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mardi, 11 octobre 2011

ARTICLE SUR LE CIVISME publié par Riposte Laïque

Article de Jacques Philarcheïn publié sur Riposte Laïque, 10 oct. 2011

Cet article mémorable car le premier sur le sujet contient néanmoins des incorrections que je vais signaler et rectifier.

La philosophie de Philippe Landeux face à la détresse occidentale : « Largent » et la « Triplice »

Il n’est jamais inutile de faire dialoguer des gens qui aiment philosopher. J’ai quelque prétention en la matière, et notre ami Philippe Landeux aussi. Évidemment, ni Philippe ni moi-même ne sommes de ces intellos médiatiques qui ressassent à longueur de journées que tout va pour le mieux dans le meilleur des bobolands possible…

Philippe a commis récemment trois délicieux ouvrages, dont le plus fourni, intitulé Le civisme ou théorie de la Cité (société sans argent), m’a pas mal réveillé de mon sommeil monétariste. Assez porté à l’analyse systémique du mondialisme (la Triplice de l’horreur), je l’étais en revanche beaucoup moins à imaginer la possibilité d’un nouveau système. Mon analyse restait factuelle, elle n’était pas prospective. Tout au plus, dans une sorte de parti-pris marxo-keynésien, j’appelais de mes vœux un capitalisme régulé par un État-stratège (ce qui, soit dit en passant, sera sans doute une phase indispensable dans le processus de réveil de l’Occident). Mais avec Philippe Landeux, nous avons un vrai penseur révolutionnaire, doublé d’un philosophe constitutionnaliste, une sorte de Jean-Jacques Rousseau du XXI° siècle, un penseur du contrat social, mais avec, en plus, cette proposition d’un anéantissement du panmonétarisme (que Philippe appelle « Largent » : la croyance universelle selon laquelle il est impossible d’échanger sans monnaie [Non ! Largent, c'est la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger. Cette croyance nait du troc et est donc déjà présente sous le troc. Réduire Largent à la monnaie est précisément l'erreur à ne pas commettre.]). Philippe Landeux, c’est le meilleur du vrai Rousseau (je ne parle pas de l’affreuse vulgate rousseauiste livrée par les pédagogistes des prétendues sciences de l’éducation), qu’il cite souvent, qu’il admire souvent aussi, qu’il dépasse et critique fréquemment malgré tout. Je le dis sans flagornerie, les essais de Philippe Landeux sont ce que j’ai lu de meilleur dans la littérature révolutionnaire d’aujourd’hui, une sorte de tour de force, plus marxien que les marxistes, plus libéral que les libéraux, plus égalitaire que les égalitaristes, plus Lumières que le siècle des Lumières, le tout unifié dans une sorte de patriotisme intransigeant, réhabilitant définitivement la notion de frontière et de nation, et condamnant sans réserve l’immigration de masse comme phénomène contre-révolutionnaire (voir aussi : L'immigration auto-alimentée).

La philosophie républicaine et civique de Philippe Landeux est donc un panpatriotisme ou patriotisme universaliste, libéral et égalitaire, ce qui n’est pas sans paradoxes. C’est du libéralisme sans capitalisme.

Un peu comme Emmanuel Kant, autre grand successeur de Rousseau, Philippe Landeux se réclame [?] d’un idéal d’humanité unifiée dans la paix universelle, mais il avertit, comme Kant, que la paix universelle ne saurait de toute manière passer par des instances supra-nationales despotiques formant un État-global : en clair, l’absence de patriotisme, le pacifisme bêlant, l’antimilitarisme primaire, l’abolition des frontières sous une « gouvernance » mondiale mafieuse, l’immigrationnisme et la xénophilie décomplexée, tout cela ruine jusqu’à l’idée même d’une paix universelle du genre humain.

Par ailleurs, Philippe reconnait la liberté d’entreprendre et les mérites des vrais créateurs d’entreprises. Son système est donc libéral. [Plus exactement, les Citoyens ont la liberté de consommer, donc de créer et d'équiper des entreprises, de sorte que le tout est un système libéral.] Mais il est aussi égalitaire, en ce sens que l’abolition de la monnaie, l’anéantissement de l’idéologie panmonétariste (Largent) permet une société où les hiérarchies d’argent n’existent plus, une sorte de vaste classe moyenne [autrement dit les Citoyens], soucieuse de préserver l’intérêt collectif plutôt que de se regarder le nombril, tant la révolution matérielle entraîne aussi celle des mentalités, et la rupture, notamment, avec l’individualisme libéral-capitaliste. Ce qui n’empêche pourtant pas cette Cité, à la fois idéale et réalisable je le maintiens, de se lancer dans l’import-export avec les autres pays, monétaires ceux-là, en [exportant et en] stockant des devises étrangères dans des banques nationales, ces devises étrangères n’autorisant, par définition, que le commerce avec l’étranger.

