées aux accusations grotesques et le plus souvent infondées de « racisme » et de « xénophobie », ou qu’il peut du moins aisément balayer en montrant la bêtise et la mauvaise foi des accusateurs. Ces accusations sont nécessairement proférées soit par des capitalistes convaincus soit par des anticapitalistes de pacotille qui se pensent néanmoins comme des anticapistalistes. Or il est aisé de montrer que les capitalistes, qui sont les satellites de Largent et les ennemis de l’Égalité, n’ont que faire des peuples, tant des autres que du leur, qu’ils ne voient le monde et les hommes que comme des ressources pour leur profit personnel, et n’invoquent la xénophobie et le racisme contre les révolutionnaires que pour faire oublier leur mépris de l’humanité et achever la destruction de la France afin d’empêcher la révolution. Quant aux anticapitalistes, qui se targuent d’être « antifascistes » et « antiracistes », ils sont d’évidence moins anticapitalistes que les partisans du Civisme (appelés « Patriciens »), mais tout aussi immigrationnistes que les capitalistes ; ils se donnent des airs de révolutionnaires alors qu’ils ne maîtrisent visiblement pas le B. A.-Ba de la révolution. Ce sont des malades qui prétendent enseigner la médecine et qui, ce faisant, rejettent le remède pour perpétuer bon gré mal gré le capitalisme. Le Civisme fait tomber sans effort le masque des uns et des autres.

« Notre invincibilité dépend de nous, la vulnérabilité de l’ennemi, de lui. » (Sun Tzu, L’art de la guerre, IV. 2)

Initiative. Enfin, et c’est le point le plus essentiel, le Civisme suit d’un pas ferme sa propre route. Il a un but clair, l’Égalité, parce qu’il a clairement identifié l’ennemi, Largent. Il ne se laisse plus piéger. Il ne lutte pas sur le terrain du capitalisme, mais sur le sien, celui des Principes. Au lieu de se débattre dans les contradictions imposées par le système monétaire et inégalitaire à ceux qui veulent le bien du peuple (l’Égalité en dernière analyse), c’est lui qui mettrait les capitalistes face aux leurs. Quand il soutient la logique sociale, eux soutiendraient la logique monétaire. Quand il invoque les Principes pour défendre le peuple, eux invoqueraient les impératifs financiers pour rester dans le système dont le Civisme indique comment il est possible et pourquoi il est nécessaire de sortir. Quand il dénonce l’immigration comme génocidaire et contre-révolutionnaire, eux la justifieraient au nom des « droits de l’homme » qui sont notoirement le masque du capitalisme et des traîtres congénitaux. Quand il appelle tous les citoyens à l’Égalité et à la Liberté, eux voudraient le maintien des inégalités, au nom de Largent, et voueraient ouvertement la plupart de leurs « concitoyens » au mépris, à l’exploitation et à la misère. Quand il résout tous les problèmes, eux proposeraient de s’y résigner pour ménager une poignée de profiteurs. En fin de compte, il sauterait aux yeux de tous que les capitalistes tournent en rond, qu’ils défendent Largent au nom de Largent et de quelques intérêts privés, et que leur position est indéfendable moralement. Poussés ainsi dans leurs retranchements, ils ne pourraient plus parer les coups avec leurs sophismes éventés ; ils en seraient réduits à recourir au cynisme qui ne fait pas recette auprès du peuple. Et sans le peuple, ils ne seraient plus rien, malgré leurs milliards. Alors, tout deviendrait possible. Le camp national, après avoir repris l’initiative, grâce au Civisme, après avoir usé l’ennemi et conquis le peuple, pourrait passer à l’offensive et vaincre à coup sûr.

Mais aujourd’hui, la configuration est inverse. Nous sommes dans un Monopoly grandeur nature. Personne n’envisage sérieusement de jouer à autre chose. Les capitalistes ont le vent dans le dos ; ils n’ont qu’à se laisser porter par Largent où Largent nous mène : à la destruction. Le camp national — qui n’est ni vraiment un camp, puisqu’il est divisé, ni vraiment national, puisqu’il est composé de capitalistes qui s’ignorent — joue sur le terrain de l’ennemi, avec les cartes distribuées par lui. Chacune de ses composantes potentielles déplore les conséquences d’un système monétaire dont elle accepte la cause première et les lois intrinsèques. Les patriotes ne se battent pas ; ils protestent, ils gesticulent, ils s’enlisent dans leurs incohérences idéologiques générales et particulières, ils se noient dans leurs contradictions, ils étalent leur impuissance, ils tendent le bâton pour se faire battre ; ils résistent dans la maison d’un autre ; ils se barricadent dans leur cellule comme si cela pouvait aider à franchir les murs de la prison. Loin de remettre en question leurs lignes respectives, qui les ont menés de défaite en défaite, ils s’entêtent à tenir le même discours, à proposer pour demain la même chose qu’hier. Mais « on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre ». Des idées en partie légitimes mais limitées, qui, de ce fait, n’ont jamais séduit massivement le peuple, ne le séduiront jamais. Pour l’emporter, il faut du neuf et du fulgurant.

« Ceux qui sont experts dans l’art militaire font venir l’ennemi sur le champ de bataille et ne s’y laisse pas emmener par lui. » (Sun Tzu, L’art de la guerre, VI. 2)

Voilà ! Tout est dit.

 

CONCLUSION

Face à l’anéantissement en cours de leur patrie, les patriotes n’ont pas le droit de baisser les bras. Mais, pour sauver la France, ils auront besoin de bien plus que des incantations. Ils devront faire mieux, beaucoup mieux, que ce qu’ils ont fait jusqu’à présent. Et ils le peuvent. Ils disposent maintenant d’une théorie qui corrige les erreurs des uns et des autres, comble leurs lacunes et surarme leurs bonnes intuitions. Il leur fallait pour le XXIe siècle un projet et une idéologie du XXIe siècle, un projet irréprochable sur le plan des Principes et réaliste d’un point de vue pratique ; ils l’ont. Ils avaient besoin d’un point de ralliement pour concentrer leurs forces ; ils l’ont. Ils espéraient un prodige ; il se nomme « Civisme ».

La Révolution à faire est précisément celle à laquelle on n’a pas encore pensé, sans quoi elle serait déjà faite. Les patriotes ont toujours regardé le capitalisme comme l’ennemi. Chacun le voyait comme une hydre à mille têtes et, ne pouvant faire face à toutes, focalisaient sur telle ou telle. D’où les divisions et l’impuissance. Le Civisme, lui, enseigne que le capitalisme n’est point une hydre, mais une pieuvre ; que s’il a des milliers de tentacules, il n’a qu’une seule tête : Largent. Et c’est à la tête qu’il propose de frapper, en indiquant comment.

Dénoncer Largent sérieusement conduit fatalement à vouloir sortir du système monétaire… Et sortir du système monétaire n'a aucun sens s'il s'agit de reproduire l'inégalité. Il n'y a donc qu'une alternative à Largent : l'Égalité, l'égalité des citoyens en devoirs et en droits, dont celui d’accéder librement au marché, droit qui ne passerait plus alors par la monnaie puisqu’il serait conféré directement par la citoyenneté. Quiconque ne parvient pas à cette conclusion préalable pense en capitaliste ; il ne peut rien contre le capitalisme qu’il dénonce et fera tout contre la révolution qu’il appelle de ses vœux.

Bien sûr que cette idée de s’attaquer à Largent et au système monétaire est sidérante ! Mais notre monde ne tourne-t-il pas autour de Largent ? Comment le changer sans remettre en cause son moteur ? Il ne peut pas y avoir de révolution sans révolution. La véritable utopie n’est pas de s’attaquer à Largent pour changer le "monde", mais de croire que l’on peut changer le "monde" sans s’attaquer à Largent.

C’est dans cette utopie que les hommes se complaisent tout en se lamentant. Largent les entraîne manifestement à leur perte, mais ils s’obstinent à regarder ailleurs. Les uns veulent plus de social, les autres plus de national ; tous feignent d’ignorer que le système monétaire est intrinsèquement inégalitaire et individualiste, donc antisocial et antinational... mais aussi antidémocratique et faussement libéral. En fait, Largent contrarie toutes leurs aspirations légitimes, parce qu’il a sa logique, et eux la leur, combinée à la sienne, prépondérante. Ils ne peuvent pas penser et agir au-delà de ce qu’il permet ; ils sont condamnés à courber l’échine ou à se briser les ailes.

Tous tendent au bien commun mais aucun ne voit que Largent leur barre la route, quelle qu’elle soit. Ils conçoivent l’unité dans le « chacun pour soi », et la communauté sans Égalité ! Les « nationalistes » doivent aller vers l’Égalité pour avoir enfin un discours national et anticapitaliste cohérent ; les « gauchistes » doivent aller vers la nation pour avoir enfin un discours social et anticapitaliste cohérent. Les uns doivent regarder leurs concitoyens comme leurs égaux ; les autres doivent arrêter de voir les étrangers comme leur priorité ; tous doivent comprendre que l’on ne peut faire échec au capitalisme qu’en anéantissant Largent, et que l’on ne peut anéantir ce dernier qu’au nom de l’Égalité bien comprise, c’est-à-dire de l’Égalité et de la Patrie. Il n’y a pas de milieu.

Social et le National, Égalité et Patrie, vont de pair. Négliger l’un ou l’autre, l’une ou l’autre, ce n’est pas marcher sur une seule jambe : c’est n’avoir qu’une jambe de bois. Réussir à combiner les deux, les quatre, est la condition pour bousculer les clivages, apporter un souffle nouveau et soulever l’enthousiasme. C’est la voie du Civisme. Si cette doctrine est incapable de réunir les Français, alors rien ne le peut, la France est perdue et eux avec.

Il y a urgence. L’union des patriotes est désormais une question de vie ou de mort. Je le dis donc avec franchise : tous ceux qui ne se rallient pas au Civisme, qui rechignent à anéantir Largent au nom de l’Égalité et de la Patrie, sont des idiots utiles du capitalisme, de faux amis du peuple et, pour le moins, des traîtres à la nation par lâcheté intellectuelle.

 

Ceux qui épargnent Largent périront par Largent.

 

Largent est un Tyran !
L’Égalité ou la Mort !

Vive la Révolution !
Vive la France !

Philippe Landeux
18 mai 2017

Lien vers la théorie du Civisme (PDF gratuit)

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mardi, 25 avril 2017

ES-TU AUSSI CON QUE POUTOU ? (LE TEST)

Un rêve vient de me tirer de mon lit.

J’étais assis par terre. J’allais expliquer quelque chose à Mélenchon. Celui-ci me dit. « Attends, je t’envoie Poutou. » Et Poutou arrive et s’assied en face de moi.

Dans quelques années, lui dis-je, nous n’utiliserons plus que des cartes de crédit. C’est l’évolution inéluctable et irréversible des choses. Hé bien ! la technologie des cartes peut servir à autre chose qu’à manipuler des crédits. Elle peut servir à attester la citoyenneté, c’est-à-dire le fait d’avoir participé à la vie de la cité selon ce qu’elle considère comme une participation, laquelle citoyenneté serait LA condition pour accéder librement au marché dans la mesure du possible et des lois. Aujourd’hui, LA condition pour avoir le droit d’accéder au marché et jouir en même temps de tous les droits qui passent par celui-là, c’est-à-dire presque tous, dont les plus vitaux, est de disposer de monnaie, gagnée on ne sait comment. Et on n’y accède d’ailleurs qu’en proportion des unités dont on dispose à l’instant « T ». Nous n’avons pas le même droit par rapport aux autres et nous ne sommes même pas constamment égaux à nous-mêmes. Les propriétés de la monnaie génèrent à elles seules l’inégalité. Mais si le droit d’accéder au marché, qui plus est librement, était conféré par la citoyenneté, elle-même attestée par une carte à puce, si ce droit était le pendant logique d’avoir participé à la vie de la cité, si ce droit était indéfini ou illimité, puisque la citoyenneté ne se mesure pas (On est citoyen ou on ne l’est pas), alors ce droit ne serait plus incarné et conféré par de la monnaie : il n’y aurait pas de monnaie, pas de prix, pas de salaires (au sens monétaire du terme), pas d’impôts, pas de taxes, en un mot plus de valeur marchande (Largent), plus de capitalisme, plus de moyen d’exploitation et d’oppression, plus de riches, plus de pauvres. Égaux dans le droit d’accéder au marché, et tenus de participer à la vie de la cité pour jouir de ce droit, les citoyens seraient égaux en devoirs et en droits.

Poutou : Mais.. Mais….

Je continue. Faire de la citoyenneté, dûment attestée, LA condition pour accéder librement au marché, de la même manière, d’un point de vue technique, dont on le fait aujourd’hui avec les cartes de crédit, n’a non seulement rien d’impossible — puisque cette technologie a déjà bien d’autres applications —, mais est à la fois la proposition la plus réaliste au vu de l’évolution des choses et la seule cohérente d’un point de vue social.

L’usage bientôt exclusif de cartes de crédit fera atteindre à la monnaie le terme de son évolution : elle n’existera plus que de manière virtuelle, dans nos têtes. Son existence ne tiendra plus qu’à notre croyance en la nécessité de la notion de valeur marchande pour échanger (Largent). Elle aura disparue du réel et ne survivra que par nos préjugés. Mais cet état de choses ne pourra durer longtemps. Seules les cartes ou du moins leur technologie sont appelées à rester. La monnaie virtuelle, elle, et donc le concept même de monnaie, est appelée à disparaître. Mais pour qu’elle disparaisse vraiment, il faut que ce par quoi elle survit encore serve une autre cause que la sienne. Mais quelle cause, sinon celle des Principes de l’ordre social et de l’Égalité ? La monnaie confère un pouvoir d’achat limité et inégal. Tout système qui perpétuerait des limites artificielles et inégales ne serait, en fait, qu’une déclinaison du système monétaire et n’aurait rien de révolutionnaire. Rompre avec la monnaie, c’est évidemment rompre avec la logique monétaire, avec l’individualisme et l’inégalité ; c’est renouer avec le civisme, le patriotisme, et l’Égalité bien comprise.

