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samedi, 21 mars 2015

QU'EST-CE QUE LA MONNAIE (vidéo 3)

Vidéo 1 – Qu’est-ce que la démocratie ?
Vidéo 2 – Qu’est-ce que Largent ?

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 Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image.

 

« Les hommes utilisent la monnaie et se plient aux lois de Largent :
une action de maître, un état d’esclave. »

Dans la vidéo précédente, j’ai traité la question de Largent, que je distingue de la monnaie, et que je définis comme étant la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger. J’expliquais que cette croyance s’est imposée aux hommes par la pratique du troc et qu’elle véhicule une conception de l’échange individualiste, matérialiste, inégalitaire et antisociale qui détruit la Société de l’intérieur, d’où les problèmes sociaux insolubles. C’est cette croyance qu’il faut identifier et anéantir pour sortir du système actuel, et pas seulement la monnaie qui n’en est qu’une conséquence, bien qu’elle ait elle aussi des conséquences qui détournent notre attention de Largent. Je vous renvoie à cette vidéo. Aujourd’hui :

Qu’est-ce que la monnaie ?

La monnaie est d’abord une unité de valeur, unité dont le mode d’échange fondé sur Largent a besoin lorsque la production augmente et que les échanges se multiplient. Elle provient du troc, plus exactement de la pratique du troc indirect, c’est-à-dire de l’échange en deux temps : un premier échange sert à se procurer un bien destiné à être échangé contre l’objet réellement désiré. Les biens servant régulièrement d’intermédiaires dans les échanges ont retenu l’attention et sont devenus au fil du temps des moyens d’échange. Le concept de monnaie ou de moyen d’échange n’a donc pas été inventé ; il a seulement été compris et utilisé. Les hommes n’ont fait que sélectionner les supports et standardiser les formes pour rendre la monnaie toujours plus sûre, comme garantie de la valeur, et plus pratique, du point de vue de son utilisation. Il s’avère d’ailleurs aujourd’hui que tout support matériel est inutile ; des chiffres suffisent quand la confiance est là. La monnaie virtuelle (= confiance) se confond avec Largent (= croyance). En donnant corps à la valeur, les monnaies matérielles masquaient donc cette vérité : la valeur marchande n’existe pas, sinon dans la tête des hommes.

En attendant, le système est monétaire et les hommes croient en la monnaie.

La monnaie sert à acheter, à payer et, surtout, à se faire voler. A une époque où nul ne produit rien seul, où nul ne peut subvenir seul à ses besoins, tout le monde a besoin d’accéder en permanence au marché, tout le monde a un besoin vital de monnaie. La monnaie incarne à la fois le droit d’accéder au marché et tous les droits qui passent par celui-là, c’est-à-dire à peu près tous les droits, y compris les plus fondamentaux (manger, se loger, se vêtir). Le droit d’accès est en proportion de la monnaie dont on dispose ; et ne pas en avoir équivaut, de fait, à une privation de droits. En fait, hors du champ de la monnaie ne reste guère que l’usage des facultés naturelles... et encore !

La monnaie fonctionne globalement selon deux principes. Le premier est celui des vases communicants. Représentant des biens qui, sous le troc, s’échangeaient, la monnaie passe elle aussi de mains en mains ; elle s’échange et circule. Et, pour qu’il y en ait ici, il faut en prendre là. « Le malheur des uns fait le bonheur des autres. » Principe des vases communicants. Le deuxième principe est celui de l’attraction. Dans la mesure où la monnaie circule, elle finit par s’accumuler en certains endroits, entre certaines mains ; et comme elle incarne des droits, c’est-à-dire du pouvoir, ces points de concentration sont aussi des pôles d’attraction. « L’argent va à l’argent. » Ainsi non seulement la monnaie ne se répartit pas également, ce qu’elle ne peut pas faire de par le simple jeu des valeurs, mais il est dans la nature du système monétaire que les inégalités s’accroissent. — Je parle d’Égalité et d’inégalités, car la monnaie incarne les droits et, en la matière, des différences ne sont pas de simples disparités, ce sont des « inégalités ». Hé oui ! rares sont les gens qui ont compris que la monnaie n’est autre chose que du droit et que, parler de droits en ignorant que la plupart dépendent d’elle, c’est bien parler pour ne rien dire.