Philippe Landeux affuble d’un nom étrange, une sorte de prénom loufoque tiré d’un nom commun, Largent, ce que j’appellerais volontiers, en ce qui me concerne, le panmonétarisme, en d’autres terme la croyance dans le caractère indispensable de la monnaie pour échanger. [Encore une fois, Largent n'est pas le besoin de monnaie mais la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger. Le terme "panmonétarisme" est donc impropre en plus d'être affreux.] Largent, c’est ce fameux personnage mis en accusation dans Le réquisitoire contre Largent : en réalité une idéologie aussi universelle que fausse, selon laquelle on ne peut se passer de monnaie pour réaliser des achats et des ventes. « Largent, c’est la croyance que la notion de valeur (marchande) est nécessaire pour échanger », ce principe revient systématiquement dans l’œuvre de Philippe. On pourrait dire que Largent, c’est une idéologie et même une « idéopraxie » globale, la plus mondialisée de toutes les croyances, et de toutes les pratiques. Ne croyez pas pour autant que Philippe propose de revenir au troc, car le troc c’est déjà Largent à l’état infantile. Si j’échange deux pirogues contre une hutte, que je viens de construire pour un client, ces deux pirogues deviennent bien une « monnaie » [non, dans ce cas, elles ne sont qu'un étalon de la valeur. Il n'y a de monnaie d'échange, à ne pas confondre avec  la notion d'objet d'échange, que dans un échange trianglaire ou indirect.], dont je me sers alors pour acheter un âne ou plusieurs paniers de légumes. Ni le troc ni la monnaie ne sont de bons systèmes, ils renvoient tous deux à Largent, sous une forme rudimentaire et locale (dans le troc) ou au contraire mondiale et systémique (dans le libéral-capitalisme). [Largent est invariable. Ce sont seulement les moyens de mesurer la valeur qui changent : des objets, puis des monnaies, puis des monnaies strandard.]

Or, dans l’utopie opératoire de Philippe, ce qui fonde l’échange, c’est la participation vertueuse à la vie de la Cité, de la République. On reconnaîtra ici des accents gaulliens autant que rousseauistes. Faire son métier, accomplir ses devoirs civils et militaires, ou parfois simplement familiaux, tout cela [confèrerait la Citoyenneté et] donnerait droit à une Carte Civique fonctionnant comme une carte de crédit (mais faisant plutôt penser à une de nos actuelles Cartes Vitale) : le Citoyen accède au marché à volonté [parce qu'il est Citoyen] pour satisfaire ses besoins, ses envies, ses caprices même, tant que cela est possible, dans une sorte de gratuité absolue. Des achats et des ventes sont toujours réalisés, mais le pouvoir d’achat est en théorie illimité, ou plutôt indéfini [puisque la Citoyenneté qui le confère ne se mesure pas. On est Citoyen ou non.]. Chez Philippe Landeux, ce n’est plus la monnaie, l’argent, qui salarie, de manière inégalitaire, des individus, dont certains ne méritent d’ailleurs aucunement leurs revenus , alors que d’autres sont effroyablement mal payés pour l’énormité de leur contribution (injustice sociale). C’est au contraire l’accomplissement du Devoir qui permet aux vrais Citoyens l’accès indéfini au marché. La Loi peut toutefois limiter certains achats, par exemple si les capacités de la Cité sont rationnées, et les prévaricateurs (fainéants et criminels) sont punis voire simplement bannis, dépouillés de la Citoyenneté. La Cité autorise par ailleurs un accès spécial aux biens et aux services, moins lié à l’exercice du Devoir, pour ceux qui sont victimes du sort ou du temps : les infirmes, les malades, les vieux (dans leur cas, ce n’est pas par leurs devoirs qu’ils ont des droits, puisqu’ils sont hors d’état de les remplir, mais parce que leurs Concitoyens ont un devoir de solidarité envers eux [Les vieux, les retraités, sont du reste Citoyens à part entière]). Quelques étrangers peuvent être admis comme Citoyens, voire comme Citoyens Nationaux, encore faut-ils qu’ils soient des plus scrupuleux, comme tout un chacun, dans l’accomplissement de leurs devoirs, professionnels et autres. On appelle Citoyens Nationaux, ceux qui, natifs ou même naturalisés, remplissent les Devoirs politiques et jouissent du droit de cité. Ils constituent une sorte d’élite du Devoir, travaillant exclusivement au bien de la Cité. Ils n’ont pas cependant de privilèges particuliers puisqu’ils ne touchent, à l’instar des autres citoyens, aucun salaire au sens monétaire du terme. Les révolutionnaires qui adhèrent à ces idées sont appelés « Patriciens ».