Poutou : Mais… Mais…

Moi : Il n’y a pas de mémé ! L’Égalité n’est pas universelle ! Il n’y a pas d’autre Égalité que l’égalité en droits, et il n’y a pas de droits sans devoirs. Or c’est dans le cadre d’une société, d’une nation, que les individus, les citoyens, ont des devoirs et des droits. Les droits ne tombent pas du ciel ! Il faut que quelqu’un les génère, et seuls ceux qui contribuent à les générer méritent d’en jouir. L’Égalité universelle, donc sans devoirs, sans cité, sans nation, comme l’Égalité formelle, sur le papier, c’est-à-dire sans que les droits, dont celui d’accéder au marché, ne soient attachés à la citoyenneté, sont des sophismes et débouchent sur une oppression des citoyens dans l’un et l’autre cas. Mieux ! ces deux conceptions sont typiquement capitalistes. L’Égalité universelle et sans-frontiériste n’est qu’une extension de l’individualisme inhérent à Largent et va d’ailleurs dans le même sens que le capitalo-mondialisme. L’Égalité formelle, elle, proclame le Principe sans l’appliquer au seul champ qui compte, c’est-à-dire en acceptant toutes les égalités sauf sur le plan du pouvoir d’achat ; elle ne conteste pas le système monétaire ; elle accepte la logique de la monnaie malgré ses évidentes contradictions avec la logique sociale ; elle fait Largent roi et s’empresse de se soumettre à lui.

Bref, « l’Égalité » est un mot usé, galvaudé, dénaturé tant par ceux qui l’ont invoqué sans savoir comment sortir du système monétaire que par ceux qui cherchent précisément à le perpétuer, et avec lui l’inégalité, mais n’en est pas moins le Principe fondamental de l’ordre social, le Principe à défendre : il s’agit donc moins de renoncer au mot que de lui redonner tout son sens. Mais pour que l’Égalité ait un nouveau sens, pour qu’elle renoue, plus exactement, avec son sens originel, encore faut-il qu’il soit possible de le lui donner concrètement. Et c’est le cas aujourd’hui. La technologie moderne est en train de tuer, sans le savoir, la monnaie et le système monétaire, et permet, en même temps, d’appliquer de manière inédite le Principe d’Égalité, en offrant un moyen simple et efficace d’attester la citoyenneté.

Le capitalisme s’axe autour de Largent (croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger), de la monnaie et d’un mode d’échange ; la Révolution s’axera, elle aussi, autour d’un nouveau moyen d’échange (ou moyen d’accès au marché), véhiculant de nouveaux concepts, de nouveaux Principes. Ceci est à la fois dialectique et pratique. La dialectique pure qui n’entrevoit aucun moyen pratique est sans doute bien jolie mais inutile et fausse à la base ; elle projette sur l’avenir les impossibilités du passé qui n’ont pas permis de voir ce qui était depuis toujours en négatif sous les yeux.

Ainsi, je vous le dis, la prochaine révolution ne doit pas focaliser sur la propriété des moyens de production ; elle ne doit pas prôner le collectivisme, toujours désastreux ; elle ne doit pas compter sur un prétendu « génie du prolétariat » ; elle n’aura pas les immigrés pour fer de lance, au contraire ; et il n’y a pas besoin qu’elle arrive pour savoir en quoi elle consistera. Car je vous l’annonce dès aujourd’hui : elle aura pour but d’instaurer la « carte civique » et ainsi d’anéantir Largent (donc l’idée de valeur marchande, la monnaie, le capitalisme et toutes leurs séquelles), au nom de l’Égalité (bien comprise) et de la Patrie.

Poutou : Heu ! … Heu ! … Fasciste !!! ! !



Je fais parfois de ces rêves ! Mais le vrai cauchemar, c’est d’avoir en face de soi des gens qui ne comprennent rien.

Philippe Landeux
25 avril 2017

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lundi, 24 avril 2017

LA CLÉ DE LA VICTOIRE

Le Front National, autrement dit le camp "national", vient de connaître une victoire à la Pyrrhus. Encore une victoire comme celle-là et il n'y aura plus de France. Est-ce à dire qu'il n'y a plus de Français en France, de Français prêts à défendre leur pays ? Je ne le crois pas. Je pense surtout qu'ils sont divisés, notamment par la question de l'immigration, et qu'il n'y a pas, dans l'offre politique actuelle, de projet à long terme capable de les rassembler tout de suite et de les unir en un faisceau invincible. Si chacun des camps s'entête dans sa vision étriquée et bancale, aucun ne gagnera et la France disparaîtra.
 
Tous les patriotes savent que l'ennemi est le capitalisme. Mais l'ennemi ainsi désigné est protéiforme et chacun le combat à sa manière, de sorte que les forces d'opposition sont divisées et individuellement minoritaires, alors que, unies, elles seraient majoritaires. Le temps est venu d'être précis. L'ennemi, c'est Largent lui-même, c'est la nature monétaire du système, dont procèdent tant le capitalisme que le capitalo-mondialisme ou le capitalo-libéralisme dit ultra-libéralisme.
 
Largent (la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger) va de pair avec l'individualisme (> sans-frontiérisme, mondialisme) et l'inégalité (exploitation, oligarchie, ploutocratie). Il engendre le système monétaire où les droits sont incarnés et conférés par la monnaie et dans lequel les individus ont un pouvoir d'achat limité et inégal. Ce système a sa propre logique, dont Largent est la clé de voûte. En accepter une partie, c'est valider le tout. Or telle est la situation dans laquelle sont aujourd'hui les partis qui se veulent en pointe de l'opposition : ils dénoncent des aspects de ce système, des effets de Largent, mais ils conservent Largent et valident le système en général. Il s'ensuit que tout ce qu'ils veulent est contre-nature (contre la nature du système), que leurs efforts pour ramer sans but à contrecourant sont voués à l'échec.
 
L'urgence, pour les patriotes, n'est pas d'affiner leurs stratégies mais d'élaborer une véritable alternative au système actuel, ou plutôt d'y adhérer, car elle existe déjà : le Civisme. Sans entrer ici dans le détail de ce projet, force est d'admettre qu'il doit être l'exact contre-pied du système actuel. Il doit proscrire la notion de valeur marchande et la monnaie. A un pouvoir d'achat limité et inégal conféré par la monnaie, gagnée on ne sait comment, il doit proposer un pouvoir d'achat indéfini et donc égal pour tous les citoyens et conféré par la citoyenneté elle-même, étant entendu que la citoyenneté se mérite en remplissant les devoirs du citoyen, notamment celui de participer à la vie de la cité, selon ce que celle-ci considère comme une participation. Ainsi, à l'individualisme et à l'inégalité, il pourra substituer le civisme (ou patriotisme) et l'Égalité (bien comprise).
 
Ce qu'il manque aujourd'hui au Front dit National, dans sa lutte contre le capitalo-mondialisme, c'est, outre un discours radical contre Largent, une conception juste de l'Égalité (des citoyens en devoirs et en droits) qui peut justifier de défendre la Nation. Car pourquoi défendre la "nation" si celle-ci est, pour la grande majorité, synonyme d'exploitation ? Le Front National défend déjà toutes les notions consubstantielles à l'Égalité : nation, patriotisme, souveraineté populaire (démocratie), souveraineté nationale (indépendance), non-ingérence. Il ne lui reste plus qu'à dénoncer Largent pour avoir une conception cohérente de l'Égalité et aller ainsi au bout de sa propre logique.
 
Ce qu'il manque aujourd'hui au Front dit de Gauche, dans sa lutte contre le capitalisme, c'est à la fois une idée moins naïve de l'Égalité, qui ne peut concerner que les citoyens sous peine d'être non seulement un mot creux mais un sophisme capitaliste, et, partant, une idée plus solide de la nation, seul levier pour renverser le capitalisme. Il doit comprendre que l'immigration est l'arme du capital contre la nation et contre la seule égalité possible ; que défendre sa nation, son peuple, c'est défendre le monde entier et la véritable humanité ; bref, que l'Égalité passe par la lutte contre Largent et pour la nation.
 
Voilà mon message. Lutter contre Largent au nom de l'Égalité et de la Nation. Telle est la seule voie pour réconcilier tous les patriotes et stopper notre descente aux Enfers.
 

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jeudi, 20 avril 2017

GAUCHE ABSOLUE et PATRIOTISME INTÉGRAL

Le Principe d'ÉGALITÉ est éminemment de Gauche.

Il n'y a qu'une ÉGALITÉ souhaitable, possible et nécessaire : celle des citoyens en devoirs et en droits.

Cette ÉGALITÉ va de pair avec les notions de cité ou nation, de patriotisme, de souveraineté populaire (démocratie), de souveraineté nationale (indépendance) et de non-ingérence.

Mais l'égalité en droits est impossible dans un système monétaire où la monnaie, de par sa nature, incarne les droits qui, de par son fonctionnement, se répartissent fatalement inégalement ; où le pouvoir appartient aux riches par la force des choses (ploutocratie) ; où la citoyenneté, ne conférant pas les droits du citoyen, est un mot creux ; où il n'y a pas de citoyens, mais seulement des individus livrés à eux-mêmes et en conflit permanent.

Il n'y a d'égalité en droits, et partant en devoirs, que si tous les citoyens, tous les individus ayant rempli leurs devoirs, dont celui de participer à la vie de la cité (selon ce que celle-ci considère comme une participation), profitent en effet des bienfaits de leur cité, donc si tous sont libres d'accéder au marché. Et si le droit d'accéder librement au marché, dans la mesure du possible et des lois, est conféré par la citoyenneté (ce qu'une carte à puce permet facilement d'attester), alors il n'y a plus de prix, plus de monnaie, plus de notion de valeur marchande (Largent), plus de marchandisation, plus de capitalisme.

La prochaine Révolution consistera à anéantir Largent au nom de l'Egalité (bien comprise) et de la Patrie.

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Pour voir la vidéo, cliquez ICI ou sur l'image

samedi, 01 avril 2017

LA RÉVOLUTION ET SES LEÇONS

Nous nous heurtons aujourd’hui au même problème que les révolutionnaires, les vrais révolutionnaires (Robespierre, Marat, Saint-Just), en leur temps : la puissance des riches, l’hégémonie du capital (individualiste, inégalitaire, apatride, mondialiste), en un mot Largent. Et la plupart de nos contemporains sont aussi aveugles qu’ils l’étaient eux-mêmes sur la véritable nature de l’ennemi, à la différence qu’eux avaient des excuses que nous n’avons plus. La technologie moderne (production de masse, informatique, cartes à puce) permet en effet d’instaurer l’Égalité (bien comprise : l’égalité des citoyens en devoirs, dont celui de participer à la vie de la cité, et en droits, dont celui d’accéder librement au marché) et d’anéantir Largent, c’est-à-dire d’instaurer un mode d’échange fondé sur les Principes de l’ordre social et non plus sur la notion de valeur marchande, où le droit d’accéder au marché serait conféré par la citoyenneté, elle-même attestée grâce à une carte à puce, et non plus par des unités monétaires (incarnant les droits) gagnées on ne sait comment et se répartissant fatalement de manière inégalitaire (voir « Le Civisme »). Que l’on admette ou non la possibilité d’un pareil système, mon but n’est pas ici de l’exposer, de l’expliquer, mais de faire comprendre mon point de vue.

Je pars du postulat que, quoique cela demandera encore une « révolution » ou une « évolution révolutionnaire », il est possible aujourd’hui d’appliquer les Principes invoqués par les révolutionnaires, notamment celui d’Égalité, qui est la condition de la démocratie au vrai sens du terme, au sens de souveraineté du peuple (un système inégalitaire étant par définition oligarchique). Mais si ce à quoi les révolutionnaires aspiraient fondamentalement n’est réalisable qu’aujourd’hui, il s’ensuit :

1) que cela était hors de leur portée en leur temps,

2) que n’ayant pas la possibilité technique d’anéantir Largent et d’abolir la monnaie (au nom de l’Égalité et de la Patrie), cette idée ne leur effleurait pas même l’esprit,

3) que ne pouvant rayer Largent de l’équation, ils le conservaient sans en avoir conscience et sans voir les contradictions théoriques et pratiques avec les principes qu’ils professaient,

4) que, étant obligés de conserver la monnaie, par laquelle passe la plupart des droits, tout en aspirant à l’égalité en droits, ils ne pouvaient admettre que « la monnaie n’est autre chose que du droit » (quoique les mesures financières visant à réduire les inégalités monétaires en soient la démonstration), que sa seule existence est garante de l’inégalité, puisqu’elle ne peut se répartir également, et que l’Égalité est donc une vue de l’esprit dans un système monétaire,

5) qu’ils avaient de ce fait une conception de l’Égalité dénaturée par Largent,

6) qu’ils cherchaient moins à atteindre l’Égalité, aussi inaccessible qu’inconcevable pour eux, qu’à contenir ou contrer les effets inégalitaires de Largent, autrement dit qu’ils ne visaient pas l’Égalité mais seulement moins d’inégalités, moins de disparité entre les fortunes,

7) que ne pouvant ni remonter à la source de l’inégalité, ni la tarir, ils en voyaient la cause ailleurs (dans certains hommes, dans les lois, dans l’organisation politique, dans l’éducation, etc.), se lançaient sur tous les fronts qui étaient autant de leurres et multipliaient les mesures aussi légitimes en apparence que vouées à l’échec,

8) que, ne pouvant triompher de Largent, ils devaient fatalement en être les victimes.