Sous la monnaie, la règle du jeu est simple : en gagner ou ne pas en perdre, et tous les moyens sont bons. Cette règle s’applique à tous, aussi bien aux personnes physiques que morales (entreprises, associations, organisations, États, etc.). Le fait d’en avoir déjà beaucoup n’empêche pas d’en vouloir encore plus ou de devoir en gagner encore plus pour ne pas tout perdre. Car les droits contenus dans la monnaie ne peuvent être exercés, chose absurde, qu’en les abandonnant, qu’en se séparant d’elle, c’est-à-dire en payant. Ceux qui en ont peu n’en ont donc plus du tout très vite. Ainsi chacun doit reconstituer régulièrement et autant que faire se peut son stock pour faire face non seulement à ses dépenses mais à tous les imprévus et à tous les prélèvements abusifs. Le problème, c’est que, pour avoir de la monnaie, il faut la prendre aux autres d’une manière ou d’une autre, et tout le monde se défend comme il peut. Cela ressemble fort à la guerre de tous contre tous, et, pour beaucoup, c’est d’ailleurs bien une question de vie ou de mort.

En théorie, la monnaie qui représente les objets qui étaient échangés sous le troc, pratiqué entre petits producteurs, devrait s’obtenir par le travail. Mais elle incarne, elle matérialise les droits, à commencer par celui d’accéder au marché. Ces droits, sous forme d’unités, circulent ; ils ne sont attachés à personne, ils n’appartiennent à personne, ils sont anonymes, vagabonds et valables entre toutes les mains (« L’argent n’a pas d’odeur. »). Ils sont au premier qui a le pouvoir de s’en emparer, du moins jusqu’à ce qu’il les exerce ou qu’un autre l’en dépouille. Il est bien sûr des façons légales d’en obtenir, quoique pas toujours honnêtes ; il est surtout possible d’en obtenir davantage par des moyens douteux, illégaux voire criminels. Notons d’ailleurs que tout ce qui peut être acheté ou vendu — c’est-à-dire à peu près tout — représente de la valeur, donc potentiellement de la monnaie, et est donc l’objet de la cupidité au même titre que la monnaie. Ainsi tout est l’enjeu de la guerre que se livrent les hommes pour avoir des droits. Et ces droits passent par les objets, par les propriétés, par le côté matériel des choses, d’où le matérialisme exacerbé des hommes dans ce système. Ils sont matérialistes, parce que le système est monétaire, parce que seules les choses comptent dans ce système.

Je m’arrête sur le procédé normal pour obtenir de la monnaie : l’échange, donc le jeu des valeurs. Un commerçant vend quelque chose, un producteur vend ses produits, un employé reçoit un salaire contre son travail, etc. La somme reçue ou payée, sans contrainte apparente, est censée être juste ; l’échange fixe le prix, la valeur de la chose. (Un prix fixé avant l’échange n’est que la prétention du vendeur.) Mais qu’est-ce donc un « juste prix » ? Qu’est-ce, au juste, « la valeur » ? La valeur ne reflète jamais qu’un rapport de force ! Le prix est fixé par celui qui a les moyens de faire prévaloir ses intérêts. Ce peut être le vendeur comme l’acheteur, selon le cas. Mais, à l’arrivée, il est impossible que l’un ou l’autre ne soit pas lésé, même quand les deux parties sont satisfaites. Sous quel rapport un prix est-il juste ? Un prix fixe n’a pas la même valeur pour un riche et un pauvre, puisqu’il ampute leur budget dans des proportions différentes. Du reste un même objet a une infinité de prix, selon la quantité produite, son lieu de vente, selon le vendeur, etc. Un objet acheté aujourd’hui n’aura plus le même prix demain. Il n’a donc aucune valeur intrinsèque. En réalité ces notions de valeur et de prix sont totalement arbitraires, et l’arbitraire est le contraire de la justice. Qu’il soit difficile voire impossible d’établir le degré d’injustice est une chose ; que l’on voit dans ce système la panacée de la Justice ou seulement de l’équité en est une autre ! Je dis, moi, Philippe Landeux, que, de toute transaction, il résulte un vol, un préjudice pour l’une des parties, généralement toujours la même ; que payer le travail avec de la monnaie, c’est voler les travailleurs ; que seuls les riches ont intérêt au système monétaire ; et que la monnaie est, avant tout, un moyen subtil d’exploitation et d’oppression.