La doctrine de Philippe Landeux est une philosophie du devoir patriotique au sens strict comme au sens large. Le service rendu à la Patrie est économique (Citoyens) mais aussi politique (Citoyens Nationaux). Bien évidemment, à cela s’ajoute le service militaire et la légitime défense (1). Personne n’est payé, mais tout est « gratuit » (du moins d’un point de vue monétaire, car la notion même de « gratuité », prise absolument, est un non-sens dans la Cité, où chacun est tenu à l’accomplissement du Devoir). Un Citoyen a des droits, dont celui d’accéder au marché, parce qu’il est Citoyen (avec tous les Devoirs que cela suppose dans la Cité). C’est le Civisme, la Citoyenneté effectivement réalisée dans et par le Devoir accompli, qui ouvre les droits du Citoyen. L’honnête Citoyen, homme du Devoir, a Droit à tous les biens et les services. En revanche, sans Largent, il ne peut spéculer sur rien. Les parasites et les fauteurs de troubles, quant à eux, sont toujours punis. Cela étant, il y a peu de fauteurs de troubles, en raison de la disparition de Largent, et la Cité fonctionne de telle façon que la plupart du temps ils se punissent eux-mêmes en suspendant leur droit d’accès au marché. Loin de les enfermer, la Cité leur inflige des sanctions légères ou les bannit. La prison existe, mais elle n’est que pour les cas extrêmes. Par ailleurs, les Patriciens, ou [le terme "Patriciens" désigne exclusivement les partisans du Civisme, ce qui n'aura plus de sens une fois la Cité établie] Citoyens Nationaux (compris comme des citoyens-patriotes, et non comme des aristocrates arrogants) sont [peuvent être] appelés à siéger dans des commissions, comme le sont des jurés, pour [gérer ou] délibérer des affaires de la Cité, fondant une sorte de République des commissaires, pour reprendre l’expression (peut-être un peu « soviétique ») de Maxime Poupeney (2).

Inutile de préciser que le détail de la doctrine est infiniment plus complexe que mon humble résumé ; pour en connaître, je ne peux que recommander la lecture, au moins, de la Théorie de la Cité, qui me semble le meilleur de ce qu’a écrit Philippe (cet ouvrage dispenserait presque, tant il est clair et précis, de lire les deux autres ; à noter malgré tout que pour vouloir instaurer la Cité de toutes ses forces, il faut condamner Largent de manière implacable. Or, contre Largent, les arguments sont dans le Réquisitoire).

Comme je le disais au début de cet écrit, il n’y a rien de mal à faire dialoguer des pensées. Largent vient de me suggérer deux autres personnages, Lislam et Lagôche, mettons, qui n’existent aucunement dans les livres de Philippe Landeux. Cela m’intéresse toutefois de rattacher un peu les idées de Philippe à mes supputations personnelles sur la Triplice de l’horreur.

Si l’on admet que nos nations sont en voie d’effondrement sous l’effet conjugué du Fric, de la Nébuleuse Rouge et du Croissant (la fameuse Triplice capital-islam-gauchisme, ou « capitalislamogauchisme »), il est certain que Philippe Landeux est un des rares penseurs, peut-être le seul actuellement, qui soit allé aussi loin dans cette idée de tordre le coup à l’un des piliers de la Triplice : le capitalisme, système qui ne vit que sous Largent et par Largent.