 

Voilà ce que l’analyse permet de comprendre et ce que l’étude des faits permet de constater et de valider.

Le XVIIIe siècle vit monter en puissance la bourgeoisie, c’est-à-dire les riches ou, comme on disait aussi, « l’aristocratie de l’argent ». Cette montée en puissance s’accompagna d’une philosophie, celle des Lumières, prônant la souveraineté et la liberté des riches (des « propriétaires »), proclamant sans le dire Largent roi. La liberté absolue pour les riches d’exploiter les hommes et de spéculer sur les marchandises pour s’enrichir davantage fut érigée en doctrine que nous appellerions « libérale ». Ce courant avait vu le jour bien avant la Révolution ; il sembla s’imposer en 1789, sous la Constituante, mais rencontra une vive opposition et ne triompha incontestablement, et jusqu’à nos jours, qu’à partir de 1794, après l’exécution de Robespierre. Ainsi, ce qui caractérise la Révolution, ce n’est pas la mise en place de l’ordre bourgeois, c’est-à-dire l’avènement de Largent, mais au contraire la montée en puissance d’un mouvement opposé, d’un mouvement anti-bourgeois, « anti-libéral », plus exactement « anti-capitaliste », un mouvement en faveur du peuple, un mouvement démocratique et égalitaire. Ce mouvement fut incarné au plus haut point par Robespierre.

En 1788, le royaume est endetté dangereusement. Les Ordres privilégiés (Clergé, Noblesse) ont jusque-là refusé de payer. Louis XVI en est réduit à convoquer les États Généraux, c’est-à-dire à réunir des représentants des trois Ordres (Clergé, Noblesse, Tiers États), qui seuls peuvent créer de nouveaux impôts. La Révolution est amenée par un problème d’argent. Les bourgeois, qui avaient le vent en poupe, trouvent là l’occasion d’accélérer le processus qui doit faire tomber le pouvoir dans leurs mains. Tout se passe d’abord à merveille. La Constituante uniformise le royaume, abolit les privilèges des provinces, supprime les frontières intérieures, décrète la liberté du commerce (libéralisme), prive les pauvres du droit de cité, abolit les corporations, interdit les grèves et les pétitions, constitue une garde bourgeoise et adopte la loi martiale pour réprimer affamés et mécontents. Mais en son sein, un député s’oppose de toutes ses forces à cette politique : Robespierre. Lui veut la souveraineté du peuple (démocratie) et la justice sociale (moins d’inégalités). Il est seul ou presque et ne pèse donc rien à l’Assemblée. Mais il a derrière lui l’opinion publique. On l’appelle « l’Incorruptible ».

Une Assemblée législative succède à la Constituante. Que des bourgeois. Une faction domine : les Girondins. Ce sont les champions de la « propriété », les défenseurs inconditionnels du libéralisme (Largent). Ils veulent aussi la guerre à tout prix, tant pour détourner le peuple des souffrances qu’occasionne leur politique que pour remplir les caisses de l’État, toujours vides (malgré la confiscation des biens du clergé et la création des assignats). C’est au club des Jacobins, dont ils font alors partie, qu’ils trouvent dans Robespierre, qui n’est plus député, un détracteur acharné. La guerre, voulue aussi bien par les Girondins que par la Cour, est un piège ; elle donnera aux puissances étrangères l’occasion d’entrer en France et d’écraser les révolutionnaires. Il faut s’y préparer, mais pas la rechercher. Rien à faire. La guerre est déclarée, alors que la France n’est pas en état de la faire. Les armées désorganisées se débandent au premier contact. Les armées austro-prussiennes temporisent mais sont prêtes à envahir le territoire et à fondre sur Paris. C’est alors que tout ce que la France compte d’énergique se soulève et renverse la monarchie (10 août 1792), à la barbe de la Législative, elle-même contrainte de se dissoudre.

Pendant que les volontaires courent au devant de l’ennemi, la nouvelle Assemblée, appelée « Convention », élue au suffrage universel, se réunit (21 septembre 1792). Mais si Paris, au contact des événements, a élu des Jacobins (Robespierre, Marat, Danton), les départements ont renvoyé les Girondins qui, d’entrée, monopolisent toutes les places. Et les Girondins détestent Paris et ses élus qui leur ont fait échec. Au lieu de gagner une guerre qu’ils ont provoquée, ils persécutent Marat et Robespierre, ils calomnient Paris pour la faire haïr des départements, ils tergiversent pour sauver un roi aux dépens de la République… et, bien sûr, ils sont plus que jamais les champions des « propriétaires ». Au printemps 1793, les armées, un moment victorieuses, sont à nouveau en déroute, des départements sont en révolte ouverte, le peuple partout a faim : il faut agir. La 2 juin 1793, la commune de Paris, d’accord avec les Jacobins, fait cerner la Convention qui décrète d’arrestation les meneurs Girondins. Gardés à domicile, ceux-ci en profitent pour s’échapper et prêcher de vive voix la révolte dans les départements.

S’ouvre alors la deuxième période de la Convention, dominée cette fois par les Montagnards, dont les Jacobins sont le noyau dur, et Robespierre le leader. Mais dans quel état la France est-elle, après 4 ans d’agitation politique et un an et demie de guerre ? L’économie est en lambeaux. Toutes les frontières extérieures sont assiégées. Les deux tiers des départements sont en révolte, quoique le plus souvent de manière superficielle (des révoltes de notables, d’administrateurs, favorables aux Girondins). La « Vendée » tend les bras à l’Angleterre, à qui Toulon s’est livrée. Il ne s’agit pas d’administrer un pays en paix, mais de parer milles coups. Aux grands maux les grands remèdes. Il faut lever, armer, équiper et approvisionner 2 millions d’hommes. Tout cela coûte. Le moins cher sera le mieux. Il faut calmer la rapacité des fournisseurs, l’avidité des marchands (établissement du maximum des prix et de comités aux accaparements). Il faut déjouer les traîtres qui, d’indulgence en indulgence, ont conduit la France au bord du gouffre. Il faut tendre tous les ressorts pour sauver la République, qui se veut en faveur du peuple ou le sera quand les conditions le permettront. Pour l’heure, c’est la guerre, qui accapare toutes les ressources et toutes les pensées.

Mais la tension est source de divisions. Les hommes qui ont éjecté les Girondins n’avaient ni les mêmes raisons ni le même caractère ni le même projet. Les querelles de personnes se mêlent aux désaccords politiques. On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. La « Terreur », pourtant nécessaire, ne va pas sans abus. Danton (soupçonné d’avoir été un agent anglais) invoque ces abus pour faire cesser la Terreur (en réalité pour sauver ses amis arrêtés pour corruption). Il veut signer une paix de compromis (au désavantage de la France) et instaurer un régime bourgeois. Il rallie sous sa bannière Girondins et royalistes. D’autres veulent au contraire que la Terreur soit portée à tous les excès. Ce sont Hébert et les Cordeliers, qui essayent d’entraîner à leur suite le peuple de Paris. Robespierre se garde de ces deux extrémités. Le Comité de salut public, dont il fait partie depuis le 27 juillet 1793, est sur la même ligne (quoique composé d’hommes de tendances différentes). Dans cette lutte à mort, le Comité frappe le premier. D’abord Hébert, ensuite Danton. Ce danger passé, ce sont les membres des comités eux-mêmes (comités de salut public et de sûreté générale) qui se divisent et qui surtout attaquent sournoisement Robespierre, qui parce qu’il s’est opposé à la déchristianisation, qui parce qu’il abhorre les représentants en mission sanguinaires, qui parce qu’il veut un régime social et démocratique, qui parce qu’il s’oppose à la guerre de conquête, qui parce qu’il le jalouse tout simplement. Mais Robespierre incarne la Révolution. Pour l’abattre, il faut d’abord le déconsidérer, le calomnier, le ridiculiser, le faire craindre, le faire haïr, l’affaiblir, le paralyser ; il faut mentir et le faire taire. Un complot se trame. Le 8 thermidor (26 juillet 1794), Robespierre, qui ne participe plus au comité depuis un mois, tente de le déjouer. Il expose à la Convention toutes les manœuvres dont il est l’objet et tout ce qui compromet selon lui la chose publique. Son discours est décrété d’impression, mais ses ennemis en font renvoyer l’examen aux comités qu’il vient de dénoncer ; ils gagnent la première manche. La journée du lendemain va être chaude. L’appui du Marais (la masse des députés du centre) sera décisif. Les fausses listes de proscription qui circulent, attribuées à Robespierre, n’ont pas eu l’effet escompté. On sait que Robespierre n’est pas un sanguinaire, lui qui a protégé les « 73 » députés girondins et a contre lui les furieux de la Terreur. Dans la nuit, les conspirateurs promettent aux uns d’arrêter la Terreur, dont ils sont eux-mêmes les auteurs, aux autres, de revenir sur les mesures sociales adoptées depuis un an (maximum, lois de ventôse, etc.). Marché conclu. Le 9 thermidor (27 juillet 1794), Robespierre (ainsi que Saint-Just, Couthon, Lebas et Robespierre jeune) est décrété d’arrestation par une meute en furie, sous des accusations diverses et contradictoires. L’insurrection improvisée de la Commune ne change rien. Robespierre n’y croit plus. Il est exécuté le lendemain.

Mais, en frappant Robespierre, sous des accusations délirantes, en faisant un crime de toute aspiration sociale et de toute fermeté (en faveur du peuple), ses ennemis (plus personnels que politiques) ont ouvert un boulevard à la réaction bourgeoise, qui balaye tout. Les suspects sont relâchés en masse. Le club des Jacobins est fermé au bout de 3 mois (12 novembre 1794). Les membres des comités de salut public et de sûreté général sont, pour la plupart, proscrits dans les mois qui suivent. Ceux qui redoutaient tant Robespierre en raison de leurs crimes ou de leur corruption ont retourné leur veste et sont des vedettes : Fouché, Fréron, Tallien, Barras, etc. (Carrier, Lebon et Fouquier-Tinville sont toutefois irrécupérables et paieront pour les autres.) Les Girondins détenus sont réintégrés (tandis que les ex-Montagnards sont envoyés petit à petit en prison). Le suffrage censitaire est rétabli, ainsi que la liberté du commerce (le libéralisme). Le maximum (qui du reste était une mesure provisoire) est supprimé. Les prix s’envolent. La guerre de rapine devient la norme (Napoléon s’en fera un devoir.). C’est le règne des fournisseurs, des spéculateurs, des apparatchiks, des anciens et nouveaux riches. Au printemps 1795, les Parisiens affamés se soulèvent, deux fois (12 germinal, 1er prairial), au cri de « du pain et la constitution de 1793 ». Ils sont réprimés. Les quartiers populaires sont désarmés. En octobre (4 vendémiaire), ce sont les royalistes, à qui les conventionnels ont volé l’élection, qui se soulèvent et sont réprimés à leur tour. L’ordre bourgeois est établi ; plus rien ne le menacera. Le roi n’est plus. Vive Largent !

 

J’ai brossé à grands traits l’histoire de la Révolution. J’aurais pu entrer dans mille détails qui n’apportent rien à la compréhension du mouvement de fond et brouillent au contraire la perception des choses ; qui, surtout, détournent l’attention des bonnes leçons à tirer.

Dans cette histoire, je vois Largent et sa marque du début à la fin, depuis les causes de la Révolution à la nature de ses fossoyeurs ; je vois une lutte permanente entre ceux qui veulent le faire roi, avec tout ce que cela implique économiquement, politiquement, idéologiquement, et les révolutionnaires qui veulent l’Égalité ou du moins défendent les notions qui lui sont consubstantielles : nation, peuple, patriotisme, démocratie (lois faites ou ratifiées par le peuple), solidarité nationale, droit des citoyens à être armés, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, non-ingérence (autant de combats qui furent ceux de Robespierre).

Mais je vois aussi des révolutionnaires qui n’opposent à Largent que des mesurettes  incapables de renverser la force des choses (impôts universels et progressifs, garantie d’un revenu, augmentation des salaires, gel des prix, etc.), qui coupent des têtes pour en voir repousser dix, qui s’épuisent, qui désespèrent et qui sont finalement vaincus. La puissance politique qu’ils parviennent miraculeusement à avoir ne leur sert qu’à contenir les riches, jusqu’à ce qu’ils soient anéantis au premier faux pas. Sans doute auraient-ils pu demeurer au pouvoir un peu plus longtemps s’ils avaient été aussi sanguinaires que le dit leur légende (écrite par qui ?) ; ils auraient alors prolongé leur existence, mais trahi tous leurs idéaux et péri quand même sous le poids de leurs contradictions.