La croyance même que les choses ont un prix, une valeur marchande, et que ces notions sont nécessaires pour échanger, est une absurdité. Les prix ne sont que des sommes de marges bénéficiaires et de coûts humains. Ils baissent quand on exploite les travailleurs, ici ou ailleurs, et ils augmentent quand chaque intermédiaire, sous divers prétextes (rareté, nouveauté, qualité des produits, etc.), s’en met plein les poches. En réalité, on ne paie pas les choses ; on ne paie que les hommes. Seuls les hommes ont besoin de monnaie ; seuls les hommes sont payés. C’est parce qu’on paye les hommes que les choses ont un prix ; et comme elles ont dès lors un prix, il faut payer les hommes pour qu’ils puissent les acheter. C’est un cercle vicieux dans lequel les hommes sont entraînés par Largent, pour satisfaire à ses règles contre leurs propres intérêts. Les hommes se plient aux lois de Largent et à celles de la monnaie parce qu’ils sont prisonniers de leur conception de l’échange, parce que cette conception leur est inculquée par le système monétaire dans lequel ils sont nés et donc par la pratique de l’échange monétaire qu’ils acceptent faute de ne pouvoir le remettre en cause individuellement. Ils acceptent ainsi, sans sourciller, la logique monétaire qui n’a aucune dimension humaine et sociale, alors même que l’échange est au cœur des rapports sociaux et de la « Société ».

Les hommes sont des êtres sociables ; ils ont besoin de leurs semblables et forment avec eux des sociétés, par instinct de conservation. Mais une Société est constituée de Citoyens ayant des Devoirs les uns envers les autres, les mêmes Devoirs, et se garantissant mutuellement les mêmes Droits, les Droits du Citoyen. Des Citoyens sont égaux en Devoirs, notamment dans le Devoir de participer à la vie de la Cité, et égaux en Droits, notamment dans le Droit de profiter des bienfaits de leur Cité. Mais pour être réellement égaux dans le Droit de profiter des bienfaits de leur Cité, fruits de la participation de tous, ils doivent pouvoir accéder librement au marché du fait même d’être Citoyens ; c’est la Citoyenneté qui doit leur conférer ce Droit. C’est en cela que la monnaie ignore et contrarie la logique sociale. Car dans un système monétaire, et dans tout système d’échange fondé sur Largent, c’est-à-dire faisant appel à la notion de valeur marchande, c’est le rôle de la monnaie — et de toute unité sous quelque nom que ce soit — de conférer ce droit, droit par ailleurs limité et inégal. Autrement dit, dans un système monétaire, un individu n’a pas de droits parce qu’il est citoyen ; il n’en a que s’il dispose de monnaie — qu’il doit se procurer comme il peut. C’est la monnaie qu’il a qui lui donne des droits, non la Société qui les lui garantit. Pire ! ses droits dépendent de celui qui le paye et qui a toujours intérêt à le payer le moins possible ; ils dépendent aussi de celui qui a le pouvoir d’exiger de lui un paiement et qui a intérêt à lui en demander toujours plus. En fait, en cautionnant le système monétaire, la Société abdique son rôle et s’autodétruit. Il n’y a pas de Citoyens, au vrai sens du terme, dans un système monétaire, seulement des individus livrés au bon vouloir des commerçants, des patrons, des riches, des banques, des assurances, de l’État, des truands, de leurs voisins, et finalement d’eux-mêmes ; tout individu qui ne dénonce pas le système monétaire se fait le complice de Largent, de toutes ses conséquences dont il est victime, et de tous les tyrans dont il ne rêve peut-être que de prendre la place. Il n’y a pas davantage d’Égalité ou de démocratie. On peut utiliser ces mots ; ils demeurent vides de sens. On peut changer les hommes ; cela ne change pas les choses. On peut dénoncer les valets de Largent ; on en est un soi-même, à son niveau.  