En ce qui me concerne, avec mon capitalisme régulé et mon État-stratège, je fais pâle figure à côté de Philippe. Je maintiens toutefois que le retour à une sorte d’économie néo-colbertiste constituera un moment incontournable ; une économie mixte, où tout n’est pas privatisé, fondée sur une monnaie nationale et une sortie de l’UE, restaurant un Droit du Travail digne de ce nom, n’hésitant pas à utiliser une fiscalité plus juste et redistributive (pour les vrais pauvres en tout cas). Ce serait en quelque sorte la dévolution, le retour salutaire aux fondamentaux du Conseil National de la Résistance, fût-il provisoire, qui pourrait précéder la véritable révolution à laquelle appelle Philippe, très audacieux, mais toujours avec de bons arguments. Ou alors la révolution interviendrait directement, car le chaos prédispose fortement au basculement révolutionnaire (il n’est pas sûr que la Révolution puisse sortir du calme retrouvé ; Philippe penche plutôt pour l’hypothèse d’une révolution directe, sans moment dévolutionnaire).

Sur ce dossier, je suis sans a priori et j’estime qu’il n’y a pas de sujet tabou. L’audace de Philippe Landeux n’est pas à mes yeux un banal aventurisme. Il existe dans sa pensée de grandes richesses qui pourraient augmenter encore si le philosophe initiait un dialogue avec les sciences économiques (je parle bien entendu d’économistes sincèrement attachés au bien commun, et je les sais rares). Sans avoir les compétences suffisantes pour juger définitivement de la validité opératoire des concepts mobilisés par Philippe, je subodore qu’il a, in fine, raison ; qu’il a touché à l’essence même du dépassement du capitalisme (3). Quelle différence d’ailleurs avec les anticapitalistes (gauchistes) adoubés par le Système, dont l’anticapitalisme d’opérette se réduit à des vagissements xénophiles sur fond d’inversion des valeurs ! Bref : j’invite Philippe et les économistes dissidents à dialoguer sans relâche. Une conférence au sommet serait souhaitable ; je l’appelle de mes vœux, et je suis même prêt à donner un coup de main. Ce serait un beau moment dans l’éviction de la Triplice.

Pour en revenir à mon titre… Lorsque Largent, Lislam et Lagôche sont sur un bateau, un bateau appelé France par exemple, que croyez-vous qu’il arrive ? Le bateau coule, pardi ! Si on réussissait à éliminer le Fric, les deux autres larrons, la Nébuleuse Rouge et le Croissant finiraient par se décomposer : ces deux-là ne vivent de toute manière que par les subventions du Fric, qui se présente parfois comme un adversaire, et qui est en réalité leur plus fidèle allié en sous-main. Tordre le coup au Fric, à Largent, on conviendra que l’idée n’est pas sans intérêt… Non seulement en matière sociale, mais aussi et surtout en matière géopolitique.

Jacques Philarcheïn

(1) Il est notable que le patriotisme défendu par Philippe Landeux ne s’entend pas seulement au sens militaire et géostratégique. Le principe inconditionnel de légitime défense contre les criminels est un des points les plus forts de son ouvrage, et la magistrature actuelle ferait bien de s’en inspirer, qui envoie des victimes en prison à tout de bras, tout en relâchant les pires tortionnaires sans parfois même les condamner. Mais je sais qu’elle ne s’en inspirera pas… Nous, en revanche, nous nous en inspirons. Lire la note 85 du Civisme ou théorie de la Cité, page 107 du traité, « Contre le principe de défense proportionnelle », sans doute le plus beau texte jamais écrit à ce jour sur la légitime défense.

(2) Maxime Poupeney, La République des commissaires, paru en janvier 2011, disponible aux élections Jets d’encre. J’ignore si Maxime Poupeney et Philippe se connaissent [Pas du tout.], mais il existe quelques ressemblances [?] stimulantes entre les deux analyses, que j’ai lues avec attention.

(3) Il s’agit plus exactement de dépasser le libéral-capitalisme mondialisé, fondé sur la monnaie. [Le Civisme parle plutôt de "capitalo-libéralisme fondé sur Largent.] Le système de Philippe n’empêche aucunement le commerce, les achats et les ventes, ni la création et la gestion d’entreprises, toutes choses que Philippe encourage et intègre dans sa philosophie du Devoir social. Par ailleurs, les banques nationales détenant, dans son système, des devises étrangères ont bel et bien un capital monétaire, et les stocks des entreprises, sans compter les bâtiments et les machines, constituent bel et bien un capital non monétaire. En clair, le système de Philippe Landeux n’empêche nullement le commerce, les échanges, pas même internationaux, ni la constitution de fonds considérables, consacrant la richesse et la puissance de la Cité.