J’en tire la leçon qu’il est dans la nature des choses que Largent et les riches, ses valets, dominent dans un système monétaire ; que, dans la mesure où il y aura toujours des riches dans un tel système (de par l’origine et le fonctionnement de la monnaie), il est vain de les comprimer si le but n’est pas d’anéantir Largent lui-même, car, comme on dit : « Chassez le naturel, il revient au galop ». On pourrait aussi citer cette phrase de Saint-Just, qui n’imaginait sans doute pas cette application : « Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau. »

La Révolution fut un grain de sable dans la montée en puissance de la bourgeoise, dans la marche au trône de Largent. Sans la Révolution, Largent serait arrivé au pouvoir sans encombre ; il serait devenu roi au-dessus du roi et notre situation serait aujourd’hui exactement la même (comme dans les pays qui sont actuellement des monarchies), car elle ne découle pas de ce qu’ont fait ou simplement voulu faire les révolutionnaires il y a de cela 200 ans, mais de la force des choses insufflée par Largent. Accabler les révolutionnaires des maux qui nous désolent et qu’ils déploreraient eux-mêmes, c’est disculper Largent sans même prendre en compte son existence ; c’est faire à sa manière –– et il y a mille manières possibles –– la même erreur que les révolutionnaires ; c’est forger notre impuissance et préparer de nouveaux échecs. Mais, à l’heure où la patrie est plus que jamais en danger, nous n’avons pas le droit d’échouer.

Largent — qui porte en lui les principes matérialiste, inégalitaire, oligarchique, individualiste et mondialiste — doit être combattu et anéanti au nom de l’Égalité et de la Patrie. Sous ce rapport, les révolutionnaires ne s’étaient pas trompés d’étendard. Ceux qui ne rallient pas cet étendard sont de facto sous celui de Largent. Mais l’expérience démontre qu’il ne suffit pas d’aspirer à l’Égalité et d’être un patriote intelligent et énergique pour ne pas être dupe de Largent. Encore faut-il identifier ce dernier, savoir comment l’écraser et, surtout, en avoir les moyens. Or ces trois choses sont liées. Ce que ma théorie du « Civisme » permet de comprendre, c’est que, à leur époque, les révolutionnaires n’avaient pas les moyens de mettre en œuvre l’Égalité et ne pouvaient donc pas la concevoir correctement, étant obligés de conserver la monnaie tant sur le plan pratique qu’intellectuel ; de sorte que, ne pouvant renverser Largent, il n’était pas même utile pour eux de l’identifier formellement. Ils ont donc agi par intuition ; ils ont « bricolé ». Tout ce qu’ils voulaient était juste en soi mais pas dans l’absolu, et allait bien souvent à l’encontre de la nature du système monétaire. Par suite, le système a résisté ; les révolutionnaires ont insisté ; la machine s’est emballée ; tout a dégénéré. Mais tout jouait, au fond, contre les révolutionnaires. Et bientôt les tenants du système ont repris les rênes.

Tout système se maintient par la violence sous une forme ou une autre. Les révolutionnaires ont été violents. Mais le système qui permet aux uns d’affamer les autres, qui donne tout le pouvoir aux riches, qui couvre un traître et tire sur les mécontents, qui déclare des guerres pour détourner l’attention de ses turpitude, n’est-il pas violent ? Ne mérite-t-il pas d’être combattu ? Comment, sinon par la force, puisqu’il est sourd aux protestations pacifiques ? Les révolutionnaires n’usèrent, en somme, que du droit de légitime défense. Ne peuvent être invoqués contre eux que des sophismes du genre de ceux qui annihilent aujourd’hui la légitime défense, qui font que celui qui se défend avec succès est présenté comme un coupable, et le vrai coupable comme une victime. (Bien sûr, certains ont profité de cette période troublée pour commettre des crimes, mis sur le compte de la Révolution ou de la République. Mais je n’appelle pas « révolutionnaires » tous les contemporains de cette époque, et ceux que je désigne ainsi font l’objet de vagues anathèmes, jamais d’accusations précises.)

Les révolutionnaires devraient être révérés par tous ceux qui, aujourd’hui, savent la France au bord du gouffre et connaissent les traîtres et les idiots qui l’y ont mené ; ils sont dans la même position qu’eux, face aux mêmes ennemis et pour la même raison ; comme eux, ils ont des choix terribles à faire, ils doivent trancher dans le vif. S’ils suivent leur exemple, ils peuvent espérer sauver la patrie. S’ils minaudent, nous sommes morts. La patrie ou la mort ! Voilà où nous en sommes rendus. Nous pouvons nous laisser mourir pour n’encourir aucun reproche. Nous pouvons réagir à la hauteur des circonstances, et alors nous aurons, comme les révolutionnaires, des morts sur la conscience et du sang sur les mains ; alors nous devrons assumer devant l’Histoire ce que nous aurons fait et même ce qui se sera fait malgré nous ; alors nous montrerons la France sauvée à ceux qui, confis de moraline, nous poursuivront de leur haine pour avoir eu le cran et le bon sens qu’ils n’auront pas eu. 

Héritiers authentiques de la Révolution et tenants de la tradition contre-révolutionnaire (catholique et aristocratique) devraient oublier les querelles dépassées de leurs ancêtres, pour ne songer qu’aux combats qui les réunissent aujourd’hui et qui tous, en dernière analyse, leur sont imposés par Largent.

J’ai déjà montré que le combat pour l’Égalité et la Patrie ne peut être remporté qu’en anéantissant Largent, qu’en instaurant un système d’échange autre que monétaire. Mais les chantres de la contre-révolution ne tiennent-ils pas eux aussi en exécration les bourgeois, l’aristocratie de Largent ? Ne parlent-ils pas avec nostalgie de l’aspect social et protecteur de la monarchie, détruit par la bourgeoisie au nom de Largent ? N’abhorrent-ils pas le matérialisme, le mercantilisme, la course au profit, le capitalisme et la ploutocratie, conséquences de la monnaie, donc de Largent ? Ne dénoncent-ils pas, par exemple, l’immigration-invasion et la destruction de la famille, qui sont l’une et l’autre dans la logique de l’individualisme, inhérent à Largent, et de son revers le sans-frontiérisme (mondialisme, universalisme) ? On pourrait multiplier encore longtemps les exemples.

Notre monde tourne autour de Largent ; il est façonné par lui, jamais pour le meilleur, toujours pour le pire. Il est aisé d’apercevoir sa responsabilité dans les maux qui nous submergent, pour peu que l’on sorte la tête du guidon, que l’on prenne un peu de hauteur. Les « contre-révolutionnaires » doivent arrêter de ne voir que des questions morales dans les politiques destructrices qui ont manifestement Largent pour moteur et pour but. Ils doivent enfin décider s’ils veulent remplacer une oligarchie par une autre, sachant que toute oligarchie est fondée sur l’inégalité et l’oppression du peuple dont ils prétendent se soucier ; et s’ils veulent se contenter encore longtemps de postures face au système ou le vaincre pour de bon. S’ils sont conséquents avec eux-mêmes, s’ils veulent servir le peuple et renverser le système, c’est-à-dire terrasser Largent, il n’y a pas d’autre voie que celle de l’Égalité (bien comprise) et de la Patrie.

Les révolutionnaires empruntèrent d’instinct cette voie et, avec eux, tout le peuple français, à l’exception des nobles, du haut clergé et des bourgeois (les oligarques de l’époque), lesquels, à force de manigances pour défendre leurs intérêts, et de propagande pour couvrir leurs trahisons, ont brouillé les pistes et allumé le feu. Des gens ordinaires qui aspiraient tous grosso modo à la même chose se sont retrouvés, sur des malentendus, dans des camps opposés, à se livrer une guerre à mort. L’oligarchie voudrait encore que ces camps hérités du passé soient irréconciliables pour être à jamais manipulables. Raison de plus de les réconcilier. Et c’est en cela, aussi, qu’est utile une connaissance approfondie de la Révolution : pour désarmer les passions. Que chacun reconnaisse les limites et les contradictions de la ligne de sa famille politique, à l’origine des dissensions fratricides. Que les uns et les autres ne commettent plus leurs erreurs respectives qui toutes conduisent à l’échec. Qu’enfin le véritable ennemi soit démasqué, ou plutôt reconnu, car il règne depuis longtemps et aujourd’hui à visage découvert : Largent.

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Il n’y a qu’une révolution : celle qui vise au bien du peuple, donc à l’Égalité (bien comprise). La contre-révolution, elle, est, consciemment ou non, le camp de l’inégalité et de Largent. C’est à la lumière de ces définitions qu’il faut apprécier les mouvements historiques et qualifier les mouvements politiques. Révolutionnaires et contre-révolutionnaires ne sont pas toujours ceux qui revendiquent l’un ou l’autre de ces qualificatifs. Nos ancêtres se sont déchirés en pure perte pour des chimères. Aujourd’hui, il doit être clair pour tous que la contre-révolution n’est pas seulement le parti des riches, des banques et de la finance mais plus largement celui du système monétaire et de Largent (donc du capitalisme, de l’inégalité, de l’individualisme et du mondialisme), et que celui de la Révolution est, à l’opposé, celui de l’Égalité (donc d’un système non-monétaire) et de la Patrie. S’interroger sur la façon ou les moyens de mettre en œuvre l’Égalité, c’est-à-dire d’anéantir Largent, est une chose ; mais tirer prétexte de cette difficulté (résolue par le Civisme) pour conserver le système monétaire, l’inégalité, le capitalisme et tout ce qui va avec, en est une autre. On n’est pas un révolutionnaire ou un opposant sérieux au système quand on n’en remet pas en cause la base et que, de fait, on tourne en rond à l’intérieur.

 

Pas de national sans social ;
Pas de social sans Égalité ;
Pas d’Égalité sous Largent.

Largent est un Tyran !
L’Égalité ou la Mort !

Vive la Révolution !
Vive la France !

Philippe Landeux

1er avril 2017

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08:32 Écrit par Philippe Landeux dans - REVOLUTION 1789-1794, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 27 janvier 2017

LA GUERRE DE L'OUEST dite de Vendée (livre) (PDF gratuit)

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La Vendée, un fratricide, un drame national ! Ce n’est pas assez ! Certains y voient un génocide, le premier génocide de l’histoire moderne, perpétré par des idéologues au nom de la Révolution, matrice de tous les totalitarismes. Pas moins !

Il est vrai qu’au mois de mars 1793, alors que la jeune République française (née le 22 septembre 1792) s’apprête à entamer sa première campagne de guerre — une guerre contre toute l’Europe, dans laquelle la France a été plongée au mois d’avril de l’année précédente par les Girondins et la Cour —, il est vrai que c’est alors qu’une large part de la population des départements de l’Ouest, en majorité paysanne, se soulève ; elle refuse de marcher à l’ennemi commun ; elle s’oppose au recrutement ; elle s’arme contre les villes, contre les gens des bourgs, contre les républicains ; elle massacre les patriotes locaux. Pour que sa jeunesse n’aille pas à la guerre, elle allume la guerre chez elle.

Que cette fureur soit justifiée ou non, la République n’a pas le choix, elle doit faire face, comme le ferait n’importe quel régime dans pareille situation. Mais comment réagit-elle ? A-t-elle fait son devoir ou est-elle allée bien au-delà ? Pragmatisme ou fanatisme ? C’est là toute la question, tout le débat. Et la réponse est dans les décrets de la Convention nationale, dans les arrêtés du Comité de salut public, dans la correspondance des représentants en mission.

Ce livre n’apporte pas une réponse toute faite, sujette à caution ; il ne propose pas davantage un récit ou une analyse ; il ne brandit pas des documents isolés comme la preuve absolue de telle ou telle thèse ; il fournit simplement au lecteur tous les éléments (des centaines) pour qu’il en retire une impression générale et une opinion fondée.

898 pages, dont 800 pages de documents (tous les arrêtés du Comité de salut public, tous les décrets importants, un nombre incalculable de lettres de représentants en mission, toutes les lettres du général Turreau au Comité de salut public, le tout recoupé pour un accès direct aux informations).

Version papier : 27 € + frais de port

Version PDF gratuite

Cliquez ici ou sur la couverture pour commander. (Attention, ce livre est chargé et écrit en petit caractères, 9 et souvent 8. Le PDF, moins pratique, permet cependant de grossir le texte et de l'ajuster à chaque vue.)

TABLE DES MATIERES

Tableau des informations               1
Notes                                              75
Récapitulatif des missions         805
Notes                                            818
Table des notes                           839
Index sommaire                           853

Exemples :

Tableau des informations

 Guerre de l'Ouest - Exemple d'une page de tableau des informations.jpg

Notes

Guerre de l'Ouest - Exemple d'une page de notes.jpg

Récapitulatif des missions

Guerre de l'Ouest - Exemple du Tabelau récapitulatif des missions.jpg

Guerre de l'Ouest - Exemple du Tabelau récapitulatif des missions 2.jpg

 

20:46 Écrit par Philippe Landeux dans - MES LIVRES, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer |

mercredi, 11 janvier 2017

ÉVOLUTION RÉVOLUTIONNAIRE - Les origines du futur (vidéo)

Montage vidéo, réalisé par un ami, présentant, sans le dire, les bases philosophiques du Civisme. Ca commence tranquillement et ça finit en apothéose.

A voir absolument et à partager sans modération.

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Pour accéder à la vidéo, cliquez ICI ou sur l'image

Visionnez cette vidéo sur ma propre chaine Youtube en cliquant sur le présent lien.

00’35 - Survivre
01’40 - Principe fondamental de l’ordre social
02’40 - Sécurité : du sens strict au sens large
04’00 - Précisions importantes
06’00 - Communauté, partage & accès
08’00 - Troc, monnaie & désordre social
10’20 - Fonctionnement de la monnaie
12’30 - Contradictions annonciatrices
14’20 - Autre contradiction et fuites en avant
17’20 - L’exemple des retraites
21’00 - Informatique & carte civique
23’35 - Conclusion : Égalité réelle & harmonie sociale à portée de main

05:21 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

mardi, 06 décembre 2016

RENCONTRE DU 3 DECEMBRE 2016 (vidéo)

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Pour voir la vidéo, cliquez ICI ou sur l'image

https://www.youtube.com/watch?v=GLoNaF0eEYQ

Comme chaque année maintenant, les Patriciens de France, de Navarre et même de Belgique, et de simples curieux, se sont rencontrés à la bonne franquette le 3 décembre 2016 pour se connaître et discuter à bâtons rompus. Ambiance.