Je n’ai pas abordé la question de la façon dont les individus utilisent la monnaie, qui semble neutre entre leurs mains. Mais neutre sous quel rapport ? Sont-ce eux qui fixent les règles de son utilisation ou l’utilisent-ils comme elle le leur permet, selon ses règles à elle ? En vérité, ils font où elle leur permet de faire. Ils jouent, comme ils peuvent, au jeu dont elle a fixé le cadre. Le système monétaire est une prison aux murs invisibles : les uns se pavanent dans les travées, les autres tournent en rond dans leur cellule ou grelottent au mitard, mais tous sont bel et bien en prison, inconscients de la possibilité et même de l’obligation de s’évader. Les hommes pensent d’ailleurs toujours à la monnaie qu’ils ont et qu’ils croient utiliser en maîtres ; mais ils oublient que ne pas en avoir ou en manquer, alors qu’ils en ont besoin, est aussi le fait du système monétaire et que cela conditionne tout autant leur vie, voire plus ! Dans ce cas, qui est celui de la plupart des gens, la monnaie a des conséquences qui ne peuvent manifestement pas être attribuées à la manière dont ils l’utilisent.

Je pourrais encore développer, mais je pense en avoir assez dit, dans cette vidéo et la précédente, pour que quiconque est de bonne foi reconnaisse que notre monde est régi par Largent et façonné par la monnaie. Les hommes ne sont que des pions. Leurs espérances sociales se fracassent inéluctablement contre les mécanismes financiers. Ils ne sont pas et ne seront jamais au centre du monde ou de la Cité ; leurs désirs ne seront jamais des considérations prioritaires tant que le système sera monétaire, ce qu’il sera tant qu’ils croiront en Largent et feront de lui leur maître. Largent ne peut exister sans régner ; il doit régner ou mourir, et avec lui la monnaie.

On retrouve dans le système monétaire les conséquences de Largent (individualisme, matérialisme, inégalité, logique antisociale), mais décuplées par la monnaie qui, sous prétexte d’être un moyen d’échange pratique, est surtout pratique pour exploiter, opprimer, voler, tricher, corrompre, bref pour usurper des droits et en dépouiller les autres, pour jouir de droits aux dépens des autres. Le système monétaire n’a d’intérêt que pour les riches ; les pauvres qui le défendent se mettent eux-mêmes la corde au cou. Ou on lutte pour anéantir Largent et la monnaie au nom de la patrie et de l’Égalité, ou on accepte le monde tel qu’il est, car il est comme il doit être sous Largent, ou on ferme sa gueule, car quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse, on ne fait que brasser du vent : non seulement on n’arrivera à rien mais on gaspille des énergies qui permettraient de faire quelque chose (à moins d’aller dans le bon sens sans toutefois aller au bout de la logique). Il est temps d’arrêter de courir, chacun de son côté, après des leurres et de tourner autour du pot. Le problème, ce ne sont pas les banques, la finance, la spéculation, les impôts, les taxes, la dette, la création monétaire artificielle, que sais-je encore, et je ne parle pas de tous les problèmes créés par la monnaie et donc insolubles dans le système monétaire. Le problème fondamental, c’est Largent et la nature monétaire du système. Peu importe qui émet la monnaie et comment elle est créée, qui en a, qui n’en a pas ; il n’y a pas de monnaie bonne ou mauvaise, il n’y a que la monnaie et sa logique, Largent ; quelques-uns en auront toujours beaucoup, au milieu de la masse qui n’en aura jamais assez.

Le système monétaire est un Monopoly grandeur nature… et, au Monopoly, c’est toujours la banque qui gagne. Vous voulez arrêter de perdre ? Cassez la Matrice.

 

Vidéo 4 – Anachronisme du système monétaire
Vidéo 5 – Qu’est-ce que l’Égalité ?
Vidéo 6 – Le Contrat social de la Cité
Vidéo 7 – Le moyen d’échange de la Cité : la Carte civique
Vidéo 8 – Retraite & chômage dans la Cité
Vidéo 9 – Les entreprises dans la Cité
Vidéo 10 – La Cité et les échanges internationaux
Vidéo 11 – Distinction entre Citoyenneté et Nationalité
Vidéo 12 – Le système politique de la Cité

04:11 Écrit par Philippe Landeux dans - ACTUALITE & VIDEOS PERSO, 6. MON BLOG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

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