00:23 Écrit par Philippe Landeux dans 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | |  Imprimer |

Commentaires

Salut Philippe, je vois que tu as bien corrigé ma copie !!! c'est très drôle pour moi qui, en principe, corrige les copies des autres. ;-)
Tes corrections me semblent fondées, mais je maintiens mon idée de panmonétarisme, puisque, même sous le troc, les objets échangés tiennent lieu de monnaie, comme par exemple deux pirogues sont une sorte de monnaie pour acheter une hutte. Donc "panmonétarisme" ne me va pas mal ! En fait, un objet est une sorte de monnaie, une proto-monnaie.
Je te laisse avec un extrait de Wikipedia, article MONNAIE.

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Les proto-monnaies[modifier]
Si on parle de monnaie dès qu’un objet a été mis en réserve pour un usage d’échange ultérieur ou a été utilisé régulièrement comme contrepartie des échanges ou qu’un symbole de dénombrement a permis de comptabiliser un bien, les premières monnaies remontent aux racines de l’humanité. La liste des matières ayant pu servir à l’une ou l’autre de ces fonctions devient également quasiment infinie. En vérité, on peut épargner, troquer, compter en n’importe quelle matière. Pour les tout petits achats, où la perte à l’échange n’a pas grande importance, on a utilisé de tout temps comme moyen d’échange des objets commodes à transporter et sans réelle valeur propre sans que cela soit véritablement des monnaies. Parmi les moyens d’échange un peu réguliers que l’humanité a imaginés figurent :

Des matières naturelles : la pierre, le sel, le poivre (notamment en France au Moyen Âge), l’ambre, les pierres précieuses, les coquillages.
Des produits agricoles ou de cueillette : le bétail, le grain de blé, la graine de cacao, la feuille de tabac, les peaux de bêtes, la morue séchée, les feuilles de thé compressée [17], , etc.
Des produits artisanaux : Pagne (Égypte, Afrique), verroterie (GnaïGnaï, perle « œil de chat » du Sénégal en Afrique), couteaux (Chine), araires (Chine), haches métalliques (Chine, pays celtiques), hâchoirs (peuples précolombiens), métrage de tissu (Égypte, Amérique du Sud et du Nord, Afrique (Les Gabback du Nigéria)), anneaux (Égypte), trépieds métalliques (Grèce), fer martelé (Guindja d'Afrique centrale), alcool (Amérique), fusils (Amérique), etc.
Des humains : Les esclaves (Alger et empire Ottoman, l'achat par le sultan pour les galères faisant office de banquier de dernier ressort) (commerce triangulaire avec l'Amérique).
Des monnaies basées sur des objets ont persisté jusqu’à la fin du XIXe siècle (le sel au Tibet, les cauris en Chine, en Inde et en Afrique…) et réapparaissent sporadiquement lorsqu’il y a pénurie de monnaie, notamment pendant les grandes périodes de désordre et de pauvreté (le paquet de cigarettes en Allemagne juste après guerre).
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Amitiés.

JPH

Écrit par : J. Philarcheïn | mardi, 11 octobre 2011

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Salut Jacques, la définition de wikipédia confirme ce que je dis et prouve l'inverse de ce que tu veux démontrer.

"on parle de monnaie dès qu’un objet a été mis en réserve pour un usage d’échange ultérieur ou a été utilisé régulièrement comme contrepartie des échanges ou qu’un symbole de dénombrement a permis de comptabiliser un bien"

Un bien est une monnaie, même primitive, quand il sert d'intermédiaire, quand il n'est pas désiré pour lui-même ou quand il est à nouveau échangé. C'est pourquoi j'ai parlé d'"objet d'échange" et de "monnaie primitive" ou "monnaie standard". J'aurais également du introduire la notion de "moyen d'échange".

Sous le troc, les objets sont échangés directement entre eux : ce sont des objets d'échange. Il peuvent tous être échangés un peu plus tard ou dans la foulée, auquel cas ils servent de moyen d'échange. Sous le troc, tout est potentiellement un moyen d'échange. Mais il ne suffit pas qu'un bien servent à l'occasion de moyen d'échange pour qu'il puisse être considéré comme une monnaie primitive.

Sont des monnaies primitives les biens reconnus comme des étalons de la valeur et qui, par conséquent, sont désirés en raison de cette propriété, même s'il peuvent avoir un usage réel. Un bien n'est donc une monnaie primitive que s'il est désiré en tant que monnaie d'échange et non en tant qu'objet (d'échange).