17:56 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 02 décembre 2016

SERVICE MILITAIRE : POUR ou CONTRE

Service militaire

Pour ou contre : la question à la con

Avant d'être pour ou contre, il faudrait peut-être se demander quels sont les tenants et aboutissants d'un service national (un service militaire n'étant qu'une des formes de service possible)...

Accomplir un service national, donner un an de sa vie au service de la nation, doit ouvrir des droits : les droits politiques. L'accomplissement d'un service national devrait être une des conditions incontournable pour acquérir la nationalité et les droits politiques qui vont avec. Partant, un service national ne devrait pas être obligatoire mais vu comme un devoir facultatif, afin que seuls ceux qui veulent jouir des droits politiques les méritent en accomplissant volontairement le devoir qui les confèrent.

Il s'ensuit qu'un service militaire obligatoire n'aurait aucune de ces vertus. Il ne pourrait être vu comme une preuve de l'attachement à la nation et n'octroierait aucun droit particulier. Comme par le passé, il y aurait des passe-droit, et ceux qui ne l'accompliraient pas n'en seraient pas pénalisés ; ils pourraient même continuer à donner des leçons. Pire ! rendre obligatoire le service militaire permettrait à tous les Français de papier d'arguer qu'ils ont fait leur service comme tous les Français et qu'ils sont français autant sinon plus qu'eux.

Qu'un service militaire ait des vertus pédagogiques et sociales est une évidence. Mais un service militaire obligatoire, qui plus est dans la situation actuelle de la France, est une fausse bonne idée. C'est une idée patriotiquement anti-nationale.

 

Lire "Le Civisme ou théorie de la Cité", page 80

08:13 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

lundi, 31 octobre 2016

CIVISME : LE PATRIOTISME INTÉGRAL

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Pour voir la vidéo, cliquez ICI ou sur l'image

Patriotisme, nationalisme, deux mots qui, malgré des racines différentes, devraient dire la même chose, puisqu’ils tournent autour des mêmes objets, mais qui, dans les faits, malgré des points communs, désignent en effet des conceptions politiques différentes, voire opposées. L’opposition entre eux repose à la fois sur un malentendu et une erreur commune. J’y reviendrai. D’ici là, je précise que je n’adhère pas à la définition simpliste et fausse d’après laquelle le patriotisme serait l’amour des siens, et le nationalisme, la haine des autres. Les choses sont bien plus complexes.

Le patriotisme, aussi bien que le nationalisme, c’est l’amour de sa patrie, de son pays, de sa nation, de son peuple, de sa société, de ses concitoyens, autant de notions qui se confondent ou vont de pair. Un patriote, un nationaliste, s’identifie à son peuple ; il l’aime comme lui-même ; il voit du moins en lui sa famille élargie. L’amour, en la matière, consiste à aspirer à l’indépendance et à la grandeur de son pays, à préserver l’existence de son peuple, son identité, son patrimoine, son territoire, sa liberté, sa souveraineté, en un mot, à œuvrer pour son bonheur, donc à combattre toute forme de danger, d’oppression, d’exploitation, d’injustice, de tyrannie, de malheur dont il pourrait être victime. Cet amour se manifeste par un engagement dans les combats à mener, engagement sous de nombreuses formes qui peut aller jusqu’au sacrifice suprême.

J’ajoute qu’aimer véritablement son pays et son peuple implique de vouloir l’Égalité, l’Égalité en devoirs et en droits entre ses concitoyens. L’Égalité, qui ne peut exister qu’entre citoyens, dans un cadre social, est indissociable des notions de citoyenneté, de société, de peuple, de patrie, de nation, de souveraineté nationale et populaire, c’est-à-dire de démocratie (au vrai sens du terme). L’Égalité est éminemment patriotique ou nationaliste. A l’inverse, l’inégalité est synonyme d’exploitation, d’oppression, d’injustice, d’oligarchie, de tyrannie, toutes choses que patriotes et nationalistes sont supposés honnir. On n’aime pas son peuple quand on cautionne le principe de l’inégalité, quand on accepte que ses concitoyens soient inégaux, donc pour la plupart d’entre eux exploités, opprimés, tyrannisés, etc.

C’est ici qu’intervient la différence entre ce que l’on appelle aujourd’hui le patriotisme d’un côté, le nationalisme de l’autre.

Le patriotisme se veut égalitaire et démocratique, tandis que le nationalisme prône l’inégalité et une forme de dictature. Mais si le patriotisme est plus conforme à ce que j’ai dit plus haut, ce n’est aujourd’hui qu’une apparence : il n’a de l’Égalité qu’une conception dénaturée ; il est incapable d’aller au bout de la logique et de proposer mieux que moins d’inégalité. La raison est simple : le système monétaire, dans lequel nous sommes, est intrinsèquement inégalitaire, et comme les « patriotes » ne remettent pas en cause la nature du système, comme ce à quoi ils aspirent est fondamentalement impossible dans ce système, ils baissent leurs prétentions et tordent les principes, sans même en avoir conscience.

C’est là l’erreur commune que font aussi les nationalistes : ils tiennent eux aussi la monnaie pour un paramètre naturel et ne remettent pas plus en cause le système monétaire que les premiers, mais eux voient dans leurs conséquences —notamment dans l’inégalité — des principes. Ils peuvent donc d’autant moins changer les choses qu’ils ont fait leur la logique du système. Et c’est au nom de ce réalisme, qui n’est jamais qu’une soumission à Largent, que les nationalistes rejettent à bon droit l’Égalité dénaturée, contre-nature et parfois désastreuse prônée par les « patriotes ». Partant, ils ne peuvent que valider l’inégalité du système monétaire et la reproduire sur le plan politique, en proposant des régimes hiérarchisés, autoritaires, oligarchiques et, au final, tyranniques, systèmes qui, paradoxalement, sont en même temps un frein à Largent.

Ainsi, nous voyons que le patriotisme et le nationalisme, tels qu’ils existent aujourd’hui, ne savent ni l’un ni l’autre comment traduire dans les faits l’amour du peuple. Le premier échoue à instaurer l’Égalité ; le second ne tente même pas. Chacun focalise sur des problèmes particuliers ; aucun ne voit le problème général. Tous veulent assurément le bien de leur peuple, de leur société, mais aucun ne va au bout de la logique sociale faute de renoncer à la logique monétaire. Or, dans un système monétaire, c’est toujours Largent qui gagne. Dit autrement : patriotisme et nationalisme sont toujours vaincus, au final, par le capitalisme, quoiqu’ils soient ses plus sérieux adversaires, contrairement aux autres courants politiques qui en sont les complices ou les idiots utiles.

Seul le Civisme, ou théorie de la Cité, réduit les failles du patriotisme et résout les contradictions du nationalisme. Il part du Principe simple et irréfragable que des Citoyens, dignes de ce nom, doivent être égaux en Devoirs et en Droits, égaux notamment dans le Devoir de participer à la vie de la Cité, selon ce que celle-ci considère comme une participation, et égaux dans le Droit de profiter des bienfaits de leur Cité, lesquels résultent de la participation de tous. Or pour que les Citoyens profitent effectivement des bienfaits de leur Cité, dont l’essentiel consiste en produits et services mis sur le marché, un autre droit doit leur être reconnu, celui d’accéder librement au marché. Sans ce droit-là, sans ce droit dont dépendent presque tous les autres, comme on peut le vérifier avec la monnaie qui aujourd’hui incarne et confère le droit d’accéder au marché, et tous ceux qui passent par celui-là, sans ce droit-là, dis-je, l’Égalité est un mot creux. Et c’est d’une Égalité creuse, vidée de tout sens par la monnaie, dont on nous rebat les oreilles depuis 200 ans.

Depuis la Révolution française, on nous parle d’Égalité sans tenir compte du fait que le système est monétaire, que de par l’origine et le fonctionnement de la monnaie il y a inévitablement des riches et des pauvres, et donc en nous faisant croire que des riches et des pauvres sont malgré tout égaux en droits ou, pour le moins, égaux devant la loi. C’est un sophisme, pour ne pas dire une foutaise ! Il n’y a aucune espèce d’égalité entre des riches et des pauvres, pas même devant la loi ! Selon que vous serez puissants ou misérables, etc. On le sait, mais nous ne voulons pas comprendre la cause du problème. C’est ce pas de géant que le Civisme effectue en considérant que la Citoyenneté, qui implique de s’être acquitté des Devoirs du Citoyen, d’avoir contribué à la prospérité de la Cité, est la seule condition pour accéder au marché et en retirer ce que bon semble à chacun. Et pour que les Citoyens puissent attester ainsi leur Citoyenneté auprès des commerçants et de toute entreprise, ils sont dotés d’une carte à puce dite « Carte civique », sorte de carte d’identité améliorée, strictement personnelle, sécurisée de manière biométrique, qui, d’un point de vue technique, fonctionne et s’utilise comme les actuelles cartes de crédit, à la différence près qu’il n’y a plus de crédits sous quelque nom que ce soit, ce qui change tout. Dans la mesure où la Citoyenneté, qui ne se mesure pas, est la « rémunération » de toutes les formes de participation reconnues, et où les Citoyens peuvent accéder librement au marché, nul n’est besoin de monnaie pour rémunérer les Citoyens et rien n’a de prix au sens monétaire du terme. Autrement dit, la Cité n’est plus un système monétaire (il n’y a plus d’unité de valeur) et son mode d’échange n’est plus fondé sur Largent (c’est-à-dire sur la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger). Dans ce mode d’échange, les objets sont secondaires ; le véritable échange a lieu entre le Citoyen et la Cité : droit d’accéder librement au marché, d’un côté, contre devoir de participer, de l’autre.

Le Civisme n’est ni utopique ni angélique. Que des cartes à puce servent à attester la Citoyenneté au lieu de manipuler des unités monétaires, c’est la même chose d’un point de vue technique, et cette conversion est parfaitement réalisable. (C’est même l’évolution logique de cartes qui servent aujourd’hui à manipuler de la monnaie devenue virtuelle.) Mais que le droit d’accéder librement au marché soit conféré également à tous les Citoyens par la Citoyenneté, s’obtenant elle-même par l’acquittement de devoirs envers la Cité, au lieu d’être conféré inégalement aux individus par des unités monétaires sans aucune signification sociale et qu’il appartient à chacun de gagner comme il peut, même par des moyens vicieux ou illégaux, c’est une révolution sur le plan philosophique… et il ne manque que la volonté pour l’opérer. Le Civisme n’est pas utopique ; il est la logique sociale absolue. L’utopie n’est pas de s’attaquer à Largent pour changer le monde ; c’est de croire que l’on peut changer le monde sans s’attaquer à Largent.

Enfin, je dis « monde », c’est une façon de parler. Le Civisme ne prône pas la révolution mondiale, ce qui serait surréaliste ; il ne conçoit la révolution qu’au niveau national, dans le cadre des pays existants et, en premier lieu, dans un pays occidental, comme la France. Bien que ses Principes soient universels, dans le sens où ils sont ceux de toute Société, même animale, il ne nie pas l’existence des peuples et leurs différences et ne prétend pas former une seule Société de toute l’espèce humaine ; il n’est ni universaliste ni mondialiste ni sans-frontiériste… universalisme, mondialisme, sans-frontiérisme et tous leurs dérivés étant d’ailleurs des faux nez du capitalisme, donc de Largent. Le Civisme se concentre sur la société et vise à instaurer son modèle dans un pays, quitte à ce que ce modèle se répande ensuite. Il croit en la nation ; il est de facto nationaliste. Il veut l’Égalité au sein de la patrie ; il est de facto égalitaire (à ne pas confondre avec « égalitariste ») et patriotique. Il est pour la souveraineté du peuple ; il est de facto souverainiste, républicain et démocratique. (Un système égalitaire serait démocratique par la force des choses, à l’inverse d’un système inégalitaire qui est oligarchique par nature.) Il anéantit Largent ; il est de facto anticapitaliste. Il assure à tous, et à tous les niveaux, la plus grande liberté possible ; il est de facto libéral et décentralisateur autant que faire se peut. Il garantit l’application des Principes de l’ordre social ; il est de facto socialiste. Il est tout cela à la fois mais d’une manière qui n’appartient qu’à lui, c’est-à-dire non-faussée par Largent, comme le sont aujourd’hui les doctrines de tous les courants politiques qui revendiquent  l’un ou l’autre de ces caractères.

Mais je me suis éloigné de mon sujet. Je voulais traiter la question de l’angélisme. Et sous quel rapport le serait-il ? La Cité n’est pas ouverte aux quatre vents, et elle distingue même la nationalité, qui s’acquiert sur des critères identitaires et par des devoirs particuliers et confère les droits politiques, de la citoyenneté, à laquelle sont attachés les droits économiques et sociaux. Pas de droits sans devoirs ; pas de devoirs sans droits. La Cité ne donne rien… à personne. Pas d’assistanat. Elle sanctionne le mérite. Elle garantit les droits en contrepartie de devoirs. Le Civisme ne postule pas que les hommes sont bons, mais qu’ils recherchent leur intérêt, ce qui est une bonne chose quand la poursuite des intérêts privés sert l’intérêt général et ne va pas à l’encontre des droits d’autrui, comme c’est le cas dans le système monétaire. Ce n’est pas du communisme ; les Citoyens ont la liberté de consommer et d’entreprendre. La Cité n’attend pas des entreprises qu’elles produisent, mais qu’elles « vendent », c’est-à-dire qu’elles aient des clients, qu’elles satisfassent une demande significative. Enfin beaucoup sont incrédules parce que le Civisme s’attaque à Largent et qu’ils pensent que les riches ne laisseront jamais faire. Mais le but est-il de s’agiter pour que, au final, les riches, et donc Largent, continuent à régner ? Ceux qui n’inquiètent pas les riches ou craignent de les froisser ne travaillent pas pour le peuple, n’aiment pas la patrie. Du reste, des privilégiés n’ont jamais empêché que des bouleversements, devenus nécessaires, aient lieu. Or, qui ne s’est aperçu que le capitalisme est en bout de course et qu’il est urgent de mettre en place un autre modèle économique avant qu’il n’ait tout détruit, tout épuisé, tout laminé ?

Il devient assez clair que le capitalisme, dans sa phase actuelle, engendre des problèmes qu’il est impossible de régler sans sortir du système monétaire, mais que le Civisme, lui, résout instantanément. Non par magie ! Non par incantations ! Mais parce qu’il est naturel qu’un problème disparaisse avec sa cause. Je prendrai deux exemples. Tout d’abord le chômage. Dans la Cité, tous les Citoyens ont le droit d’accéder librement au marché. La Demande, le pouvoir d’achat global, est formidable, bien supérieur à l’Offre. L’Offre peut augmenter ; elle est toujours en deçà de la Demande. Les chômeurs trouveront tous un emploi et, une fois le plein emploi atteint, il sera maintenu par le déséquilibre permanent entre la Demande et l’Offre. Ceci reviendra à une relance du pouvoir d’achat, mais non faussée par les effets pervers de la monnaie. Deuxième exemple : la retraite. Avec la baisse du nombre d’actifs, nous ne savons pas comment nous financerons demain les retraites. Mais, dans la Cité, un Citoyen à la retraite est toujours Citoyen ; il a donc toujours le droit d’accéder librement au marché puisque ce droit est conféré par la Citoyenneté. Non seulement le problème est résolu instantanément, mais il apparaît qu’il est aujourd’hui purement financier et artificiel. En attendant, ce faux problème sert de prétexte pour nous plonger dans d’autres, le plus grave de tous étant l’immigration massive.

Il faut nous arrêter sur cette question de l’immigration qui, par sa durée et son ampleur, est devenue une question existentielle pour notre pays et notre peuple, et réunies de ce fait, dans une même hostilité, patriotes et nationalistes. Le positionnement par rapport à l’immigration prime tout désormais. Elle est l’alpha et l’oméga de la politique. Il y a ceux qui sont pour, sans frein, les mondialistes, les sans-frontiéristes, capitalistes ou gauchistes, et ceux qui sont contre, les souverainistes, qualifiés « d’extrême droite » par les traîtres à la nation. Le Civisme ne règlera pas le problème de l’immmigration-invasion, car la Cité ne pourra et ne devra être bâtie qu’une fois le problème réglé. Trois raisons : la première, c’est que ce problème, et tous ceux qui en découlent, accaparent tellement l’attention et divisent tellement l’opinion que le discours contre Largent, pour l’Égalité, est inaudible, car en avance d’une guerre ; la deuxième, c’est que la Cité sera une démocratie par la force des choses (pour la raison inverse qu’un système inégalitaire est oligarchique par nature), alors que l’immigration génère du communautarisme qui fausse le jeu démocratique et rendrait d’autant plus impossible de régler le problème ; la troisième, c’est que pour qu’il y ait une révolution en France, il faut qu’il y ait encore des Français pour la faire, de vrais Français, pas des Français de papier. D’où le slogan : pour faire la Révolution demain, il faut sauver la France aujourd’hui.

Le Civisme n’envisage pas l’existence de la Cité avant le règlement, d’une manière ou d’une autre, dans tous les cas douloureuse, du problème de l’immigration. Autrement dit, la Cité sera édifiée par des hommes libérés des problèmes qu’elle pose, en garde contre les dangers de l’humanisme béat, et au fait des Principes de l’ordre social. L’immigrationnisme sera mort. La Cité aura donc la volonté et les moyens d’empêcher l’immigration ou du moins de la maîtriser. Dans la mesure où il n’y aura plus de monnaie, où le droit d’accéder au marché sera attaché à un statut lui-même devant être reconnu par la Cité, où les entreprises n’auront plus d’intérêts financiers à faire appel à une main d’œuvre étrangère, où des immigrés illégaux n’auront eux-mêmes aucun intérêt à travailler pour elles, où l’emploi de clandestins sera même considéré comme de l’esclavagisme et puni comme tel sans pitié, il ne pourra y avoir d’immigration que légale, donc désirée, maîtrisée et encadrée. Sans oublier le fait que la Cité ne reconnaîtra plus le droit du sol, ni du sang d’ailleurs, puisque la nationalité ne s’obtiendra que sur des critères et par des devoirs, de sorte que les Citoyens nationaux, les authentiques Français, ne subiront plus l’injustice d’être mis sur un pied d’égalité avec les étrangers d’origine et de cœur et les « citoyens du monde » autoproclamés, et que, inversement, ils ne douteront plus du caractère français de quiconque aura la nationalité. Quel patriote, quel nationaliste ne rêverait d’un tel système ?

Maintenant, si le Civisme ne dit pas ce qu’il faut faire aujourd’hui face à l’immigration, il donne toutefois de nouveaux motifs de dénoncer l’immigrationnisme. Il explique pourquoi Largent, pourquoi le capitalisme, dans sa logique immanente, la met en œuvre. Patriotes et nationalistes savent déjà qu’elle est voulue d’abord par le patronat pour casser les luttes sociales et tirer les salaires vers le bas, ensuite par les gauchistes, pour des raisons idéologiques. Mais ils ne comprennent pas que le capitalisme, qui se sait au bord de la chute, espère échapper à son sort en paralysant voire en détruisant les peuples qui l’ont porté, enfanté, et qui, sans qu’ils le sachent eux-mêmes, sont à la veille de l’anéantir, ou en ont du moins le potentiel. L’immigration est, pour le capitalisme, un moyen d’étouffer la révolution dans l’œuf — en introduisant massivement des hommes venus d’ailleurs, ayant évidemment une autre mentalité, d’autres mœurs, d’autres conceptions, d’autres intérêts, d’autres désirs que les autochtones et qui sont donc une source de conflits et, pour le moins, une force d’inertie. Il en est de même de l’Europe, également voulue par le capitalisme, qui, elle, a pour fonction de détruire les pays et les peuples par le haut ou de l’extérieur. C’est donc au nom de la Révolution elle-même, au nom d’un anticapitalisme radical, que le Civisme s’oppose à l’immigration et prône la sortie de l’Europe.

Ainsi, le Civisme offre aux patriotes et aux nationalistes une doctrine cohérente de bout en bout, depuis son cœur jusqu’à sa périphérie. Parce qu’il est pour l’Égalité, l’Égalité véritable, la seule Égalité, l’Égalité des Citoyens en Devoirs et en Droits, il conçoit la Cité, la nation, la patrie, le peuple, un peuple souverain, à l’intérieur comme vis-à-vis de l’extérieur, d’où le triptyque : démocratie, indépendance, non-ingérence. Mais l’Égalité, c’est aussi être contre Largent, contre le système monétaire, contre le capitalisme, contre l’individualisme, le droit-de-l’hommisme, l’universalisme et le mondialisme, contre le sans-frontiérisme, contre l’européisme, contre l’immigrationnisme (Et on dit que les idéologies sont mortes !), bref contre tout ce qui détruit la nation. La Cité forgerait des Citoyens qui n’en auraient pas que le nom, qui rempliraient leurs devoirs comme ils connaîtraient et jouiraient de leurs droits ; qui tous participeraient, tous profiteraient ; qui seraient unis dans la joie comme dans la peine ; qui seraient frères parce que réellement égaux et collectivement maîtres de leur destin ; qui auraient l’esprit de corps : ils seraient conscients de former un tout et fiers de lui appartenir et auraient à cœur de le défendre. Le Civisme rompt avec le patriotisme et le nationalisme actuels parce qu’il est le patriotisme, ou le nationalisme, intégral. Il ne compose pas, comme eux, avec Largent et les préjugés monétaires ; il ne se laisse pas impressionné par les leurres capitalistes ; il conduit à l’harmonie sociale parce qu’il a pour seule boussole les Principes de l’ordre social.

L’Égalité des Citoyens en Devoirs et en Droits (dont celui de profiter des bienfaits de leur Cité) est non seulement la seule égalité possible mais cette égalité est indispensable entre des individus pour qu’ils forment Société. Et l’obstacle à l’Égalité, c’est Largent. Qui ne se bat pas pour l’Égalité, bien comprise, défend Largent en dernière analyse… et est donc un ennemi du peuple, de la nation, de la patrie. Les causes de l’Égalité et de la patrie sont une, comme celles de Largent et du capitalisme. Ceux qui veulent servir la patrie sans aspirer à l’Égalité ou, ce qui est la même chose, combattre le capitalisme sans dénoncer Largent veulent — ou plutôt ignorent qu’ils veulent — tout et son contraire, la cause sans ses conséquences. Ceux-là ne sont sans doute pas les pires ennemis de la patrie, mais ils n’en sont pas non plus les meilleurs amis. Allant d’instinct dans le bon sens mais faisant le chemin à moitié, ils permettent malgré tout d’avancer contre le mondialisme, contre les manifestations spectaculaires du capitalisme, mais ce n’est pas eux qui finiront le travail, contre Largent, contre l’inégalité, contre l’oppression, contre l’exploitation... et peut-être même seront-ils, le moment venu, les valets des nouveaux tyrans et les proscripteurs des patriotes conséquents, c’est-à-dire des véritables amis du peuple français.

 

Largent est un Tyran !
L’Égalité ou la Mort !

Vive le Civisme !
Vive la France !

Philippe Landeux
25 septembre 2016

00:42 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

mardi, 04 octobre 2016

PENSEE DU JOUR : MONNAIE ET DEMOCRATIE

Il n'y a pas différentes monnaies. Toute monnaie est l'expression de Largent, c'est-à-dire de la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger, laquelle croyance vient du troc et perpétue le schéma de ce mode d'échange individualiste, matérialiste et antisocial. Quelle que soit la forme de la monnaie, elle n'est qu'un vecteur de cette croyance. Quand elle n'a pas de forme, quand la monnaie est virtuelle, elle est la manifestation de cette croyance à l'état pur. Largent n'a pas besoin de support matériel. Les monnaies matérielles n'ont jamais été qu'un prétexte. Mais ce qu'il faut surtout comprendre, c'est que cette croyance qui amène à focaliser sur les choses et leur soi-disant valeur, qui oblige les individus à disposer de monnaie pour accéder au marché, est une négation de la citoyenneté et un poison social. Quand un citoyen n'a de droits que s'il dispose de monnaie, et en proportion de la monnaie dont il dispose, c'est que les droits sont incarnés par la monnaie, et qu'il n'en n'a donc lui-même aucun par nature ; c'est que la citoyenneté ne confère aucun droit par elle-même et est donc un mot vide de sens ; c'est que la société ne joue pas son rôle de reconnaître et de garantir les droits de ses citoyens. Allez donc faire une démocratie sans citoyens, sans société digne de ce nom !!!! Si on ajoute qu'un système monétaire est, de par la nature et le fonctionnement de la monnaie, nécessairement inégalitaire, donc oligarchique voire ploutocratique, il devient encore plus évident que discuter de démocratie avant d'envisager de sortir du système monétaire consiste à parler pour ne rien dire. Quel genre de démocratie pourraient bien instaurer des gens qui ne conçoivent pas les droits du citoyen, qui n'ont pas conscience d'être les esclaves de Largent ?

PENSEE DU JOUR : MONNAIE ET CITOYENNETE

Si on appelle "démocratie" un système politique qui n'en est pas une, on anéantit la capacité de concevoir une alternative véritablement démocratique puisque la plupart des gens croient qu'ils sont en démocratie et qu'on rétorquera aux autres, à ceux qui réclameront une démocratie, qu'ils l'ont déjà. Parler de citoyenneté dans le système monétaire, c'est exactement la même chose, le même procédé. Il n'y a pas de citoyens dans un système monétaire ; il n'y a que des individus qui n'ont de droits que s'ils ont de la monnaie et en proportion de la monnaie qu'ils ont. La citoyenneté ne confère en soi aucun droit, ou quasiment aucun, puisque la plupart passe par la monnaie. Dans un système monétaire, la citoyenneté est un mot vide de sens. C'est donc perpétuer un mensonge, une imposture, que de discuter sérieusement de citoyenneté et de système monétaire, c'est-à-dire de faire comme si la première existait alors même que l'on n'envisage pas de sortir du second.

13:02 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG, 7.1. PENSEES DU JOUR | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 16 septembre 2016

VIVE L'EUROPE - AOUT 2016 (vidéo)

Cet été 2016, par une chaleur accablante, Daniel Conversano m'a reçu dans son émission "Vive l'Europe" pour exposer les bases du Civisme. Un moment convivial. Merci à lui.

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12:10 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

lundi, 05 septembre 2016

ROBESPIERRE & L’ÉCONOMIE

Un ami m’a demandé mon avis sur un passage surprenant de la récente biographie de Robespierre de Cécile Obligi, « Robespierre, la probité révoltante », que je n’ai personnellement pas lu. Il y est question de ses positions en matière économique, qu’il a surtout exposées dans un discours du 2 décembre 1792 à propos des subsistances.