Ainsi, si le principe de l'échange indirect et du moyen d'échange vient bien du troc, il n'y a pas de monnaie à proprement parler dans ce mode d'échange. D'où ma réflexion sur l'impropreté et la dangerosité du terme "panmonétarisme".

Écrit par : Philippe Landeux | mardi, 11 octobre 2011

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Bon, bon, soit ! Je m’incline devant la nuance.

Bien à toi

;-)

Écrit par : J. Philarcheïn | mardi, 11 octobre 2011

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Tu ne crois tout de même pas me battre sur mon terrain ! ;-)
Au fait, ce sont là des choses que j'explique dans le Réquisitoire. Comme quoi, il n'est pas aussi inutile de le lire que tu le crois. Ce sont les nuances qui séparent le vrai du faux.

Écrit par : Philippe Landeux | mardi, 11 octobre 2011

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Bonjour Philippe,

J'ai un peu réfléchi de nouveau à cette histoire de panmonétarisme. J'admets que le panmonétarisme ne résume pas à lui seul Largent comme croyance universelle, que Largent n'est pas réductible au panmonétarisme.
Cela étant, il me semble que le panmonétarisme est la forme que revêt Largent à l'heure actuelle, avec les aspects suivants:
- tout se monnaye, même ce qui revêtait autrefois les aspects de la gratuité
- tout devient "monnaie", c'est-à-dire trafic ; je pense aux organes humains, aux otages, au renouveau de l'esclavage, aux semences végétales confisquées par des multinationales, à la drogue, etc.
- une monnaie mondiale devrait dominer le monde (doctrine d'Obama, qui cherche à installer une sorte de "mondo" universel au delà de l'euro et du dollar lui-même)
- la monnaie, c'est de la dette ; la dette est partout et est exponentielle

Est-ce que sur ce point, j'ai raison ? Je veux dire sur cette idée selon laquelle le panmonétarisme est la forme actuelle de Largent, sa déclinaison contemporaine ?

Bien à toi. ;-)


JPH

Écrit par : J. Philarcheïn | mercredi, 12 octobre 2011

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Salut Jacques,
Désolé, mais non. Dès lors que tu parles de "forme" tu parles de la monnaie ou, au mieux, de Largent au sens large. Largent au sens strict, lui, la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger, est constant ; il ne change pas, il n'évolue pas. Or c'est lui le véritable ennemi, c'est cette croyance qu'il faut anéantir. L'abolition de la monnaie n'est pas un but en soi, ce n'est qu'une conséquence de la nécessité d'anéantir Largent pour établir l'Egalité.

Même si ce que tu dis est juste, ta position détourne l'attention de Largent et de la question de l'Egalité pour la focaliser sur la monnaie et un système monétaire moins délirant. Dans ces conditions, la monnaie n'est qu'un leurre. Discuter finance, chercher à améliorer, à moraliser le système monétaire, c'est, par définition, rester dans le système.

J'ai fait un schéma expliquant bien, me semble-t-il le problème :
http://philippelandeux.hautetfort.com/archive/2011/09/20/comprendre-et-sortir-du-systeme-monetaire.html

Écrit par : Philippe Landeux | mercredi, 12 octobre 2011

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Bonjour Philippe,

Disons que mon idée n'est pas seulement de moraliser le panmonétarisme et de le transformer en un simple monétarisme national d’État ; je partage ton idée d'anéantissement de Largent.

Cela étant, et c'est ce que j'ai perçu dans ta conférence au Local, cette Révolution à laquelle tu appelles (encore qu'elle soit inéluctable si je te suis bien) comporte des étapes. Tu le dis toi-même, une rupture avec l'immigrationnisme contre-révolutionnaire est nécessaire avant la Révolution elle-même. Tu insistes toi-même sur une logique de type "dans un premier temps, et ensuite".

J'ai tendance à penser que cette rupture avec l'immigrationnisme mondialiste s'accommoderait bien d'un capitalisme d’État néo-gaullien et patriote, fût-il provisoire (et il est nécessairement provisoire si j'ai bien compris ton système). Donc, en clair, cela peut-être une étape de rompre avec le panmonétarisme contemporain, avant que de rompre avec Largent. Étant bien entendu que le panmonétarisme, l'immigrationnisme et le mondialisme sont trois aspects de la même chose.

Voilà, dis-moi à l'occasion ce que tu en penses.