Voici tout d’abord le passage en question :

« Sur cette question des subsistances, la position de Robespierre n’est pas limpide ; il ne semble pas avoir une théorie construite, mais un certain nombre d’idées, en partie inspirées du XVIIIème siècle libéral, en partie forgées au cours de la Révolution. Héritier des principes libéraux du XVIIIème siècle, il est, comme l’écrasante majorité des députés de la Convention, très attaché aux libertés économiques et répugne à préconiser la contrainte dans ce domaine. Les accusations portées par ses ennemis de vouloir imposer quoi que ce soit en la matière relèvent de la simple calomnie. […] On sent Robespierre tiraillé, incapable de renoncer au libéralisme économique, mais sincèrement choqué par ses conséquences. » (p. 95)  

Avant de donner mon opinion, et pour la comprendre, je dois d’abord préciser « d’où je parle ». Je suis l’auteur d’une théorie appelée « le Civisme » expliquant comment une Société peut et doit fonctionner sans monnaie, sans unité de valeur marchande. Cette théorie part du Principe que des Citoyens doivent être égaux en devoirs et en droits. Les Citoyens ont des droits, dont celui d’accéder librement au marché, parce qu’ils sont Citoyens ; et ils sont Citoyens, parce qu’ils participent à la vie de la Cité, selon ce qu’elle considère comme une participation. Dans la Cité, c’est donc la Citoyenneté (qui se mérite en permanence) qui confère aux Citoyens, à tous les Citoyens, le droit d’accéder librement au marché, droit d’accès qui passe aujourd’hui par la monnaie, porteuse de limites et vectrice d’inégalités. Pour que les Citoyens puissent faire valoir leur Citoyenneté auprès des commerçants (et retirer du marcher ce qu’ils désirent), il suffit qu’ils soient dotés par la Cité d’un moyen de l’attester, par exemple, une carte à puce. Dès lors, il n’y a plus de monnaie, les choses n’ont plus de prix, plus de valeur marchande ; ce que le Civisme appelle « Largent », c’est-à-dire, au sens strict, la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger, est anéanti, supplanté par l’Égalité. Tels sont, selon moi, les Principes de l’ordre social et la façon de les appliquer.

Cette théorie suppose deux conditions : l’industrialisation, donc la capacité de produire en masse et de répondre à une Demande importante ; et l’informatisation, soit la capacité de faire facilement ce à quoi une administration même monstrueuse ne parviendrait pas. Sans ces deux conditions, réunies aujourd’hui, cette théorie de la Cité est inapplicable et, partant, impensable. Et c’est l’impossibilité, pour Robespierre, d’aller aussi loin, qui explique, à mon sens, ses limites et ses contradictions. Il voulait de toutes ses forces l’Égalité, mais dans le cadre d’un système monétaire qui ne la permet pas (ce dont il eut l’intuition : « Quand leur intérêt [celui des riches et du gouvernement] sera-t-il confondu avec celui du peuple ? Jamais. » notes, juin 1793), un système qu’il ne pouvait ni contester ni analyser correctement, encore moins renverser, et auquel il fut donc obligé d’adapter sa pensée. Il visait un absolu, tout en validant, sans même y penser, la monnaie qui incarne l’exact opposé (matérialisme, individualisme, inégalité, oligarchie), et en faisant, sans s’en rendre compte, des concessions à Largent. Il refusait instinctivement la logique monétaire (capitaliste) sans pouvoir aller au bout de la logique sociale (d’où son adhésion à la théorie aussi fameuse que fumeuse du « droit naturel », qu’il compensait toutefois par un bon sens qui manque à beaucoup aujourd’hui). Il ne sacrifiait pas délibérément, comme beaucoup d’autres, les Principes à Largent, mais il les dénaturait inconsciemment à cause de lui. Ainsi, il parlait d’Égalité, mais cherchait surtout à limiter la casse et ne prônait, au final, que moins d’inégalités, via des impôts progressifs, des aides, un contrôle des prix, etc. Son mérite est d’avoir cédé le moins possible à Largent et soutenu les Principes au-delà du raisonnable dans le contexte qui était le sien, d’où le côté à la fois sublime et utopique de son discours. Il était au-dessus de son temps. Ceux qui tiennent encore le même discours que lui aujourd’hui sont en dessous du leur ; ceux qui l’accablent ne lui arrivent pas à la cheville.

A la lueur de ces explications, la position de Robespierre sur l’économie en général et les subsistances en particulier devient claire, et l’interprétation qu’en livre Cécile Obligi apparaît aussi creuse qu’erronée.

Tout d’abord, quelle était sa position ? Elle tient dans le paragraphe suivant (discours sur les subsistances, 2 décembre 1792) :

« Quel est le premier objet de la société ? c’est de maintenir les droits imprescriptibles de l’homme. Quel est le premier de ces droits ? Celui d’exister. La première loi sociale est donc celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d’exister ; toutes les autres sont subordonnées à celle-là. [...] Les aliments nécessaires à l’homme sont aussi sacrés que la vie elle-même. Tout ce qui est indispensable pour la conserver est une propriété commune à la société entière. Il n’y a que l’excédent qui soit une propriété individuelle, et qui soit abandonné à l’industrie des commerçants. Toute spéculation mercantile que je fais aux dépens de la vie de mon semblable n’est point un trafic, c’est un brigandage et un fratricide. [Le négociant peut bien garder, dans ses magasins, les marchandises que le luxe et la vanité convoitent jusqu’à ce qu’il trouve le moment de les vendre au plus haut prix possible ; mais nul homme n’a le droit d’entasser des monceaux de bled, à côté de son semblable qui meurt de faim.] »

Il n’est pas inutile de signaler ici sa conception de la propriété, exposée dans les articles 6 à 9 de sa Déclaration des droits :

« La propriété est le droit qu’a chaque citoyen de jouir et de disposer à son gré de la portion de bien qui lui est garantie par la loi. — Le droit de propriété est borné comme tous les autres par l’obligation de respecter les droits d’autrui. — Il ne peut préjudicier ni à la sûreté, ni à la liberté, ni à l’existence, ni à la propriété de nos semblables. — Tout trafic qui viole ce principe est essentiellement illicite et immoral. » (21 avril 1793)

Les trois articles suivants, 10 à 12, sont également intéressants pour notre sujet :

« La société est obligée de pourvoir à la subsistance de tous ses membres, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler. — Les secours indispensables à celui qui manque du nécessaire, sont une dette de celui qui possède le superflu. Il appartient à la loi de déterminer la manière dont cette dette doit être acquittée. — Les citoyens, dont les revenus n’excèdent point ce qui est nécessaire à leur subsistance, sont dispensés de contribuer aux dépenses publiques ; les autres doivent les supporter progressivement selon l’étendue de leur fortune. »

D’après lui, les vices des théories économiques, dites « libérales », reposaient sur deux erreurs (discours sur les subsistances, 2 décembre 1792) :

« 1° Les auteurs de la théorie n’ont considéré les denrées les plus nécessaires à la vie que comme une marchandise ordinaire, et n’ont mis aucune différence entre le commerce du bled, par exemple, et celui de l’indigo ; ils ont plus disserté sur le commerce des grains que sur la subsistance du peuple ; et faute d’avoir fait entrer cette donnée dans leurs calculs, ils ont fait une fausse application des principes évidents en général ; c’est ce mélange de vrai et de faux qui a donné quelque chose de spécieux à un système erroné.

» 2° Ils l’ont bien moins encore adapté aux circonstances orageuses que les révolutions amènent ; et leur vague théorie fût-elle bonne dans les temps ordinaires, ne trouverait aucune application aux mesures instantanées que les moments de crise peuvent exiger de nous. Ils ont compté pour beaucoup les profits des négociants ou des propriétaires, et la vie des hommes à peu près pour rien. Eh pourquoi ! c’étaient des grands, les ministres, les riches qui écrivaient, qui gouvernaient ; si ç’eût été le peuple, il est probable que ce système aurait reçu quelques modifications ! » (Discours sur les subsistances)

Il reconnaissait le droit de propriété et se déclarait favorable à la liberté du commerce, plus exactement à la libre CIRCULATION des marchandises. Ce n’était pas un communiste, un collectiviste et ne le serait pas devenu (« L’égalité des biens est essentiellement impossible dans la société civile ; elle suppose nécessairement la communauté qui est encore plus visiblement chimérique parmi nous, comme s’il était un seul homme doué de quelque industrie dont l’intérêt personnel ne fût pas contrarié par ce projet extravagant. » 7 juin 1792). Mais il n’était pas non plus un « libéral », c’est-à-dire un partisan de la Propriété sacrée et de la liberté illimitée du commerce que les riches invoquaient pour ACCAPARER, pour spéculer et s’enrichir en affamant le peuple sans que l’État n’intervienne, sauf pour mâter les révoltes.

« Comment donc a-t-on pu prétendre que toute espèce de gêne, ou plutôt que toute règle sur la vente du bled était une atteinte à la propriété, et déguiser ce système barbare sous le nom spécieux de la liberté du commerce ? […] Que la circulation dans toute l’étendue de la république soit protégée ; mais que l’on prenne les précautions nécessaires pour que la circulation ait lieu. C’est précisément du défaut de circulation que je me plains. Car le fléau du peuple, la source de la disette, ce sont les obstacles mis à la circulation, sous le prétexte de la rendre illimitée. La subsistance publique circule-t-elle lorsque des spéculateurs avides la retiennent entassée dans leurs greniers ? Circule-t-elle lorsqu’elle est accumulée dans les mains d’un petit nombre de millionnaires qui l’enlèvent au commerce pour la rendre plus précieuse et plus rare ; qui calculent froidement combien de familles doivent périr avant que la denrée ait atteint le temps fixé par leur atroce avarice ? […] Je vous dénonce les assassins du peuple, et vous répondez : laissez les faire. Dans ce système, tout est contre la société ; tout est en faveur des marchands de grains. [...] Tel est le degré de perfection auquel cette théorie a été portée, qu’il est presque établi que les accapareurs sont impeccables ; que les monopoleurs sont les bienfaits de l’humanité ; que, dans les querelles qui s’élèvent entre eux et le peuple, c’est le peuple qui a toujours tort. » (Discours sur les subsistances)

Robespierre était donc pour la libre circulation des marchandises, au vrai sens du terme, et non à la façon de « libéraux » pour qui la « liberté » n’était qu’un attrape-nigaud. En conséquence, il proposait : 1) « de prendre les précautions nécessaires pour constater la quantité de grain qu’a produite chaque contrée, et celle que chaque propriétaire ou cultivateur a récoltée. » 2), de « forcer les marchands de grains à les vendre au marché, et à défendre tout transport des achats durant la nuit ».

On était en décembre 1792. Le peuple était agité par la pénurie alimentaire. Il réclamait la taxation des denrées de première nécessité et des mesures contre l’accaparement. Le 19 novembre, Roland, ministre de l’Intérieur, avait déclaré : « La seule chose peut-être que l’Assemblée puisse se permettre sur les subsistances, c’est de proclamer qu’elle ne doit rien faire ». Robespierre, lui, demandait des mesures pour obliger les producteurs à alimenter les marchés (chose pratiquée sous l’ancien régime), autrement dit des mesures contre l’accaparement. En 1793, il soutint la taxation.

 

Mon analyse est que Robespierre abordait la question des subsistances, de l’économie en général et, en fait, tous les sujets d’un point de vue politique. « Tout est politique. » Par « politique », je ne parle pas de politique politicienne, mais des Principes de l’ordre social qui doivent régir la cité (polis). Il posait le Principe, ou ce qu’il considérait comme tel, et en tirait les conséquences pratiques.   

« Qu’il [le peuple] juge entre nous et nos ennemis, qu’il juge entre l’humanité et ses oppresseurs. Tantôt ils feignent de croire que nous n’agitons que des questions abstraites, que de vains systèmes politiques ; comme si les premiers principes de la morale, et les plus chers intérêts des peuples n’étaient que des chimères absurdes et de frivoles sujets de dispute. » (Le Défenseur de la Constitution, n° 4, 7 juin 1792)

« Quel est le but de la constitution ? C’est le bonheur des hommes, et par conséquent la conservation de leurs droits, de leur sûreté, de leur liberté, de leur propriété ; il faut donc avant d’instituer un gouvernement, bien déterminer et la nature et l’étendue des droits, dont la conservation est l’objet du gouvernement ; proposer de commencer par le gouvernement, c’est ne rien proposer, ou proposer la conséquence avant le principe. [...] Remarquez bien, citoyens, que le seul moyen de faire bien et même de faire vite cette constitution, c’est d’en établir d’abord les bases ; car, s’il n’est pas de principes posés, comment voulez-vous qu’on s’accorde sur les conséquences ? » (Convention, 15 avril 1793)

Sa démarche était à l’évidence la meilleur qui soit. Tout le problème est que, pour les raisons que j’ai expliquées, les Principes de Robespierre étaient soit faux, quoique ceux d’un homme honnête et généreux, soit corrects, et dès lors contraires à la force des choses du système monétaire. Le système monétaire est un Monopoly grandeur nature. Largent y règne. Soit on l’accepte totalement, soit on en sort radicalement (Cf. le Civisme). Entre le deux, on ne peut que bricoler, c’est-à-dire recourir à des astuces pour s’opposer à Largent, jusqu’à ce qu’il reprenne le dessus. (Chassez le naturel, il revient au galop.) C’est ce que fit Robespierre qui ne pouvait pas faire autre chose en son temps. N’étant pas démagogue, il admettait que de larges pans de l’économie soient abandonnés à Largent, système monétaire oblige ! ; mais, en tant qu’humaniste, il voulait que les besoins vitaux des hommes, de ses semblables, de ses concitoyens, soient assurés, que certains produits échappent donc à son emprise. Noble pensée ! Vœu pieux ! Comme le dit Saint-Just : « Ce qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tomber ».