Amitiés


JPH

Écrit par : J. Philarchein | jeudi, 13 octobre 2011

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Salut Jacques,

Je comprends mieux ta démarche. Pour autant, je ne l'adopte pas. Comme tu le rappelles, dénoncer directement Largent ne m'empêche pas d'avoir conscience du danger immédiat que représente l'immigration massive. Il n'y a donc pas besoin de dénaturer le Civisme pour être réaliste. En revanche, le Civisme ne peut pas avancer si on le dénature. Dans la mesure où il s'attaque à tous les préjugés, il va être difficile de le répandre et il ne pourra être répandu si les Patriciens entretiennent eux-mêmes lesdits préjugés. Le souci d'efficacité ne doit pas être contre-productif.

Tu as raison, je pense que la Révolution est inéluctable, à condition toutefois que les révolutionnaires fassent correctement leur travail. Il est clair, aussi, que la Révolution est impossible tant que la France a un boulet au pied, à savoir le problème de l'immigration. Or j'ai bien peur qu'il ne puisse être résolu que par la force, par une guerre civile plus précisément. Entre la durée de ce conflit et le temps qu'il faudra à la France pour s'en relever, je compte 10-15 ans, ce qui nous mettra à l'heure de la Révolution que j'envisage autour des années 2030. C'est à la fois loin et très proche. Voilà pourquoi les Patriciens n'ont pas de temps à perdre à jouer en vain au plus fin. Il y a suffisamment de monde prisonnier de la logique monétaire, capable de tenir ton discours actuel, pour que les Patriciens ne se compromettent pas.

Je ne dis donc pas que tu as tort, qu'il ne faudra pas relever la France par un capitalisme néo-gaullien, mais ce n'est pas aux révolutionnaires de le promouvoir. Leur mission, au contraire, est de faire comprendre que toute forme de capitalisme est par nature antisociale et à proscrire. A défaut de convaincre, il doivent semer l'idée pour qu'elle puisse germer à la faveur de circonstances favorables.

Révolutionnairement,

Philippe

Écrit par : Philippe Landeux | jeudi, 13 octobre 2011

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Bon, bon. Je comprends mieux la perspective. Je raisonne par étapes : une vieille habitude d'ancien syndicaliste, on négocie pas à pas. Il y aura donc des étapes de toute façon, même si l'anéantissement de Largent est la seule vraie finalité.

Il va bien entendu t'incomber de diriger un mouvement de ce type. C'est du lourd, j'en ai conscience. Mais enfin, moi je suis partant.

Amitiés ;-)

JPH

Écrit par : J. Philarchein | jeudi, 13 octobre 2011

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Salut Philippe,

je propose un nouveau terme pour Largent.

J'ai abandonné panmonétarisme selon tes conseils; je propose panmercantilisme, cela me semble cadrer assez bien avec ton idée "croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger".

Tu me diras ce que tu en penses à l'occasion.

Bien à toi.

JPH

Écrit par : Jacques Philarchein | dimanche, 06 novembre 2011

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Salut Jacques,
"Panmercantilisme" est sans doute plus juste que "panmonétarisme" mais ce terme a encore l'inconvénient d'être capilo-tracté. J'ai bien peur que les gens, en lisant ce terme, n'aient pas la moindre idée de sa signification. Or les mots sont faits pour comprendre de suite de quoi on parle. En outre, ce terme est affreux et repoussant. Il me semble que ta formation marxiste t'en fait adopter les travers. Marx utilise des termes tellement alambiqués que, personnellement, je ne comprends rien à ce qu'il raconte et qu'il m'est insupportable de le lire.
Alors je ne dis pas que "Largent" révèle spontanément sa signification profonde, mais, en le lisant, les gens comprennent au moins quelque chose qui, si ce n'est pas tout ce que cela veut dire, en est au moins une partie. "Largent" a beau être un mot inventé, il renvoie phonétiquement à quelque chose de familier.
Tu pourrais me dire que je m'attache à ce mot parce qu'il est de moi et que je l'utilise depuis longtemps. Il y aurait du vrai là-dedans. Mais la vérité entière est que ce mot s'est imposé à moi. Avant de le concevoir, j'utilisais "l'argent". Il était donc naturel, pour être plus précis sans être top opaque, d'utiliser "Largent".
Bien à toi,
Philippe

Écrit par : Philippe Landeux | lundi, 07 novembre 2011

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