Robespierre a vu les erreurs des autres ; je vais indiquer les siennes. Il part du principe que la société a pour but de garantir le droit d’exister, c’est-à-dire de ne pas mourir de faim. Non ! Elle a pour but de garantir à tous ses citoyens la jouissance de tous les bienfaits dont elle est susceptible grâce à eux, grâce aux devoirs qu’ils remplissent envers elle. Le but de la société ainsi défini est bien plus large que le « droit à l’existence » ; il embrasse tout ; il est la logique sociale absolue. A côté, le « droit à l’existence » est ridicule ; il se veut social mais se place aussitôt sur le plan humain, comme pour en imposer ; il réduit le citoyen à un individu (logique monétaire), et ses droits à quelques besoins. On dirait la supplique d’un vaincu ! C’est en soi une capitulation face à Largent ! Une révolution sur de telles bases est perdue d’avance. Robespierre a d’ailleurs senti très vite que ses efforts seraient vains et qu’il laisserait sa vie dans l’aventure.

La deuxième erreur, la distinction entre les biens, découle de la première. Robespierre déclare que tout ce qui est indispensable pour conserver la vie est une propriété commune à la société entière et que seul l’excédent est une propriété individuelle abandonnée à l’industrie des commerçants. Or tous les fruits des devoirs des citoyens, donc tous les produits, font partie du produit commun et des bienfaits de la cité auxquels tous les citoyens ont droit, auxquels la citoyenneté donne à tous le droit d’accéder. Pourquoi établir une distinction entre les produits, dont les uns, généralement produits par des pauvres, ne seraient généralement accessibles qu’aux riches, sinon parce que l’on ne conçoit pas un ordre des choses autre que monétaire dans lequel il y a en effet des riches et des pauvres qui, par la monnaie, ont un inégal droit d’accès au marché ? Là encore, Robespierre se soumettait à Largent en croyant s’y opposer ; il pensait contrarier le système monétaire à la marge mais le validait globalement, inconsciemment… comme tout le monde.

Qu’en dit Cécile Obligi ? Reprenons point par point.

« Sur cette question des subsistances, la position de Robespierre n’est pas limpide ; il ne semble pas avoir une théorie construite, mais un certain nombre d’idées, en partie inspirées du XVIIIème siècle libéral, en partie forgées au cours de la Révolution. »

Si ! la position de Robespierre est limpide : il était le « cul entre deux chaises ». D’un côté Largent, auquel il ne pouvait pas échapper ; de l’autre l’Égalité, qu’il ne pouvait atteindre et réclamait néanmoins a minima. Il ne pouvait rien proposer de mieux dans le cadre du système monétaire. Moins, il se serait rallié entièrement à Largent et aurait été un capitalo-libéral ; plus, il serait tombé dans des conceptions chimériques — séduisantes de prime abord, tyranniques et désastreuses au final — et se serait éloigné encore de l’Égalité, sous prétexte de s’en rapprocher. Et il avait conscience de ces deux écueils, contrairement à beaucoup qui sautent à pieds joints dans l’un ou l’autre et donnent malgré tout des leçons. Il serait d’ailleurs intéressant de connaître les idées économiques et politiques de Cécile Obligi.

« Héritier des principes libéraux du XVIIIème siècle, il est, comme l’écrasante majorité des députés de la Convention, très attaché aux libertés économiques et répugne à préconiser la contrainte dans ce domaine. »

Pas du tout ! Robespierre savait qu’une coercition générale est vaine, impossible sinon désastreuse, et que la règle du jeu normale, dans un système monétaire, est la course au profit. Il le déplorait, mais il ne cherchait pas à empêcher ce qui ne pouvait l’être. Cette résignation était loin de faire de lui un partisan du libéralisme, c’est-à-dire du capitalo-libéralisme en réalité, c’est-à-dire de Largent roi, comme l’étaient en effet la plupart de ses collègues. D’autant plus que, par une incohérence dictée par son humanisme, il voulait malgré tout forcer les choses pour assurer à ses semblables la satisfaction de leurs besoins fondamentaux, compromise par ce système. Le cœur prenait alors, chez lui, le pas sur la raison. Et une fois son parti pris, une fois le juste établi à ses yeux, il le soutenait avec passion, fut-ce seul contre tous. Aucune trace de réticence dans les combats qu’il décidait d’engager après mûre réflexion. Le drame est qu’il ait voulu le bien commun dans un monde monétaire, intrinsèquement individualiste et inégalitaire, et à une époque où Largent, ne pouvant être anéanti, accédait même au trône. La résistance, aussi légitime qu’elle ait été, ne pouvait être que morale, symbolique, désespérée, incohérente, farouche parfois, et vouée à l’échec. Quoi qu’il en soit, il y avait entre le libéralisme de Robespierre et celui des « libéraux » autant de ressemblance qu’entre la nuit et le jour.

« Les accusations portées par ses ennemis de vouloir imposer quoi que ce soit en la matière relèvent de la simple calomnie. »

Robespierre ne voulait pas tout réglementer, mais il était pour un minimum de réglementation, afin de contrer les effets les plus cruels de Largent. (Modération qui suffisait aux « libéraux » pour ne pas le reconnaître comme un des leurs, preuve supplémentaire qu’il n’en était pas un.) Certes !, aucune digue ne peut contenir Largent qui, tel un fleuve en furie, renverse tous les obstacles dressés contre lui. Mais que les hommes cherchent à s’en protéger (ou à protéger leurs semblables), par des moyens nécessairement dérisoires, est légitime à défaut d’être efficace. Et un homme qui se dresse avec passion contre le torrent des injustices est bien plus courageux, bien plus généreux, bien plus admirable que ceux qui se laissent emporter par le courant ou ceux auxquels Largent tient lieu de raison. Car, s’il est dans l’ordre des choses que le système monétaire soit régi par les lois de Largent, si le capitalo-libéralisme est le régime économique le plus naturel sous Largent, se soumettre à Largent n’est pas pour autant un signe d’intelligence ; cela relève plus de l’égoïsme, de la lâcheté, de l’inhumanité et de l’inconséquence. Car c’est oublier que Largent a sa logique propre, qu’il ne sert que lui-même et qu’il pousse le monde à la ruine, ce dont personne ne profitera au final. Viendra un moment où les hommes auront à choisir entre eux et lui, et où ils ne pourront se sauver qu’en formant Société, en retrouvant le sens de l’Égalité. Les « capitalistes » ne seront alors d’aucun secours. Un Robespierre aura bien plus de choses à nous apprendre. S’il a prit trop tôt le parti des hommes et des Principes, c’est-à-dire en un temps où il ne pouvait rien pour eux face à Largent, s’il a fait ce qu’un homme devait néanmoins faire, il encourt bien sûr des critiques mais ne mérite aucune « accusation ». Qui sont donc, pour « accuser », les hommes au cœur de pierre ? Qui est le monstre : celui qui veut empêcher Largent (les riches) de dévorer ses concitoyens ou celui qui laisse faire, parce qu’il veut lui aussi sa livre de chair, et ne rougit pas de peindre le premier comme un criminel ? Les accusations en disent souvent plus sur les accusateurs ! Robespierre peut s’honorer de celle-là. Et il est bien maladroit de la part de Cécile Obligi de présenter comme une calomnie ce qui est la pure vérité. Robespierre n’avait pas de théorie figée ; il était pragmatique et modéré (il rejetait les excès en toute chose) ; mais il désirait bien que la loi et la puissance publique interviennent. S’il s’interrogeait sur la façon, il n’était pas contre le principe. Le reconnaître n’est pas l’accabler ; le nier n’est pas le défendre.

« On sent Robespierre tiraillé, incapable de renoncer au libéralisme économique, mais sincèrement choqué par ses conséquences. »

Oui, Robespierre était tiraillé, il ne savait pas sur quel pied danser. Mais ce n’est pas au « libéralisme économique » qu’il ne voulait pas renoncer : c’est au système monétaire qu’il ne pouvait pas échapper, de sorte qu’il jonglait avec les lois de Largent, d’un côté, et les Principes de l’ordre social, de l’autre. S’il avait fait abstraction des premières, il aurait été un insensé ; s’il avait méprisé les seconds, il aurait été un sophiste.

« Toute institution qui tend à augmenter l’inégalité des fortunes est mauvaise et contraire au bonheur social. Je sais bien qu’il est impossible d’établir une égalité parfaite dans les portions et que mille causes différentes doivent nécessairement la déranger plus ou moins, mais je dis que le but des lois doit être de la maintenir autant que la nature des choses le permet, et qu’elles violent tous les principes de la raison lorsqu’elles s’efforcent elles-mêmes de la troubler. L’égalité est la source de tous les biens : l’extrême inégalité est la source de tous les maux. » (Sur l’inégalité dans les successions, 5 avril 1792)

« Nous voulons l’égalité des droits parce que sans elle, il n’est ni liberté, ni bonheur social. Quant à la fortune, dès qu’une fois la société a rempli l’obligation d’assurer à ses membres le nécessaire et la subsistance, par le travail, ce ne sont pas les citoyens que l’opulence n’a pas déjà corrompus, ce ne sont pas les amis de la liberté qui la désirent. » (Le Défenseur de la Constitution, 7 juin 1792)

Comment qualifier Robespierre ? Ce n’était assurément pas un libéral, du moins à la façon des capitalo-libéraux. Ce n’était pas non plus un communiste avant l’heure, ni un précurseur du communisme, puisqu’il sentait les dangers du collectivisme. Il aspirait simplement à la démocratie véritable (des lois faites avec le concourt du peuple et approuvées par lui) et à ce que nous appelons « l’état providence » : c’était un patriote, un « socialiste » au sens historique du terme, et non un de ces adeptes de ce que le socialisme est devenu. Robespierre se serait-il reconnu dans le socialisme actuel ? Je ne crois pas. Je pense que ses principes et l’expérience l’auraient conduit au Civisme, soit à l’imaginer, soit à le rallier ; qu’il serait pour le moins resté sur une ligne sociale et nationale. Mais ce n’est toutefois pas par hasard si le socialisme a dérivé jusqu’à n’être plus qu’une caution du capitalisme. Nous avons vu, avec l’exemple de Robespierre, que le « socialisme » des origines s’opposait au capitalisme sans remettre en cause le système monétaire, la monnaie et Largent ; qu’il était donc lui-même intrinsèquement capitaliste. Il est vrai qu’il n’y avait pas alors moyen de faire autrement puisqu’il n’y avait pas la possibilité technique de dépasser la monnaie et d’anéantir Largent. Il fallait faire avec bon gré mal gré. Mais entre le social au rabais et Largent tout puissant, c’est toujours Largent qui l’emporte. Arriva donc un moment où le « parti socialiste », représentant officiel du socialisme, fut dans l’impasse et muta pour survivre. Il se convertit alors au capitalisme mais en mettant l’accent sur l’humain pour conserver une image de « gauche », c’est-à-dire en sacrifiant le citoyen à la logique individualiste typiquement capitaliste. C’est ainsi que, d’une ligne traditionnellement patriotique et sociale, le parti socialiste, et plus largement « la gauche », a basculé dans le sociétal et l’antinational (droits-de-l’hommisme, féminisme, jeunisme, modernisme, festivisme, sans-frontiérisme, antiracisme, immigrationnisme, multiculturalisme, européisme, etc.), apportant au mondialisme de droite le renfort d’un universalisme frelaté soi-disant de « gauche ». Elle a adopté avec avidité tout ce qui fait le malheur du peuple et le bonheur du patronat.

Toute la question est de savoir si Robespierre aurait lui aussi pris ce tournant. Jamais ! Les notions de nation, peuple, patrie, démocratie, République, égalité et liberté étaient trop intimement liées dans son esprit pour qu’il renonce à une seule sans voir qu’il les trahissait toutes, sans comprendre qu’il se reniait lui-même et devenait à son tour un ennemi du peuple. « Peuple, souviens-toi que si, dans la République, la justice ne règne pas avec un empire absolu, et si ce mot ne signifie pas l’amour de l’égalité et de la patrie, la liberté n’est qu’un vain nom », avait-il lancé du haut de la tribune de la Convention, le 8 thermidor an II (26 juillet 1794), dans son ultime discours. Renoncer à défendre le peuple et la France, rejoindre le parti de l’Étranger et du capital, Robespierre a dit et prouvé que la mort lui serait plus douce qu’une telle apostasie.

19:38 Écrit par Philippe Landeux dans - REVOLUTION 1789-1794, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

lundi, 20 juin 2016

LE CIVISME – LA RÉVOLUTION DU XXIe SIÈCLE (vidéo)

Petite présentation du Civisme en vidéo...

Le Civisme - révolution du 21e siècle.jpg

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10:19 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

dimanche, 19 juin 2016

PHILIPPE LANDEUX sur RADIO ICI & MAINTENANT - 6 déc. 2016 (vidéo)

Après 4 années, je me permets publier la vidéo, ou plus exactement la bande son, de mon passage de près de 5 heures à Radio ICI & MAINTENANT le 6 décembre 2012, au cours duquel il a été question uniquement du Civisme ou de la Cité, c'est-à-dire de mon projet de Société sans argent.

Présentation 2.jpg

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17:21 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |